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Furoshiki 風呂敷 l’art de l’emballage à la japonaise

Noël approche à grands pas, du coup je me suis dis que ça serait intéressant de vous parler des furoshiki qui pourront vous donner des idées pour emballer vos cadeaux d’une façon non seulement originale et élégante, mais aussi écologique et économique ! 

Les furoshiki sont des carrés de tissus utilisés pour emballer et transporter toutes sortes d’objets, des vêtements, de la nourriture, des cadeaux, des bento, des bouteilles, etc. Cette technique d’emballage traditionnelle existe au Japon depuis des centaines d’années et son origine remonterait à l’ère Edo. En effet, à cette époque les Japonais avaient surtout l’habitude d’y transporter leurs affaires lorsqu’ils allaient aux sento, aux bains publics. D’ailleurs, on retrouve cette habitude dans beaucoup d’hôtels japonais disposant de bains publics et/ou de onsen, ce qui fait que dans les chambres on y trouve souvent un ensemble yukata accompagné de serviettes avec soit un petit sac en plastique à fermer avec une corde soit avec un sac façon furoshiki à nouer. Puis avec le temps cette pratique s’est étendue à tous les objets du quotidien. Ainsi il existe une dizaines de techniques d’emballage selon la forme de l’objet et/ou le rendu souhaité. 

Il y a tellement de sortes de tissu et ils sont tous plus beaux les uns que les autres, il y en a pour tous les goûts et de tous les styles, alors c’est impossible de ne pas trouver son bonheur ! Pour ma part, j’ai une préférence pour le tissu japonais chirimen, qui est un tissu de crêpe, en soie ou en coton. Là aussi il existe plusieurs variantes, là dedans je préfère le chirimen au tissage vrillé qui donne un aspect de vaguelettes à la surface du tissu. J’ai peu de tissus furoshiki car je ne m’en sert pas, ceux que je possède m’ont été offert. Comme pour l’origami, le pliage de papier, les Japonais sont très créatifs. Si vous voulez tenter, youtube regorge de vidéos tuto pour faire des emballages un peu plus originaux comme en forme de fleur ou de lapin

Emballage classique pour les bento.  

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Emballage pour des boites, pour offrir. Si les tissus ont des motifs, on s’arrangera toujours pour les mettre en valeur. 

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Furoshiki reçu dans un hotel, pour y transporter nos affaires pour aller aux onsens.

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Emballage un peu plus élégant.

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Emballage pour bouteilles.

 

Undokai, la fête du sport

Le ciel était bleu, un léger vent se faisait ressentir et minimisait la chaleur du soleil. Sur le chemin de l’école, de nombreux enfants sont en route pour cette journée spéciale qu’ils ont tant préparé. Etant en moyenne section, mon fils est tout excité pour sa deuxième undokai et il a hâte de performer devant nous. Arrivés à la maternelle, il y a déjà foule, nous faisons la queue pour y entrer en montrant nos badges. Mon fils pose devant le panneau colorée indiquant « undokai » et part rejoindre sa classe. Les places sont déjà pratiquement toutes prises, cependant je cherche un coin d’ombre près de là où la classe de mon fils sera assise. Les enfants prennent place dans l’espace prévu à leurs exploits du jour. Ils se ressemblent tous avec leur tenue de gym et leur chapeau, seul leur dossard contenant leur nom les différencient. Alignés par classe, ils saluent le principal, récitent leur prière et font quelques mouvements d’échauffements sur fond de musique. Que le spectacle commence ! Les petites sections ouvrent le bal avec une course vers leur institutrice respective, les moyennes enchaînent avec une course puis les grandes avec un relais que les parents encouragent à plein poumons. Les petits reviennent danser, vêtues de leur costumes d’abeilles; ils font craquer l’assemblée. Vient le moment de faire participer les tout petits puis les primaires. Les moyens reviennent pour éblouir les spectateurs au rythme de la chanson Paprika en donnant plusieurs formes à leur parachute avec l’aide du vent. Les grands font pousser des cris d’admiration avec leur figures de gymnastique et leur rigueur. Enfin tout les enfants ne mélangent pour le jeu du tamaire pour ensuite clôturer cette journée avec la danse des grandes sections. Après un « arigatou gozaimasu » puissant pour remercier leur famille d’être venue, ils retournent dans leur classe. Nous, parents, nous aidons à ranger les bancs et à démonter les tonnelles qui les abritaient. Enfin, les enfants retrouvent leur famille, le sourire aux lèvres et un trophée dans les mains.

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La undokai est une fête sportive qui a lieu chaque année de la maternelle au lycée et de préférence au printemps ou en octobre. Elle a été mise en place par un instructeur britannique, Lucius Douglas, qui travaillait dans un lycée de Tokyo et qui proposa d’inclure de l’athlétisme au programme scolaire. La première undokai eut lieu en 1874 et cette pratique se rependit dans tout le Japon. De nos jours, c’est devenu une journée spéciale et importante pour laquelle les enfants s’entraînent durant plusieurs semaines et qui restera gravée dans leur mémoire. Par niveau d’études et par classes les enfants font divers activités sportives comme de la danse, des courses, des jeux, des relais, du tire à la corde et des figures de gymnastique. Ce dernier fait d’ailleurs débat car à cause de figures telles que les pyramides humaines, chaque année de nombreux élèves se blessent.

En effet, c’est un grand jour pour chaque famille où les parents, et parfois les grands-parents, viennent encourager leur petit héro du jour et ramène d’énormes bento pour tous le monde. C’est une journée chargée pour les enfants qui portent leur uniforme de gym ainsi que leur chapeau de sport dont la couleur différencie les filles des garçons. A chaque fois c’est les épreuves de relais qui soulèvent le plus d’engouement chez les parents qui hurlent le nom des enfants qui courent pour les encourager, attention à vos oreilles ! Les enfants donnent le meilleur d’eux-mêmes et sont contents que leur famille vienne les voir. A notre maternelle, il y a également un jeu pour les tout petits ainsi pour les premières années de primaire.

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L’année dernière mon fils a fait sa rentrée en maternelle et donc a participé à sa première undokai. En petite section, ils font un jeu de course avec leur parent, une danse et un tamaire qui est jeu où il fallait lancer des balles dans un haut panier. Honnêtement, je ne pensais pas que je serai autant émue en le voyant danser sur le thème de « La chenille qui fait des trous« . Il s’était donné à fond, il était trop mignon dans son petit costume. Je pense que c’était surtout le fait de me dire « wouah, on en est déjà là ». Comme il allait déjà en garderie, sa rentrée en maternelle ne m’avait pas touché à ce point, c’était une continuité. Je savais que les Japonais aimaient marquer les étapes de la vie et ce dès le plus jeune âge, mais maintenant je vis tout ça à travers mon fils, je prends d’avantage conscience de l’importance qu’ils y portent. C’est vraiment le fait de passer cette étape de la undokai qui m’a fait prendre conscience de l’évolution de mon fils et qui m’a rappelé que, dans cette même école, je venais aussi les années précédentes pour encourager mes neveux. Le temps file et les enfants grandissent si vite, c’est à la fois beau et douloureux. Autant voire grandir mon fils me rend fière et heureuse, autant parfois je me dis que j’aimerai bien que le temps s’arrête et qu’il reste comme ça.

 * * *

Même si chaque activité joue sur la compétition entre les classes, chaque enfant a reçu une récompense. Bref, c’est vraiment un événement convivial et familial que beaucoup attendent avec impatience et qui laisse toujours de bons souvenirs.

Pour écouter la chanson à la mode qu’on entend partout et qui a conquis le cœur des enfants, c’est par ici >> [ Paprika – Foorin]

Passion Japon : Emilie et le monde des Geisha

Salut Emilie, je suis ravie que tu aies accepté de participer à cette rubrique pour nous faire un plus découvrir le monde des geisha qui, bien qu’intriguant et fascinant, reste encore assez méconnu des occidentaux.

Tout d’abord, pourrais-tu te présenter ? 

Moi, c’est Emilie, je suis professeur de Français Langue Étrangère et je suis actuellement en France pour quelques temps avant de partir à l’automne pour enseigner en Egypte. Je suis accro aux voyages, grâce auxquels je peux découvrir d’autres cultures et traditions et m’exercer à la photographie, un autre de mes passe-temps. Depuis quelques années, je m’intéresse beaucoup aux kimonos et à la danse japonaise.

Quel est ton parcours avec le Japon ? As-tu habité dans d’autres villes japonaises ? Quand et pourquoi y as-tu atterri la première fois ? Comment ton intérêt pour le pays du soleil levant est-il né ?

J’ai commencé à m’intéresser au Japon quand j’étais lycéenne, après qu’un groupe de Japonais soient venus pendant quelques semaines en échange dans mon lycée. J’ai lus quelques manga, correspondu avec des amies japonaises avant de commencer à étudier réellement la langue une fois à l’université. Tout m’a paru si « différent », et je crois que c’est ça qui m’a le plus intéressé. Depuis, j’ai visité le Japon une bonne douzaine de fois. 
Mon premier voyage remonte à 2007, pour enfin découvrir le pays de mes amies… et les y revoir. Parmi ces séjours, j’ai également fait un visa Vacances-Travail pendant 7 mois en 2010-2011, pendant lequel j’ai habité à Saitama puis à Tokyo, et un volontariat international que je viens juste de finir et qui m’a amené à Kyoto pendant deux ans.Je crois que j’ai toujours apprécié le Japon par le prisme de la culture japonaise : le premier manga lu, les différences culturelles fascinantes avec mes amies japonaises, les tissus et les kimonos aux motifs si uniques, ma grande passion pour les festivals japonais. Je pense que ce sont vraiment ces aspects-là avant tout qui me font tant aimer le Japon.

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Passons maintenant au vif du sujet, comment as-tu découvert le monde des geisha ? Quel fut le déclencheur de cette passion ?

Je ne me souviens plus exactement de comment c’est venu, à vrai dire. Mais je crois que  le fait qu’elles portent des kimono a forcément attiré mon attention, puisque je m’intéressais déjà à ce vêtement depuis quelques temps. Sans trop me rappeler comment, je me suis retrouvée en avril 2012 a assister a un petit événement gratuit à Kyoto, organisé pour les étrangers, avec une geiko (geisha de Kyoto) et une maiko (apprentie). Il nous était proposé de découvrir quelques danses au shamisen (instrument traditionnel), d’en savoir plus sur leur vie quotidienne et de pouvoir aussi s’initier aux jeux de banquets auxquels elles participent chaque soir. Le moment où j’ai vu la toute jeune maiko arriver dans la pièce restera toujours gravé dans ma mémoire : en la voyant de si pres pour la première fois de ma vie, juchée sur ses hautes sandales et parée de son long kimono, le visage maquillé de blanc, j’ai ressenti une fascination qui ne m’a plus jamais quitté depuis. J’ai par la suite voulu en apprendre toujours plus sur la vie de ces femmes, et je profite de toutes les occasions qui me sont données de comprendre ce monde si particulier.

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La première rencontre avec une maiko et geiko en 2012

Malheureusement, de nos jours, beaucoup de personnes se méprennent encore, alors pour partir sur de bonnes bases, pourrais-tu nous dire ce qu’est une geisha ?

Je commencerai par le plus important : une geisha est une artiste à part entière. D’abord, étymologiquement, puisque dans « geisha », « gei » signifie l’art et « sha » la personnes. On ne peut se considérer geisha sans avoir un minimum de connaissances dans les arts japonais. La majorité des geisha apprennent la danse, les instruments traditionnels, la calligraphie, l’art floral, la cérémonie du thé… Elles consacrent donc une grande partie de leur journée à s’exercer dans un ou plusieurs arts transmis de génération en génération.

Leur travail à proprement parler se déroule le soir : maquillées de blanc et de rouge, habilles de kimono somptueux, elles se rendent à des banquets privés dans les quartiers traditionnels où elles vivent et se chargent du divertissement des clients plutôt fortunés qui y participent. Dans ce cadre, elles occupent de multiples fonctions : danser, jouer d’instruments, faire la conversation, servir alcool et plats, participer à des jeux spécifiques. Une fois le banquet termine, chacun rentre chez soi et ce moment un peu hors du temps n’est plus que l’équivalent d’un rêve… ce qui est précisément le but même de la soirée.

Il est parfois complexe d’essayer d’expliquer ce concept. Et par la même, le rôle de la geisha par rapport à ses clients. La majorité sont des hommes, souvent d’age mur, plutôt à l’aise financièrement. Pour un Occidental, il peut paraître curieux, voire impossible, qu’une hôte féminine divertisse ainsi un client masculin… dans qu’il ne se passe rien de plus. En fait, c’est tout un aspect de la culture japonais qui transparaît ici : la culture du réconfort.
Depuis les débuts des geisha à l’époque Edo, les hommes sont venus se divertir auprès d’elles pour oublier leur dur quotidien – puisque traditionnellement, c’est l’homme qui travaille pour faire vivre son foyer au Japon. Les riches marchants d’Edo et de Kyoto venaient dans les maison de thé ou une ambiance de fête était créée pour eux. Les beaux kimono, les danses élégantes, les conversation enjouées et le léger flirt autorité avec leurs hôtes féminines leur permettaient de s’immerger dans une sorte de bulle agréable l’espace d’un instant. La profession de geisha a toujours été régulée sévèrement et la prostitution y était interdite. Si quiconque souhaitait assouvir d’autres désirs, cela se passait chez les prostituées et courtisanes qui vivaient non loin, dans leur quartier réservé. Si l’on considère parfois que la limite pouvait devenir floue entre les deux professions, et qu’on parle d’une « double licence » qui aurait existe pour certaines artistes qui vendaient également leur corps, il est difficile d’obtenir des informations concrètes aujourd’hui et je ne peux pas m’étendre sur le sujet. Quoi qu’il en soit du passé, à l’heure actuelle il n’existe aucun doute : les geisha ne sont en aucun cas des prostituées de luxe.

Comment devient-on geisha ?

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Geiki (geiko) de Kanazawa exécutant une danse du printemps

La situation est différente selon les villes. A Kyoto, ou la culture des geiko et des maiko est très présente et farouchement protégée, il faut commencer une formation de 5 ans en tant qu’apprentie (maiko) une fois la scolarité obligatoire terminée, vers 15 ans. La maiko est initiée à un grand nombre d’arts, dont bien sur la danse japonaise. Elle suivra des cours tous les jours avant de participer aux banquets le soir avec ses aînées. Une fois cet apprentissage très exigeant terminé, vers 20-21 ans, l’apprentie peut faire le choix de devenir une artiste à part entière, la geiko. A Tokyo et dans d’autres villes, il existe encore quelques quartiers de geisha il est nécessaire de passer par le stade d’apprentie (elles sont appelées « hangyoku » à Tokyo), mais de nombreuses geisha le deviennent directement après une formation spécifique d’une durée variable.

Pourrais-tu nous expliquer la différence entre les maiko et les geiko ?

La principale différence réside dans l’expérience, comme mentionné plus haut. L’apparence physique va de pair avec la progression de la jeune femme dans son apprentissage.
A Kyoto, les maiko sont de jeunes apprenties, âgées de 15 à 20 ans en général. Elles sont traditionnellement considérées comme encore immatures et peu expérimentées, aussi cela se voit-il dans leur tenue : elles portent des kimono aux longues manches avec des plus au niveau des épaules, systématiquement portés par les enfants dans le passé. Le vêtement est en général charge en motif barioles et nombreux. Elles portent un obi (une large ceinture) de plusieurs mètres noué de façon à ce qu’il se déroule dans son dos. La coiffure est également caractéristique : elle est réalisée à partir des cheveux de la jeune fille, et on y dispose également des ornements floraux assez volumineux. Plus la maiko gagne en expérience et plus son apparence s’assagit progressivement.
Une geiko, de par son statut d’artiste à part entière, revêt une apparence bien plus simple et mature. Elle porte le type de kimono plutôt porte par les femmes mariées et privilégié des couleurs plus sobres. Les motifs y sont plus discrets et visibles uniquement sur les manches et sur le bas du vêtement. Son obi, plus court, est noué de façon plus classique. Elle porte une lourde perruque uniforme, ornée de quelques décorations discrètes.

Une journée de geisha ressemble à quoi ? Ont-elles des jours de congés ?

Je ne vais parler que de ce que je sais des geiko de Kyoto, car je connais beaucoup moins comment cela se passe ailleurs au Japon. Je crois seulement pouvoir dire que toutes les geisha du Japon ont en commun de participer à des banquets le soir de manière régulière ; leur formation et donc leur emploi du temps varient cependant énormément d’une ville à l’autre.
A Kyoto, une maiko se lève vers 9h et se rend en kimono à ses leçons en fin de matinée. Le type de cours varie selon un emploi du temps spécifique (ce n’est pas tous les jours la même chose) mais les cours de danse ont une importante primordiale. Elle rentre à son okiya (maison de geisha) vers 15h en général, et se prépare un peu plus tard pour les banquets du soir. Elle dîne, se maquille elle-même et attend qu’un habilleur, appelé otokoshi, vienne lui mettre son kimono et son obi, ce dernier demande une certaine force pour être noué correctement. Dans certains quartiers, les femmes de la maison se débrouillent sans homme ! La maiko commence à travailler à 18h en général. Il peut y avoir deux voire trois banquets qui s’enchaînent dans la même soirée, si bien qu’elle ne rentre pas à l’okiya avant minuit voire une heure du matin. Il lui faut alors enlever son habit, se démaquiller, prendre un bain et se coucher. Et la même chose se répétera à peu de choses près le lendemain.

La journée d’une geiko est similaire en tout point à celle d’une maiko, si ce n’est que sa spécialité influencera son emploi du temps, lui-même plus flexible. Il existe en effet deux types de geiko : la tachikata, qui se produit sur scène en tant que danseuse, et jikata, spécialisée dans l’accompagnement à l’instrument et au chant. Dans la majorité des quartiers, cette dernière ne dans donc jamais et ne suivra pas de cours de danse dans la journée. Le soir, elle présentera aux banquets en tant que musicienne et chanteuse, mais participera à la conversation comme le fait la tachikata.

Il arrive qu’à la place d’un banquet, la maiko ou geiko doive accompagner un client spécifique dans une sortie, un restaurant ou encore un bar selon le choix de ce dernier. Ce genre de sortie peut même s’organiser en journée. 

En général, les maiko disposent de deux jours de congés réels dans le mois. Elles sont ainsi autorisées à aller faire des emplettes en ville par exemple. Il leur est cependant interdit de rentrer dans une supérette ou une chaîne de restauration rapide… question d’image ! Les geiko, elles, disposent de leur emploi du temps comme elles l’entendent et sont ainsi bien plus libres. Elles peuvent prendre plus de congés et se rendre dans les qu’elles veulent plus facilement. 

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Deux maiko se rendent à une maison de thé

De nos jours, est-ce que c’est un métier qui attire encore beaucoup ?

Le métier de geisha a connu un déclin sans précédent une fois la deuxième guerre mondiale terminée. A Kyoto, leur nombre est passé de plusieurs milliers avant-guerre à environ 250 aujourd’hui. Les réalités économiques et sociales du Japon moderne ont percute de plein fout et ce petit monde un peu fermé, qui a parfois totalement disparu dans certaines villes japonaises. Les Japonais se sont désintéressés de cette tradition, qui plus est réservée à des gens suffisamment fortunés, ce qui est moins évident dans une société avec une forte classe moyenne. La tendance est aujourd’hui en train de s’inverser très lentement bien que les proportions restent très faibles par rapport à l’age d’or des geisha d’avant-guerre. Par exemple, bien que le nombre de geiko à Kyoto soit toujours a l’équilibre depuis une dizaine d’années. de plus en plus de jeunes filles tentent de l’aventure car elles ont plus facilement accès à des informations sur la vie de maiko via les médias et les réseaux sociaux. Le métier peut parfois être considéré avec méfiance par les parents, mais il jouit d’une certaine popularité – toute relative – ces dernières années auprès de collégiennes des quatre coins du pays.
Cependant, il faut souligner que si chaque année voit naître de nouvelles maiko, beaucoup abandonnent leur carrière en cours de route ou choisissent de ne pas devenir geiko après leur apprentissage. Le nombre de jeune geiko à Kyoto est donc proportionnellement assez faible actuellement.

 

Est-ce qu’il y a un âge de retraite ? Les veterantes ont-elles toujours autant de succès ou est-ce qu’elles ont un rôle particulier ?

Théoriquement, il n’existe pas d’âge de retraite. On est geisha « à vie » à partir du moment même où on le devient. Dans le quartier de Kamishichiken à Kyoto, la geiko Katsukiyo s’est produite sur scène presque jusqu’à sa mort à 88 ans. On dit parfois que les geisha sont mariées à leur profession ; une partie des femmes qui la quittent le font justement car elles souhaitent se marier avec quelqu’un. On peut a vrai dire quitter ce métier quand on le souhaite, s’il ne correspond plus à ce que l’on recherche ou si l’on a un nouvel objectif en tête.
Une geiko aguerrie sera considérée avec le respect qui lui est dû. Si elle est tachikata, elle obtiendra souvent des solos de danses lors des grands spectacles publics du printemps et de l’automne. Si elle est jikata, elle sera vraisemblablement très demandée pour accompagner ses cadettes à divers banquets ou événements. Elles peuvent être appelées à assumer de grandes responsabilités ;  les présidentes des associations de geiko de chacun des cinq quartiers de Kyoto sont des geiko ayant accumulé un grand nombre d’années d’expérience.

 

Avec le temps, est-ce qu’il y a des choses qui ont changé ou évolué dans le rôle des geisha ou leur façon de vivre ou par rapport aux autres personnes ? 

Le monde des geisha a bien sur du évoluer pour s’adapter à la société actuelle. Si les communautés de geisha subsistent dans un grand nombre de villes (Tokyo, Atami, Kanazawa, Nagoya, Tokushima, Osaka, Nagasaki pour n’en citer que quelques unes), nombreuses sont celles qui ont cherché à s’adapter pour survivre. Dans certaines quartiers de Tokyo, par exemple, une geisha peut tout à fait avoir un travail principal dans la journée et être geisha une fois le soir venu. Le métier devient ainsi plus compatible avec un mode de vie plus actuel et attire régulièrement de nouvelles recrues, bien que cela soit en petit nombre à chaque fois. Cela n’est pas envisageable à Kyoto, où l’on doit être entièrement dévouée à sa carrière d’artiste, mais on y perçoit malgré tout des évolutions : si leur style de vie reste farouchement traditionnel, les maiko et les geiko arborent une nouvelle image d’ambassadrices de la culture japonais et participent à un plus grand nombre d’événements publics que par le passe. De plus en plus d’hôtels ou de restaurant proposent des soirées avec une maiko pour les touristes, un concept assez différent du traditionnel banquet exclusif qui constitue leur gagne-pain principal d’ordinaire. Dans certain quartier, on propose même de plus en plus aux enfants des ateliers de découverte de la danse ou des instruments qui font partie de la vie d’une maiko ou geiko. Cela me donne l’impression qu’on essaye de (re)créer des liens entre un monde traditionnellement séculaire et le reste de la société. 

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Je sais que ce n’est pas bien de les importuner quand on les croise, mais sinon, comment peut-on les approcher ?

Le tourisme de masse rend effectivement la vie dure aux maiko et geiko de Kyoto. Le quartier de Gion notamment est assailli chaque jour par une foule de visiteurs qui cherchent à voir des geisha coûte que coûte, avec parfois des comportements déplacés voire dangereux.
Pour apprécier leur compagnie « à sa juste valeur », il existe aujourd’hui une multitude d’options. On peut aller les voir danser lors d’événements publics ou de festivals gratuits comme le Gion Matsuri. Les cinq quartiers de Kyoto donnent des spectacles de danse chaque année au printemps et en automne accessibles à tous. Pour des moments privilégiés, il existe même des restaurants qui organisent des cérémonies du thé ou de petits banquets pour touristes avec une ou plusieurs maiko. Et bien que tout cela ait un prix plus ou moins important, c’est la meilleur façon de les admirer de près.

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Deux maiko interprétant une danse lors du festival Higashiyama Toro.

As-tu déjà rencontré une geisha ?

Comme je l’ai raconté plus haut, ma première rencontré a eu lieu en 2012. Depuis, j’ai eu trois ou quatre occasions de parler avec des maiko ou geiko. Cette année, en mai, j’ai même pu participer à un banquet avec deux d’entre elles, et quelques semaines plus tard j’ai eu la chance de passer une heure privilégiée avec une maiko en tant que « vraie » cliente. Inutile de dire que j’avais des étoiles plein les yeux.

Aurais-tu un rêve ?

J’ai toujours la tête remplie de rêves en permanence alors je n’aurais jamais fini d’en faire la liste… Je vais choisir celui qui se réalisera peut-être dans un futur proche :  me produire sur scène dans un spectacle de danse traditionnelle japonaise.

Reviendras-tu au Japon ? 

Pour réaliser le rêve dont je viens de parler, je compte revenir au Japon en 2021 afin de me perfectionner en dance. Je ferai le maximum dans ce but !

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Merci beaucoup Emilie de nous avoir accordé un peu de ton temps et d’avoir partagé ton savoir. C’était vraiment très intéressant et j’ai à nouveau appris de nombreuses choses. De plus, à chaque fois que je t’écoute parler des geisha, je vois tes yeux pétiller et je sens ce feu qui t’anime, tu es si captivante que je bois tes paroles tellement c’est passionnant ! Rien que pour ressentir cette passion, je pense que le format podcast aurait été parfait pour transmettre cette flamme aux lecteurs.
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Pour suivre Emilie sur instagram, c’est par ici > Emi.blue33

Kobe Winery, du vin made in Japon

Ce mois-ci, lors d’une excursion avec les Kobe PR Ambassador, j’ai découvert un nouvel endroit à Kobe, l’exploitation viticole de Kobe Winery qui se situe à 30min de route depuis le centre de Sannomiya. Cependant cet endroit n’est pas que pour les amateurs de vin, en effet il y a aussi un espace barbecue et jeux pour les enfants. Etant Française, les Japonais pensent que je bois du vin à chaque repas et que je m’y connais, alors que ce n’est pas du tout le cas. Je ne m’y connais pas du tout et je n’en consomme que pour des occasions. Cependant j’avoue préférer le vin blanc au rouge et venant d’Alsace, j’aime particulièrement le Riesling, le Pinot Gris et le Gewurztraminer. Les villages alsaciens sont connus pour les vignes et voir celles-ci m’a rendu un peu nostalgique.

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Kobe Winery a vu le jour en 1983 et possède actuellement des vignes éparpillées dans divers endroits de Kobe. Ils produisent principalement cinq sortes de raisin afin de faire du Merlot et du Cabernet Sauvignon en vin rouge et du Chardonnay, du Riesling et du
Shinano Riesling en vin blanc. Le Shinano Riesling fut créé uniquement par Kobe Winery, il s’agit d’un hybride de Chardonnay et de Riesling. En 2007 il gagné le prix Gold au Japan Women’s Wine Awards qui est la première compétition internationale de vins au Japon dont les juges sont uniquement des femmes.

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Vendangeurs du jour, on nous a d’abord expliqué comment bien choisir les grappes de raisin. Puis munis de gants et d’un sécateur nous nous sommes exécuté dans les vignes d’un futur Chardonnay. Observant de près ce précieux cépage, c’est avec la plus grande délicatesse qu’il fallait les déposer dans le cageot. Les grappes abîmées ou d’une mauvaise couleur, elles, rejoindront le composte. 

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Ensuite, suivant la destinée de ce goutu nectar, direction la distillerie. L’entrepôt doit être maintenu au frais et les cuves de fermentation sont constamment arrosées d’eau froide. Dans les tonneaux, le vin prend doucement vie. Les bulles que nous voyons dans la fiole indique que la fermentation est en plein travail.

Puis vient la phase finale, le moment de la dégustation. Nous avons eu droit à un jus de Cabernet Sauvignon, un jus de fermentation de Chardonnay, le shinano riesling et le vin rouge nommé Select red. Comme je m’en douté, j’ai préféré le vin blanc au rouge et à ma grande surprise, le jus de fermentation était meilleur que je ne l’aurait pensé.

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C’était une chouette expérience, c’était vraiment intéressant d’apprendre des choses et du goûter du vin japonais pour la première fois. Je sais que je n’y serai jamais allée de moi-même donc je suis contente que nous y soyons aller. Ainsi si vous aimez le vin ou être curieux, je vous recommande fortement d’y faire un saut.

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Musée Cup Noodles d’Osaka

Voici un musée consacré aux nouilles instantanées et à leur inventeur, Momofuku Andō. Il est situé à Osaka, à environ 5min à pieds de la gare d’Ikeda. On y découvre l’histoire de leur création, on peut voir l’évolution des emballages à travers les années et selon les pays. Via cette carte on peut aussi constater le taux de consommations de nouilles instantanées dans le monde avec en tête d’affiche, la Chine, l’Indonésie et le Japon. 

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C’est après la seconde guerre mondiale que cette révolution alimentaire vu le jour. Le Japon manquait de vivres et l’état recommandait donc de consommer du pain, qui leur été fourni par les Américains, or Ando trouvait cela illogique car les Japonais sont plus habitués à manger des nouilles. Malheureusement à cette époque, les entreprises de nouilles étaient petites et n’auraient apparemment pas pu réussir à répondre à la demande. C’est ainsi que Ando décida de lui aussi produire des nouilles et finalement après des mois de tentatives, c’est en 1958 qu’il inventa les nouilles instantanées, les chicken ramen. Cependant ce n’est qu’en 1971 qu’il commença à vendre des cup noodles. Pour en savoir davantage, vous pouvez regarder le drama Manpuku qui relate cette histoire.

On peut visiter gratuitement le musée, cependant il faut payer 300 yens pour réaliser sa propre cup noodle. On achète le pot, on le personnalise selon ses envies avec des feutres puis on peut choisir quatre ingrédients et la soupe que l’on souhaite ajouter aux nouilles instantanées. Ensuite on ferme, plastifie et c’est fini ! A consommer de préférence avant 1 mois.

Il est également possible de faire ses propres chicken ramen en commençant des la confection des nouilles ! Mais pour cela il faut réserver à l’avance, et concernant les enfants, il faut avoir minimum 6-7 ans.

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Au quotidien je ne mange pas de nouilles instantanées, mais c’était tout de même intéressant de connaitre l’origine des cup noodles car cela fait partie intégrante de la culture japonaise. J’y suis allée avec mon fils et il a beaucoup aimé pouvoir personnaliser et choisir les ingrédients au point qu’il a voulu déguster ses nouilles le soir même. Itadakimasu !

Et vous, vous en avez déjà mangé ? vous aimez ?

Plaques d’égouts japonaises, l’art au bout des pieds à Kobe

Il y a trois ans j’avais déjà rédigé un article sur les plaques d’égouts japonaises (ici) en y présentant quelques unes que j’avais vu à travers l’archipel et en y pointant les symboles de chaque ville que nous pouvions y voir dessus. Dans le même registre, j’ai voulu cette fois-ci me concentrer sur les plaques d’égouts de Kobe qui sont toutes très jolies et originales. Parfois, c’est aussi bien de regarder parterre car on peut y trouver de petites perles, puis concernant Kobe, si on fait attention aux détails, on peut aussi constater que la ville éparpille des miettes de son histoire un petit peu partout.

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La première plaque d’égout décorative de Kobe apparut en 1988 et se trouvait dans la ville thermale Arima-onsen représentant la rivière qui la traverse, les érables et le téléphérique qui mène au Mont Rokko. Ce n’est que par la suite que des plaques d’égouts décoratives représentant la ville de Kobe apparurent dans la ville portuaire et actuellement il en existe une dizaine. 

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On peut en trouver de très élaborées, mais aussi des « informatives » comme celle-ci qui indique la distance qu’il y a de son emplacement jusqu’au port et jusqu’au quartier Kitano qui se trouve coté montagne avec ses maisons étrangères, les ijinkan.

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En 2016 avait eu lieu le premier concours de design de plaques d’égouts dont le thème était « le port de Kobe« . Parmi les 159 propositions des habitants, voici les deux designs retenus qui ont eu l’honneur d’inaugurer ce premier concours. On constate que, bien que les styles soient très différents, ils correspondent parfaitement au thème.

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Le thème du deuxième concours de design de plaques d’égouts était « ce que j’aime à Kobe« , parmi les 85 propositions soumises, voici l’une des deux qui fut retenue. Mer et montagne, la tour de Kobe, son port rouvert depuis 150 ans, un panda pour le zoo Oji et un dauphin qui, je suppose doit faire référence à l’aquarium de Suma. Kobe est vraiment aimée de ses habitants, ils en sont fiers et on le voit partout ! 

 

Cette plaque fait référence au Luminarie, le festival de lumières qui a lieu en décembre en mémoire des victimes du grand tremblement de terre de 1995.

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On trouve aussi des plaques dites « touristiques » comme celles-ci. La première a été réalisée sous forme de médaille.

D’autres plaques sont reliées à des quartiers en particuliers. La première est rattachée au quartier de Motomachi, les lanternes font référence à celles que l’on trouve dans la longue galerie marchande et qui changent de style à chaque section. La deuxième est celle de la rue Sannomiya Center South street, qui après le séisme de 1995, fut réaménagée dans un style urbain plus moderne. La rue fut pavée tout en étant agrémentée de réverbères puis des magasins et des restaurants de style occidentaux s’y sont installés. La troisième toute mignonne représente la spatule que l’on utilise pour faire le Sobameshi, un mélange de yakisoba et de riz, qui est la spécialité du quartier de Nagata. La quatrième représente le zoo de Kobe, Oji qui permet effectivement d’y voir un panda.

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Cependant les plaques d’incendie ne sont pas des laissées-pour-compte, en effet on en trouve aussi à l’image de la ville maritime et rassemblant plein de ses symboles.

Si vous êtes des collectionneurs, sachez qu’il y existe même une collection de cartes à l’effigie des plaques d’égouts du Japon. Une autre façon de visiter sous forme de chasse au trésor !

 

#Histoires Expatriées : la distance

L’expatriation a du charme et fait rêver. Cependant, ce n’est pas tout rose tous les jours et la distance fait parti d’un de ses revers de médaille. Selon les personnes, sa personnalité et sa proximité avec son pays natal, je pense que chacun est affecté différemment par la distance. Certaine personne ne le sont même pas du tout, ce que j’avoue admirer un peu.

Bienvenue pour ce nouveau rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis 
l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Kelly, du blog Lily's Road, est la marraine du mois 
et a choisi pour thème la distance.

 

Loin des yeux, près du cœur

Pour ma part, toute ma famille habite dans la même région et est éparpillée dans les villes et villages voisins. Quand je suis venue m’installer au Japon, j’étais jeune et tout excitée de cette nouvelle aventure qui commençait. Je savais que je verrai peu ma famille et qu’elle me manquerait, mais je ne pensais pas que cela serait à ce point. Je pensais aussi qu’avec le temps ce manque s’apaiserait alors qu’en fait, plus le temps passe et plus elle me pèse, notamment depuis la naissance de mon fils car j’aimerai tellement qu’il puisse passer davantage de temps avec ma famille. Heureusement, de nos jours, skype et les réseaux sociaux permettent de garder plus facilement le contact ce qui aide beaucoup à prendre son mal en patience entre deux retours au bercail. Ma mère et moi discutons au moins une fois par semaine.

La vie fait que les gens se perdent de vue et, avouons-le, la distance n’aide pas, les relations s’effritent plus facilement. Cependant, personnellement je suis contente d’avoir pu garder contact avec ceux qui comptaient le plus pour moi. Nous échangeons assez régulièrement par mail et on essaye toujours de se voir lorsque je rentre au pays. Ainsi on a l’impression de ne pas avoir raté grand chose de la vie de l’autre..

 

Distance rime avec absence

Vivre à l’étranger, loin des siens fait que malheureusement nous manquons de grandes événements. Des naissances, des mariages, des décès, des réunions de famille pour Pâques et les fêtes de fin d’années… En raison des 9 844 km qui me séparent de la mère patrie, je ne peux pas rentrer aussi souvent que je le voudrais pour faire acte de présence. Cette autre facette de l’expatriation me touche beaucoup car même si je suis quelqu’un de solitaire, j’aime partager ces événements familiaux qui ont marqué mon enfance et me laissent de bons souvenirs. J’ai raté des naissances, le mariage de mon cousin et je ne pourrai pas être là pour celui de ma cousine qui aura lieu l’année prochaine, problème de timing… J’aimerais bien voir grandir les enfants de mes cousin/es et de mes ami/es comme je peux voire ceux d’ici. 

 

La distance a du bon ?

Malgré tout, au fil des années, j’ai finalement trouvé un point positif à la distance (il fallait bien^^), le temps de qualité. Quand je rentre en France, j’ai toujours un emploi du temps tres chargé car j’essaye de rattraper le temps perdu et de revoir le maximum de personnes que je peux, même si c’est impossible de voir tout le monde. Si je vivrai toujours dans l’Hexagone, je verrai surement moins ces gens car je me dis que je pourrais les voir n’importe quand. Or, vu ma situation actuelle, à chaque retour on profite vraiment de ces heures ensemble, c’est vraiment du temps de qualité ou l’on profite à 100% du moment présent.

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Les autres participantes

Angélique au Sénégal – Catherine en AllemagnePauline en Corée du sudBarbara au Costa RicaAurore au CanadaFredy au Canada

Tranche de vie, ce que j’aime faire l’été au Japon

Cette année la saison des pluies a pris un peu de retard, ce qui fait que l’été en a fait de même. Ce fut donc de longues semaines de pluie et d’humidité intense qui ne me donnaient pas du tout l’impression d’être en été ou en vacances avec tout ce que cela implique. Puis fin juillet, la canicule s’est installée, 37 degrés, mais 45 de ressenti avec des journées harassantes sous les rayons du soleil ainsi que des nuits encore bien chaudes et lourdes. Cependant, même si je déteste et surtout supporte de moins en moins la chaleur japonaise, voici un retour sur ces trois choses que j’aime faire en été au Japon. 

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花火

Hanabi, ou littéralement « fleur de feu », c’est joli, non ? Les feux d’artifices sont probablement l’attraction préférée des Japonais. Les gens se ruent, s’attroupent pour trouver LA place qui leur permettra de contempler au mieux le spectacle. Pour l’occasion les yukata sont aussi de sortie. Dans le calme plat, seuls le son des feux d’artifice résonne dans la nuit. Ces féeries nocturnes plongent ses spectateurs dans une bulle. Le temps d’un instant, ils ne pensent à rien et profitent juste du moment présent. Émerveillés par la beauté du tableau dont ils sont témoins, quelques « sugoi » et « kirei » ponctuent cet arrêt dans le temps. Hélàs, une fois le spectacle terminé, le retour à la réalité se fait sans attendre. Il ne leur reste plus qu’à braver les rues noires de monde et les trains bondés pour rentrer chez eux. 

Accompagnée de ma belle-famille, nous sommes allés voir le Naniwa Yodogawa Hanabi qui est le grand feu d’artifice d’Osaka qui a lieu sur la rivière Yodogawa. C’est un événement qui attire aussi énormément de monde et l’ayant vécu il y a 7 ans, je ne comptais pas m’y aventurer cette année, notamment avec mon fils, mais finalement mes beaux-parents ont pris des tickets pour avoir des places assises au bord de la rivière. Ainsi nous étions aux premières loges et le feu d’artifice était magnifique ! Pendant une heure, nous étions tous hypnotisés par ce spectacle, c’était vraiment grandiose. Pour le retour, nous avions attendu une heure sur place afin d’éviter le pire de la foule sur le chemin du retour et dans les trains. 

浴衣

Les yukata, ces légers kimono d’été en coton. Moins chaud, moins lourd et moins compliqué à mettre qu’un kimono, mais tout aussi élégant ! Tant de teintes et de motifs différents. Il suffit de la couleur du obi, d’un accessoire particulier, du choix du nœud du obi ou tout simplement de la coiffure pour en changer le style. Un seul yukata peut avoir plusieurs vies. Il suffit de se laisser guider par sa créativité et ses envies !

Puis bien sur, je n’ai pas manqué de faire ma sortie estivale en yukata avec mes amies françaises de Kyoto. J’ai encore du mal à bien mettre un yukata, mais j’avoue être contente d’au moins bien maîtriser le nouage du obi. Cette fois-ci nous sommes allées au jardin japonais Murin-An qui était ouvert au public pour quelques jours. C’était la première fois que j’y allais et c’est vraiment un bel endroit. Nous y avons aussi fait une pause boisson sur des tatami afin de nous rafraîchir et de contempler ce superbe jardin que j’ai trouvé tres apaisant.

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Les matsuri, ces festivals indissociables de l’été nippon. Les célèbres comme Gion Matsuri  à Kyoto ou Tenjin Matsuri  à Osaka attirent énormément de monde. Les petits de quartiers, eux, sont beaucoup plus conviviaux. Des lanternes éclairent les rues. Des stands proposent jeux, nourritures et boissons. Les kakigori aux goûts multicolores rafraîchissent les convives. Des musiques de danses traditionnelles Bon-Odori accompagnent le chant des cigales. Les yukata offrent des touches de couleurs à travers la nuit. Les gens s’amusent et profitent de ces nuits chaudes d’été.

Les matsuri, ces festivals qui animent l’été dans chaque ville et rassemblent tant de monde. Cette année je suis allée un petit peu au Tenjin Matsuri qui est un des trois plus grands festivals traditionnels du Japon. Lors de la procession, des volontaires portent le mikoshi qui est une sorte de sanctuaire portatif. Après avoir paradé plusieurs heures dans le quartier, ils le déposent sur une barque pour le faire défiler sur la rivière Okawa avec plusieurs bateaux.

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#Histoires Expatriées : Vision de la France et des Français au Japon

Nous avons tous des à priori sur les autres pays et ethnies, certains peuvent s’avérer vrais, d’autres pas du tout. Ainsi pourquoi ne pas se pencher sur ce que notre peuple d’adoption pensent de nous, Français, les mangeurs de grenouilles que nous sommes et qui ne jurent que par le fromage qui pue. A votre avis, selon le pays, les clichés divergent ou se rejoignent ?

Bienvenue pour ce nouveau rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis 
l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Je suis la marraine du mois et j'ai choisi pour thème,
 la vision de la France et des Français dans notre pays d'adoption. 

 

La France fait rêver, mais pas que !

Pour les Japonais, la France c’est la mode, de l’élégance, du romantisme, de la bonne cuisine, Paris, mais aussi des grèves, des retards de train et, plus récemment, de la peur à cause des attentats terroristes dont plusieurs villes françaises ont été victimes.
Quand je demande aux Japonais qui ont voyagé dans l’Hexagone ou ils sont allés, c’est là aussi à peu près toujours les mêmes destinations ; Paris, le Mont St Michel, et parfois, la Provence, voire Nice. Parmi ceux qui vont visiter la capitale française, certains s’amusent aussi à aller dans le célèbre café de Amélie Poulain, filme qui entretient cette image qui fait rêver les Japonais.

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Le français, c’est classe

Bien que ce soit une des langues les plus difficiles à apprendre, le français a la cote et c’est chic. Que ce soit à l’université ou dans des écoles de langue, ils sont tout de même nombreux à essayer de l’apprivoiser. Beaucoup de restaurants, de magasins de prêt-à-porter et de pâtisseries portent des noms en français. On en trouve aussi sur des couvertures d’agendas ou sur des sacs. Le problème, c’est que la plupart du temps, ce n’est pas la langue de Molière que nous retrouvons, mais du bon franponais ! Parfois cela se limite à quelques fautes d’orthographes, mais d’autres fois c’est du charabia, des mots alignés qui ne donnent aucun sens à la phrase. Un karaoke qui s’appelle Monotone, un coiffeur nommé Jouir ou un magasin ayant pour nom Bon mercerie de Anateliér. Bref, être Français au Japon c’est parfois trouver de belles perles de franponais qu’on est toujours ravie de partager avec ses compatriotes.

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Les Français et les Françaises

Les chiffres de décembre 2017 indiquaient que 10 252 Français résidaient au Japon, depuis je suppose que cela a surement augmenté. Au Japon, les caucasiens ont tendance à passer pour des Américains voire des Russes. Alors quand on me demande d’ou je viens et que je réponds être française, c’est à peu près toujours les mêmes réactions ;  « ooh la France, c’est super! », « j’adore la France », « j’ai visité Paris », « j’ai un peu étudié le français, mais c’était difficile », « vous êtes de Paris? » « c’est pour ça que vous êtes belle ». D’ailleurs, concernant ce dernier compliment, peu importe ce qu’on portera, on nous dira être élégant, le chic à la française quoi. Bref on a du succès et l’on est mieux accueilli que certaines autres ethnies, même si selon eux on s’excuse peu.

Dernière anecdote en date. Après une réunion à la maternelle de mon fils, une maman que je ne connaissais pas est venue m’accoster avec une autre. Elle m’a demandé si c’était vrai qu’en français, les mots étaient considérés comme masculin ou féminin. Après avoir confirmé, elle m’a demandé de dire ça en français… Elle me regardait avec des yeux pétillants, était tout excitée d’avoir entendu du français et avait même applaudi ! Sur le moment, je me sentais comme une bête de foire, observée et applaudi après un tour. Les Japonais sont si doués pour exagérer certaines de leur réactions.

 

Les coutumes françaises

Pour les Japonais, tous les Français aiment le vin, le pain et le fromage et en consomment tous les jours. Alors quand j’ose leur dire que personnellement, c’est assez rare que je boive du vin ou mange du fromage, ils sont choqués et me disent que je ne suis pas une vraie Française alors que j’adore les marinières, porte un béret en hiver et raffole du pain ! Leur visage grimace quand ils nous imaginent croquer dans ces fines cuisses de grenouilles et ils font de grands yeux quand on mentionne que le lapin c’est délicieux… 

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Je pense qu’on peut conclure en disant qu’au Japon, les clichés sur les Français sont tenaces ! Du moins, c’est ce que j’ai pu constater via mon expérience.

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* Les participant/es du mois *

Karine, Suisse à Hong Kong

Catherine, Française chez nos voisins Allemands

Angélique, Française au Sénégal

Barbara donne sa vision de Suisse sur les Français

Alexienne, Française qui rassemble les clichés qu’elle a entendu dans divers pays

Fredy, Française chez nos cousins les Canadiens

Ophélie, Française en Angleterre

Aude, Française en Argentine

Takenaka museum, le musée d’outils de charpenterie de Kobe

Le musée Takenaka fut ouvert en 1984 à Kobe. C’est le seul musée d’outils de charpenterie du Japon. Son but est de collecter et de conserver ces outils comme héritage culturel et de les présenter aux prochaines générations à travers des recherches et des expositions. Le musée en rassemble actuellement environ 1000, certains sont d’origines, d’autres des répliques.

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Les salles d’exposition se divisent en trois thèmes : l’histoire, la création et la transmission du savoir autour du travail du bois. On y découvre l’évolution des outils allant de l’age préhistorique à notre époque moderne, les techniques de charpente traditionnelle et l’évolution du travail du bois. Le Japon favorise l’utilisation de bois tendres alors qu’à l’étranger on a plutôt tendance à utiliser du bois dur, c’est pourquoi la forme et l’usage des outils divergent selon les pays ! Ainsi la charpenterie japonaise possède plus de 72 outils alors que côté français et allemand il n’y en a qu’une dizaine. La charpenterie japonaise traditionnelle se reflète dans la mentalité japonaise, la finesse et la beauté des outils ainsi que dans l’harmonie des constructions.

Le musée en lui-même est une oeuvre d’art. Les poutres du toit dans le hall, les escaliers qui mènent à l’étage inférieur, les murs fait en torchis, le sol du jardin intérieur qui est fait avec des tuiles de l’île d’Awaji, mais qui ont été refaçonnées sous forme de carrelage.

A l’intérieur on peut aussi y voir une maquette de la structure d’une salle de thé et une autre du bâtiment principal du temple Toshodaiji, situé à Nara, de plus de 7 mètres de haut ce qui permet de voir de près l’excellence des techniques de construction en bois du Japon. En effet, ici pas de vis, la technique traditionnelle japonaise réside dans le fait de créer des pièces au millimètre près afin que tout s’emboîte et s’assemble parfaitement. Une technique intelligente et impressionnante qui permet également de remplacer facilement des pièces abîmées ou usées par le temps.

A la fin de la visite, vient le moment de la pratique ! Un espace atelier permet à ses visiteurs de réaliser des jouets en bois ou sa propre paire de baguette. Accompagnés de professionnels, ils aident et guident afin de bien utiliser les outils nécessaires et pour réaliser au mieux cette pièce qui sera unique.

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