Undokai, la fête du sport

Le ciel était bleu, un léger vent se faisait ressentir et minimisait la chaleur du soleil. Sur le chemin de l’école, de nombreux enfants sont en route pour cette journée spéciale qu’ils ont tant préparé. Etant en moyenne section, mon fils est tout excité pour sa deuxième undokai et il a hâte de performer devant nous. Arrivés à la maternelle, il y a déjà foule, nous faisons la queue pour y entrer en montrant nos badges. Mon fils pose devant le panneau colorée indiquant « undokai » et part rejoindre sa classe. Les places sont déjà pratiquement toutes prises, cependant je cherche un coin d’ombre près de là où la classe de mon fils sera assise. Les enfants prennent place dans l’espace prévu à leurs exploits du jour. Ils se ressemblent tous avec leur tenue de gym et leur chapeau, seul leur dossard contenant leur nom les différencient. Alignés par classe, ils saluent le principal, récitent leur prière et font quelques mouvements d’échauffements sur fond de musique. Que le spectacle commence ! Les petites sections ouvrent le bal avec une course vers leur institutrice respective, les moyennes enchaînent avec une course puis les grandes avec un relais que les parents encouragent à plein poumons. Les petits reviennent danser, vêtues de leur costumes d’abeilles; ils font craquer l’assemblée. Vient le moment de faire participer les tout petits puis les primaires. Les moyens reviennent pour éblouir les spectateurs au rythme de la chanson Paprika en donnant plusieurs formes à leur parachute avec l’aide du vent. Les grands font pousser des cris d’admiration avec leur figures de gymnastique et leur rigueur. Enfin tout les enfants ne mélangent pour le jeu du tamaire pour ensuite clôturer cette journée avec la danse des grandes sections. Après un « arigatou gozaimasu » puissant pour remercier leur famille d’être venue, ils retournent dans leur classe. Nous, parents, nous aidons à ranger les bancs et à démonter les tonnelles qui les abritaient. Enfin, les enfants retrouvent leur famille, le sourire aux lèvres et un trophée dans les mains.

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La undokai est une fête sportive qui a lieu chaque année de la maternelle au lycée et de préférence au printemps ou en octobre. Elle a été mise en place par un instructeur britannique, Lucius Douglas, qui travaillait dans un lycée de Tokyo et qui proposa d’inclure de l’athlétisme au programme scolaire. La première undokai eut lieu en 1874 et cette pratique se rependit dans tout le Japon. De nos jours, c’est devenu une journée spéciale et importante pour laquelle les enfants s’entraînent durant plusieurs semaines et qui restera gravée dans leur mémoire. Par niveau d’études et par classes les enfants font divers activités sportives comme de la danse, des courses, des jeux, des relais, du tire à la corde et des figures de gymnastique. Ce dernier fait d’ailleurs débat car à cause de figures telles que les pyramides humaines, chaque année de nombreux élèves se blessent.

En effet, c’est un grand jour pour chaque famille où les parents, et parfois les grands-parents, viennent encourager leur petit héro du jour et ramène d’énormes bento pour tous le monde. C’est une journée chargée pour les enfants qui portent leur uniforme de gym ainsi que leur chapeau de sport dont la couleur différencie les filles des garçons. A chaque fois c’est les épreuves de relais qui soulèvent le plus d’engouement chez les parents qui hurlent le nom des enfants qui courent pour les encourager, attention à vos oreilles ! Les enfants donnent le meilleur d’eux-mêmes et sont contents que leur famille vienne les voir. A notre maternelle, il y a également un jeu pour les tout petits ainsi pour les premières années de primaire.

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L’année dernière mon fils a fait sa rentrée en maternelle et donc a participé à sa première undokai. En petite section, ils font un jeu de course avec leur parent, une danse et un tamaire qui est jeu où il fallait lancer des balles dans un haut panier. Honnêtement, je ne pensais pas que je serai autant émue en le voyant danser sur le thème de « La chenille qui fait des trous« . Il s’était donné à fond, il était trop mignon dans son petit costume. Je pense que c’était surtout le fait de me dire « wouah, on en est déjà là ». Comme il allait déjà en garderie, sa rentrée en maternelle ne m’avait pas touché à ce point, c’était une continuité. Je savais que les Japonais aimaient marquer les étapes de la vie et ce dès le plus jeune âge, mais maintenant je vis tout ça à travers mon fils, je prends d’avantage conscience de l’importance qu’ils y portent. C’est vraiment le fait de passer cette étape de la undokai qui m’a fait prendre conscience de l’évolution de mon fils et qui m’a rappelé que, dans cette même école, je venais aussi les années précédentes pour encourager mes neveux. Le temps file et les enfants grandissent si vite, c’est à la fois beau et douloureux. Autant voire grandir mon fils me rend fière et heureuse, autant parfois je me dis que j’aimerai bien que le temps s’arrête et qu’il reste comme ça.

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Même si chaque activité joue sur la compétition entre les classes, chaque enfant a reçu une récompense. Bref, c’est vraiment un événement convivial et familial que beaucoup attendent avec impatience et qui laisse toujours de bons souvenirs.

Pour écouter la chanson à la mode qu’on entend partout et qui a conquis le cœur des enfants, c’est par ici >> [ Paprika – Foorin]

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#Histoires Expatriées, le Japon, ou la culture de l’excuse

Nouveau rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Le thème du mois est Un mot, une expression de votre pays d'adoption et c’est Patrick du blog From Slovenia qui en est le parrain.

Les expressions, un sujet intéressant car chaque pays a les siennes et derrière il se cache tant de choses par rapport à l’Histoire, à la culture, il y a des références que seuls les locaux peuvent comprendre. Bref, on constate une fois de plus que la société se reflète dans sa langue

En voyant ce thème, j’ai tout de suite penser au mot « sumimasen » qui signifie « désolé » en japonais. Dans l’hexagone, on dit que les Français s’excusent peu, alors que sur l’archipel, les Japonais s’excusent trop !

Le Japon, le pays de l’excuse.

Gomenasai, sumimasen, des mots qui ne sont pas inconnus des Japonophiles et qui font partie des premiers mots de politesse que l’on apprend en cours de japonais. Les Japonais s’excusent pour tout et pour rien, qu’ils soient fautifs ou non. Ainsi à force de l’utiliser à tout va, je trouve que le mot perd de sa valeur et que les gens ne s’excusent plus sincèrement. J’ai même l’impression que c’est devenu un tic de langage, un réflexe d’auto-défense. On dit que le Japon est pacifiste et que les Japonais n’aiment pas les conflits. Les éviter pour vivre en communauté et ne pas heurter autrui serait ainsi la meilleure chose à faire selon eux. S’excuser résout tout.

L’art de remercier en s’excusant

Cependant « sumimasen » ne signifie pas que « désolé ». En effet, il est l’équivalent de notre « s’il vous plait / excusez-moi » quand on veut interpeller quelqu’un, mais il peut aussi servir pour dire « merci » !
Dans ce cas-là, les Japonais utiliseraient ce « sumimasen » pour remercier et s’excuser en même temps. Par exemple, si quelqu’un offre un cadeau ou aide un Japonais, il ne sera pas rare d’entendre « sumimasen » en guise de remerciement car pour eux, ils remercient la personne, mais s’excusent également de l’avoir « dérangé » ou que cette personne ait du prendre du temps pour lui (prendre du temps pour lui choisir un cadeau ou pour lui venir en aide).

 

Bref, cette culture de l’excuse est profondément ancrée en eux. A mes débuts au Japon, je ne comprenais pas pourquoi les Japonais s’excusaient au lieu de dire merci. Combien de fois j’ai demandé à mon mari, « mais pourquoi il s’excuse ? il n’a rien fait de mal », mais celui-ci ne se limitait qu’à dire qu’ici ça marchait comme ça. Puis avec le temps, de la réflexion, j’ai compris le système et j’ai pris le plie. Maintenant quand je suis avec les Japonais, je fais comme eux et je sais quand un simple et authentique « merci » suffit et quand un « sumimasen » serait plus approprié, tout est une question de nuances et du contexte.

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Les autres participant/es :

Kenza au Canada * Alexienne à MadagascarBarbara au Quebec * Lucie en Italie * Camilla au Vitenam * Angélique au Sénégal * Jéromine en Grèce * Patrick en Slovénie * Aude en Argentine * Clarisse en Corée * Clara en Angleterre * Barbara au Costa Rica * Pauline au Quebec *

#Histoires Expatriées : Le système médical au Japon

Nouvel article des rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Le thème du mois est Le système médical et c’est Ferdy du blog Ferdy pain d’épice qui en est la marraine. Voilà encore un sujet intéressant afin de comparer comment cela se passe dans les autres pays. 

Personnellement, j’ai du mal à faire confiance aux médecins japonais à cause de la barrière de la langue et du vocabulaire technique. Certes en 7 ans j’ai largement enrichi mon vocabulaire de ce coté-là (j’allais aux consultations avec mon dico et mon calepin), mais malgré tout, ce manque de confiance persiste quand même. Puis en repensant à certaines anecdotes, je trouve aussi que parfois certains peuvent être incompétents, mais la je me base sur mon expérience donc pas de généralités.

 

La température corporelle

Saviez-vous que les Japonais avaient une température corporelle inférieure à celle des Européens ? La température moyenne des Européens varie de 37 à 37.5 alors que celle des Japonais est de 36.6, ce qui fait qu’ils considèrent avoir de la fièvre à partir de 37.5 alors que nous c’est à partir de +38. Je vais vous raconter une anecdote à ce sujet. Il y a deux ans je devais subir une petite opération pour faire retirer un gros grain de beauté dans le bas du dos qui était suspicieux. Le jour-j, je vais à l’hôpital, l’infirmière prend ma température avant de me préparer et voyant que j’avais 37.5 elle fit un bon sur sa chaise. Prise de panique, elle me demandait si j’étais malade, comment je me sentais etc, alors j’ai du la rassurer en lui expliquant que les Européens avaient une température corporelle supérieure à celle des Japonais et que donc j’allais tres bien. J’avoue que sur le moment j’ai trouvé ça bizarre que vu son métier elle ne connaissait pas ce détail.

 

Les consultations

Ce fut la première chose qui me marqua quand j’ai commencé à aller chez le médecin. En France lors des consultations on est seul avec son médecin, hors ici il y a toujours une troisième personne, une infirmière, une assistante et ce peu importe le genre de spécialiste que vous consultez, généraliste, dentiste, gynécologue, pédiatre, ophtalmologue, dermatologue, etc, je ne me suis jamais retrouvée en tête à tête avec un de mes médecins, que ce soit un homme ou une femme. Je ne connais pas la raison principale de cette façon de faire, mais je suppose que l’une d’entre elle est pour éviter tout geste potentiellement déplacé qu’il pourrait y avoir entre un médecin et son patient.

 

Pharmacie et médicaments

Chaque patient a un carnet ou le pharmacien colle une petite copie de l’ordonnance, je trouve ça bien pour garder une trace des médicaments précédemment consommés. Pour les médicaments, à part chez mon généraliste, je dois aller les chercher à la pharmacie. Contrairement à la France ou on nous donne des boites de médicaments, ici on reçoit le nombre précis de comprimés à prendre pendant tant et tant de jour, pas un de plus, pas un de moins. La première fois ça m’avait beaucoup surprise. Par contre, ici il a aussi des Drugstores qui vendent à la fois des produits ménagers, d’hygiène et des médicaments, mais ce dont des médicaments qu’il est possible d’avoir sans ordonnance. D’ailleurs, je trouve que les médicaments japonais sont moins forts que les français, certains ne font pas effet sur moi ou sinon cela prend plus de temps, ainsi il m’arrive souvent d’être encore malade quand je finis un traitement. De ce fait, je ramène toujours un petit stock de médicaments français pour avoir de quoi faire à la maison. 

 

Prendre rendez-vous

Certains cabinets médicaux on des systèmes de réservations par internet ou par téléphone. Parmi les médecins, il y a aussi plusieurs façons de procéder. Par exemple, pour ma gynéco et mon ophtalmo, je peux réserver sur internet, je choisis le jour et l’heure. Pour le pédiatre, je peux réserver le jour même, un coup de téléphone des 7h30 sur le numéro fait pour prendre RDV, je tape le numéro de patient de mon fils, l’heure que je voudrais et voilà, c’est fait. Pour l’ORL, je peux réserver mon heure de passage sur internet, les réservations ouvrent à 8h et tout est une question de rapidité, je tape mon numéro de patient, je vois combien de personnes il y a avant moi et je n’ai qu’à partir de chez moi quand mon tour semble approcher. Ces systèmes est tellement pratique, ça évite de longues heures d’attente sur place. Je trouve aussi que c’est beaucoup plus simple au Japon d’avoir des rendez-vous chez des spécialistes, vu les retours que j’ai en France, il faut apparemment attendre parfois des mois.

 

Bref, voici les grandes lignes des différences majeures que j’ai noté avec notre mère patrie.

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Voici les autres participantes au thème du mois : 

 

Le Japon et la chasse à la baleine, massacres à Taiji

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En Novembre dernier, lors d’un weekend dans la préfecture de Wakayama avec ma belle-famille, nous sommes allés au musée de la baleine à Taiji. Je n’avais jamais entendu parler de ce musée, mais le nom de Taiji me disait quelque chose. A coté il y avait aussi un aquarium pour les dauphins et la baie ou se trouvaient des baleines. Nous avons assisté aux show en premier, celui des baleines dans la baie, mes neveux et nièces ont même pu leur donner quelques poissons à manger. L’aquarium du dauphin quant à lui était très petit. Ces shows n’étaient pas grandioses, mais c’était la première fois que je voyais ce genre de baleines.

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Puis nous sommes entrée dans le musée et là j’ai compris. Taiji, la baie de la mort, cette baie ou chaque année des millier de dauphins sont massacrés. C’est ma belle-mère qui avait planifié ce weekend en famille, je ne m’attendais pas à me retrouver là… Le musée retrace l’histoire de la chasse à la baleine via des maquettes, des images, des organes de baleines et de dauphins conservés dans des bocaux, puis le pire pour moi fut de voir des cadavres de fœtus, probablement retirés du ventre de leurs mères après qu’elles aient été tuées. Certes, voir des cerveaux et des cœurs de baleines c’est impressionnant par leur taille, ça fait partie de la science, de l’étude de ces mammifères, mais voir des fœtus à différents stades de grossesse, ça m’a fait mal au cœur et m’a mis encore plus mal à l’aise (je n’ai pas pris de photos).

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C’est étrange, cet endroit est à la fois tristement connu pour ses actes de barbaries, mais à cause de la barrière médiatique, il est aussi méconnu, non seulement des Japonais eux-mêmes, mais aussi des étrangers qui se disent passionnés du Japon. C’est pourquoi je me suis dis que j’allais en profiter pour en faire un article. Alors, j’ai pris mon courage à deux mains pour enfin regarder le film documentaire sur Taiji réalisé par Richard O’Barry en 2009, nommé La baie de la honte (The Cove). Dès sa sortie j’en avais entendu parlé, j’ai appris beaucoup de choses dans ce film, c’était très intéressant, mais au fil des minutes qui défilaient je redoutais la scène fatidique qui montrerait le bain de sang des dauphins.

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Afin d’informer, je vais vous présenter certains points abordés dans le film tout en complétant avec des informations récentes obtenues par une bénévole de l’association Sea Sheperd. J’espère en tout cas que cet article vous donnera envie de plus vous renseigner sur cette pratique inhumaine.

Tout d’abord sachez que Taiji est le premier fournisseur au monde de dauphins pour les parcs aquatiques, industrie financée par les delphinarium américains tel que Sea Marineland. Chaque année 1800 à 2000 dauphins et petites baleines y sont abattus, malheureusement depuis le film peu de choses ont changé. D’abord ils encerclent les dauphins pour les rapprocher de la cote, les parquent dans le lagon, les dresseurs de dauphins viennent sélectionner les plus belles bêtes pour les envoyer dans les aquariums et les autres sont emmenés à l’abri des regards pour se faire massacrer dans d’horribles souffrances. Dans le film, ils osent dire qu’ils ont amélioré la mort des animaux avec un couteau passant par la colonne vertébrale et qui tue l’animal sur le champs sans douleurs, alors qu’en fait ils se font massacrer à coup de harpon jusqu’à la mort. J’ai appris que les dauphins pouvaient se suicider, en s’asphyxiant. C’est d’ailleurs ce qu’à fait un dauphin en sang qui s’est enfui de la baie, il a pris une dernière inspiration et s’est laissé couler plutôt que de mourir sous d’autres coups supplémentaires. Cette scène m’a donné les larmes aux yeux. Même les animaux préfèrent se donner la mort plutôt que de souffrir.

Le film met également en avant un problème d’empoisonnement au mercure du à la consommation de viande de dauphin. On le sait, les poissons contiennent du mercure, plus le poisson est petit plus son taux est faible, mais plus il y est gros et plus son taux est élevé. Ainsi, la viande de dauphin peut contenir 5 à 10 fois plus de mercure que le maximum autorisé. Cette toxicité cause autant de problèmes chez le dauphin que chez l’homme, une consommation régulièrement peut avoir de graves répercussions! Le pire c’est qu’avant cette découverte, de la viande de dauphin étaient gratuitement distribuée dans toutes les cantines du pays ! Vous imaginez ?! J’espère qu’ils suivent réellement cette interdiction. Quoique quand on sait que parfois de la viande de dauphin est vendue à la place de baleine seine, il y a de quoi douter. Le consommateur est complètement dans l’ignorance et s’empoissonne dans le savoir. C’est de la négligence et de l’irresponsabilité de la part du gouvernement! Il y a 3-4 ans, j’ai mangé sans le savoir de la viande de baleine en tempura (friture), mon beau-père voulait me faire goûter a l’aveugle, j’ai été choqué d’apprendre que je venais d’en manger, ça ne me serait jamais venu en tête et je n’en avais encore jamais vu aux menus de restaurants et en magasin. De part mon expérience, je peux vous dire que cette viande n’a rien de spéciale gustativement parlant.

En 1986 la CBI (Commission Baleinière Internationale) a interdit le commerce des baleines, mais un an plus tard le Japon a repris la chasse sous prétexte de recherches scientifiques. Ils insinuent même que les dauphins sont des nuisibles et causent des répercutions sur leur pêche alors que c’est eux qui contrôle le marché mondial du poisson, qui pêchent trop, sont sur leur réserve et donc se rabattent sur les baleines. Les associations protectrices des cétacés ne comptent pas les dauphins dans les baleines à protéger de part leur « petite » taille. Les Japonais essayent de légitimer des pratiques que le reste du monde rejette et n’hésitent pas à « soudoyer » certains pays pauvres en échangent de leur vote. L’argent prime à nouveau, au diable les états-d’âmes et la souffrances des animaux. Les dauphins sont de magnifiques animaux, amicaux et intelligent, pourquoi les Hommes peuvent être si cruels et destructeurs? On a beau savoir les choses, on se sent impuissant, on voudrait agir, mais comment ? Le Japon, ainsi que d’autres pays comme l’Islande, ne s’arrêteront pas, et s’ils le font cela prendra des années…

Smartphone addict

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Une chose qui me choque au Japon c’est l’addiction qu’ont les Japonais pour les smartphones / Iphones. C’est impossible de passer à coté, que se soit au resto, dans le train, à pied, à vélo, ils sont toujours sur leur téléphone. Quand je prends le train, je m’amuse à compter le nombre de passagers qui sont en train de pianoter sur leur téléphone, que le wagon soit plein ou à moitié vide, il sont toujours plus d’une dizaine. Au resto, le manque de communication est encore plus flagrant, que se  soit des ami/es ou une famille qui mange ensemble, ils ont toujours les yeux rivés sur leurs écrans! La dernière fois j’étais au resto avec ma belle-famille, à ma droite il y avait un groupe de six personnes, les quatre adultes étaient bloqués sur leurs portables et les enfants (environ 4-6 ans) étaient sur leurs Ipad. Cette scène m’a vraiment choqué. Au parc encore plus, pendant que les enfants jouent les parents sont aussi scotchés à leur portable. J’ai aussi déjà vu trois petits garçons assis sur un banc en train de jouer à la DS au lieu de s’amuser dans le parc (à l’ancienne?!). Combien de fois j’ai vu des jeunes en train d’écrire sur leur smartphone alors qu’ils roulent à vélo ou une fois j’ai croisé une mère à vélo qui était au téléphone alors qu’elle avait son bébé dans le porte-bébé, c’est irresponsable et super dangereux. Dans les rues on peut voir pas mal d’affiches à propos du fait que marcher en utilisant son smartphone est dangereux et gênant (ils avancent au ralenti ou bousculent). 

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Malheureusement même mon mari est accro à son portable, il lui est limite greffé à sa main. Son addiction à son Iphone est du aux jeux auxquels ils jouent (c’est un gameur à la base). Du coup, il joue en fumant, dans le train, aux toilettes, des qu’il se réveille le matin et des qu’il a fini de manger / son bain… La dernière fois même pendant qu’on faisait les courses et regardait un film il jouait. Ça me stresse tellement de le voir tout le temps jouer. Il joue plus avec son portable qu’avec notre fils… ce qui m’énerve aussi au plus au point! Voyant son père toujours sur son téléphone, notre fils veut toujours le lui piquer et des qu’il la en main, il sait déjà bien s’en servir… Au Japon, il existe une expression [kuchi ga sabishii / 口が寂しい] qui signifie « avoir besoin d’avoir quelque chose en bouche ». Du coup comme mon mari a toujours son portable en main, je lui dis souvent [te ga sabishii / 手が寂しい] dans le sens ou sa main a constamment besoin de tripoter son Iphone sinon elle ne sait pas quoi faire. J’ai aussi un smartphone, je suis sur Facebook, Twitter et Instagram et je joue à un jeu. Mais je me contrôle, ainsi dans le train je préfère regarder le paysage défiler devant moi, même si je le connais par cœur, il m’hypnose à chaque fois, au resto mon portable reste dans mon sac et j’évite aussi de l’utiliser quand je suis en présence de mon fils. Pendant ma grossesse je voyais des tout jeunes enfants déjà pianoter sur des Ipad et tout je me disais que je ne voulais pas que mon fils y touche si tôt, mais finalement il réclame souvent nos portables…

Je trouve ça aberrant et triste que ces petites choses nous rendent si dépendantes d’elles, elles ne pouvaient pas se contenter de juste servir à téléphoner et à envoyer des messages?! A la base les téléphones portables ont été inventés pour faciliter la communication entre les gens, mais au final ça met de plus en plus de distance. Je sais qu’il faut évoluer avec son temps et que niveau technologie ça avance très vite, mais je trouve ça vraiment triste que la communication entre les gens soit si affectée. Qu’est-ce que ça sera dans 10-20 ans? Relevons nos têtes pour revivre !

Ce phénomène de société n’est-il spécifique qu’au Japon ou est-ce pareil en France? Lors de mes retours ne n’ai pas eu le temps d’y prêter attention.

Mère au foyer au Japon

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La vision de la mère au foyer n’est pas la même en France et au Japon. Ici le congé maternité dure 14 semaines et selon l’entreprise, certaines peuvent bénéficier d’un congé parental d’un an. En France, la majorité des mères reprenne le travail au bout de 3 mois, alors qu’au Japon, la majorité arrêtent de travailler pour se consacrer à l’éducation de leurs enfants ou sinon elles attendent qu’ils soient scolarisés. 

J’ai l’impression que beaucoup de personnes ont une vision erronée du rôle de mère au foyer. Il y a des siècles en arrière, c’était le fait qu’une mère travaille qui était aberrant, maintenant c’est l’inverse. De nos jours, le rôle de mère au foyer est limite critiqué, car confondu avec les femmes au foyer, faisant ainsi passer ces mères qui doivent s’occuper des taches ménagères et de leurs enfants pour des feignantes qui passent leur journées sur le canapé. Certes il faut évoluer avec son temps, mais ce n’est pas une raison pour critiquer celles qui font le choix de rester à la maison pour voir grandir leur enfant. En France je trouve que c’est un peu mal vue, passé les 3 mois du bébé, beaucoup demandent à ces jeunes mères « alors tu reprends quand le boulot? », « tu fais quoi toute la journée » etc. Ces questions m’ont aussi étaient posées par des amies qui étaient devenues mères la même année que moi, et je me sentais gênée, honteuse de leur dire que je n’avais pas encore repris le boulot.  Alors qu’au Japon, rester longtemps mère au foyer c’est normal, ce n’est pas mal vu, bien au contraire, mais ça c’est du à leur mentalité archaïque qui dit « homme au boulot, femme à la maison »! 

En dehors du choix, je distingue deux raisons qui font que beaucoup de japonaises arrêtent définitivement de travailler quand elles deviennent mère. La première raison est financière, pour économiser la crèche car il y en a peu et ça coûte cher. La seconde concernent les entreprises, beaucoup de femmes enceintes et de jeunes mères subissent du harcèlement moral pour qu’elles démissionnent, car leurs supérieurs savent qu’il faudra leur faire des horaires sur-mesure pour s’adapter aux heures de garde de leur enfant et surtout qu’il faudra s’attendre à des absences en cas d’enfant malade. Du coup, afin d’éviter tout ça, autant arrêter pendant la grossesse ou dès la naissance du bébé. 

Quand j’étais plus jeune, j’avoue que j’avais une « mauvaise » image des mères au foyer. Depuis mon arrivée au Japon en mai 2011 j’ai toujours travaillé (serveuse, modèle, prof de FLE, traductrice etc) et voyant mes belles-sœurs et le nombre de mères au foyer je me demandais toujours ce qu’elles faisaient de leurs journées. Disons-le, je pensais un peu qu’elles se tournait les pouces et s’ennuyaient, or depuis je suis devenue moi-même maman je constate bien évidemment que ce n’est pas vraiment le cas. Faire le ménage, le linge, la cuisine, les courses, aspirer et laver les sols, s’occuper des enfants, voire aussi d’un animal etc, c’est aussi fatiguant. S’occuper d’un petit enfant ça nous prend aussi beaucoup d’énergie! Mon mari me dit que je n’ai aucune raison d’être fatiguée, mais c’est juste que ce n’est pas la même fatigue. Je me suis toujours dis que quand j’aurai un enfant, je reprendrai le travail, même si ce n’est pas à plein temps. De ce coté, je souhaite retravailler pour avoir une vie sociale et penser à autre chose que la maison et mon fils. La préparation pour cette reprise ne se passe pas vraiment comme je le pensais, mais je reprendrais quand même le mois prochain une fois par semaine.

Dans un prochain article, je vous parlerai des crèches et des garderies, car celui-ci est deja bien assez long!

Précédent article maternité : Accoucher au Japon / L’allaitement au Japon

La sécurité en voiture

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Depuis que j’habite au Japon, il y a quelques chose qui me choque assez régulièrement. Il s’agit de la sécurité en voiture, notamment concernant les enfants. J’ai souvent pu voir que non seulement beaucoup d’enfants n’attachent pas leur ceinture, mais qu’en plus, il chahutent à l’arrière du véhicule, que celle-ci roule et/ou soit à l’arrêt. Je ne comprends pas que les parents ne disent rien, je les trouve vraiment irresponsables. Je ne compte plus le nombre de fois où à un feu rouge, j’ai pu voir les ombres des enfants des voitures alentours sautaient à l’arrière, passer du siège arrière à celui de devant ou faire je ne sais quoi.

Au début de mon expatriation, lorsque je montais à l’arrière de la voiture de quelqu’un, on me disait souvent que je n’avais pas besoin d’attacher ma ceinture, ce qui m’étonnait vraiment beaucoup. Mettre sa ceinture à l’arrière ne serait donc pas obligatoire au Japon? Mon mari me dit que si, ce qui est paradoxal aux nombreuses situations auxquelles j’ai assisté. Comme si être assis à l’arrière nous mettait à l’abri de tout accident. Même si le conducteur avec qui nous sommes conduit bien, respecte le code, on ne sait pas comment les autres roulent. Un accident peut si vite arriver… 

Avez-vous déjà eu des situations similaires ? 

Se déchausser au Japon

Vous le savez au Japon il est de coutume de retirer ses chaussures à la maison, que se soit chez soi ou chez quelqu’un d’autre. On laisse les chaussures dans l’entrée ou on les range dans un meuble à chaussures. Ainsi, les Japonais sont soit pied-nus, soit en chaussettes soit en chaussons, mais en général les chaussons sont surtout pour les invités. Par contre, dans les toilettes auxquels les invités ont accès, il y a toujours une paire de chaussons « spécial toilette ». Personnellement, je ne les met jamais car sinon j’oublie et ressort avec… Quand on va sur le balcon, il faut troquer les chaussons pour des claquettes et dans les salles tatami il est préférable de retirer ses chaussons afin de ne pas les abîmer. Mais cette habitude du quotidien ne s’arrête pas à la sphère privée de la maison. 

Ainsi, depuis que je vis au Japon, je retire également mes chaussures quand je vais chez mon généraliste, chez mon dentiste, chez ma gynéco, chez le pédiatre de mon fils, chez le vétérinaire de ma chienne et dans certains restaurants! En effet à l’entrée, il a toujours des casiers ou ranger nos chaussures le temps de la consultation avec à côté des paires de chaussons à volonté, pour les adultes comme pour les enfants. Il arrive même que selon le magasin il faille aussi se déchausser avant d’entrer dans une cabine d’essayage et dans ce cas-la il y aura de la moquette au sol. Au début, ça peut paraître déconcertant, mais on s’y fait, c’est juste une question d’habitude ! Sachant cela, c’est plus pratique de mettre des chaussures qui soient aussi simple à enfiler qu’à retirer. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle beaucoup de Japonaises, notamment les jeunes, ont tendance à prendre une taille de chaussures au dessus afin de pouvoir les mettre/retirer rapidement. Mais bon, finalement quand elles marchent avec, leur talon ressort à chaque pas… pas très confortable non? Ceux qui regardent des animes ou dramas japonais, ont surement déjà le remarquer, mais dans certaines écoles, les élèves et profs sont également en chaussons voire en baskets d’intérieur, mais cela dépend des établissements. Aussi, je ne sais pas si c’est le cas pour toutes les entreprises, mais dans celle de mon mari, les salariés travaillent en chaussons, vraiment comme à la maison, quand on dit qu’au Japon l’entreprise est une deuxième famille… Ce sont des bureaux collectifs, dans le couloir il y a un meuble à chaussures et une fois passé la porte, tous les chaussons sont alignés prêt à l’emploi!

*Edit : Mon amie Kansaijin, m’a rappelé qu’il faut aussi se déchausser pour visiter l’intérieur des temples. Pour ma part, cela ne m’est arrivé qu’une seule fois, au Château de Nijo à Kyoto, ce qui fait que j’ai omis d’en parler en rédigeant cet article.noble_etc2

Sachez aussi que l’entrée d’une maison japonaise est divisée en deux, le côté ou l’on rentre avec les chaussures, puis le côté maison qui est délimité par une petite marche qui permet donc de pénétrer à l’intérieur. De ce fait, il y a également une façon de disposer ses chaussures quand on les laisse dans l’entrée. Il faut les disposer dans le sens du départ, c’est-à-dire de façon à ce qu’on puisse les enfiler sans devoir se tourner et « risquer » de poser le pied côté entrée, côté « extérieur ». Je ne sais pas si mon explication est claire, mais cette photo parlera d’elle-même.

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Nengajo 年賀状

Les nengajo, 年賀状, sont les cartes de vœux que les Japonais s’envoient pour se souhaiter bonne année (petit rappel, au Japon le nouvel an est fêté le 1er janvier et non le 31 décembre). Contrairement à chez nous, on ne les envoie pas « n’importe quand », il faut de préférence les envoyer avant le 25 décembre afin qu’elles puissent arriver dans les boites aux lettres de tout le pays le 1er janvier, jour du Shougatsu, 正月 ! Les nengajo sont toujours à l’effigie de l’animal représentant la nouvelle année. Ainsi, 2013 était celle du serpent, 2014 celle du cheval et 2015 sera celle du bouc. On peut en acheter des toutes faites, en y rajoutant un petit mot, ou des vierges pour les personnaliser via un logiciels spéciaux, ce que les Japonais prennent plaisir à faire. Bien sur, avec ces logiciels on peut également créer d’autres cartes postales comme des cartes de noël ou des faire-part de mariage, naissances et décès. D’ailleurs, il est important de noter que c’est très impoli d’envoyer une nengajo à une famille en deuil, pour éviter cela, les familles qui ont eu un décès dans l’année envoient un faire-part pour informer leurs contacts. Le design de la carte et la formulation des vœux sont fait en fonction de la personne à qui on l’envoie, famille, amis, collègues etc. Comme notre petit garçon est né, nous avons mis une photo de lui pour accompagner nos vœux pour la nouvelle année. Alors qu’en Europe nous nous souhaitons généralement amour, bonheur, santé, réussite etc, au Japon c’est un petit peu différent, on se remercie pour l’année passée (ありがとうございました / arigatou gozaimasu、お世話になりました / o sewa ni narimashita) et on utilise une expression très japonaise, qui n’a pas d’équivalent en français et qui signifie littéralement dans ce cas-la, « je me recommande à votre bienveillance / je compte sur vous (pour la nouvelle année) »  (よろしくお願いします yoroshiku onegaishimasu). De plus chaque nengajo a un numero de loterie dont le tirage au sort se fera a la television^^

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Je vous souhaite de passer un bon nouvel an !

忘年会 Bônenkai

Au Japon, qui dit mois de décembre dit bônenkai, 忘年会 (littéralement : « réunion pour oublier l’année »). Ce sont des soirées entre amis, membres de club ou collègues où on boit (beaucoup) pour oublier les problèmes de l’année passée et se remercier mutuellement. Les soirées se passent soit dans des restaurants soit dans des izakaya, sortes de bars où souvent les boissons sont à volonté. Financièrement, soit les participants payent chacun leur part soit c’est l’entreprise / le club qui prend tout en charge. Si c’est une bônenkai d’une entreprise ou le port de l’uniforme/costume est nécessaire, il faudra aller tel quel à la soirée qui aura lieu après le boulot. En France, peu être que les fêtes de fin d’année entre collègues ont lieu avant les vacances, au Japon ce n’est pas le cas, vous le savez les Japonais n’ont que très peu de jours de congés, ils devront attendre le nouvel an pour avoir un à cinq jours de repos, cela dépend de leurs métiers. Mon mari travaille dans l’entreprise familiale de son père avec ses frères et son oncle, ce qui fait que quand ils vont à leur bônenkai, nous les femmes de la famille nous retrouvons toutes au restaurant pour dîner entre nous, on appelle ça une onnakai 女会, ça se fait aussi beaucoup au Japon. Par contre, n’y aillant encore jamais participé, je ne peux pas dire comment cela se passe^^ Pendant le mois de décembre, les restaurants sont souvent plein de réservations pour les bônenkai, les onnakai et également pour Noël (oui ici à Noël on mange souvent dehors, notamment en amoureux). Dans le même registre, il y a aussi les Shinnenkai, 新年会 (littéralement : réunion du nouvel an). Ce sont également des soirées alcoolisées, cette fois-ci pour accueillir la nouvelle année qui commence, mais apparemment, les Japonais fêtent plus les bônenkai que les shinnenkai.

 

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source imagehttp://www.misaki.rdy.jp/illust/sozaitext/bounenkai3.htm