Le japonais et moi

 

J’ai étudié le japonais en option à l’université de Strasbourg pendant deux ans alors que ma spécialité était LLCE Espagnol (Langue Littéraire Culturelle et Étrangère). J’allais également au cours de grammaire des spécialistes japonais, cours que j’avais pu aussi prendre en option. De toutes les langues que j’ai étudié, l’anglais, l’espagnol, le portugais, c’était la première fois que j’étais aussi passionnée par une langue étrangère et que je l’étudiais quotidienne à la maison avec plaisir. Les kanji, leur histoire, leurs significations, leur combinaisons, en calligraphie on peut même deviner l’humeur de la personne selon son tracet ! Fascinant ! Ahlala j’en ai fais des lignes pour retenir l’écriture de certains, mais maintenant avec l’ordinateur et le portable, je n’écris plus trop le japonais à la main et par conséquent j’oublie l’écriture de beaucoup d’en eux alors que je les visualise parfaitement… Lors de mon inscription à l’université j’avais beaucoup hésité entre faire LLCE Espagnol ou LLCE japonais, mais j’avais peur qu’en étant obligée de l’étudier sans relâche pour les cours, que ma passion ne s’essouffle, d’en faire une overdose, bref, d’en être dégoûtée. Chose qui arriva à certaines amies. Sur le campus je faisais des tandems avec quelques Japonaises afin de pouvoir pratiquer la langue et en retour les aider en français. C’était vraiment très enrichissant car comme dans toutes les langues, ce n’est pas en cours qu’on apprend le parler de la vie, mais avec les gens ! Je regardais aussi beaucoup de dramas ce qui était très pratique pour améliorer ma compréhension orale, mais depuis que je suis au Japon je n’en regarde plus du tout.

En première année de fac, j’ai rencontré mon mari, il parlait déjà bien français, du coup nous parlions principalement en français, mais nous nous aidions mutuellement pour que chacun progresse dans la langue de l’autre. En septembre 2010 je l’avais rejoins au Japon pour la deuxième fois et y étais restée trois mois. A l’époque il était encore étudiant, du coup quand il allait en cours, je restais à la bibliothèque pour étudier le japonais en autodidacte via le tome 2 du manuel Minna no nihongo car j’avais fini le tome 1 pendant mes deux années universitaire. Je crois que c’est pendant ces trois mois d’immersion que j’ai fais un bon en japonais car je l’étudiais quotidiennement, je l’entends à longueur de journée et je côtoyais les membres / amis du club ou était mon mari. 

Puis je suis retournée au Japon pour la troisième fois en mai 2011, mais cette fois-ci avec le visa Vacances-Travail. J’avais travaillé 10 mois dans un resto français à Kobe. Pendant cette période, j’avais aussi bien progressé en japonais notamment au niveau du keigo, le niveau tres poli en japonais. A coté, j’avais aussi révisé pendant trois mois pour passer l’examen du Nihongo Noryoku Shiken N3, mais malheureusement l’épreuve de grammaire eu raison de moi et me l’a fait rater. Depuis je n’ai plus touchée un manuel de japonais… j’apprends sur le tas, dans la vie de tous les jours. Depuis ma grossesse et que je suis devenue maman mon vocabulaire s’est aussi beaucoup enrichi, au début je n’hésitais pas à aller aux RDV avec mon petit calepin et mon dico pour noter les mots que je ne comprenais pas.^^

Un jour, alors que je donnais un cours de français dans un café, je me suis faite abordée par une Japonaise me parlant de son blog et de son projet de publier un magazine sur le Japon en français. C’est ainsi que j’ai fais mes premiers pas dans la traduction et que le premier numéro du magazine Panache fut publié (ici). Je traduisais des textes touristiques, de présentations de musées et de restaurants, des recettes. Traduire m’a permis d’enrichir non seulement mon vocabulaire, mais également mes connaissances sur la culture japonaise. J’ai vraiment énormément appris dans tous les sens du terme.

Depuis 2013 j’enseigne dans une association de Kobe et parfois on me demande des traductions. Etant maman d’un petit de 2 ans, c’est vraiment pratique pour moi de pouvoir travailler à la maison, d’ailleurs heureusement qu’il fait encore sa sieste de l’après-midi. J’aime traduire, certes ça prend du temps et parfois je galère sur certaines phrases ou expressions car le japonais et le français sont deux langues qui s’expriment vraiment différemment, mais j’apprends tellement via tous ces textes. Parmi tous les articles que j’ai traduis il y en avaient de très intéressants comme sur la fabrication des zabutons, des kimonos, des tatamis, etc. La dernière traduction que j’ai faite en octobre portait sur la fabrication du vin et du champagne français, de ce fait en plus d’élargir mon vocabulaire japonais, j’ai aussi appris le jargon viticole français ! J’avoue que des fois j’ai vraiment du mal avec certaines phrases, soit j’ai beau comprendre tous les mots, je ne capte pas le sens de la phrase, soit je comprends la phrase, mais j’ai du mal à la tourner en français. Parfois je doute même de mon français, il m’arrive de demander à des amies pour savoir si ça se dit ou pas lol! A la fin de certaines journée, il en résultent de belles migraines…

En tout cas la traduction est vraiment une belle expérience pour moi. Il y a 7 ans j’entrais à l’université dans le but de devenir interprète franco-espagnol et finalement me voila enseignante de FLE et traductrice franco-japonais. Ça me plait et j’aimerai vraiment avoir plus d’opportunités de ce coté-là et pourquoi pas devenir traductrice freelance. On verra bien ce l’avenir me réserve.

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2 commentaires sur “Le japonais et moi

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  1. Tiens, c’est marrant. J’étais dans la même université et au même étage pour une LLCE Italien (de 1999 à 2002) Lors de ma première année, j’avais envisagé de m’inscrire en Japonais mais je me suis ravisée. Sans doute, la peur de me planter…
    En tout cas, la vie t’a fait de beaux cadeaux: apprendre une langue fascinante tout en rencontrant la personne qui partagera ta vie. 😀

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  2. C’est vraiment un beau parcours !
    Et tu as beaucoup de mérite pour les traductions que tu as faites, ce doit être vraiment compliqué vu l’écart qu’il y a entre nos deux langues !
    Courage pour la suite, j’espère que tu pourras atteindre ton objectif de traductrice freelance 🙂

    Aimé par 2 people

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