Littérature japonaise

Il y a deux ans mon fils a fait son entrée à la maternelle du coup, ayant à nouveau du temps pour moi, j’ai pu me remettre à la lecture. Quel plaisir se fut de replonger dans ces pages, dans ces mondes parallèles qui m’ont tant relaxé. J’avais oublié ce que ça faisait d’être tellement prise dans une histoire au point d’y penser tout le temps, d’être impatiente de savoir la suite et d’être triste de la finir. Emportée dans une frénésie littéraire, je n’avais que ça en tete et je ne pensais qu’à ces lignes qui m’attendaient, au point qu’en neuf mois j’ai lu 13 livres ! Je pense ne jamais en avoir lu autant en une année. Là ou j’enseigne il y a un petit coin bibliothèque qui contient plusieurs livres d’occasion laissés par les élèves, du coup je m’y suis servi et c’est à ce moment que j’ai commencé à lire des romans japonais.

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Le poids des secrets, Aki Shimazaki
Tsubame, Hamaguri, Tsubame, Wasurenagusa, Hotaru
L’histoire se déroule sur plusieurs années et se passe au Japon. On y suit une famille dont chacun cache un secret que la mentalité de la société d’autrefois à fait taire. Cependant les secrets finissent toujours par remonter à la surface, reste à choisir s’il faut en parler ou pas.

Tsubaki se base sur la lettre que Yukiko laisse à sa fille après sa mort. Elle y raconte son quotidien d’adolescente durant la Seconde Guerre mondial. Consciente des mensonges de son père qui ont impacté bon nombre de son entourage, elle y dévoile ce qui l’a poussa à commettre un meurtre le jour du largage de la bombe atomique sur Nagasaki.

Hamaguri se concentre sur Yukio, de naissance illégitime, il est solitaire et n’aura eu dans sa vie que deux amies ; celle qu’il suppose être sa demi-sœur et avec qui il aura jouée durant son enfance à Tokyo, et Yukiko, sa voisine et premier amour à Nagasaki. Cependant ce ne sera que des années plus tard qu’il retrouvera leurs traces.

Tsubame révèle les origines de Mariko qui est en fait d’origine coréenne, mais qui doit cacher son identité. En effet, à l’époque les Coréens subissent de grosses discriminations et se font facilement exécuter. Malgré tout Mariko aura su y échapper et survivra au grand tremblement de terre de Tokyo de 1923 qui lui fera perdre toutes traces de sa mère alors qu’elle n’a que 12 ans et pas de père.

Wasurenagusa se focalise sur le mari de Mariko, Kenji Takahashi. Celui-ci raconte son passé, son enfance, son infertilité honteuse, sa rencontre avec Mariko, ses années de travaux forcés en Manchourie et dévoile aussi bien des secrets hérités de sa famille.

Hotaru retrouve Mariko a 84 ans. Bien qu’elle ait également survécu au bombardement de Nagasaki, elle est a présent sur son lieu de mort. Un jour, alors que Tsubaki sa petite fille de 19 ans vient lui rendre visite, elle lui avoue un autre secret qu’elle garde depuis des années et dont elle n’a jamais parle à personne, cependant le temps est venu de soulager sa conscience.

J’ai trouvé trois livres de cette saga à mon boulot. J’ai attendu impatiemment l’hiver de cette même année pour pouvoir acheter les deux livres manquants lors de mon retour en France. Dès les premières pages j’ai tout de suite été captivée par ce récit et même si je les ai dévoré dans le désordre, cela ne m’a pas dérangé dans sa chronologie car chaque livre est raconté par quelqu’un d’autre. L’auteure aborde des sujets délicats, voire tabou dans l’Histoire du Japon, mais qui doivent être mis en lumière. J’ai eu un vraie coup de cœur pour cette saga, je pouvais imaginer si clairement chaque lieu et je me suis si vite attachée à ses personnages que j’aurai voulu pouvoir rester davantage à leurs cotés.

Cristallisation secrete, Yoko OGAWA
Voici une île qui subit depuis plusieurs années des disparitions inexpliquées. Celles-ci sont conscientes auprès des locaux, mais au final, ils finissent par vite oublier ces objets du quotidien. Cependant, certains s’en souviennent, mais cela met leur vie en danger car les chasseurs de souvenirs ne cessent de les pourchasser. A travers les yeux de la narratrice, nous sommes témoins de quelques disparitions, celle du parfum, des fleurs, des livres, des animaux…, que va-t-il rester à la fin ?

Ce livre provient aussi de mon boulot et je l’ai fini il y a peu. C’est une oeuvre intrigante que j’ai bien aimé et où les questions ne cessent. Les souvenirs sont si importants, une odeur ou une chanson peut facilement nous ramène à un moment précis. Oublier du jour au lendemain ça peut faire peur, comment vivre avec des trous de mémoire dont nous sommes conscients ?

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La papeterie Tsubaki, Ito Ogawa
Au gré des saisons nous y suivons Hatoko qui est écrivain public à Kamakura. Elle y tient une papeterie qui est, avant tout, un lieu de partage. Via son passé et son présent nous faisons connaissance avec cette jeune femme et surtout nous découvrons l’art d’écrire. En effet, chaque lettre ayant son histoire, Hatoko suit avec soin les codes épistolaires japonais qui s’appliquent à la rédaction des différents style de missive que celle-ci doit rédiger pour ses clients.

Cela faisait quelques mois que j’avais 3 livres d’entamés, mais hélas aucun ne m’accrochait et je peinais à les finir. Puis j’ai mis les pieds à la librairie Tsubaki et je n’en suis plus sortie. J’ai beaucoup aimé ce roman plein de sensibilité. J’ai trouvé cela passionnant d’en apprendre davantage sur les symboles qu’il y a dans le choix du papier, du timbre, de l’enveloppe et du stylo / pinceau. Bien que je fasse du postcrossing depuis plus d’un an, cela m’a donné envie de me remettre à écrire des lettres comme je faisais autrefois, mais plutôt à des proches. Venez donc passer une année à Kamakura aux cotés de Hatoko.

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Irezumi, Akimitsu Takagi
L’été 1947, des policiers se retrouvent face à un meurtre en huit clos. Le corps d’une femme démembrée les laisse sans voix. Seul son buste est manquant car son dos tout entier représente un magnifique irezumi, un tatouage digne une toile de maître dont la symbolique est puissante. Les soupçons désigneraient ce professeur connu pour collectionner les plus belles pièces tatouées, cependant il ne faut pas se fier aux apparences. Deux autres meurtres dans l’entourage de cette femme sont découvert, mais la police piétine. C’est alors que « le Génie » se joint à l’enquête.

J’ai bien aimé ce polar et son ambiance du Japon d’après guerre. Le tatouage y tient une place importante malgré sa mauvaise réputation et j’ai aussi apprécié le fait de découvrir quelques codes de l’ irezumi via la passion du professeur. Du coté de l’enquête, plus j’avançais, plus mon nombre de suspects augmentait, mais les dernières pages sont un véritable retournement de situation.

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Le vrai monde, Natsuo Kirino
C’est l’histoire de quatre filles qui deviennent les complices d’un meurtrier. Toshi, la voisine, Terauchi, l’élève studieuse, Yuzan, la paumée et Kirarin la fêtarde n’oublieront jamais ce mois d’août. En effet, un matin dans la banlieue de Tokyo, l’irréparable se produit. Un lycéen tue violemment sa mère à coup de batte de Baseball. Celui-ci, surnommé le « lombric » à cause de son apparence, va rapidement prendre la fuite en entraînant avec lui sa voisine Toshi et ses amies qui vont finir par nourrir une fascination malsaine pour lui alors que jusque là il les laissait indifférentes. Chaque protagoniste s’ouvre pour livrer sa vision des choses et les raisons pour lesquelles il se retrouve dans cette situation. Reste à savoir comment cela va se terminer.

J’ai beaucoup aimé ce livre et j’ai tout de suite été happée par l’intrigue. On y découvre la relation « d’amitié » de ces quatre jeunes filles, leur passé, leurs secrets, leur tout qui fait qu’elles développent une sorte de fascination pour « le lombric ». A travers ces lignes on peut également y déceler quelques reflets de la société japonaise.

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Parade, Shuichi Yoshida
Tokyo, quatre colocataires. Chacun a sa propre personnalité et raconte sa vie, Ryosuke l’étudiant, Kotomi la belle, Mirai la frivole et Naoki le plus âgé. Un jour, cinquième rejoignit cette colocation, Satoru qui vit la nuit. Le nouveau fait basculer l’équilibre superficiel du quatuor, chacun perd ses repères et dévoile ainsi un autre visage.

Un autre livre déniché dans la bibliothèque du boulot. Bien que j’ai apprécié cette lecture, je suis un peu restée sur ma faim. Personnellement je n’ai pas compris le but de l’auteur ou du moins je n’y ai pas été sensible.

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L‘incolore Tazaki Tsukuru et ses ANNÉES de PÈLERINAGE, Haruki Murakami
Tsukuru Tazaki est originaire de Nagoya, mais vit à Tokyo. Il faisait partie d’un groupe d’amis dont chacun portait un nom référent à une couleur, sauf lui. Du jour au lendemain, son groupe d’amis a coupé les ponts avec lui durant ses études universitaire dans la capitale. Cette exclusion a eu des répercussions sur lui et malgré les années qui passent, il y pense toujours. Puis suite à sa rencontre avec Sara, celle-ci le convint d’affronter ses peurs et de retourner les voir afin d’avoir enfin des explications.

C’est le premier roman de Murakami Haruki que j’ai lu. Durant nos années scolaires nous avons tous connu divers amitiés et on peut facilement comprendre ce qu’à pu ressentir le personnage principal quand ses amis lui ont brutalement tourné le dos. Cependant, même si j’ai bien aimé l’histoire, la résolution de l’intrigue ne m’a pas touché.

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L’éloge du peu, Koike Ryunosuke
Le moine zen Koike Ryunosuke aborde le thème du minimalisme. Il explique comment sa réflexion a évolué et l’a progressivement amené à se séparer de plusieurs affaires pour finalement ne vivre qu’avec ce dont il a vraiment besoin au quotidien sans pour autant se priver.

Ce livre fait partie d’une trilogie, c’est une amie qui me l’avait prêté. J’ai bien aimé cette remise en question de l’auteur et, même si je ne suis pas dans une démarche minimaliste, son chemin de pensée m’a fait réfléchir.

Si vous avez envie de découvrir d'autres auteurs japonais, 
je vous conseille fortement le site Comaujapon.

Connaissiez-vous ces romans / ces auteurs ? Avez-vous des recommandations ?

13 commentaires sur “Littérature japonaise

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  1. Bonjour
    J’ai lu plusieurs de ces romans. Shimazaki et Ogawa font partis de ma bibliothèque.

    Je note le polar

    Dans mes coups de coeur (hors classiques et Murakami) le jardin de l’arc en ciel de Ogawa Ito
    Le crépuscule de Shigezo de Sawako Aryoshi
    Les délices de Tokyo

    Aimé par 1 personne

    1. Ce livre est sur ma liste depuis un moment, mais j’attends de retourner en France pour l’acheter, quoique vu le sujet, j’avoue que j’hésite à le lire en japonais ^^

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  2. Comme Karine, « La fille de la supérette » est mon dernier coup de coeur en littérature japonaise, avec « La papeterie Tsubaki ». J’aime aussi beaucoup Aki Shimazaki – je crois d’ailleurs qu’une nouvelle série est en cours de publication, mais j’attends d’avoir l’intégralité pour la lire en une fois.

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    1. Aki Shimazaki est une auteure dont j’aime beaucoup l’écriture donc j’aimerai bien lire davantage de ses romans. Concernant la nouvelle saga, je te comprends, je ferai de même afin de ne pas oublier ce que j’avais précédent lu.

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  3. Merci pour ces jolis conseils lecture.
    J’ai adoré lire de Yoko Ogawa « la formule préférée du professeur ». Ainsi que le livre de Genki Kawamura « Et si les chats disparaissaient du monde ».

    Bises, très bonne semaine à vous. 😉

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  4. Merci pour cette belle suggestions de livres! Je ne connaissais pas encore Aki Shimazaki et Akimitsu Takagi. De Yoko OGAWA j’ai aussi lu La Formule préférée du professeur et Le Petit Joueur d’échecs. Elle a un univers bien particulier que j’apprécie. Pour Ito Ogawa, je ronge mon frein en espérant que l’édition poche de la « papeterie » soit vite publiée. J’ai hâte car j’avais bien aimé « Le Restaurant de l’amour retrouvé ».

    Merci aussi aux personnes qui ont laissé des commentaires ! J’adore Keigo Higashino notamment la Série Physicien Yukawa, l’équation de plein été m’avait donné envie de partir direct à la plage.

    Voici quelques livres « japonais » qui m’ont plus :
    – auteur Isaka Kotaro : « la mort avec précision » (un sujet grave traité d’une jolie de manière) et « Pierrot la gravité » (histoire de frères et d’étranges incendies)
    – auteur Miyabe Miyuki « la librarie Tanabe » (du coup je confonds souvent avec la papeterie de ogawa pour le nom) : histoire mignonne d’un grand-père libraire et son petit-fils qui jouent les détectives
    – le prix nobel de littérature Kazuo Ishiguro avec « auprès de mois toujours » : un roman d’anticipation qui m’a fortement pertubé ^^

    – Joy Kogawa pour « Obasan » ; je triche car elle est canadienne d’origine japonaise mais le sujet du livre sur les japonais en amérique du nord lors de la seconde guerre mondiale et sur les répercutions que cela a pu avoir pour eux était très intéressant.

    Bonne lecture à tous!

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