Brasserie de sake, Sennen-ichi

Lors d’une sortie avec les Ambassadeurs de Kobe, j’ai eu l’occasion de visiter une brasserie de sake pour la première fois, celle de Sennen-ichi Sake Brewery qui se trouve à Awaji-shima, l’île en face de Kobe.

Mais d’abord, posons les bases afin de ne pas faire de confusion. Le sake est une boisson alcoolisée japonaise obtenue à partir de la fermentation du riz. Sur l’archipel il est communément appelé nihonshu, ce qui signifie littéralement « alcool japonais », et tire en général 17 à 20% d’alcool.

Sennen-ichi ravit les papilles de l’île d’Awaji depuis 145 ans ! Malgré quelques dégâts causés par le grand tremblement de terre qui frappa Kobe en 1995, ils n’hésitèrent pas à reconstruire. Un des aspect les plus intéressants de cette brasserie est qu’une grande partie du processus se fait encore manuellement, l’étiquetage également, en effet les étiquettes sont collées sur les bouteilles une par une ce qui est assez surprenant pour une usine qui produit tant ! La visite commença par une explication sur la préparation du riz, l’extraction du sake, l’histoire de la brasserie et sur le volume de leur production. Leur brasserie peut sembler petite, mais en fait ils produisent énormément de sake de divers sortes. 

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Ensuite au deuxième étage nous avons eu droit à une petite dégustation de leurs breuvages. Le premier sake que nous avons goûté se nommait « Romance« , c’était un de mes favoris car il était doux et fruité. Le propriétaire le présente comme étant une boisson pour femme parce qu’il a un faible taux d’alcool (7%), l’apparence d’une bouteille de parfum aux reflets bleu et un nom qui fait rêver.

Puis vint le tour d’un sake semi-fermenté nommé Shiboritate, suivit de la recommandation du propriétaire qui est un Shiborihiso. Pour finir nous avons eu droit au sake le plus cher de la brasserie, le Chiyunoeishi dont le long cycle de fermentation lui permet d’atteindre un pourcentage d’alcool d’environ 19.5% et de lui donner un goût bien plus fort. Personnellement, n’étant pas une fan d’alcool de riz japonais, je ne les ai pas trop aimé, chacun m’a fait faire la grimace, cependant, cela n’est qu’une question de goût.

En bonus, nous avons goûté de lumeshu, de l’alcool de prunes, qui se mélange normalement avec de liqueur dit Shochu, mais ici ils le font avec du nihon shu. Les amateurs de umeshu comme moi remarqueront certes une différence gustative et ne résisteront probablement pas à son charme. J’en ai d’ailleurs acheté une bouteille, et même si la couleur est dorée, celle-ci est semblable à celle du sake Romance ! 

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Même s’il est possible de commander sur leur site, Sennen-ichi ne vend principalement que sur l’île d’Awaji, ainsi si vous êtes dans les parages, n’hésitez pas y faire un tour. Cependant si vous voulez y faire une visite avec dégustation il faudra appeler la brasserie préalablement afin de faire une réservation. De plus, la visite et les explications seront faites en japonais alors venez de préférence accompagné de quelqu’un qui pourra traduire pour vous.
Concernant l’accès, sachez qu’aucun train ne circule sur Awajishima.
Pour s’y rendre depuis Kobe, la voiture, le bus et le ferry sont nécessaire.

Site : Sennen-ichi Sake Brewery
Adresse : 2485-1 Kuruma, Awaji, Hyogo 656-2311
Horaires : Tous les jours de 10h-16h

 

Grand Tremblement de terre de Kobe de 1995, les témoignages

Aujourd’hui, le 17 janvier 2020 marque les 25 ans du grand tremblement de terre qui frappa Kobe au petit matin, à 5h46. Un événement encore ancré dans la mémoire des survivants et dans la ville elle-même. Kobe a toujours été très attachée à son histoire et en sème constamment quelques bribes dans ses rues afin de ne pas oublier. Ainsi chaque année à cette date charnière, les cœurs se rassemblent pour partager ce douloureux souvenir et honorer les disparus. Comme chaque année la cérémonie de commémoration se passe dans le parc Higashi Yuenchi qui regorge de symboles et de souvenirs liés à ce jour.

Cette année, à l’approche de cette date commémorative et lourde de souvenirs, plusieurs connaissances japonaises m’ont raconté ce qu’elles ont vécu ce jour-là. Leurs récits m’ont beaucoup touché et j’aurai pu les écouter pendant des heures. En suivant cette idée de ne pas oublier, je me suis dis que j’allais en partager quelques uns avec vous.

 

                                           5h46                                                         17 janvier 

I
« Ma maison fut entièrement détruite. J’étais coincée sous les décombres. Ma fille était enceinte et devait accoucher dans les prochains jours, mais par chance la catastrophe n’a pas précipité l’accouchement. Par contre, en plus du séisme, on nous avait aussi volé les affaires que nous avions dans notre voiture… »

N
« J’avais la vingtaine et j’étais chez moi, dans l’arrondissement de Tarumi. En entendant le bruit j’avais pensé à un orage, puis ça a tremblé. J’ai eu l’impression que la terre se fendait en deux. Ma maison a tenu le choc, mais nous n’avons pas eu d’eau avant 3 semaines. Les gens faisaient la queue pour aller dans les sento (bains publics), il y avait parfois jusqu’à 3h d’attente. J’y suis allée 2 jours après le séisme. L’eau était tiède et sale. Je n’ai plus voulu y retourner, ce n’était pas agréable de se baigner la-dedans. Par chance, une voisine m’a proposé de me doucher chez elle le temps que ce soit réparer chez moi. Certains quartiers ont été entièrement rasé, il n’y avaient plus rien. Je me suis dis que ça devait ressembler à ça après les bombardements de la guerre… »

N
« J’avais la quarantaine. Ce matin-là je devais prendre l’avion pour aller en Europe. Je me préparais car le taxi devait venir me chercher à 6h. En y repensant que je me dis que j’ai eu de la chance car si le séisme aurait eu lieu quelques minutes plus tard, j’aurai probablement perdu la vie sur l’autoroute qui s’était écroulée. Quand ça a tremblé à la maison, l’armoire qui était derrière moi est tombée. A nouveau par chance, ma valise qui était entre elle et moi l’a retenue pour ne pas qu’elle m’écrase. Quand j’ai réussi à m’extirper de ce qui restait de ma maison, j’avais le visage noir, j’étais toute sale, je n’avais qu’une envie, me laver. Je suis restée 3 mois dans la primaire de mon quartier qui servait de refuge, il y avait du chauffage, on y était bien, tous le monde s’entraidait… »

S
« J’avais la quarantaine et j’habitais dans un appartement dans l’arrondissement de Nada. Bien que l’immeuble avait 6 ans, il a été très endommagé. Pendant les réparations, qui ont coûté très chère, je suis restée deux mois dans un refuge dans la ville de Akashi. A l’époque les téléphones portables n’existaient pas, on n’avait aucun moyens de communication pour contacter nos proches et savoir comment ils allaient. On devait alors laisser des mots avec leurs noms dans des refuges… »

S
« Ce quartier de Nagata est celui qui a été le plus touché par la catastrophe. Ce jour-là c’était le jour de fermeture de notre sento (bain public). Suite au tremblement de terre de nombreuses nagaya, les vieilles maisons japonaises accolées, étaient en feu. Cependant, nous n’avions plus d’eau pour les éteindre et les secours mettaient du temps à venir. Nous sommes alors allés à notre sento, la bâtisse ayant tenue le coup, nous avons décidé d’utiliser l’eau des bains pour aider à éteindre les incendies en utilisant les bassines. Puis trois semaines plus tard nous avons pu rouvrir le sento pour la plus grande joie de nos habitués… »

***

La ville de Kobe et ses habitants tiennent à leur histoire, cette catastrophe fait partie
d'eux et ils ne veulent pas que les générations suivantes l'ignorent, bien au contraire. 
Ils souhaitent continuer d'en parler, de commémorer ce jour et ses victimes, même si
avec le temps il y aura de moins en moins de survivants pour raconter ce qu'ils ont vécu. 
Ils ne veulent ni qu'on oublie ce 17 janvier 1995, ni tomber eux aussi tomber dans l'oubli.

#HistoiresExpatriées : Là-haut

Bienvenue pour ce premier rdv HistoiresExpatriées de 2020. 
Pour cette nouvelle année, les HistoiresExpatriées font peau neuve avec des sujets plus 
ouvert, personnels et qui titillent notre créativité. 
Ainsi le thème du mois est En haut et il est proposé par Lucie depuis l'Italie ! 

Me voici au 17ème étage du building dans lequel je travaille. La baie vitrée de ma salle de classe offre une vue imprenable sur les montagnes de Kobe dont les couleurs changent au gré des saisons. C’est un panorama dont je ne me suis toujours pas lassée au bout de 5 ans. Là-haut, je peux distinguer les cabines téléphériques qui scintillent les jours de grand soleil. J’aperçois les maisons coloniales du quartier étranger où je travaillais auparavant. Puis le sanctuaire de ce même quartier qui, à la période des cerisiers se transforme en une énorme tache rose sur ces montagnes verdoyantes, ne passe aussi pas inaperçu !

Depuis la baie vitrée du couloir, les vues sur les toits se succèdent en mettant à découvert l’envers du décor de tous ces buildings qui abritent des bureaux, des restaurants, des magasins et bien d’autres. Une jungle urbaine inégale qui attire tout de même le regard. En bas, ça grouille. Tout va si vite, avec les mouvements incessant des gens et des trains, je ne sais jamais où regarder. C’est une vraie fourmilière. Alors que là-haut, tout est calme et je peux voir des choses qui sont méconnues de ceux qui ne prennent pas suffisamment de hauteur. Par exemple, cette terrasse qui se parent de tables et chaises durant la période estivale ou ces petits sanctuaires qui trônent sur les toits de quelques buildings.

Des toilettes pour femmes, c’est un tout autre paysage qui s’offre à nous. En effet, nous avons vu sur le port de Kobe et la mer ! La voir étinceler accapare mon regard, c’est si joli quand le temps se prête au jeu. Comment ne pas rêvasser en contemplant l’horizon qui se font avec le ciel. Puis cette fois-ci, ce sont les lointains et lents va-et-vient des bateaux dont nous sommes témoins ! Quelles chanceuses nous sommes. Cependant, je me demande si celles avec qui je partage ce lieu prennent le temps de regarder par ces grandes fenêtres et de se perdre dans leurs pensées le temps de faire une pause dans leur journée.

J'aime ce 17ème étage.
Là-haut, le spectacle change constamment. Aucun jour ne se ressemble.

*

Les autres participantes :

Lucie en Italie qui essaye de prendre de la hauteur à Venise
Angélique au Sénégal et des surprises de ses hauteurs
Karine à Hong Kong qui vous retournera le cerveau avec la logique chinoise
Amélie et Laura en Italie qui parlent du Mont Viso, le Roi de pierre
Barbara en Espagne qui partage sa passion pour les toits terrasse andalous
Perrine qui parle des reines du Canada, les Montagnes !
Catherine en Allemagne qui nous montre Berlin vu d’en haut !
Aude nous parle des Argentines qui aiment prendre de la hauteur !
Hélène au Mexique qui nous raconte La randonnée qui lui fit redécouvert sa ville sous un autre angle

Kobe, pèlerinage des Sept Dieux du Bonheur 七福神

Je vous en avais déjà parlé précédemment ici, je collectionne les goshuin, les sceaux des temples et sanctuaires. A force de déambuler dans ces lieux, j’ai découvert qu’il existe divers pèlerinages à travers tous le Japon dont chacun à sa spécificité. De part ma situation géographique j’avais décidé de privilégier ceux de ma région, ainsi après avoir fait le pèlerinage des 8 sanctuaires de Kobe, je me suis lancée dans celui des sanctuaires des Sept Dieux du Bonheur de la ville portuaire !

Mais d’abord, qui sont donc ces Sept divinités de la mythologie japonaise ? Petite présentation rapide. 

Sans titre

Bishamonten, protecteur des richesses, c’est un dieu guerrier représenté en armure avec une lance et une pagode dans chaque main. Il est également le chef des quatre gardiens de Bouddha ce qui fait qu’il occupe une place importante dans la religion bouddhiste.

Benzaiten, ou Benten, est la seule femme du groupe. Déesse des arts, de la beauté, de la musique, des sciences, du savoir, de l’éloquence, mais aussi de la vertus, de la sagesse et de la longévité. Elle est souvent représenté accompagnée d’un serpent blanc, surtout avec un biwa dans les mains qui est un instrument de musique à cordes traditionnel japonais.

Fukurokuju, dieu de la sagesse, du bonheur, de la longévité, de la virilité et la prospérité. Il est décrit comme étant un vieillard chauve au crane allongé, ainsi qu’une canne et un parchemin à la main.

Hotei est le dieu de l’abondance, du contentement, de la bonne sante et du commerce. Il apparaît sous les traits d’un moine obèse, chauve aux grandes oreilles et souriant, ce qui lui vaut le surnom de « bouddha rieur ».

Juroji est le dieu de la longévité et de l’harmonie avec la nature, c’est pourquoi il est accompagné d’un cerf. Ayant aussi le physique d’un vieillard à longue barbe et tenant un parchemin à la main, il est aussi parfois représenté tenant une pèche, qui est un autre symbole de longévité.

Daikokuten est le dieu de la richesse, du commerce et des échanges, il est aussi souvent apparenté à Ebisu. Représenté comme un homme corpulent et souriant, on le voit à se tenir à coté d’un sac de riz et en porter un autre sur son dos contenant la patience et la sagesse

Ebisu est le dieu des pêcheurs, des marchands, de la prospérité et du travail honnête. On le représente souvent en kimono avec une canne à pêche et une dorade dans chaque main.

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Normalement lorsque l’on tient un goshuin-cho, un carnet de pèlerin, on ne récolte que le sceau du temple en question, mais ici c’est celui du dieu qu’il faut demander ! Concernant le pèlerinage de Kobe, il existe également un goshuin-cho spécial qui contient un dessin de chaque dieu à coté de son goshuin. Extérieurement il parait très simple, mais lorsque je le feuillette, je le trouve magnifique et vraiment classe.

Sanctuaire Minatogawa jinja  –  Sanctuaire Nagata jinja  –  Sanctuaire Ikuta jinja
Temple Tairyu ji – Temple Nenbutsudera – Temple Tenjouji – Temple Sumadera

Ce pèlerinage passe par les sanctuaires et temples les plus importants de Kobe. Suivre cette carte des dieux permet aussi de découvrir autrement la ville maritime en passant près de la mer, se promenant en plein centre-ville ou dans des quartiers populaires et même en s’aventurant en montagne ! Par contre, comme il est nécessaire de récolter trois goshuin en montagne, il n’est pas possible de le faire en un jour, à moins de vraiment se dépêcher sans s’imprégner des lieux et profiter des découvertes qu’il est possible de faire ce qui serait vraiment dommage. 

Pour commencer 2020 je voulais vous présenter ce pèlerinage en particulier car, bien qu’il puisse se faire n’importe quand, il est recommandé de le faire en début d’année afin que la collecte complète de celui qui la réalise lui porte chance et lui apporte une bonne année. Alors, si vous êtes au Japon en janvier / février, faites comme les Japonais et peut être que votre année sera sous une bonne étoile !

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J’en profite pour vous souhaite une très bonne et heureuse année de la souris ! 

#Histoires Expatriées : Suis-je une expatriée

Bienvenue pour ce nouveau rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Pour clore l’année 2019, Lucie en est la marraine et a choisi le thème Suis-je une expatriée? Celle-ci se penche sur la question délicate de l’expatriation, comment devrions-nous nous définir quand nous vivons à l’étranger ? Faut-il jouer sur les mots ou se limiter à un seul mot ?

Expatrié : - Personne qui a quitté volontairement sa patrie.          
                   - Personne qui travaille à l’étranger 
                     pour le compte d'une entreprise de son pays d'origine.

Depuis que je vis au Japon, je me suis toujours considérée comme expatriée, la preuve avec le titre de mon blog. J’ai quitté la France de mon plein gré pour l’archipel nippon. Je corresponds donc étymologiquement à ce mot qui se résume à lui seul. Cependant, les mots évoluent, ils ont des nuances et perdent un peu de leur origine. De nos jours, son sens premier s’est perdu, pour ne considérer principalement que ceux qui viennent vivre à l’étranger par rapport à leur travail ce qui peut causer bien des méprises ou donner une fausse illusion de la vie des expatriés dits résidents. Les résidents, eux, restent, les expatriées vont et viennent.

Immigré : Personne qui a quitté son pays d'origine pour s'installer 
                  dans un autre pays.

Puis, il y a environ un an maintenant, j’ai pris conscience qu’en fait j’étais plus qu’une expatriée. En effet, je suis aussi une immigrée. Un terme pourtant semblable au précédent, mais  auquel je ne m’étais jamais identifiée auparavant. Pour quelles raisons, je l’ignore, mais peut-être parce que j’avais ce cliché qui disait que les émigrés, c’étaient surtout ceux qui venaient en France. Il se peut que je tenais aussi au terme d’expatrié car il signifiait pour moi l’idée d’un possible retour définitif sur ma terre natale. En effet, je l’avoue, j’ai peur de rater le coche pour rentrer en France, j’ai peur de ne jamais revenir y vivre, j’ai peur de finir mes jours ici. 

Quoiqu’il en soit de mon statut personnel, je suis et resterai toute ma vie une étrangère aux yeux des Japonais et ce que j’y reste 1 mois ou 40 ans. Selon mon visa je suis une résidente, mais au final, j’aurai beau parler couramment la langue, connaitre les us et coutumes, cuisiner japonais et faire de mon mieux pour m’intégrer, ils ne verront toujours en premier que mon visage qui, loin de leur ressembler, ne me permettra jamais de me fondre dans la masse. 

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Les autres participantes

Ophélie au Royaume-Uni  –  Lucie en Italie  – Catherine en Allemagne  –   Kenza au Canada  –  Alexienne au Royaume-Uni –  Angélique au Sénégal  –  Liz au Koweit  –

Arashiyama, les dessous de l’automne au Japon

Le Japon revêt sa robe de saison. Jaune, rouge et orange parent villes et montagnes. C’est une période ou tous le monde se déplacent pour se délecter de la beauté des paysages que l’automne offre. Cependant, victime de leur succès, certains endroits connus propices à ces contemplations sont pris d’assaut par les Japonais et les touristes, au point que cela puisse devenir invivable…

Cette année, nous sommes allés en famille à Arashiyama, un tres bel endroit dont j’avais déjà parlé ici, et où je suis déjà allée plusieurs fois. La première fois remonte à novembre 2011 pour les momiji et j’en avais gardé un bon souvenir. Malheureusement en 8 ans, les choses ont changé, le Japon est devenu une destination phare et celui-ci a connu un énorme boom touristique, un bien pour un mal qui ne reste pas sans répercussions.

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Le train au départ d’Osaka fut vite rempli, exceptionnellement, il y avait un direct qui évitait de devoir prendre une correspondance à la gare de Katsura. A la descente à la  gare de Arashiyama, les quais étaient littéralement noir de monde, les gens avançaient au pas pour atteindre les portillons. Une fois sorti, nous nous sommes laissés porter par cette marée humaine qui menait à la partie touristique et au parc jouxtant le célèbre pont Togetsukyo. Les gens faisaient déjà la queue devant les restaurants et les stands de nourriture. Puis pour traverser le pont, nous avons du attendre 5min ! Des gardiens étaient présents pour gérer et alterner le passage des gens et des voitures.  

La rivière, les montages, les touches de couleur qui ponctuaient le panorama, c’était si beau. En ce superbe jour ensoleillé, à la demande de notre fils, nous avons fait de la barque (500yens pour 3 personnes pour 1h). C’était la première fois que j’en faisais et c’était vraiment chouette ! Dérivant aux pieds des montagnes à contempler le paysage au son d’une mystérieuse flûtiste, nous profitions d’un moment de répit loin de la foule et du brouhaha.

IMG_6087De retour sur la terre ferme, nous nous sommes dirigés vers Tenryu-ji, mais voyant les longues files d’attente, nous décidâmes de rebrousser chemin pour longer la rivière et prendre de la hauteur. Un magnifique plafond d’érables rouge nous accueilli. Comme il y avait moins de monde, nous avons poursuivi notre chemin en pleine nature qui pris fin à la bambouseraie, où, nous eûmes l’effet d’un électrochoc. Celle-ci d’habitude pleine de charme, ressemblait à une cage, elle nous entassait les uns sur les autres dans son étroit sentier entouré de ses immenses barreaux vert défraîchi. Nous traversâmes tant bien que mal cette allée entre les corps, un peu plus et nous aurions eu l’impression d’étouffer. 

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Une fois sorti de cette interminable étreinte, nous voici prêts à affronter l’artère principale qui déborde autant de personnes que de déchets qui jonchent le sol, mais qui mènera au pont en mettant fin à notre calvaire. Ainsi nous avancions au pas sous le soleil qui commençait lentement à décliner. Fatigués de notre expédition, nous étions contents de rentrer chez nous au calme. 

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Je savais qu’il y aurait du monde, mais pas à ce point. La dernière fois que j’en ai autant vu, c’était en 2017 au sanctuaire Eikando de Kyoto. J’avais d’ailleurs raconté mon périple ici. Je suis bien contente qu’à Kobe ce ne soit pas encore le cas. L’année dernière j’avais pu profiter des momiji dans un temple de montagne, il n’y avait quasiment personne, quelle quiétude il y régnait ! Bien sur les gens voyagent où ils veulent et quand ils le veulent, mais quand on voit ça, ça donne envie de faire demi-tour, même en essayant de faire abstraction du monde et des manières de certains, cela gâche un peu la beauté et l’atmosphère des lieux.

Cette nouvelle expérience me motive davantage pour essayer de trouver de nouveaux endroits qui soient à l’abris des regards. Ce qui m’a aussi choqué, c’est le nombre de personnes qui passe son temps à tout filmer et à poser partout, même s’ils bloquent des gens, l’air des réseaux sociaux… La nature est belle et éphémère, c’est normal de vouloir l’immortaliser parmi nos souvenirs, mais c’est aussi important de profiter et d’apprécier le moment présent, l’instant T.

Les funérailles au Japon

La vie a fait que récemment j’ai vécu mes premières funérailles japonaises. Cet événement tant redouté qui touche tout le monde. Les obsèques au Japon, c’est très différents de ce qu’on fait en France. J’avais déjà eu plusieurs échos, et j’appréhendais assez de devoir y participer. Dormir et manger à coté du corps, manipuler les os, une pratique un peu glauque au premier abord, mais finalement, pas tant que ça.
Ce matin de juillet, je me suis réveillée, j’ai lu mes messages et appris que Obatchan nous avait quitté dans la nuit. En raison de son âge, nous nous y attendions tous. Elle avait 99 ans. Bel âge n’est-ce pas ? Obatchan, je la connaissais peu, mais je l’aimais bien. Petite, frêle, le visage pale, les cheveux blancs comme neige, son sourire, sa petite voix, ses yeux qui pétillaient quand on lui rendait visite, sa bienveillance et les gâteaux qu’elle voulait toujours nous donner.

"Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas." 
C'est ce que m'avait dit le frère aîné de mon beau-père. 
La situation lui faisant se remémorer ces premiers mots de l'Etranger qu'il avait lu 
des années auparavant.


Cet après-midi là, vêtus de nos costumes noirs de cérémonies nous nous sommes rendus au funérarium. A notre arrivée dans la salle de notre famille, les embaumeurs étaient en train de déposer Obatchan dans son cercueil. Vêtue d’un kimono blanc, maquillée, le visage reposé, elle était jolie. C’était la première fois que je voyais un mort, j’appréhendais beaucoup, mais finalement je fus rassurée de retrouver un visage familier. C’est dans cette même pièce, sous les yeux de sa famille, qu’elle avait été préparée. En effet, ici la préparation du défunt se fait devant les proches. Le corps, légèrement caché par un drap blanc, est lavé, habillé et maquillé avec le plus grand soin. Dans son cercueil de bois blanc, elle y reposait entourée de ses fleurs préférées, de certaines peintures qu’elle avait fait et de son goshuin-cho, son carnet de pèlerin. Un magnifique tissu de kimono couvrait le cercueil fermé. Un autel fut dressé devant elle. Un bol de riz, des oranges, de l’encens, deux bougies et une photo d’elle le décoraient. Cette photo, je la connaissais. Elle avait été prise le jour de mon mariage, Obatchan avait demandé à notre photographe de lui faire cette faveur. Ainsi, nous avons passé l’après-midi avec elle, à discuter et à entendre les enfants rigoler. Le prêtre du temple où elle demeurera est venu faire deux cérémonies de prières. Les mains jointes et entourées d’un chapelet bouddhiste, nous récitions les prières que le prête disait et nous nous passions une boite d’encens où nous en prenions une pincée en la montant au dessus de notre tête, puis nous la redéposions dedans. 

Le soir, nous avons dîné dans la pièce voisine. Puis mon beau-père et son frère passèrent une dernière nuit auprès de leur mère. Otsuya, consiste à veiller le défunt et à s’assurer qu’il trouve le chemin du paradis en suivant la fumée de l’encens. Il faut donc faire attention à ce que le bâtonnet ne s’éteigne pas.

Le lendemain, nous nous sommes tous retrouvés auprès de Obatchan pour lui dire un dernier adieu et déposer à ses côtés les lettres que tout le monde lui avait écrit. Le corbillard l’attendait pour l’emmener au crématorium. Une fois le hall traversé, c’est une dizaine de four alignés les uns à côté des autres qui nous accueillent. Chacun portait un nom de fleur, pour Obatchan ce sera le sakura. Le cercueil y entre et nous le retrouvâmes deux heures plus. Je crois que je n’oublierai jamais l’odeur qui émanait du crématorium, je n’avais jamais rien ressenti de tel. Il ne restait que quelques os. Chacun son tour, munis de longues baguettes, nous avons attrapé les os pour les disposer dans une urne. Un procédé qui se fait des pieds vers la tête. La personne en charge nous expliqua de quels os il s’agissait. De retour au funérarium, nous avons déposé l’urne sur l’autel. Le prêtre revint pour faire deux cérémonies, puis ce fut terminé. Cependant ce n’est qu’en septembre que Obatchan rejoignit sa destination finale, le temple où elle demeura auprès de son mari qui l’avait précédé bien des années plus tôt. Vu les circonstances, cette année ma belle-famille n’enverra ni cartes du nouvel an, les nengajo, ni n’ira au temple le 1er janvier pour la première visite de l’année. Puis afin de ne pas recevoir de nengajo, nous avons aussi envoyé des cartes pour annoncer avoir eu un décès dans l’année.


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J’appréhendais beaucoup les funérailles japonaises car j’avais entendu nombre de choses à son sujet. Ces deux jours furent très longs et éprouvant mentalement, mais finalement je l’ai bien vécu. Quoique le fait de ne pas être très proche ait du aider. Cependant je trouve ça même bien d’accompagner le défunt jusqu’au bout et de pouvoir prendre le temps de lui dire adieu, comme si cela permettait aussi de banaliser la mort, d’en avoir moins peur. C’est assez ironique pour moi de dire ça car depuis petite j’en ai toujours eu peur et y penser me donne des angoisses, plus que la mort, je pense surtout avoir peur de l’oubli et de ceux et ce que je laisse derrière moi. Mais bon, la vie est ainsi faite et elle ne fait qu’un avec la mort.

Tradition Japon : le Shichi-Go-San

Au Japon, le Shichi-Go-San, signifiant « Sept-Cinq-Trois », est une fête destinée aux enfants qui a lieu le 15 novembre pour remercier le fait qu’il grandissent bien et soient en bonne santé. En effet, cette tradition se focalise sur des âges, où autrefois, ceux-ci étaient plus touchés par les maladies et la mort.

On dit que le Shichi-Go-San est célèbre le 15 novembre, mais en fait les Japonais le célèbrent  principalement les weekends entre la fin octobre et le 15 novembre. Cette date détient divers origines. La première est liée au calendrier lunaire. En effet, novembre serait un mois propice pour remercier Dieu en lui étant reconnaissant d’avoir eu une bonne récolte de riz en octobre et aussi pour symboliquement remercier la bonne croissance de son enfant. Le 15ème jour de novembre, lui, correspond avec la pleine lune, mais l’on constate également que c’est la somme de 7+5+3 ! La deuxième remonte aux années 1600 et est liée au général Tokugawa Iemitsu. Quand son fils Tsunayoshi eut de graves soucis de santé, celui-ci pria avec acharnement un 15 novembre. Le lendemain, son fils s’était rétabli. Comme quoi, parfois il en faut peu pour qu’une tradition prenne vie et perdure à travers les siècles.

Ainsi durant le mois de novembre, les enfants de 3 ans, les petits garçons de 5 ans et petites filles de 7 ans se rendent dans un sanctuaire shintoïste vêtus de leur kimono pour assister à la cérémonie de ce rite de passage. Cependant, selon les régions, voire les familles, certaines ne célèbrent cette fête que pour les 5 ans de leur fils alors que d’autres le font pour ses 3 ans et ses 5 ans. De nos jours, beaucoup immortalisent ce jour chez un photographe en portant la tenue traditionnelle. En général, les petites filles portent toujours le kimono pour aller au sanctuaire, mais concernant les petits garçons, certains abandonnent le hakama pour s’y rendent en costume. Une fois la cérémonie terminée, les enfants reçoivent des cadeaux avec le bonbon traditionnel du Shichi-GO-San, le chitose ame. Signifiant « sucrerie de mille ans », c’est un bonbon long, mince et de couleur rouge et blanche symbolisant une bonne croissance et la longévité dont cette dernière est aussi représentée par une grue et une tortue que l’on peut voir sur le sac contenant le bonbon.

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2 novembre 2019. Quel magnifique ciel bleu pour ce mois d’automne encore bien chaud. Sur notre 31, nous nous dirigeons vers le sanctuaire, le même où nous avions fait sont baptême. Cet été, nous avions pris de l’avance pour faire les photos souvenir de ce jour spécial. Vêtu de son hakama rouge loué sur place, mon fils était ravi d’en porter un pour la première fois et il s’est volontiers prêté au jeu du photographe. Qu’il est beau dans ce hakama, le rouge lui va si bien, il rayonne de joie. Sa veste est rouge avec des pointes de blanc et ornée d’un magnifique dragon dans le dos, elle s’accorde parfaitement avec son hakama, le pantalon, qui est doré tout en étant agrémenté de touches de vert foncé et de quelques motifs géométriques. Le personnel, lui, était étonné de son choix de couleur car en général le vert foncé et le bleu marine priment. Puis le jour-j arriva, mais cette fois-ci, pas de hakama, un simple costume fera l’affaire. Arrivés au sanctuaire, nous nous inclinons avant de passer sous le grand torii qui marque l’entrée, marchant le long de l’allée, nous faisons des ablutions avant de continuer notre chemin. Une autre famille est également présente, mais pour leur fille qui doit avoir 7 ans et qui porte un joli kimono dans les tons roses. Au bâtiment principal, mon mari se présente, paye puis nous attendons que l’on nous appelle. Dans l’enceinte, il y a des bancs à destination des familles qui attendent leur tour. Puis vint le notre, c’est finalement avec la famille de la petite fille que nous ferons la cérémonie. Nous entrons à l’intérieur du bâtiment, nous prenons place et attendons. Tantôdebout, tantôt assis, nous nous inclinons ou ne baissons que la tête tout en écoutant le prêtre réciter des prières. Une fois la cérémonie terminée, mon mari bu une coupelle de sake et les enfants reçurent leurs cadeaux accompagné du chitose-ame. A notre sortie, plusieurs famille patientaient sur les bancs, les enfants étaient si mignons dans leur kimono et leur hakama. Voilà une nouvelle étape de passée.

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Kobe safari, une nouvelle aventure au Japon

Depuis maintenant 7 ans, je partage sur mon blog non seulement mon quotidien, mais également mon amour pour la ville de Kobe en présentant divers endroits à visiter. J’aime déambuler dans ses rues, découvrir de nouveaux coins et immortaliser mes trouvailles pour les partager ici et sur instagram. Cependant j’ai toujours eu l’impression que cela restait assez théorique si je puis dire, ce blog en est un parmi tant d’autres, il a peu de vues et je doute que des personnes se soient rendues sur les lieux dont je parle, pour ça instagram a probablement plus d’impact. Bref, tout ça pour dire que maintenant je passe à la pratique !

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J’ai le plaisir de vous annoncer que les Kobe Safari ont récemment vu le jour ! Il y a un an, Angelo des Osaka Safari, dont je vous avez déjà parlé ici, m’a proposé de rejoindre l’équipe des Japon Safari et de tenter l’aventure pour Kobe ! Une proposition que je n’ai pas pu refuser. Ainsi pendant des mois j’ai exploré davantage afin de trouver de nouveaux endroits tout en ayant suffisamment de diversité à présenter et qui s’adapterait aux différents profils de ceux qui me feraient assez confiance pour les guider.

 

Entre mer et montagnes, Kobe est principalement connu pour le grand tremblement de terre qui l’a frappa et pour son bœuf. Son port fait partie des premiers qui se soient ouvert à l’étranger permettant ainsi la venue de nombreux marchands de tout horizons qui participèrent à ce mélange des cultures et qui façonna la ville maritime que nous connaissons aujourd’hui. De ce fait, la ville arbore une apparence européenne renvoyées par ses grandes rues aérées sans câbles électriques et ses maisons d’influence coloniale, ce qui malheureusement attire peu de touristes. Cependant, bien que sous-estimée, cette ville portuaire a beaucoup à offrir et possède de nombreuses cartes dans sa manche, il suffit de sortir du centre ville pour faire de jolies découvertes. Pour dénicher ces trésors oubliés, rien de mieux que d’être accompagné par des locaux, ceux qui y vivent et connaissent les moindres recoins de leur terre d’accueil. Alors laissez-moi vous raconter son histoire, vous montrer ce qui fait son charme, vous présenter ses habitants chaleureux qui sont habitués aux étrangers, bref laissez-moi vous guider dans le quotidien de ma ville de cœur.

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Alors si vous êtes de passage dans la région du Kansai, n’hésitez à venir dans cette ville multiculturelle, je serai ravie de vous rencontrer et de vous faire découvrir cette ville à qui je tiens beaucoup. Le site est encore en construction, mais en attendant il est possible de réserver une balade par ici > Kobe Safari 

Undokai, la fête du sport

Le ciel était bleu, un léger vent se faisait ressentir et minimisait la chaleur du soleil. Sur le chemin de l’école, de nombreux enfants sont en route pour cette journée spéciale qu’ils ont tant préparé. Etant en moyenne section, mon fils est tout excité pour sa deuxième undokai et il a hâte de performer devant nous. Arrivés à la maternelle, il y a déjà foule, nous faisons la queue pour y entrer en montrant nos badges. Mon fils pose devant le panneau colorée indiquant « undokai » et part rejoindre sa classe. Les places sont déjà pratiquement toutes prises, cependant je cherche un coin d’ombre près de là où la classe de mon fils sera assise. Les enfants prennent place dans l’espace prévu à leurs exploits du jour. Ils se ressemblent tous avec leur tenue de gym et leur chapeau, seul leur dossard contenant leur nom les différencient. Alignés par classe, ils saluent le principal, récitent leur prière et font quelques mouvements d’échauffements sur fond de musique. Que le spectacle commence ! Les petites sections ouvrent le bal avec une course vers leur institutrice respective, les moyennes enchaînent avec une course puis les grandes avec un relais que les parents encouragent à plein poumons. Les petits reviennent danser, vêtues de leur costumes d’abeilles; ils font craquer l’assemblée. Vient le moment de faire participer les tout petits puis les primaires. Les moyens reviennent pour éblouir les spectateurs au rythme de la chanson Paprika en donnant plusieurs formes à leur parachute avec l’aide du vent. Les grands font pousser des cris d’admiration avec leur figures de gymnastique et leur rigueur. Enfin tout les enfants ne mélangent pour le jeu du tamaire pour ensuite clôturer cette journée avec la danse des grandes sections. Après un « arigatou gozaimasu » puissant pour remercier leur famille d’être venue, ils retournent dans leur classe. Nous, parents, nous aidons à ranger les bancs et à démonter les tonnelles qui les abritaient. Enfin, les enfants retrouvent leur famille, le sourire aux lèvres et un trophée dans les mains.

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La undokai est une fête sportive qui a lieu chaque année de la maternelle au lycée et de préférence au printemps ou en octobre. Elle a été mise en place par un instructeur britannique, Lucius Douglas, qui travaillait dans un lycée de Tokyo et qui proposa d’inclure de l’athlétisme au programme scolaire. La première undokai eut lieu en 1874 et cette pratique se rependit dans tout le Japon. De nos jours, c’est devenu une journée spéciale et importante pour laquelle les enfants s’entraînent durant plusieurs semaines et qui restera gravée dans leur mémoire. Par niveau d’études et par classes les enfants font divers activités sportives comme de la danse, des courses, des jeux, des relais, du tire à la corde et des figures de gymnastique. Ce dernier fait d’ailleurs débat car à cause de figures telles que les pyramides humaines, chaque année de nombreux élèves se blessent.

En effet, c’est un grand jour pour chaque famille où les parents, et parfois les grands-parents, viennent encourager leur petit héro du jour et ramène d’énormes bento pour tous le monde. C’est une journée chargée pour les enfants qui portent leur uniforme de gym ainsi que leur chapeau de sport dont la couleur différencie les filles des garçons. A chaque fois c’est les épreuves de relais qui soulèvent le plus d’engouement chez les parents qui hurlent le nom des enfants qui courent pour les encourager, attention à vos oreilles ! Les enfants donnent le meilleur d’eux-mêmes et sont contents que leur famille vienne les voir. A notre maternelle, il y a également un jeu pour les tout petits ainsi pour les premières années de primaire.

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L’année dernière mon fils a fait sa rentrée en maternelle et donc a participé à sa première undokai. En petite section, ils font un jeu de course avec leur parent, une danse et un tamaire qui est jeu où il fallait lancer des balles dans un haut panier. Honnêtement, je ne pensais pas que je serai autant émue en le voyant danser sur le thème de « La chenille qui fait des trous« . Il s’était donné à fond, il était trop mignon dans son petit costume. Je pense que c’était surtout le fait de me dire « wouah, on en est déjà là ». Comme il allait déjà en garderie, sa rentrée en maternelle ne m’avait pas touché à ce point, c’était une continuité. Je savais que les Japonais aimaient marquer les étapes de la vie et ce dès le plus jeune âge, mais maintenant je vis tout ça à travers mon fils, je prends d’avantage conscience de l’importance qu’ils y portent. C’est vraiment le fait de passer cette étape de la undokai qui m’a fait prendre conscience de l’évolution de mon fils et qui m’a rappelé que, dans cette même école, je venais aussi les années précédentes pour encourager mes neveux. Le temps file et les enfants grandissent si vite, c’est à la fois beau et douloureux. Autant voire grandir mon fils me rend fière et heureuse, autant parfois je me dis que j’aimerai bien que le temps s’arrête et qu’il reste comme ça.

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Même si chaque activité joue sur la compétition entre les classes, chaque enfant a reçu une récompense. Bref, c’est vraiment un événement convivial et familial que beaucoup attendent avec impatience et qui laisse toujours de bons souvenirs.

Pour écouter la chanson à la mode qu’on entend partout et qui a conquis le cœur des enfants, c’est par ici >> [ Paprika – Foorin]