Undokai, la fête du sport

Le ciel était bleu, un léger vent se faisait ressentir et minimisait la chaleur du soleil. Sur le chemin de l’école, de nombreux enfants sont en route pour cette journée spéciale qu’ils ont tant préparé. Etant en moyenne section, mon fils est tout excité pour sa deuxième undokai et il a hâte de performer devant nous. Arrivés à la maternelle, il y a déjà foule, nous faisons la queue pour y entrer en montrant nos badges. Mon fils pose devant le panneau colorée indiquant « undokai » et part rejoindre sa classe. Les places sont déjà pratiquement toutes prises, cependant je cherche un coin d’ombre près de là où la classe de mon fils sera assise. Les enfants prennent place dans l’espace prévu à leurs exploits du jour. Ils se ressemblent tous avec leur tenue de gym et leur chapeau, seul leur dossard contenant leur nom les différencient. Alignés par classe, ils saluent le principal, récitent leur prière et font quelques mouvements d’échauffements sur fond de musique. Que le spectacle commence ! Les petites sections ouvrent le bal avec une course vers leur institutrice respective, les moyennes enchaînent avec une course puis les grandes avec un relais que les parents encouragent à plein poumons. Les petits reviennent danser, vêtues de leur costumes d’abeilles; ils font craquer l’assemblée. Vient le moment de faire participer les tout petits puis les primaires. Les moyens reviennent pour éblouir les spectateurs au rythme de la chanson Paprika en donnant plusieurs formes à leur parachute avec l’aide du vent. Les grands font pousser des cris d’admiration avec leur figures de gymnastique et leur rigueur. Enfin tout les enfants ne mélangent pour le jeu du tamaire pour ensuite clôturer cette journée avec la danse des grandes sections. Après un « arigatou gozaimasu » puissant pour remercier leur famille d’être venue, ils retournent dans leur classe. Nous, parents, nous aidons à ranger les bancs et à démonter les tonnelles qui les abritaient. Enfin, les enfants retrouvent leur famille, le sourire aux lèvres et un trophée dans les mains.

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La undokai est une fête sportive qui a lieu chaque année de la maternelle au lycée et de préférence au printemps ou en octobre. Elle a été mise en place par un instructeur britannique, Lucius Douglas, qui travaillait dans un lycée de Tokyo et qui proposa d’inclure de l’athlétisme au programme scolaire. La première undokai eut lieu en 1874 et cette pratique se rependit dans tout le Japon. De nos jours, c’est devenu une journée spéciale et importante pour laquelle les enfants s’entraînent durant plusieurs semaines et qui restera gravée dans leur mémoire. Par niveau d’études et par classes les enfants font divers activités sportives comme de la danse, des courses, des jeux, des relais, du tire à la corde et des figures de gymnastique. Ce dernier fait d’ailleurs débat car à cause de figures telles que les pyramides humaines, chaque année de nombreux élèves se blessent.

En effet, c’est un grand jour pour chaque famille où les parents, et parfois les grands-parents, viennent encourager leur petit héro du jour et ramène d’énormes bento pour tous le monde. C’est une journée chargée pour les enfants qui portent leur uniforme de gym ainsi que leur chapeau de sport dont la couleur différencie les filles des garçons. A chaque fois c’est les épreuves de relais qui soulèvent le plus d’engouement chez les parents qui hurlent le nom des enfants qui courent pour les encourager, attention à vos oreilles ! Les enfants donnent le meilleur d’eux-mêmes et sont contents que leur famille vienne les voir. A notre maternelle, il y a également un jeu pour les tout petits ainsi pour les premières années de primaire.

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L’année dernière mon fils a fait sa rentrée en maternelle et donc a participé à sa première undokai. En petite section, ils font un jeu de course avec leur parent, une danse et un tamaire qui est jeu où il fallait lancer des balles dans un haut panier. Honnêtement, je ne pensais pas que je serai autant émue en le voyant danser sur le thème de « La chenille qui fait des trous« . Il s’était donné à fond, il était trop mignon dans son petit costume. Je pense que c’était surtout le fait de me dire « wouah, on en est déjà là ». Comme il allait déjà en garderie, sa rentrée en maternelle ne m’avait pas touché à ce point, c’était une continuité. Je savais que les Japonais aimaient marquer les étapes de la vie et ce dès le plus jeune âge, mais maintenant je vis tout ça à travers mon fils, je prends d’avantage conscience de l’importance qu’ils y portent. C’est vraiment le fait de passer cette étape de la undokai qui m’a fait prendre conscience de l’évolution de mon fils et qui m’a rappelé que, dans cette même école, je venais aussi les années précédentes pour encourager mes neveux. Le temps file et les enfants grandissent si vite, c’est à la fois beau et douloureux. Autant voire grandir mon fils me rend fière et heureuse, autant parfois je me dis que j’aimerai bien que le temps s’arrête et qu’il reste comme ça.

 * * *

Même si chaque activité joue sur la compétition entre les classes, chaque enfant a reçu une récompense. Bref, c’est vraiment un événement convivial et familial que beaucoup attendent avec impatience et qui laisse toujours de bons souvenirs.

Pour écouter la chanson à la mode qu’on entend partout et qui a conquis le cœur des enfants, c’est par ici >> [ Paprika – Foorin]

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Témoignage : La maternelle au Japon, ses différences avec la France

Ça y est, l’année scolaire a pris fin au Japon. Déjà un an est passé et c’est l’occasion de faire le point sur nos premiers pas, pour mon fils et moi, dans le système scolaire japonais. Ainsi dans cet article je vais vous parler des différences que j’ai pu noter avec la maternelle française. Cependant, je précise que je vais me baser sur mon expérience, c’est-à-dire l’école de mon fils car je sais que certains détails varient selon les établissements scolaires. Puis pour comparer avec le système français, je vais me baser sur mes souvenirs et sur ce que m’a dit mon entourage français, même si là aussi je suppose que certains détails varient selon les maternelles. En commentaires, je serai ravie que vous partagiez vos expériences pour savoir comment cela se passe ailleurs.

***

 

Le rythme scolaire

Je l’ai déjà dis dans mes précédents articles sur la maternelle, mais contrairement à chez nous ou l’année scolaire démarre en septembre pour se terminer en juin, au Japon elle commence en avril et finit en mars. Ainsi mon fils, qui est né en août 2014, a fait sa rentrée en avril 2018 alors qu’en France il l’aurait faite en septembre 2017.

Du coté des journées, les enfants ont classe de 9h à 14h, sauf le mercredi car ils finissent à midi, mais il est possible, via réservation, de mettre son enfant en garderie jusqu’à maximum 18h. On peut aussi leur mettre des cours extra-scolaire comme football, piscine, anglais ou piano, il s’agit de professeurs de clubs ou d’autres écoles qui viennent à la maternelle.
Concernant mon fils, il restait deux jours par semaine jusqu’à 17h et une fois par semaine il avait aussi piscine en fin d’après-midi.

 

Les affaires de classe

Une des choses qui m’a beaucoup étonnée c’est les affaires de classe. Tout d’abord, sachez que dans la maternelle de mon fils il n’y a pas d’uniformes, mais ils ont un sac à dos et un chapeau à l’effigie de l’école et pour le cours de sport ils sont une tenue spéciale qu’ils portent également lors des sorties scolaires.
Pour ce qui est des affaires du quotidien à mettre dans leur sac le matin, nous avons une tasse, une serviette pour s’essuyer les mains, une serviette de table pour le déjeuner, leurs couverts, leur thermos, un paquet de mouchoir, leur badge avec leur nom et un grand sac en tissu pour ramener livres et travaux.
Pour ce qui est des affaires de classe, elles sont fournies par l’école et payées par les parents. Alors nous avons, des crayons pastels, une paire de ciseaux, une boite de pâte à modeler, un sous-main, un cahier de dessin, un sac avec des affaires de rechange, une blouse, un chapeau pour jouer dans la cours et une paire de chaussons. Puis ils ont aussi un zabuton (coussin pour s’asseoir parterre) qui en fait sert aussi de « chapeau » que les enfants mettent sur leur tête pour se protéger en cas d’incendie ou de séisme.  
Qu’en est-t-il des affaires de classe en France ? Doit-on en apporter autant ?

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Puis le fameux zabuton, ce coussin qui s’ouvre exprès pour protéger la tête des enfants en cas de besoin. Il y a aussi l’emplacement pour écrire les coordonnées de l’enfant et des parents. Pour ceux qui ont vu Le tombeau des lucioles, c’est ce que porte la petite Setsuko. (merci au model !)

 

La cantine

Vous savez que le Japon a cette culture du bento et il en va de soit dans les établissements scolaires. Personnellement, je n’aime pas devoir en préparer et j’avoue que je n’avez pas envie de devoir en faire tous les jours, c’est pourquoi j’ai choisi la seule maternelle de mon quartier qui a une cantine. Les enfants mangent à la cantine, trois fois par semaine, car le mercredi ils n’ont classe que le matin et le vendredi est le « bento no hi », le jour du bento. Certes je n’y aurai quand même pas échappé, mais une fois par semaine, ça ne me dérange pas. Si le mercredi on désire que notre enfant reste à l’école l’après-midi il faudra cependant apporter son bento. De plus ici pas de bâtiments dédiés à la restauration, les enfants déjeunent dans leur salle de classe. Les plateaux-repas sont livrés tous les jours en fin de matinée. En début d’année, les mamans avaient été invitées à une réunion ou le fournisseur des plats de la cantine était présent et nous avions pu goûter un bento type que les enfants mangent.
J’ai trouvé que c’était une bonne initiative, il nous a parlé de comment il se procure les aliments, leur technique de les cuire pour que cela plaise au palais des jeunes enfants et on aussi pu le questionner. En tant que parent j’ai trouvé ça rassurant d’en avoir un aperçu. 

 

Responsabilité

Je me souviens du hamster de ma maternelle qui changeait de classe chaque semaine pour qu’on s’en occupe, ici ils ont un cochon d’inde et chaque semaine ils changent aussi de classe. En dehors de ça, je trouve qu’ils essayent de pas mal responsabiliser les enfants et ce des la petite section. Par exemple au premier trimestre chaque élève avait son pot avec sa plante à faire pousser, ils les ont ramené à la maison au moment des grandes vacances. Chaque classe a aussi son potager et quand vient le moment de la récolte c’est ensemble qu’ils mangent le fruit de leur labeur, jusqu’à présent ils ont cultivé des tomates-cerises, des patates douces et des radis. Je trouve ça super qu’ils apprennent aux enfant à jardiner et de les intéresser à d’ou proviennent certains aliments de leur assiette. Chaque jour la maîtresse désigne les deux responsables de classe du jour, un garçon et une fille. Leur rôle est de l’aider à faire certaines taches comme en distribuer les affaires de leurs camarades, leurs travaux ou leur plateau repas etc, ils doivent aussi arroser la plante de la classe etc. Quand c’est le tour de mon fils, celui-ci est toujours tres content et fier de me l’annoncer !
Je trouve ça super de responsabiliser les enfants des le plus jeune age, après ils sont si fiers d’eux. A la maison mon fils participe déjà pas mal à la maison et il est toujours content et le premier à vouloir donner un coup de main. Je ne me souviens pas qu’enfant on avait autant de responsabilités à la maternelle. Qu’en est-il d’aujourd’hui ?

 

Photographes

La maternelle de mon fils, qui est catholique, fait beaucoup d’activités et de célébrations. Par exemple, chaque fin de mois ils font une birthday party pour les enfants qui sont nés durant le mois. Toute l’école se rassemble dans l’église du campus pour une petite messe, les stars du jour reçoivent leur cadeau personnalisé et après ils retournent tous dans leur classe respective pour déguster une petite part de gâteau. Cote fêtes, ils célèbrent aussi le kodomo no hi (le jour des enfants), le festival tanabata, la fête du sport, le Hina Matsuri , (la fête des petites filles), mais aussi Halloween et Noël. De ce fait pour chaque occasion il y a des photographes professionnels qui sont présent pour immortaliser ces moments auxquels les parents ne peuvent pas assister car ils ont lieu pendant les heures de classe  et pendant les sorties scolaires (sauf pour la fête du sport et le spectacle de noël ou les parents sont conviés). Ensuite les photos sont postées sur un site, chaque famille dispose d’un code, et on peut chercher les photos de classe ou juste de notre enfant pour les mettre en favori et éventuellement en commander.
Bien sur c’est un service payant, personnellement je commande toujours une ou deux photos par événement afin de lui composer un album photo spécial maternelle. Vu tout ce qu’ils font et à défaut de pouvoir voir tout ça ou d’être une petite sourie pour se faufiler, je trouve ça super qu’il y ait ce procédé et qu’on puisse avoir un aperçu. Cette façon de procéder semble être propre a notre maternelle, car comme je le disais en introduction ,toutes ne le font pas et c’est le cas de celles de certain/es ami/es de mon fils. 

 

Implication des parents

Autre grande surprise en découvrant le planning de l’année scolaire, c’est le nombre de fois ou les parents sont sollicités (je dis parent, mais en fait je parle surtout des mères hein). En effet, en plus des entretiens trimestriels avec la maîtresse et des réunions de parents trimestrielles, nous devions aussi venir aider pour certaines taches et nous avions beaucoup de Sankanbi, classes d’observation afin de voir comment les leçons se déroulent.

Tout d’abord par tache j’entends venir aider pour préparer la fête du sport ou pour désherber la pelouse de la cours ou faire un peu de ménage ou aider le jour de « cuisine » des enfants etc. C’est quand même particulier d’impliquer autant les mères dans la vie scolaire non ? Ça se voit qu’au Japon c’est normal et courant que beaucoup soient mère au foyer et que par conséquent, elles ont le temps de faire tout ça. Puis pour décider qui fait quoi, ça se fait via un tirage au sort. La responsable de classe est aussi choisie ainsi et apparemment c’est du boulot et fait par conséquent passer énormément de temps à l’école.
Pour ma part je suis tombée sur « aider à préparer l’undokai (la fête du sport) » donc le jour précédent les mamans qui avaient aussi tirer ça sont venues à la maternelle, puis par groupe nous avons du mettre en place les bancs, les affiches, les tentes dans la cours, etc, et vue qu’on était beaucoup ça n’a pris qu’une heure. Pour la fête de Tanabata en été nous avions aussi du nous réunir par classe pour préparer les cartes qui serviront aux enfants de faire le tour des stand de jeux en découpant, collant, coloriant etc.

Ensuite pour ce qui est des sankanbi, normalement il n’y en a qu’un dans l’année, mais chez nous nous en avons eu six ! L’anglais, le sport, la musique et le cours normal avec leur  maîtresse (un par trimestre pour celui-ci on voit l’évolution de l’enfant).
J’aimais bien les sankanbi car ça permettait de voir ce que les enfants faisaient et bien sur ils étaient toujours contents de nous voir, d’ailleurs ces jours-là aussi il y a avaient les photographes.

***

Enfin voila, un petit aperçu de notre année. Je constate aussi que l’esprit de groupe est tres présent entre les mamans de chaque classe. En tout cas, mon fils allait à l’école avec le sourire et adorait sa maîtresse, c’est le plus important pour moi. Ce fut une bonne première expérience pour tous les deux et j’espère que cette deuxième année se passera tout aussi bien. 

Littérature jeunesse japonaise : en maternelle

Dans mon précédent article sur le sujet (ici), je vous avez parlé de livres pour les tout petits. A présent que mon fils a grandi, nous sommes passés aux histoires plus longues et ayant plus de contenu. Voici donc une nouvelle sélection pour les 3-5 ans. L’amoureuse des livres pour enfants que je suis adore flâner dans les librairie et acheter de nouvelles trouvailles. De plus, je suis ravie de voir que mon fils partage cet intérêt, il ne peut pas passer une journée sans avoir ouvert un livre !

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Kon to Aki  こんとあき
Voici un beau livre aux dessins doux et réalistes à la fois. On y découvre l’histoire d’une petite fille, Aki et de sa peluche, le renard Kon. Aki a grandi aux cotés de Kon, qui avec le temps vieilli, s’abîme, se découd. Ils entament alors un petit voyage pour retourner chez celle qui donna vie à Kon. A deux ils n’ont peur de rien. Arriveront-ils sain et saufs ?

 Le petit garçon et les 10 fantômes 10ぴきのおばけとおとこのこ
C’est l’histoire d’un petit-garçon qui va chez son grand-père pour quelques jours. Celui-ci habite dans la forêt avec dix petits fantômes. Comment va donc se passer cette cohabitation plus qu’originale ?

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Le chat qui vécu 100 000 vies 100万回生きたねこ
Le héro de cette histoire est un beau chat tigré. On dit que les chats ont sept vies, eh bien celui-là en a vécu 100 000 ! On en apprend un peu sur ses vies passées, ses maîtres et ses bien trop nombreuses morts. Finalement, malgré toutes ces expériences, sa dernière vie fut la plus belle, mais pourquoi ?

Cache-cache dans la forêt  もりのかくれんぼう
Dans ce livre aux traits fins et réalistes, nous suivons la petite Keiko. Elle aimerait jouer à cache-cache avec son grand-frère, mais celui-ci préfère jouer au ballon avec ses copains. Puis, sur le chemin du retour, elle se retrouve dans une forêt secrète ou un drôle de personnage l’attend. Keiko a-t-elle enfin trouver un compagnon de jeu ?

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Le rouleau compresseur のろまなローラ
Nous y suivons un rouleau compresseur, qui, à cause de sa lenteur, se fait moquer par les autres véhicules, la voiture,  le camion, la moto, etc. Or un jour, quand ceux-ci se retrouvent en difficulté à cause des routes en mauvais état, ils sont finalement bien contents que ce gentil rouleau compresseur soit la afin de les réparer pour qu’ils puissent continuer leur chemin. 

Prenons le train   でんしゃでいこう
Si comme le mien, votre enfant aime les trains ce livre devrait lui plaire. Il peut se lire dans les deux sens. Nous suivons le trajet du train en observant les paysages changeant et ses passagers durant le voyage. A vous de choisir votre destination ! 

 

Connaissez-vous des livres japonais pour les enfants ?
Avez-vous des recommandations ?

Kodomo no Hi

Pendant la Golden Week, le 5 Mai est un jour férié car c’est le  Kodomo no hi, soit le Jour des enfants. C’est une fête pour souhaiter une bonne santé et du bonheur aux enfants, mais elle est plus particulièrement tournée vers les garçons car les filles ont déjà leur propre fête, le Hina MatsuriEn cette occasion, les parents qui ont des garçons décorent leur intérieur de « gogatsu ningyo » (poupée de mai) qui portent une armure de samurai ou soit uniquement le Kabuto (le casque du samurai) et à l’extérieur on accroche une Koi Nobori, une banderole avec des carpes koi, qui sont devenues le symbole de cette fête car elles représentent la force et la persévérance. Les villes décorent également leurs rues, et notamment leurs rivières, ainsi de grandes Koi Nobori flottent au vent. 

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Coté nourriture, il y a aussi des spécialités, le kashiwa mochi qui est un petit gâteau de riz gluant fourré de pâte d’haricots rouges sucrés et le Chimaki qui est une sorte de papillote de riz gluant fourré, enroulé dans une feuille de bambou et cuit à la vapeur.

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Pour marquer le coup de la première célébration du Kodomo no hi de mon fils, mon beau-frère nous avait prêté ce joli et ancien kabuto qui appartenait à ses grand-parents maternels et qui est âgé de 60 ans ! Les kabuto coûtent également très chers, en général ils se transmettent de génération en génération, sinon ce sont les grand-parents qui en font cadeau.

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Littérature jeunesse japonaise : petite enfance

Je me suis dis que ce serait intéressant de vous montrer les livres japonais pour enfants qui sont des classiques. On trouve beaucoup de livres étrangers traduits en japonais mais ici je vais parler exclusivement des livres japonais. Quand mon fils est né j’avais déjà une liste de livres français que je voulais lui acheter au fur et à mesure de sa croissance, mais cote livres japonais j’étais un peu perdue car je ne savais pas lesquels étaient populaires. C’est en cadeau qu’il reçut ses premiers livres japonais. Par la suite, j’ai continué certaines collections et j’en ai aussi acheté par moi-même suivant les recommandations d’amies japonaises qui ont des enfants du même age que le mien.

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La trilogie des Daruma-san est un incontournable. Les phrases sont tres courtes et principalement composées d’onomatopées. Mon fils aime beaucoup cette série justement à cause des onomatopées qu’ils aime reproduire et qui le font rire. Daruma-san no à gauche apprend la possession via la particule No (en bleu), on y apprend aussi quelques parties du corps humain. Daruma-san ga au milieu apprend les action via la particule Ga (en rouge). Daruma-san to à droite apprend la notion du « et » avec la particule To, ainsi on voit Daruma-san et ses amis faire telle ou telle chose. 

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La série de 12 livres Akachan asobi ehon s’adresse aux tous petits, jusqu’à 2 ans (à 3 ans mon fils aime toujours les feuilleter tout seul en « lisant »). J’en avais reçu 2 comme cadeau de naissance, puis j’en ai acheté d’autres suivant les étapes de mon fils. J’aime beaucoup cette collection car elle suit l’évolution des enfants et leur apprends des basiques avec des phrases courtes et en les faisant participer via des pages à rabat. Par exemple, ici nous avons « bon appétit », « bien répondre », « se brosser les dents », « la politesse », « les câlins » et les « chatouilles ». Certains livres comme « se brosser les dents », « aller sur le pot », « s’habiller tout seul » etc peuvent aussi motiver les enfants, grandir et devenir indépendant en s’amusant.

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A gauche, Inai Inai baa, un livre pour les tous petits ou les animaux jouent à cache-cache.

A droite, Sayonara Sankaku fait partie de la collection des Kokuma-chan, les oursons blanc et noir. Ce livre est un imagier classé par couleurs et formes, ainsi l’enfant découvre que la girafe est jaune, que la mer bleue, que les ballons sont ronds, que le tofu est carré, que les tomates sont rouges, etc. C’est parfait pour développer le vocabulaire.

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Ces deux livres m’ont été recommandé par deux amies. J’ai les ai acheté à moitie prix au Book off, une librairie d’occasion connue à travers le Japon, ils sont qui plus est en excellent état ! Mon fils les aime beaucoup également, ce sont toutes les deux des histoires drôles et agréables à lire. 

A droite Tengu-chan to Daruma-chan fait parti d’une collection de 8 livres dont le personnage principal est le petit Daruma-chan (celui en rouge). Dans cette histoire, on le découvre faisant des pieds et des mains pour ressembler à son ami Tengu-chan. En effet celui-ci veut les mêmes accessoires que ce soit en passant par son évantail, ses chaussures, son chapeau et même son long nez ! Le petit Daruma-chan n’est jamais satisfait des tonnes de chapeaux, evantails et chaussures que son papa lui apporte, ainsi il n’hésite pas à faire preuve ingéniosité ! Je pense acheter un deuxième livre de la série.

A droite Mado kara okurimono (un cadeau par la fenêtre) est également une histoire connue, elle existe aussi en version anglaise. L’histoire se passe la veille de Noel, le père-noël fait sa tourné pour distribuer des cadeaux par la fenêtre. Hélas, celui-ci ne regarde pas bien les animaux qu’il y a dans chaque maison, ainsi parfois il leur offre des cadeaux qui ne leur correspondent pas forcément. 

Akachan fude, une coutume japonaise

Il y a quelques mois j’ai découvert une jolie coutume japonaise, le akachan fude, soit pinceau de bébé. Il s’agit de prendre les premiers cheveux de bébé de son enfant pour en faire un pinceau de calligraphie avec son nom et sa date de naissance gravés sur le manche. On dit que les premiers cheveux de bébé, ceux qu’il avait déjà dans le ventre de sa mère ou qui ont poussé juste après la naissance sont plus souples et portent bonheur. Ainsi faire un akachan fude est censé protéger la santé et la croissance de l’enfant. 

(J’ai flouté le nom et prénoms de mon fils ainsi que sa date de naissance)

Mon fils avait peu de cheveux à la naissance. Dès qu’ils ont commencé à pousser, il a bouclé, comme moi à son age. Je les lui ai laissé pousser en me disant que je les lui couperai avant son entrer en maternelle. Puis il y a environ un an j’ai découvert via une amie cette coutume et je me suis dis que je le ferai également. En janvier, à 2 ans et 5 mois je me suis dit qu’il serait temps de faire sa première coupe à son fils, ses cheveux étaient bien longs et bouclés et ils s’emmêlaient facilement. Du coup direction le coiffeur, 15 cm ont été coupé ! Je garda précieusement cette longue mèche. 

En février, j’ai cherché une boutique qui faisait ce genre de pinceau souvenir. Je la trouva via le site japonais Rakuten. Les prix peuvent varier en 80 et 200 euros. On peut choisir d’écrire le nom en kanji ou en alphabet et ajouter éventuellement un petit détail en plus du nom et de la date de naissance. Il est aussi précisé qu’il faut que se soit vraiment les premiers cheveux de bébé, que la mèche fasse minimum 8 cm et que l’on peut aussi choisir de raidir la pointe du pinceau avec de la colle ou de laisser la courbe naturelle de la mèche. Je choisi de garder sa jolie bouclette. Après avoir passé commande, j’ai reçu un e-mail de confirmation m’informant de l’adresse à laquelle il fallait envoyer la mèche de cheveux. Ce que je fis la semaine suivante. Puis un mois et demi plus tard, je reçu ce magnifique pinceau, un souvenir précieux et unique. 

Baby food, la diversification alimentaire au Japon

Les débuts de la diversification alimentaire

La diversification alimentaire débute aussi différemment. En France, on commence en général par les carottes, le potiron, les haricots, alors qu’au Japon on commence par le riz qu’on appelle « okayu ». Au tout début, on le fait cuire avec beaucoup d’eau puis le passe au mixeur pour en faire un sorte de porridge, ça ressemble à de la colle blanche liquide. J’ai commencé la diversification alimentaire (version française) de mon fils quand il avait 5 mois et demi et après lui avoir fait goûter les légumes de base auxquels il avait droit pour son age, j’ai essayé quelques plats préparés japonais pour voir comment c’était et pour qu’il goûte aux saveurs japonaises (bien sur c’est mieux d’en faire soi-même, mais je préfère toujours avoir un petit stock en cas de manque de temps ou de sorties). Certains repas préparés sont soit sans riz soit déjà avec le riz incorporé sous forme de risotto. Avant mon retour en France, j’avais trouvé dans le supermarché près de chez moi cinq petits pots français de 130g qui sont à partir de 4 mois et qui coûtent environ 4 Euros l’unité ! Importation oblige, ça fait cher le pot ! En comparant avec ma belle-sœur les informations que je trouvais sur les sites français concernant la diversification alimentaire, j’ai pu constater que l’on ne donnait pas certains légumes/fruits au même age (par exemple, le radis se donne plus tôt alors qu’apparemment en France c’est vers un an, mais bon beaucoup de sites se contredisent également). 

 

Les petits pots

Vous le savez déjà, le Japon et la France n’ont pas la même alimentation, cela se constate jusque dans les petits pots pour bébés. Ici pas de petits pots de 200g, mais plutôt de 60, 70 ou 80g! Avant la naissance de mon fils, j’avais déjà un peu regardé ce qui était proposé en rayon, et je ne comprenais pas que les quantités soient si inférieures à celles de chez nous. La raison de ces quantités s’explique par l’alimentation japonaise elle-même. En effet, les Japonais aiment manger plusieurs petits plats lors d’un même repas, en plus du traditionnel bol de riz ça peut aller de quatre à six accompagnements différents. Pour les bébés, c’est la même choses, c’est pour cela que les plats préparés sont vendus par deux, pour diversifier, il suffit juste de rajouter le riz comme tout le monde. La mesure des quantité n’est pas la même également, en France on mesure avec une balance alors qu’au Japon on mesure en bol de riz.

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La notion de morceaux

Quand je suis rentrée en France, mon fils a pu découvrir ses premières saveurs françaises et avant de retourner au Japon, je m’étais envoyé un colis d’une dizaine de petits pots pour avoir un stock de « goût français » à la maison. J’ai l’impression que la notion de morceaux n’est pas la même, ici les plats de 9 mois comportent de plus « gros » morceaux que ceux de 12 mois que j’ai acheté en France, ce qui fait que je les donne déjà  à mon fils. Par contre, ici il n’y a que tres peu de compotes, voire pas du tout. 

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Les desserts pour bébé

Culturellement le Japon n’a pas pour habitudes de finir son repas par une touche sucrée, on le constate également pour les bébés. Ici ils ont peu de choix niveau yaourt, il est vraiment minuscule comparé à l’énorme rayon qu’on peut trouver chez nous. Ainsi les yaourts bébés de 6 à 24 mois se limitent à seulement quatre goûts, fraises, carottes, fruits et légumes verts et fruits et légumes jaunes, puis ceux pour les enfants de 1 à 3 ans ne proposent que les couleurs pomme/abricot et pèche, rien à voir avec ce qu’on trouve en France. Concernant les autres types de desserts pour bébé que j’ai trouvé, pas de compotes, mais de la gelée ! Par contre pour ce qui est biscuits et crackers à base de riz pour grignotter, ce n’est pas le choix qui manque !

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Chères lectrices expatriées, avez-vous également noter une différence au niveau de l’alimentation des bébés ?

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Histoire de chaussettes

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Au Japon, il y a quelque chose que je ne comprendrais jamais et je me suis dit qu’il serait tant que j’en parle ici. Pourquoi les japonais ne mettent pas de chaussettes à leur bébé en hiver ??? En été je veux bien vue la chaleur qu’il fait, mais pas en hiver. Je sais bien qu’au Japon, les gens sont pieds nus ou en chaussettes quand ils sont chez eux, mais ce n’est pas une raison valable de ne pas en mettre dehors, non? L’hiver c’est l’hiver, surtout que les maisons sont mal isolées et que sans chauffage il fait aussi froid dedans que dehors. Une amie m’avait dit que c’est parce que les bébés enlèvent facilement leurs chaussettes, mais dans ce cas autant leur mettre des collants. On m’a toujours dit de bien couvrir les extrémités, tête, mains, pieds pour éviter de tomber malade. Quand mon fils est né, les puéricultrices me disaient de ne pas lui mettre de chaussettes pendant son séjour à l’hôpital afin qu’il puisse découvrir des sensations par les pieds dans son berceau. Ce ont je suis d’accord, à l’intérieur s’il y a le chauffage les chaussettes ne sont « peut être pas » nécessaires, mais à l’extérieur si! Les bébés ne régulent pas la température de leur corps comme les adultes, ils sont fragiles et tombent facilement malades, ça ne m’étonne pas que mes neveux avaient souvent le rhume ou des otites.

Hier j’étais chez le pédiatre avec mon fils pour qu’il fasse son vaccin. J’y ai croisé une maman avec son bébé dans un porte-bébé, il avait une grande couverture pour le couvrir entièrement, mais ses petits pieds nus dépassaient quand même ! Dans les centres commerciaux et les trains c’est pareil, les bébés sont en poussettes avec une couverture, mais ils sont quand même pieds nus. Il y a un mois et demi, j’attendais dans la voiture sur le parking et j’ai vu une maman sortir de la voiture en portant son fils endormi et sans chaussettes pour aller dans le magasin. Avant de devenir maman ça me tracassait déjà, mais depuis que je le suis, limite ça m’obsède. Alors si quelqu’un connaît la réponse à cette énigme dites-la moi, je serai vraiment curieuse de savoir la raison. 

Votre regard européen en pense quoi?

Okuizome お食い初め coutume japonaise du premier repas de bébé

« Okuizome » est une coutume japonaise qui date de l’époque Heian et qui consiste à célébrer le premier repas d’un bébé quand celui atteint ses trois mois. Bien sur il n’est pas encore capable d’avaler des aliments solides, mais le but est tout simplement de faire semblant en lui mettant quelques portions dans son assiette et en les lui portant à la bouche. Bien qu’il n’y ait pas de menu traditionnel pour cette occasion, il y a tout de même deux plats incontournables. Tout d’abord le 赤飯 (seikihan) qui est du riz rouge, car il est cuit avec des haricots rouges qui lui donne sa couleur. En général, on déguste ce riz légèrement froid quand on fête quelques chose d’heureux. D’ailleurs après mon accouchement, le dernier déjeuner précédant ma sortie d’hôpital comportait également ce riz rouge avec un petit mot de félicitations. On mange aussi du (tai), une daurade grillée entière, car en japonais pour dire « célébrer » on dit « omedetai » donc le « tai » (daurade) fait référence au suffixe « tai » de « omedetai« . Mon beau-père a dit qu’on la contemple pendant le repas pour ne la manger que vers la fin. Pour ce qui est du reste du menu, on a carte blanche.

Samedi, nous avons fêté le kuizome de notre fils avec mes beaux-parents et ce fut donc l’occasion d’inaugurer la vaisselle de bébé que nous avait offert une amie pour sa naissance. Mon beau-père a péché la fameuse daurade, ma belle-mère a apporté des sashimi, une soupe et le sekihan. De mon coté, j’avais cuisiné un pain de viande, une quiche lorraine, des pommes de terre grillées, une salade et des tamago-yaki au crabe (c’est une omelette sucrée/salée roulée sur elle-même dans une poêle rectangulaire). Un menu occidentaux-japonais, à l’image de notre famille^^ Tout s’est très bien passé, notre petit prince était sage et mon beau-père, qui est un peu difficile avec la cuisine occidentale, a trouvé tout cela à son goût, ce qui m’a rassuré car je stresse souvent quand je dois cuisiner pour lui. Il y a encore quelques mois j’ignorais cette coutume, je trouve que c’est une jolie façon de faire.

 

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お宮参り Omiyamairi – « baptême japonais »

Le Miyamairi (お宮参り) est une coutume shintoïste japonaise qui consiste à aller au temple pour la première fois avec son bébé quand il a environ un mois. Autrefois, le Miyamairi se faisait quand les garçons avaient 31 jours et les filles 33, mais de nos jours ça se pratique quand le bébé a entre un mois et cent jours. En cette occasion, les parents et les grand-parents sont présents et sur leur 31, le bébé est vêtu d’une robe blanche et parfois la mère porte le kimono. Vous l’aurez compris, c’est un peu l’équivalant du baptême sauf que c’est en petit comité et qu’on a pas besoin de réserver le temple à l’avance et de faire une longue cérémonie comme chez nous. Au contraire, les familles venues faire le Miyamairi font la queue pour passer chacune leur tour devant le prêtre shintoïste. 

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Mon petit garçon a tout juste deux mois donc nous nous sommes dit qu’il serait temps de faire le Miyamairi. Nous y sommes allés samedi avec mes beaux-parents. Par chance le beau temps était au rendez-vous, il faisait vraiment bon et il n’y avait pas un seul nuage dans le ciel. Comme beaucoup, avant d’aller au temple nous sommes aller faire la photo souvenir chez le photographe. Ça s’est bien passé, le petit était calme et tres intrigué par ce qui se passait autour de lui, le flash de l’appareil photo et le staff qui faisait tout pour attirer son attention et le faire sourire en direction de l’objectif. Puis nous sommes allés au temple Hirota-jinja. Une fois arrivé, nous nous sommes annoncés et avons payé 10 000 yens (~73 euros). Avant nous, il y avait une famille en train de faire la messe pour le Shichi-go-san (autre tradition pour les enfants), donc en attendant mon bébé a eu droit sur le front à un tampon rouge représentant une épée. Quand ce fut notre tour, on nous a demandé si ça ne nous dérangeait pas de faire la cérémonie en même temps qu’une autre famille venue aussi faire le Miyamairi car après ils devaient célébrer un mariage donc ils voulaient gagner du temps.  La cérémonie ne dura que dix minutes, le prêtre fit sonner le gong, récita une prière, présenta notre fils au Kami-sama et fit un petit discours. Ensuite mon mari a bu un petit verre de saké et nous avons reçu des cadeaux. Nous avons fait quelques photos devant le temple puis nous sommes rentrés. Parmi les cadeaux, il y avait des sachets de katsuho bushi (de la bonite séchée), un omamori (porte-bonheur) de la première visite au temple et une paire de baguettes pour la cérémonie du « premier repas » de bébé (j’y consacrerai bientôt un article). Après cette journée bien remplie, mon petit-prince s’est vite endormi à la maison.

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