Mère au foyer au Japon

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La vision de la mère au foyer n’est pas la même en France et au Japon. Ici le congé maternité dure 14 semaines et selon l’entreprise, certaines peuvent bénéficier d’un congé parental d’un an. En France, la majorité des mères reprenne le travail au bout de 3 mois, alors qu’au Japon, la majorité arrêtent de travailler pour se consacrer à l’éducation de leurs enfants ou sinon elles attendent qu’ils soient scolarisés. 

J’ai l’impression que beaucoup de personnes ont une vision erronée du rôle de mère au foyer. Il y a des siècles en arrière, c’était le fait qu’une mère travaille qui était aberrant, maintenant c’est l’inverse. De nos jours, le rôle de mère au foyer est limite critiqué, car confondu avec les femmes au foyer, faisant ainsi passer ces mères qui doivent s’occuper des taches ménagères et de leurs enfants pour des feignantes qui passent leur journées sur le canapé. Certes il faut évoluer avec son temps, mais ce n’est pas une raison pour critiquer celles qui font le choix de rester à la maison pour voir grandir leur enfant. En France je trouve que c’est un peu mal vue, passé les 3 mois du bébé, beaucoup demandent à ces jeunes mères « alors tu reprends quand le boulot? », « tu fais quoi toute la journée » etc. Ces questions m’ont aussi étaient posées par des amies qui étaient devenues mères la même année que moi, et je me sentais gênée, honteuse de leur dire que je n’avais pas encore repris le boulot.  Alors qu’au Japon, rester longtemps mère au foyer c’est normal, ce n’est pas mal vu, bien au contraire, mais ça c’est du à leur mentalité archaïque qui dit « homme au boulot, femme à la maison »! 

En dehors du choix, je distingue deux raisons qui font que beaucoup de japonaises arrêtent définitivement de travailler quand elles deviennent mère. La première raison est financière, pour économiser la crèche car il y en a peu et ça coûte cher. La seconde concernent les entreprises, beaucoup de femmes enceintes et de jeunes mères subissent du harcèlement moral pour qu’elles démissionnent, car leurs supérieurs savent qu’il faudra leur faire des horaires sur-mesure pour s’adapter aux heures de garde de leur enfant et surtout qu’il faudra s’attendre à des absences en cas d’enfant malade. Du coup, afin d’éviter tout ça, autant arrêter pendant la grossesse ou dès la naissance du bébé. 

Quand j’étais plus jeune, j’avoue que j’avais une « mauvaise » image des mères au foyer. Depuis mon arrivée au Japon en mai 2011 j’ai toujours travaillé (serveuse, modèle, prof de FLE, traductrice etc) et voyant mes belles-sœurs et le nombre de mères au foyer je me demandais toujours ce qu’elles faisaient de leurs journées. Disons-le, je pensais un peu qu’elles se tournait les pouces et s’ennuyaient, or depuis je suis devenue moi-même maman je constate bien évidemment que ce n’est pas vraiment le cas. Faire le ménage, le linge, la cuisine, les courses, aspirer et laver les sols, s’occuper des enfants, voire aussi d’un animal etc, c’est aussi fatiguant. S’occuper d’un petit enfant ça nous prend aussi beaucoup d’énergie! Mon mari me dit que je n’ai aucune raison d’être fatiguée, mais c’est juste que ce n’est pas la même fatigue. Je me suis toujours dis que quand j’aurai un enfant, je reprendrai le travail, même si ce n’est pas à plein temps. De ce coté, je souhaite retravailler pour avoir une vie sociale et penser à autre chose que la maison et mon fils. La préparation pour cette reprise ne se passe pas vraiment comme je le pensais, mais je reprendrais quand même le mois prochain une fois par semaine.

Dans un prochain article, je vous parlerai des crèches et des garderies, car celui-ci est deja bien assez long!

Précédent article maternité : Accoucher au Japon / L’allaitement au Japon

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Témoignage : L’allaitement au Japon

Dans cet article j’aimerai parler de la place de l’allaitement au Japon en partageant mon expérience et mon opinion. J’espère ne pas lancer de débat, chaque personne a sa propre opinion sur le sujet, mais cela n’empêche pas de respecter celui d’autrui même si on n’est pas d’accord. Certaines femmes choisissent de donner le sein, d’autre le biberon, d’autre font les deux, parfois par choix personnel, par soucis pratique ou parce qu’elles ne produisent pas assez de lait. Je pense qu’allaiter est tout ce qu’il a de plus naturel. Loin de moi l’idée de dire que les femmes n’ont qu’un rôle de « reproductrices », mais vu que nous avons le corps fait pour porter et donner la vie, je pense que les seins, avant d’être un atout esthétique et de séduction, sont avant tout là pour justement « compléter » cette période de notre existence qu’est la maternité.

Au Japon, on prône l’allaitement, c’est tellement logique qu’une mère allaite son enfant que dans les cours de futures mamans, au lieu de leur demander si elles comptent allaiter ou donner le biberon, on leur dit plutôt « vous allaiterez n’est-ce pas? ». De plus comme la grande majorité des Japonaises arrêtent de travailler quand elles sont enceintes, celles-ci choisissent aussi un allaitement long alors qu’en France beaucoup de mères arrêtent vers 3 mois car elles doivent reprendre le travail, ce qui est normal et plus pratique dans ce cas-là. Quand j’étais en France, je n’avais jamais vu quelqu’un allaiter, je ne savais même pas si dans mon entourage ou dans ma famille quelqu’un le faisait, quoique je me doute que les fumeuses préféraient donner le biberon. Puis une fois arrivée, au Japon, j’ai vu qu’une de mes belles-sœurs allaitait, que beaucoup de japonaises le faisaient dans les restaurants / cafés et que dans les centres commerciaux, les parcs d’attractions (Disney) et même les hôpitaux il y avait également beaucoup de baby-room contenant des salles justement dédiées à l’allaitement nommées « jyunyuu-shitsu », comme vous le voyez le Japon est donc bien équipé. Pour allaiter en public, il existe des sortes de cap d’allaitement, ce qui est vraiment pratique pour pouvoir allaiter n’importe quand et n’importe où en toute discrétion. Concernant les espaces allaitement des baby-room, il y a des petites pièces individuelles et des salles collectives composées de grands canapés où les Japonaises allaitent donc assises les unes à coté des autres. Vous les savez, les Japonaises sont à l’aise quand il s’agit de nudité, c’est pourquoi dans les salles d’allaitement collectives elles ne prennent pas la peine de mettre leur cap d’allaitement vue qu’elles sont entre femmes, alors que moi pudique comme je le suis, je préfère quand même la mettre. Dans les baby-room, il y a aussi des pèse-bébés et des tables de mesure qui sont en libre service, c’est pratique pour suivre la croissance de nos bout de chou. Comme je le disais, l’allaitement est systématique au Japon, ce qui fait qu’il m’est déjà arrivé plusieurs fois que des inconnues, notamment des dames semblant avoir plus de 60 ans, me demandent carrément si j’ai beaucoup de lait et si bébé tète bien, au début une question si personnelle me gênait, maintenant ça va.

Personnellement, j’ai choisi d’allaiter exclusivement mon fils depuis sa naissance, j’adore ces moments privilégiés qui n’appartiennent qu’à nous, ça créé un lien si fort et honnêtement je pense même que ça me manquera lorsqu’il sera sevré. Je reprendrai le travail quand il aura un an donc je pense l’allaiter maximum jusque là, cela ne peut être que bénéfique pour lui donc autant en profiter si je peux le faire aussi longtemps. Je trouve qu’allaiter est bien plus pratique car quand bébé a faim, il peut tout de suite téter, pas besoin de préparer un biberon, d’attendre qu’il chauffe, c’est aussi plus économique et quand on sort ça fait des affaires en moins à apporter, il suffit juste de prendre sa cap d’allaitement pour éventuellement allaiter dans les lieux publics. Dans une semaine, je serais en France pendant un mois et j’avoue que j’appréhende le fait de devoir peut être allaiter en public, comme dans les restaurants par exemple, et d’être donc regarder de travers, de me prendre une remarque ou je ne sais quoi. Je me demande même si au cas ou je trouverais des espaces allaitement à l’aéroport CDG pendant mon escale et dans certains centre-villes.

Voici quelques images prisent sur google pour vous montrer de quoi ont l’air les baby-room au Japon. Les baby-room sont accessibles a tout le monde et il y a toujours des panneaux rappelant que l’espace allaitement est interdit aux hommes.

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Témoignage : Accoucher au Japon

C’est donc avec deux semaines d’avance que nous avons accueilli notre petit garçon pesant 3.140 kg et mesurant 48.9 cm. Récemment il vient déjà d’avoir un mois, le temps passe si vite. C’est un adorable bébé, gracieux, calme, qui pleure rarement et dort beaucoup. Coté prénom, nous lui en avons donné deux, un japonais et un français, mais j’espère que vous comprendrez que je ne souhaite pas les dévoiler sur le net. Comme dit, il est métisse, les Français disent qu’il ressemble à son père alors que les Japonais disent qu’il me ressemble car il a de grands yeux en amande et que son visage n’est pas « plat ». Personnellement, je ne saurai dire à qui il ressemble, en grandissant il va encore beaucoup changer. Pour l’instant, je me contente d’être une maman oya-baka (gaga) de son petit ange ❤

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Pendant l’accouchement

J’ai perdu les eaux à 2h du matin, je m’étais réveillé pour aller aux toilettes, et avant que je parvienne à me lever j’ai senti comme un ballon de baudruche qui éclatait dans mon ventre. Ça faisait vraiment bizarre comme sensation, du coup j’ai couru dans la douche pour attendre que « ça passe ». Mon mari a prévenu la maternité de notre arrivée, nous y sommes arrivé une heure plus tard, mon mari est rentre dormir. Vers 6h j’ai eu mes premières contractions, j’avais tellement mal que je n’arrivais pas à manger alors que j’avais faim. Mon mari et ma mère m’ont rejoint vers 9h. Pendant les contractions, sous monitoring on est dans une salle à cote de la salle de travail ou il y a trois lits séparés par des rideaux, on a droit à la présence de maximum deux personnes, en l’occurrence ma mère et mon mari et dans la salle d’accouchement seul le père a le droit d’être présent. Comme c’était un dimanche mon mari était là. D’ailleurs j’étais étonnée qu’il ne porte ni blouse ni charlotte sur la tête. Je suis vraiment contente qu’il ai pu m’épauler pendant mon accouchement, il m’encourageait, m’aider et me donnait aussi à boire et à manger. La sage-femme m’a dit que j’étais chanceuse que mon mari soit là car beaucoup de femmes accouchent seules. Je n’aurai pas imaginé accoucher seule. Accoucher d’un bébé est le plus beau cadeau qu’une femme puisse faire à son époux alors je pense que l’accompagner et l’encourager est la moindre des choses. Ça me rappelle qu’on Japon on dit que l’accouchement c’est une affaire de femmes, certes mais cela ne veut pas dire exclure le mari. Je suis entrée dans la salle d’accouchement vers 11h et bébé est sorti à 15h33, autant dire que j’étais crevée. Une fois l’accouchement terminé et qu’on ait fini mes soins et les siens, on me le remet vêtu d’une sorte de long kimono et d’un bonnet donc pas de peau à peau avec bébé. Notre rencontre ne dura pas longtemps, juste le temps que la sage-femme fasse quelques photos de nous, entrer les grands-parents et que bébé prenne une première tétée. Concernant la césarienne, j’ai cru comprendre que les Japonais évitent de la faire afin de préserver le corps de la femme car non seulement c’est une opération, mais apparemment si on accouche une fois par césarienne, il faudra aussi en faire une à l’accouchement suivant. Dans mon hôpital j’ai également remarqué qu’accoucher par césarienne coûte moins cher que d’accoucher naturellement. Par contre, la péridurale ne se fait pas beaucoup, cela dépend des cliniques / hôpitaux, dans mon cas je n’ai pas eu le choix, j’ai accoucher naturellement. Certes c’est extrêmement douloureux et indescriptible, mais c’est tout à fait faisable !

Pendant le séjour à l’hôpital

L’hospitalisation dure cinq jours, qu’on soit en chambre collective de quatre personnes ou individuelle, on a notre bébé avec nous des le lendemain de l’accouchement, on nous apprend à lui donner le bain, on a un cours sur comment se passent les premières semaines de la vie de maman avec bébé et si on allaite, les sage-femmes vérifient qu’on a assez de lait. Tous les jours il fallait écrire à quelles heures on allaitait, quand on changeait les couches et les sage-femmes venaient souvent nous voir, notamment nous réveiller la nuit pour la tétée. Puis tous les matins à 9h il fallait amener bébé à la pouponnière pour qu’il ait son examen hebdomadaire donc j’en profitais pour petit-déjeuner et pour prendre ma douche. J’ai remarqué qu’on ne met ni chaussettes ni bonnet ni gants aux bébés. Les infirmières disent que c’est mieux que le bébé ait un contact direct avec ce qui l’entoure et que s’il se griffe ce n’est pas grave car sa peau, certes fragile, guérit vite. J’ai trouvé qu’on était bien entouré par le personnel. La veille de la sortie d’hôpital on a droit à un repas spécial « félicitation » qui est bien plus copieux que ceux de d’habitude. Pour la sortie, nous avions le cozy, il semblait si petit dedans qu’on a du le caler avec une couverture. Sinon je voyais des couples rentrer avec un couffin et d’autres avaient simplement le bébé dans les bras, même dans le taxi, niveau sécurité, il vaut mieux rouler prudemment.

Retour à la maison

Au Japon, après avoir accouché la femme retourne chez ses parents pendant environ un mois afin que sa mère l’aide et qu’elle puisse se reposer. Au début, je trouvais ça dommage « d’exclure » le père des premiers jours de bébé, mais maintenant j’ai compris pourquoi. En effet, bien que le congé paternel existe depuis peu au Japon, il a du mal à entrer dans les mœurs ce qui fait que très peu de pères se permettent d’en profiter et continuent donc de travailler en rentrant tard le soir. C’est pourquoi je suis vraiment contente que ma mère soit venue pendant un mois, car elle m’a non seulement aidé et appris des choses sur comment s’occuper d’un bébé, mais elle m’a aussi relayé à la maison pour que je puisse me reposer correctement. De plus, il est conseillé de ne pas sortir bébé avant son examen des un mois et surtout d’éviter la foule (trains et centres commerciaux).

Grossesse update

Depuis mon premier article sur la grossesse au Japon je n’en ai pas reparlé car il n’y avait rien de spécial à dire. Comme en France, j’ai eu mes trois échos trimestrielles et mes consultations se sont succedés, d’abord une fois par mois, puis deux et enfin une fois par semaine. Ma grossesse se passe bien, d’ici une semaine j’entrerai dans mon neuvième mois, ça passe si vite, autant j’ai l’impression de ne pas avoir vu passer ma grossesse autant je peux dire que maintenant je la sens bien! Niveau maux de grossesse, en dehors des très fréquentes envie d’aller aux toilettes, j’ai eu quelques nausées pendant mon deuxième mois, quelques remontées acides à partir du cinquième et récemment je fais de la rétention d’eau ce qui fait que mes pieds et mes chevilles ont gonflés. Sinon bébé est en forme et bouge beaucoup, depuis le septième mois je m’amuse à filmer mon ventre qui change de formes quand bébé fait la java. En France je ne sais pas, mais au Japon, ils sont assez strictes sur la prise de poids, j’ai pris en tout 12kg, mais j’ai tout dans le bidon. On dit que quand on attend une fille on prend sur les côtés et quand c’est un garçon on a le ventre qui pointe, et bien c’est véridique! Dès le début de ma grossesse j’avais l’intuition que c’était un garçon et voyant mon ventre pointer vers l’avant au fur et à mesure qu’il grossissait je me disais que j’avais peu être raison. Puis c’est une écho 4D au sixième mois qui a confirmé tout cela, on attendait bien un baby boy! Sinon j’aime être enceinte, c’est vraiment magique de sentir le bébé bouger et de se dire qu’un petit être vivant grandit en soi, la vie est si mystérieuse. C’est là que je me dis qu’en fait la vie commence bien avant la naissance !

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L’hôpital dans lequel je suis suivi propose tout les mois quatre cours pour les futurs parents. Le premier cours est sur l’allaitement. Le deuxième est sur la vie de femme enceinte, son travail, son alimentation etc. Le troisième est sur le déroulement de l’accouchement où on nous explique la respiration et nous donne quelques conseils pour faire accélérer la dilatation du col et pour gérer la douleur. Le dernier est sur le bébé, ses premiers jours, ses besoins, comment changer sa couche et comment le porter. J’avoue avoir été un peu déçue de ces cours car les sages-femmes ne faisaient que de répéter ce qui était écrit dans le manuel que nous avions reçu en début de grossesse. Dans mon précédent article je vous disais que les Japonais ne se souciaient pas de la toxoplasmose, et bien niveau alimentation ils sont beaucoup moins restrictifs que chez nous, on nous a seulement dit de faire attention aux laitages, et c’est tout alors qu’en plus des viandes / poissons crus pour la toxo, le jaune d’œuf crus est aussi déconseillés en tant normal à cause des risques de salmonellose!

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Souvenez-vous, dans mon premier article sur la grossesse j’évoquais aussi un badge de grossesse remis par la mairie qu’il faut accrocher à son sac à main. En le recevant je me disais que grâce à ce badge les gens devaient céder plus facilement la place aux femmes enceintes dans les transports en commun, mais finalement c’est comme partout… les gens sont soit endormis, soit focalisés sur leur smartphone, soit vous ignorent ou n’ont tout simplement pas envie de se lever. J’ai commencé à avoir du ventre à la fin du troisième mois et si vous saviez comme c’est frustrant de voir que personne n’a la gentillesse de vous laisser sa place surtout quand vous avez plus de dix minutes de train. Mais bon depuis mon huitième mois de grossesse je prends le taxi pour mes rendez-vous à l’hôpital et j’ai d’ailleurs appris que si une femme enceinte prenait un taxi parce qu’elle était sur le point d’accoucher, le prix du trajet lui serait remboursé!

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Enfin voila, dernière ligne droite avant l’arrivée de notre petit bonhomme. Pour l’occasion, à partir de la mi-Août, ma mère va venir et rester un mois, car n’ayant pas pu être présente tout au long de ma grossesse, elle veut être là pour l’arrivée de son premier petit-enfant et pour m’aider dans les premiers jours de bébé ce qui me rassure. Au Japon, la jeune maman rentre en général un mois chez ses parents pour se reposer et que sa mère l’aide avec le bébé, là c’est un peu l’inverse pour moi.  Je l’avais également mentionné dans mon précédent article sur la grossesse mais, au Japon ils prônent l’accouchement naturel, ce qui fait que peu d’hôpitaux et de cliniques proposent la  péridurale. Ayant eut des soucis au début j’ai été orientée vers le grand hôpital de ma ville où malheureusement ils ne font pas la péridurale… Douillette comme je suis, j’appréhende beaucoup les douleurs de l’accouchement, mais j’ai hâte de rencontrer notre petit garçon. Comme vous le voyez ci-dessous, j’ai reçu trois porte-bonheur 安産 de « bon accouchement », je me dis donc que ça ne peut que bien se passer.

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* Le premier article sur la grossesse au Japon est par ici 

Témoignage : La grossesse au Japon

Désolé de mon absence, récemment j’avais d’autres préoccupationsAujourd’hui je reviens pour vous parler de la grossesse au Japon. Mais, je vous préviens, cet article n’est pas “complet”, je suis en plein dedans donc je découvre petit à petit. Peu être que plus tard je ferais un deuxième article à ce sujet afin de le compléter. Ne sachant pas comment cela se passe en France, et dans les autres pays, je ne peux pas faire de comparaisons mais je serais ravie d’apprendre ces différences via vos commentaires, c’est toujours intéressant de savoir ce qui se passe d’un pays à l’autre !

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 A la mairie

Quand on déclare la grossesse à la mairie on reçoit un badge « il y a un bébé dans mon ventre »  à accrocher au sac,  le carnet de santé de la mère et du bébé avec onze coupons de réduction pour les rendez-vous gynécologiques dont un pour le dentiste. Les coupons ont une valeur de 5000 yens (soit environ 50 Euros) seul un est de 7000 Yens. Niveau dépenses, ça aide bien. Concernant le carnet de santé, il existe en japonais, en anglais, en chinois et en coréen. Pour ce qui est de l’anglais, à la fin il y a un lexique anglo-japonais pour le vocabulaire médical de base, le nom des maladies, l’anatomie etc, mais malheureusement a cote des kanji japonais il n’y pas de retranscription de lecture donc au final on ne sait pas comment le prononcer. On reçoit également des prospectus pour assister à des cours de cuisine spécial bébé.

 

A l’hôpital
On dit qu’au Japon la grossesse est très médicalisée. A chaque rendez-vous gynécologique, c’est toujours le même rituel. D’abord on fait un test urinaire, on se pèse et prend soi-même sa tension à l’aide d’une machine en libre-service, on écrit les résultats dans le carnet de santé mère/enfant puis on le donne à une infirmière. Ensuite, l’infirmière nous fait écouter le cœur du bébé et mesure le ventre, on lui explique la raison de notre venue, on se fait ausculter par le gynécologue et ce n’est qu’en dernier qu’on a un entretien avec lui. Au Japon, la grossesse dure dix mois, l’accouchement naturel et l’allaitement sont fortement recommandésdans les grandes galeries marchandes on peut trouver des salles spéciales pour que les mamans allaitent en toute tranquillité, assise les unes à coté des autres. Concernant l’accouchement, apparemment de plus en plus d’hommes y participe mais cela dépend de l’hôpital, ou de la clinique, cela ne se pratique pas encore partout. Ici, on dit que la grossesse est une affaire de femme, de même que les Japonaises ont coutume de rentrer chez leurs parents pour accoucher et d’y rester environ un mois pour que leur mère les aide. Je ne sais pas trop quoi penser de ça mais je trouve dommage d’écarter le père de cette façon surtout au tout début, c’est un moment magique qui doit être partager par les deux parents. Pour ce qui est de la communication avec le personnel de l’hôpital, pour de simple conversation je n’ai pas de problème mais pour certains termes spécifiques oui donc j’ai beaucoup appris de ce coté là, j’ai même fait un bloc-note spécial qui me suit a chaque RDV. Par contre, pour ce qui du personnel, quand ils me “parlaient” en anglais ce n’était que des mots, par exemple “pain?”, “blood?”, “heartbeat”, etc. Pour une personne qui ne maîtrise pas la langue japonaise je trouve que c’est très contraignant, je me demande comment ils font pour se comprendre.

 

Je vais vous faire part des quelques différences que j’ai pu remarquer jusqu’a maintenant :

  • La première c’est pendant  la consultation et l’auscultation, le médecin (H/F peu importe sa spécialité) n’est jamais seul, il a toujours une infirmière a coté. Je n’en connais pas la raison, mais je me demande si c’est pour en quelque sorte “surveiller” les gestes du médecin au cas ou certains seraient déplacés (ce n’est qu’une supposition).

  • La deuxième c’est à propos de la toxoplasmose (germe dangereux pour le bébé qu’on peut attraper en mangeant de la viande / du poisson cru ou en côtoyant des chats). En France, des qu’on est enceinte on nous dit rapidement de faire le test pour savoir si on est immunisée ou pas. Au Japon, on n’en fait pas tout un plat, si on ne demande pas ils ne nous proposent pas le test. J’ai lu que la transmission de la toxoplasmose dépend aussi de nos habitudes alimentaires, vu que celles du Japon et de la France sont différentes, je pense que c’est pour ça qu’on en parle moins ici.

  • La troisième c’est qu’à chaque examen (prise de sang, consultation, écoute du cœur du bébé, échographie etc) on nous demande systématiquement de confirmer notre nom en entier. Il y a plein d’affiches dans l’hôpital qui le rappelle pour éviter de se tromper  de patient. Ça me rappelle d’ailleurs un fait divers qui avait eu lieu en France et que j’avais récemment lu sur internet comme quoi, une infirmière avait mélangé deux dossiers. Elle n’avait pas confirmé l’identité de sa patiente, ce qui fait que cette patiente qui venait pour une simple visite de routine, a subi involontairement un IVG alors qu’elle était à 4 mois de grossesse. Je trouve cela vraiment affreux pour cette pauvre femme!

  • La quatrième c’est le déroulement de l’auscultation. D’abord le “fauteuil gynécologique”, il est entièrement automatisé, on s’assoit dessus avec une serviette sur les jambes et quand on est prête, il s’anime et nous met automatiquement en position. Personnellement, en France, je n’en avais jamais vu, je ne connaissais que les tables avec les étriers pour poser les pieds. De plus, pour être plus a l’aise je suppose, il a un mini rideau qui cache les visages du gynécologue, de l’infirmière et donc de la patiente. Dans les hôpitaux et certaines cliniques, les cabines d’auscultations sont semi-ouvertes et alignées les unes à coté des autres avec en commun, du coté ouvert, un couloir ou le gynéco et les infirmières passent d’une patiente à l’autre. C’est assez déroutant, ça fait très travail à la chaîne je trouve. 

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