Passion Japon : Emilie et le monde des Geisha

Salut Emilie, je suis ravie que tu aies accepté de participer à cette rubrique pour nous faire un plus découvrir le monde des geisha qui, bien qu’intriguant et fascinant, reste encore assez méconnu des occidentaux.

Tout d’abord, pourrais-tu te présenter ? 

Moi, c’est Emilie, je suis professeur de Français Langue Étrangère et je suis actuellement en France pour quelques temps avant de partir à l’automne pour enseigner en Egypte. Je suis accro aux voyages, grâce auxquels je peux découvrir d’autres cultures et traditions et m’exercer à la photographie, un autre de mes passe-temps. Depuis quelques années, je m’intéresse beaucoup aux kimonos et à la danse japonaise.

Quel est ton parcours avec le Japon ? As-tu habité dans d’autres villes japonaises ? Quand et pourquoi y as-tu atterri la première fois ? Comment ton intérêt pour le pays du soleil levant est-il né ?

J’ai commencé à m’intéresser au Japon quand j’étais lycéenne, après qu’un groupe de Japonais soient venus pendant quelques semaines en échange dans mon lycée. J’ai lus quelques manga, correspondu avec des amies japonaises avant de commencer à étudier réellement la langue une fois à l’université. Tout m’a paru si « différent », et je crois que c’est ça qui m’a le plus intéressé. Depuis, j’ai visité le Japon une bonne douzaine de fois. 
Mon premier voyage remonte à 2007, pour enfin découvrir le pays de mes amies… et les y revoir. Parmi ces séjours, j’ai également fait un visa Vacances-Travail pendant 7 mois en 2010-2011, pendant lequel j’ai habité à Saitama puis à Tokyo, et un volontariat international que je viens juste de finir et qui m’a amené à Kyoto pendant deux ans.Je crois que j’ai toujours apprécié le Japon par le prisme de la culture japonaise : le premier manga lu, les différences culturelles fascinantes avec mes amies japonaises, les tissus et les kimonos aux motifs si uniques, ma grande passion pour les festivals japonais. Je pense que ce sont vraiment ces aspects-là avant tout qui me font tant aimer le Japon.

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Passons maintenant au vif du sujet, comment as-tu découvert le monde des geisha ? Quel fut le déclencheur de cette passion ?

Je ne me souviens plus exactement de comment c’est venu, à vrai dire. Mais je crois que  le fait qu’elles portent des kimono a forcément attiré mon attention, puisque je m’intéressais déjà à ce vêtement depuis quelques temps. Sans trop me rappeler comment, je me suis retrouvée en avril 2012 a assister a un petit événement gratuit à Kyoto, organisé pour les étrangers, avec une geiko (geisha de Kyoto) et une maiko (apprentie). Il nous était proposé de découvrir quelques danses au shamisen (instrument traditionnel), d’en savoir plus sur leur vie quotidienne et de pouvoir aussi s’initier aux jeux de banquets auxquels elles participent chaque soir. Le moment où j’ai vu la toute jeune maiko arriver dans la pièce restera toujours gravé dans ma mémoire : en la voyant de si pres pour la première fois de ma vie, juchée sur ses hautes sandales et parée de son long kimono, le visage maquillé de blanc, j’ai ressenti une fascination qui ne m’a plus jamais quitté depuis. J’ai par la suite voulu en apprendre toujours plus sur la vie de ces femmes, et je profite de toutes les occasions qui me sont données de comprendre ce monde si particulier.

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La première rencontre avec une maiko et geiko en 2012

Malheureusement, de nos jours, beaucoup de personnes se méprennent encore, alors pour partir sur de bonnes bases, pourrais-tu nous dire ce qu’est une geisha ?

Je commencerai par le plus important : une geisha est une artiste à part entière. D’abord, étymologiquement, puisque dans « geisha », « gei » signifie l’art et « sha » la personnes. On ne peut se considérer geisha sans avoir un minimum de connaissances dans les arts japonais. La majorité des geisha apprennent la danse, les instruments traditionnels, la calligraphie, l’art floral, la cérémonie du thé… Elles consacrent donc une grande partie de leur journée à s’exercer dans un ou plusieurs arts transmis de génération en génération.

Leur travail à proprement parler se déroule le soir : maquillées de blanc et de rouge, habilles de kimono somptueux, elles se rendent à des banquets privés dans les quartiers traditionnels où elles vivent et se chargent du divertissement des clients plutôt fortunés qui y participent. Dans ce cadre, elles occupent de multiples fonctions : danser, jouer d’instruments, faire la conversation, servir alcool et plats, participer à des jeux spécifiques. Une fois le banquet termine, chacun rentre chez soi et ce moment un peu hors du temps n’est plus que l’équivalent d’un rêve… ce qui est précisément le but même de la soirée.

Il est parfois complexe d’essayer d’expliquer ce concept. Et par la même, le rôle de la geisha par rapport à ses clients. La majorité sont des hommes, souvent d’age mur, plutôt à l’aise financièrement. Pour un Occidental, il peut paraître curieux, voire impossible, qu’une hôte féminine divertisse ainsi un client masculin… dans qu’il ne se passe rien de plus. En fait, c’est tout un aspect de la culture japonais qui transparaît ici : la culture du réconfort.
Depuis les débuts des geisha à l’époque Edo, les hommes sont venus se divertir auprès d’elles pour oublier leur dur quotidien – puisque traditionnellement, c’est l’homme qui travaille pour faire vivre son foyer au Japon. Les riches marchants d’Edo et de Kyoto venaient dans les maison de thé ou une ambiance de fête était créée pour eux. Les beaux kimono, les danses élégantes, les conversation enjouées et le léger flirt autorité avec leurs hôtes féminines leur permettaient de s’immerger dans une sorte de bulle agréable l’espace d’un instant. La profession de geisha a toujours été régulée sévèrement et la prostitution y était interdite. Si quiconque souhaitait assouvir d’autres désirs, cela se passait chez les prostituées et courtisanes qui vivaient non loin, dans leur quartier réservé. Si l’on considère parfois que la limite pouvait devenir floue entre les deux professions, et qu’on parle d’une « double licence » qui aurait existe pour certaines artistes qui vendaient également leur corps, il est difficile d’obtenir des informations concrètes aujourd’hui et je ne peux pas m’étendre sur le sujet. Quoi qu’il en soit du passé, à l’heure actuelle il n’existe aucun doute : les geisha ne sont en aucun cas des prostituées de luxe.

Comment devient-on geisha ?

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Geiki (geiko) de Kanazawa exécutant une danse du printemps

La situation est différente selon les villes. A Kyoto, ou la culture des geiko et des maiko est très présente et farouchement protégée, il faut commencer une formation de 5 ans en tant qu’apprentie (maiko) une fois la scolarité obligatoire terminée, vers 15 ans. La maiko est initiée à un grand nombre d’arts, dont bien sur la danse japonaise. Elle suivra des cours tous les jours avant de participer aux banquets le soir avec ses aînées. Une fois cet apprentissage très exigeant terminé, vers 20-21 ans, l’apprentie peut faire le choix de devenir une artiste à part entière, la geiko. A Tokyo et dans d’autres villes, il existe encore quelques quartiers de geisha il est nécessaire de passer par le stade d’apprentie (elles sont appelées « hangyoku » à Tokyo), mais de nombreuses geisha le deviennent directement après une formation spécifique d’une durée variable.

Pourrais-tu nous expliquer la différence entre les maiko et les geiko ?

La principale différence réside dans l’expérience, comme mentionné plus haut. L’apparence physique va de pair avec la progression de la jeune femme dans son apprentissage.
A Kyoto, les maiko sont de jeunes apprenties, âgées de 15 à 20 ans en général. Elles sont traditionnellement considérées comme encore immatures et peu expérimentées, aussi cela se voit-il dans leur tenue : elles portent des kimono aux longues manches avec des plus au niveau des épaules, systématiquement portés par les enfants dans le passé. Le vêtement est en général charge en motif barioles et nombreux. Elles portent un obi (une large ceinture) de plusieurs mètres noué de façon à ce qu’il se déroule dans son dos. La coiffure est également caractéristique : elle est réalisée à partir des cheveux de la jeune fille, et on y dispose également des ornements floraux assez volumineux. Plus la maiko gagne en expérience et plus son apparence s’assagit progressivement.
Une geiko, de par son statut d’artiste à part entière, revêt une apparence bien plus simple et mature. Elle porte le type de kimono plutôt porte par les femmes mariées et privilégié des couleurs plus sobres. Les motifs y sont plus discrets et visibles uniquement sur les manches et sur le bas du vêtement. Son obi, plus court, est noué de façon plus classique. Elle porte une lourde perruque uniforme, ornée de quelques décorations discrètes.

Une journée de geisha ressemble à quoi ? Ont-elles des jours de congés ?

Je ne vais parler que de ce que je sais des geiko de Kyoto, car je connais beaucoup moins comment cela se passe ailleurs au Japon. Je crois seulement pouvoir dire que toutes les geisha du Japon ont en commun de participer à des banquets le soir de manière régulière ; leur formation et donc leur emploi du temps varient cependant énormément d’une ville à l’autre.
A Kyoto, une maiko se lève vers 9h et se rend en kimono à ses leçons en fin de matinée. Le type de cours varie selon un emploi du temps spécifique (ce n’est pas tous les jours la même chose) mais les cours de danse ont une importante primordiale. Elle rentre à son okiya (maison de geisha) vers 15h en général, et se prépare un peu plus tard pour les banquets du soir. Elle dîne, se maquille elle-même et attend qu’un habilleur, appelé otokoshi, vienne lui mettre son kimono et son obi, ce dernier demande une certaine force pour être noué correctement. Dans certains quartiers, les femmes de la maison se débrouillent sans homme ! La maiko commence à travailler à 18h en général. Il peut y avoir deux voire trois banquets qui s’enchaînent dans la même soirée, si bien qu’elle ne rentre pas à l’okiya avant minuit voire une heure du matin. Il lui faut alors enlever son habit, se démaquiller, prendre un bain et se coucher. Et la même chose se répétera à peu de choses près le lendemain.

La journée d’une geiko est similaire en tout point à celle d’une maiko, si ce n’est que sa spécialité influencera son emploi du temps, lui-même plus flexible. Il existe en effet deux types de geiko : la tachikata, qui se produit sur scène en tant que danseuse, et jikata, spécialisée dans l’accompagnement à l’instrument et au chant. Dans la majorité des quartiers, cette dernière ne dans donc jamais et ne suivra pas de cours de danse dans la journée. Le soir, elle présentera aux banquets en tant que musicienne et chanteuse, mais participera à la conversation comme le fait la tachikata.

Il arrive qu’à la place d’un banquet, la maiko ou geiko doive accompagner un client spécifique dans une sortie, un restaurant ou encore un bar selon le choix de ce dernier. Ce genre de sortie peut même s’organiser en journée. 

En général, les maiko disposent de deux jours de congés réels dans le mois. Elles sont ainsi autorisées à aller faire des emplettes en ville par exemple. Il leur est cependant interdit de rentrer dans une supérette ou une chaîne de restauration rapide… question d’image ! Les geiko, elles, disposent de leur emploi du temps comme elles l’entendent et sont ainsi bien plus libres. Elles peuvent prendre plus de congés et se rendre dans les qu’elles veulent plus facilement. 

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Deux maiko se rendent à une maison de thé

De nos jours, est-ce que c’est un métier qui attire encore beaucoup ?

Le métier de geisha a connu un déclin sans précédent une fois la deuxième guerre mondiale terminée. A Kyoto, leur nombre est passé de plusieurs milliers avant-guerre à environ 250 aujourd’hui. Les réalités économiques et sociales du Japon moderne ont percute de plein fout et ce petit monde un peu fermé, qui a parfois totalement disparu dans certaines villes japonaises. Les Japonais se sont désintéressés de cette tradition, qui plus est réservée à des gens suffisamment fortunés, ce qui est moins évident dans une société avec une forte classe moyenne. La tendance est aujourd’hui en train de s’inverser très lentement bien que les proportions restent très faibles par rapport à l’age d’or des geisha d’avant-guerre. Par exemple, bien que le nombre de geiko à Kyoto soit toujours a l’équilibre depuis une dizaine d’années. de plus en plus de jeunes filles tentent de l’aventure car elles ont plus facilement accès à des informations sur la vie de maiko via les médias et les réseaux sociaux. Le métier peut parfois être considéré avec méfiance par les parents, mais il jouit d’une certaine popularité – toute relative – ces dernières années auprès de collégiennes des quatre coins du pays.
Cependant, il faut souligner que si chaque année voit naître de nouvelles maiko, beaucoup abandonnent leur carrière en cours de route ou choisissent de ne pas devenir geiko après leur apprentissage. Le nombre de jeune geiko à Kyoto est donc proportionnellement assez faible actuellement.

 

Est-ce qu’il y a un âge de retraite ? Les veterantes ont-elles toujours autant de succès ou est-ce qu’elles ont un rôle particulier ?

Théoriquement, il n’existe pas d’âge de retraite. On est geisha « à vie » à partir du moment même où on le devient. Dans le quartier de Kamishichiken à Kyoto, la geiko Katsukiyo s’est produite sur scène presque jusqu’à sa mort à 88 ans. On dit parfois que les geisha sont mariées à leur profession ; une partie des femmes qui la quittent le font justement car elles souhaitent se marier avec quelqu’un. On peut a vrai dire quitter ce métier quand on le souhaite, s’il ne correspond plus à ce que l’on recherche ou si l’on a un nouvel objectif en tête.
Une geiko aguerrie sera considérée avec le respect qui lui est dû. Si elle est tachikata, elle obtiendra souvent des solos de danses lors des grands spectacles publics du printemps et de l’automne. Si elle est jikata, elle sera vraisemblablement très demandée pour accompagner ses cadettes à divers banquets ou événements. Elles peuvent être appelées à assumer de grandes responsabilités ;  les présidentes des associations de geiko de chacun des cinq quartiers de Kyoto sont des geiko ayant accumulé un grand nombre d’années d’expérience.

 

Avec le temps, est-ce qu’il y a des choses qui ont changé ou évolué dans le rôle des geisha ou leur façon de vivre ou par rapport aux autres personnes ? 

Le monde des geisha a bien sur du évoluer pour s’adapter à la société actuelle. Si les communautés de geisha subsistent dans un grand nombre de villes (Tokyo, Atami, Kanazawa, Nagoya, Tokushima, Osaka, Nagasaki pour n’en citer que quelques unes), nombreuses sont celles qui ont cherché à s’adapter pour survivre. Dans certaines quartiers de Tokyo, par exemple, une geisha peut tout à fait avoir un travail principal dans la journée et être geisha une fois le soir venu. Le métier devient ainsi plus compatible avec un mode de vie plus actuel et attire régulièrement de nouvelles recrues, bien que cela soit en petit nombre à chaque fois. Cela n’est pas envisageable à Kyoto, où l’on doit être entièrement dévouée à sa carrière d’artiste, mais on y perçoit malgré tout des évolutions : si leur style de vie reste farouchement traditionnel, les maiko et les geiko arborent une nouvelle image d’ambassadrices de la culture japonais et participent à un plus grand nombre d’événements publics que par le passe. De plus en plus d’hôtels ou de restaurant proposent des soirées avec une maiko pour les touristes, un concept assez différent du traditionnel banquet exclusif qui constitue leur gagne-pain principal d’ordinaire. Dans certain quartier, on propose même de plus en plus aux enfants des ateliers de découverte de la danse ou des instruments qui font partie de la vie d’une maiko ou geiko. Cela me donne l’impression qu’on essaye de (re)créer des liens entre un monde traditionnellement séculaire et le reste de la société. 

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Je sais que ce n’est pas bien de les importuner quand on les croise, mais sinon, comment peut-on les approcher ?

Le tourisme de masse rend effectivement la vie dure aux maiko et geiko de Kyoto. Le quartier de Gion notamment est assailli chaque jour par une foule de visiteurs qui cherchent à voir des geisha coûte que coûte, avec parfois des comportements déplacés voire dangereux.
Pour apprécier leur compagnie « à sa juste valeur », il existe aujourd’hui une multitude d’options. On peut aller les voir danser lors d’événements publics ou de festivals gratuits comme le Gion Matsuri. Les cinq quartiers de Kyoto donnent des spectacles de danse chaque année au printemps et en automne accessibles à tous. Pour des moments privilégiés, il existe même des restaurants qui organisent des cérémonies du thé ou de petits banquets pour touristes avec une ou plusieurs maiko. Et bien que tout cela ait un prix plus ou moins important, c’est la meilleur façon de les admirer de près.

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Deux maiko interprétant une danse lors du festival Higashiyama Toro.

As-tu déjà rencontré une geisha ?

Comme je l’ai raconté plus haut, ma première rencontré a eu lieu en 2012. Depuis, j’ai eu trois ou quatre occasions de parler avec des maiko ou geiko. Cette année, en mai, j’ai même pu participer à un banquet avec deux d’entre elles, et quelques semaines plus tard j’ai eu la chance de passer une heure privilégiée avec une maiko en tant que « vraie » cliente. Inutile de dire que j’avais des étoiles plein les yeux.

Aurais-tu un rêve ?

J’ai toujours la tête remplie de rêves en permanence alors je n’aurais jamais fini d’en faire la liste… Je vais choisir celui qui se réalisera peut-être dans un futur proche :  me produire sur scène dans un spectacle de danse traditionnelle japonaise.

Reviendras-tu au Japon ? 

Pour réaliser le rêve dont je viens de parler, je compte revenir au Japon en 2021 afin de me perfectionner en dance. Je ferai le maximum dans ce but !

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Merci beaucoup Emilie de nous avoir accordé un peu de ton temps et d’avoir partagé ton savoir. C’était vraiment très intéressant et j’ai à nouveau appris de nombreuses choses. De plus, à chaque fois que je t’écoute parler des geisha, je vois tes yeux pétiller et je sens ce feu qui t’anime, tu es si captivante que je bois tes paroles tellement c’est passionnant ! Rien que pour ressentir cette passion, je pense que le format podcast aurait été parfait pour transmettre cette flamme aux lecteurs.
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Pour suivre Emilie sur instagram, c’est par ici > Emi.blue33

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O-bon, la Toussaint japonaise

A la mi-août, il y a la fête de O-bon, l’équivalent de la Toussaint en Europe sauf que ça dure quatre à sept jours. Pendant cette période, les Japonais peuvent prendre des vacances et aussi en profiter pour rentrer chez leur furusato, c’est-à-dire aller chez leur parents / grands-parents afin de prier leurs ancêtres et ainsi les inviter à revenir parmi eux pour le O-bon. Pour cette fête, on  ne va pas prier au temple. On se recueille soit sur l’autel, Obutsudan, qu’il y a à la maison, soit sur les tombes, Ohakamairi, qu’on nettoiera et ou on n’y déposera des fleurs.

Comme vous le voyez sur l’autel (obutsudan), il y des offrandes et une photo du défunt  Si vous regardez bien en bas à droite et à gauche, vous verrez une forme de tête gravée en bois et un petit bol cuivré. Quand on fait une prière pour juste saluer le défunt on frappe le coté du bol en cuivre avec la baguette. Pour le rituel on utilise l’objet en bois à droite en le frappant également au début et la fin. 

Entrer une légende

Dans les familles ça se passe comment ? La première fois, j’avoue que je n’avais pas trop envie d’y aller vu que c’est pas dans mes coutumes, mais finalement je me suis dit que puisque je faisais à présent partie de la famille, que c’était un de mes « devoirs ». Pour O-bon, nous allons toujours chez la doyenne de la famille, la grand-mère presque centenaire de mon mari afin de prier son défunt époux décédé il y a déjà plus de 30 ans ! 

Toute la famille se met à genoux devant l’autel pour appeler le défunt et faire la prière. Comme à chaque fois, je marmonne qu’autre chose car je ne comprends rien de ce qu’on doit dire, tout le monde mâche ses mots. Ensuite on prend le thé avec de jolis wagashi spécial pour la fête de O-bon. En regardant ces sucreries, on reconnait la minutie japonaise. 

 

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Je profite de ressortir cet article d’actualité, pour vous dire que pour les 6 ans du blog, j’ai ouvert une page Facebook, donc n’hésitez pasà m’y rejoindre. Je compte poster des photos que je ne mets ni sur le blog ni sur instagram et je partagerai aussi plus de photos du quotidien 🙂 Page facebook frenchynippon

Kodomo no Hi

Pendant la Golden Week, le 5 Mai est un jour férié car c’est le  Kodomo no hi, soit le Jour des enfants. C’est une fête pour souhaiter une bonne santé et du bonheur aux enfants, mais elle est plus particulièrement tournée vers les garçons car les filles ont déjà leur propre fête, le Hina MatsuriEn cette occasion, les parents qui ont des garçons décorent leur intérieur de « gogatsu ningyo » (poupée de mai) qui portent une armure de samurai ou soit uniquement le Kabuto (le casque du samurai) et à l’extérieur on accroche une Koi Nobori, une banderole avec des carpes koi, qui sont devenues le symbole de cette fête car elles représentent la force et la persévérance. Les villes décorent également leurs rues, et notamment leurs rivières, ainsi de grandes Koi Nobori flottent au vent. 

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Coté nourriture, il y a aussi des spécialités, le kashiwa mochi qui est un petit gâteau de riz gluant fourré de pâte d’haricots rouges sucrés et le Chimaki qui est une sorte de papillote de riz gluant fourré, enroulé dans une feuille de bambou et cuit à la vapeur.

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Pour marquer le coup de la première célébration du Kodomo no hi de mon fils, mon beau-frère nous avait prêté ce joli et ancien kabuto qui appartenait à ses grand-parents maternels et qui est âgé de 60 ans ! Les kabuto coûtent également très chers, en général ils se transmettent de génération en génération, sinon ce sont les grand-parents qui en font cadeau.

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Setsubun 節分

 

Le 3 février, c’est le jour du Setsubun dans tout l’archipel nippon. Comme beaucoup, cette fête est aussi d’origine chinoise et est célébrée au Japon depuis le VIIIème siècle. On pourrait comparer cette tradition au carnaval. En effet, afin que le printemps puisse arriver sereinement en nous apportant de la chance, il faut chasser les démons de l’hiver ! Setsubun, 節分, signifie 季節の分かれ目 soit « le changement de saison ». Normalement cette fête devrait avoir lieu pour chaque saison, mais comme au Japon le printemps représente le renouveau, marque la nouvelle année (la rentrée scolaire par exemple), il est plus symbolique que ses consœurs.

De nos jours, il est de coutume de jeter par la fenêtre des mame, des graines de haricot, en disant « Oni wa soto, fuku wa uchi » (Les démons dehors, la chance à la maison), et que chaque personne mange autant de graines de soja que son age, mais je ne pense pas que les personnes ayant plus de 50 ans le fassent… 

L’origine de lancer des 豆まき (mame maki) sur les démons remonte à l’époque Muromachi (1336-1573) et vient de la contraction de 魔を滅す (MA wo MEssu) soit « détruire le démon » que l’on disait autrefois et qui a été remplacée par 鬼は外、福は内 (le démon dehors, la chance à la maison).

Parfois, on peut également voir des gens déguisés en démons se balader dans les rues (des grandes villes en général), certains enfants en profitent pour leur lancer des mame-maki alors que d’autres, surtout les petits, pleurent en les apercevant. Certains temples font le setsubun matsuri où des oni (démons) envahissent ces lieux sacrés et la foule leur lance des mame.

Le soir les Japonais mangent de longs sushi roulés, les ehoumaki composés de sept ingrédients, car le chiffre sept porte bonheur. Ils sont fourrés de beaucoup de choses comme du poisson, des œufs, du mitsuba, du concombre etc, ce qui fait que c’est simple mais chiant à préparer (je cite ma belle-mère^^). Il est préférable de les manger selon l’ehô qui désigne la direction annuelle de l’eto, le signe du zodiaque chinois, afin d’être heureux.

 

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Se déchausser au Japon

Vous le savez au Japon il est de coutume de retirer ses chaussures à la maison, que se soit chez soi ou chez quelqu’un d’autre. On laisse les chaussures dans l’entrée ou on les range dans un meuble à chaussures. Ainsi, les Japonais sont soit pied-nus, soit en chaussettes soit en chaussons, mais en général les chaussons sont surtout pour les invités. Par contre, dans les toilettes auxquels les invités ont accès, il y a toujours une paire de chaussons « spécial toilette ». Personnellement, je ne les met jamais car sinon j’oublie et ressort avec… Quand on va sur le balcon, il faut troquer les chaussons pour des claquettes et dans les salles tatami il est préférable de retirer ses chaussons afin de ne pas les abîmer. Mais cette habitude du quotidien ne s’arrête pas à la sphère privée de la maison. 

Ainsi, depuis que je vis au Japon, je retire également mes chaussures quand je vais chez mon généraliste, chez mon dentiste, chez ma gynéco, chez le pédiatre de mon fils, chez le vétérinaire de ma chienne et dans certains restaurants! En effet à l’entrée, il a toujours des casiers ou ranger nos chaussures le temps de la consultation avec à côté des paires de chaussons à volonté, pour les adultes comme pour les enfants. Il arrive même que selon le magasin il faille aussi se déchausser avant d’entrer dans une cabine d’essayage et dans ce cas-la il y aura de la moquette au sol. Au début, ça peut paraître déconcertant, mais on s’y fait, c’est juste une question d’habitude ! Sachant cela, c’est plus pratique de mettre des chaussures qui soient aussi simple à enfiler qu’à retirer. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle beaucoup de Japonaises, notamment les jeunes, ont tendance à prendre une taille de chaussures au dessus afin de pouvoir les mettre/retirer rapidement. Mais bon, finalement quand elles marchent avec, leur talon ressort à chaque pas… pas très confortable non? Ceux qui regardent des animes ou dramas japonais, ont surement déjà le remarquer, mais dans certaines écoles, les élèves et profs sont également en chaussons voire en baskets d’intérieur, mais cela dépend des établissements. Aussi, je ne sais pas si c’est le cas pour toutes les entreprises, mais dans celle de mon mari, les salariés travaillent en chaussons, vraiment comme à la maison, quand on dit qu’au Japon l’entreprise est une deuxième famille… Ce sont des bureaux collectifs, dans le couloir il y a un meuble à chaussures et une fois passé la porte, tous les chaussons sont alignés prêt à l’emploi!

*Edit : Mon amie Kansaijin, m’a rappelé qu’il faut aussi se déchausser pour visiter l’intérieur des temples. Pour ma part, cela ne m’est arrivé qu’une seule fois, au Château de Nijo à Kyoto, ce qui fait que j’ai omis d’en parler en rédigeant cet article.noble_etc2

Sachez aussi que l’entrée d’une maison japonaise est divisée en deux, le côté ou l’on rentre avec les chaussures, puis le côté maison qui est délimité par une petite marche qui permet donc de pénétrer à l’intérieur. De ce fait, il y a également une façon de disposer ses chaussures quand on les laisse dans l’entrée. Il faut les disposer dans le sens du départ, c’est-à-dire de façon à ce qu’on puisse les enfiler sans devoir se tourner et « risquer » de poser le pied côté entrée, côté « extérieur ». Je ne sais pas si mon explication est claire, mais cette photo parlera d’elle-même.

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Nengajo 年賀状

Les nengajo, 年賀状, sont les cartes de vœux que les Japonais s’envoient pour se souhaiter bonne année (petit rappel, au Japon le nouvel an est fêté le 1er janvier et non le 31 décembre). Contrairement à chez nous, on ne les envoie pas « n’importe quand », il faut de préférence les envoyer avant le 25 décembre afin qu’elles puissent arriver dans les boites aux lettres de tout le pays le 1er janvier, jour du Shougatsu, 正月 ! Les nengajo sont toujours à l’effigie de l’animal représentant la nouvelle année. Ainsi, 2013 était celle du serpent, 2014 celle du cheval et 2015 sera celle du bouc. On peut en acheter des toutes faites, en y rajoutant un petit mot, ou des vierges pour les personnaliser via un logiciels spéciaux, ce que les Japonais prennent plaisir à faire. Bien sur, avec ces logiciels on peut également créer d’autres cartes postales comme des cartes de noël ou des faire-part de mariage, naissances et décès. D’ailleurs, il est important de noter que c’est très impoli d’envoyer une nengajo à une famille en deuil, pour éviter cela, les familles qui ont eu un décès dans l’année envoient un faire-part pour informer leurs contacts. Le design de la carte et la formulation des vœux sont fait en fonction de la personne à qui on l’envoie, famille, amis, collègues etc. Comme notre petit garçon est né, nous avons mis une photo de lui pour accompagner nos vœux pour la nouvelle année. Alors qu’en Europe nous nous souhaitons généralement amour, bonheur, santé, réussite etc, au Japon c’est un petit peu différent, on se remercie pour l’année passée (ありがとうございました / arigatou gozaimasu、お世話になりました / o sewa ni narimashita) et on utilise une expression très japonaise, qui n’a pas d’équivalent en français et qui signifie littéralement dans ce cas-la, « je me recommande à votre bienveillance / je compte sur vous (pour la nouvelle année) »  (よろしくお願いします yoroshiku onegaishimasu). De plus chaque nengajo a un numero de loterie dont le tirage au sort se fera a la television^^

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Je vous souhaite de passer un bon nouvel an !

忘年会 Bônenkai

Au Japon, qui dit mois de décembre dit bônenkai, 忘年会 (littéralement : « réunion pour oublier l’année »). Ce sont des soirées entre amis, membres de club ou collègues où on boit (beaucoup) pour oublier les problèmes de l’année passée et se remercier mutuellement. Les soirées se passent soit dans des restaurants soit dans des izakaya, sortes de bars où souvent les boissons sont à volonté. Financièrement, soit les participants payent chacun leur part soit c’est l’entreprise / le club qui prend tout en charge. Si c’est une bônenkai d’une entreprise ou le port de l’uniforme/costume est nécessaire, il faudra aller tel quel à la soirée qui aura lieu après le boulot. En France, peu être que les fêtes de fin d’année entre collègues ont lieu avant les vacances, au Japon ce n’est pas le cas, vous le savez les Japonais n’ont que très peu de jours de congés, ils devront attendre le nouvel an pour avoir un à cinq jours de repos, cela dépend de leurs métiers. Mon mari travaille dans l’entreprise familiale de son père avec ses frères et son oncle, ce qui fait que quand ils vont à leur bônenkai, nous les femmes de la famille nous retrouvons toutes au restaurant pour dîner entre nous, on appelle ça une onnakai 女会, ça se fait aussi beaucoup au Japon. Par contre, n’y aillant encore jamais participé, je ne peux pas dire comment cela se passe^^ Pendant le mois de décembre, les restaurants sont souvent plein de réservations pour les bônenkai, les onnakai et également pour Noël (oui ici à Noël on mange souvent dehors, notamment en amoureux). Dans le même registre, il y a aussi les Shinnenkai, 新年会 (littéralement : réunion du nouvel an). Ce sont également des soirées alcoolisées, cette fois-ci pour accueillir la nouvelle année qui commence, mais apparemment, les Japonais fêtent plus les bônenkai que les shinnenkai.

 

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Okuizome お食い初め coutume japonaise du premier repas de bébé

« Okuizome » est une coutume japonaise qui date de l’époque Heian et qui consiste à célébrer le premier repas d’un bébé quand celui atteint ses trois mois. Bien sur il n’est pas encore capable d’avaler des aliments solides, mais le but est tout simplement de faire semblant en lui mettant quelques portions dans son assiette et en les lui portant à la bouche. Bien qu’il n’y ait pas de menu traditionnel pour cette occasion, il y a tout de même deux plats incontournables. Tout d’abord le 赤飯 (seikihan) qui est du riz rouge, car il est cuit avec des haricots rouges qui lui donne sa couleur. En général, on déguste ce riz légèrement froid quand on fête quelques chose d’heureux. D’ailleurs après mon accouchement, le dernier déjeuner précédant ma sortie d’hôpital comportait également ce riz rouge avec un petit mot de félicitations. On mange aussi du (tai), une daurade grillée entière, car en japonais pour dire « célébrer » on dit « omedetai » donc le « tai » (daurade) fait référence au suffixe « tai » de « omedetai« . Mon beau-père a dit qu’on la contemple pendant le repas pour ne la manger que vers la fin. Pour ce qui est du reste du menu, on a carte blanche.

Samedi, nous avons fêté le kuizome de notre fils avec mes beaux-parents et ce fut donc l’occasion d’inaugurer la vaisselle de bébé que nous avait offert une amie pour sa naissance. Mon beau-père a péché la fameuse daurade, ma belle-mère a apporté des sashimi, une soupe et le sekihan. De mon coté, j’avais cuisiné un pain de viande, une quiche lorraine, des pommes de terre grillées, une salade et des tamago-yaki au crabe (c’est une omelette sucrée/salée roulée sur elle-même dans une poêle rectangulaire). Un menu occidentaux-japonais, à l’image de notre famille^^ Tout s’est très bien passé, notre petit prince était sage et mon beau-père, qui est un peu difficile avec la cuisine occidentale, a trouvé tout cela à son goût, ce qui m’a rassuré car je stresse souvent quand je dois cuisiner pour lui. Il y a encore quelques mois j’ignorais cette coutume, je trouve que c’est une jolie façon de faire.

 

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Remerciement à la japonaise

Pour célébrer la naissance de notre fils nous avons reçu plusieurs cadeaux, sous forme d’argent dans de belles enveloppes comme ci-dessous et sous forme d’affaires de bébé comme des habits, des jouets, des livres de contes, etc. Sur les enveloppes contenant de l’argent, il y est écrit en haut « 出産祝い(shussan iwai) » qui signifie littéralement « cadeau d’accouchement » et en bas il y est écrit le nom de la personne offrant l’enveloppe. La forme du nœud est importante car elle sert à faire passer un message. Ici, il s’agit d’un événement heureux donc il est facile à défaire et à refaire avec pour sens « que le bonheur de donner naissance puisse se répéter ». Par contre, il y a exception pour les mariages. En effet, bien que se soit un événement heureux, le nœud sera indéfaisable car il aura pour sens « que ce bonheur dure pour l’éternité »… vous l’aurez compris, si le nœud est facile à défaire ça fait référence au divorce.

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Selon la politesse japonaise, il faut donner un cadeau de remerciement à toutes les personnes qui nous aura offert quelque chose (exceptée la famille proche, parents, frères, etc). Ainsi à mon retour de l’hôpital j’avais reçu un catalogue de cadeaux. Le choix est large entre toutes sortes de pâtisserie, du thé, des tasses, des serviettes, des produits de soin, etc. Ces cadeaux de remerciement s’appellent « 内祝い (uchi iwai) » . Quand il s’agit d’un accouchement, il y a des cadeaux originaux. Par exemple, on peut offrir tant et tant de kilo de riz en fonction du poids de naissance du bébé, ou un gâteau dont la longueur dépend de la taille du bébé à la naissance (dans ce cas, le gâteau est découpé en parts égale, il faudra les aligner pour obtenir sa longueur réelle) ou sinon on peut aussi et simplement faire écrire le prénom du bébé sur les gâteaux. Mon mari m’a dit que le cadeau de remerciement est choisi en fonction de la somme qu’on a reçu, en général il faut choisir quelque chose qui vaut la moitié voire légèrement moins. Mais il y a aussi une autre façon de faire. Par exemple, l’année dernière j’avais offert un cadeau de naissance à une amie, celle-ci ne m’a pas tout de suite envoyé de cadeau de remerciement en échange, mais elle a attendu que j’ai mon bébé pour m’offrir à son tour un cadeau de naissance.

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A la fin du catalogue il y a un formulaire à remplir. Pour chaque personne, il faut d’abord écrire le code du cadeau choisi, son intitulé et son prix. Ensuite, concernant l’emballage, il faut choisir le papier cadeau (si on veut l’emballer), la forme du nœud, si on écrit le nom du bébé ou pas et la raison du remerciement. 

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Voici le résultat final, ce papier est ce qui enveloppera la boite contenant le cadeau et qui sera aussi envelopper à son tour dans du papier cadeau.

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On peut dire que le Japon a une culture du cadeau, ils en font des saisonniers et en fonction d’événements précis. En général, ils offrent de l’argent, mais par exemple si c’est la rentrée scolaire, ils peuvent offrir des livres ou une montre à un jeune diplômé qui commence tout juste de travailler. C’est pour toutes ces sortes de cadeaux qu’il faille rendre, qu’il existe des cahiers spécial où on peut écrire ce qu’on a reçu, quand, de qui, pour quelle occasion et ce qu’on lui a rendu en échange. 

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お宮参り Omiyamairi – « baptême japonais »

Le Miyamairi (お宮参り) est une coutume shintoïste japonaise qui consiste à aller au temple pour la première fois avec son bébé quand il a environ un mois. Autrefois, le Miyamairi se faisait quand les garçons avaient 31 jours et les filles 33, mais de nos jours ça se pratique quand le bébé a entre un mois et cent jours. En cette occasion, les parents et les grand-parents sont présents et sur leur 31, le bébé est vêtu d’une robe blanche et parfois la mère porte le kimono. Vous l’aurez compris, c’est un peu l’équivalant du baptême sauf que c’est en petit comité et qu’on a pas besoin de réserver le temple à l’avance et de faire une longue cérémonie comme chez nous. Au contraire, les familles venues faire le Miyamairi font la queue pour passer chacune leur tour devant le prêtre shintoïste. 

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Mon petit garçon a tout juste deux mois donc nous nous sommes dit qu’il serait temps de faire le Miyamairi. Nous y sommes allés samedi avec mes beaux-parents. Par chance le beau temps était au rendez-vous, il faisait vraiment bon et il n’y avait pas un seul nuage dans le ciel. Comme beaucoup, avant d’aller au temple nous sommes aller faire la photo souvenir chez le photographe. Ça s’est bien passé, le petit était calme et tres intrigué par ce qui se passait autour de lui, le flash de l’appareil photo et le staff qui faisait tout pour attirer son attention et le faire sourire en direction de l’objectif. Puis nous sommes allés au temple Hirota-jinja. Une fois arrivé, nous nous sommes annoncés et avons payé 10 000 yens (~73 euros). Avant nous, il y avait une famille en train de faire la messe pour le Shichi-go-san (autre tradition pour les enfants), donc en attendant mon bébé a eu droit sur le front à un tampon rouge représentant une épée. Quand ce fut notre tour, on nous a demandé si ça ne nous dérangeait pas de faire la cérémonie en même temps qu’une autre famille venue aussi faire le Miyamairi car après ils devaient célébrer un mariage donc ils voulaient gagner du temps.  La cérémonie ne dura que dix minutes, le prêtre fit sonner le gong, récita une prière, présenta notre fils au Kami-sama et fit un petit discours. Ensuite mon mari a bu un petit verre de saké et nous avons reçu des cadeaux. Nous avons fait quelques photos devant le temple puis nous sommes rentrés. Parmi les cadeaux, il y avait des sachets de katsuho bushi (de la bonite séchée), un omamori (porte-bonheur) de la première visite au temple et une paire de baguettes pour la cérémonie du « premier repas » de bébé (j’y consacrerai bientôt un article). Après cette journée bien remplie, mon petit-prince s’est vite endormi à la maison.

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