#Histoires Expatriées : la distance

L’expatriation a du charme et fait rêver. Cependant, ce n’est pas tout rose tous les jours et la distance fait parti d’un de ses revers de médaille. Selon les personnes, sa personnalité et sa proximité avec son pays natal, je pense que chacun est affecté différemment par la distance. Certaine personne ne le sont même pas du tout, ce que j’avoue admirer un peu.

Bienvenue pour ce nouveau rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis 
l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Kelly, du blog Lily's Road, est la marraine du mois 
et a choisi pour thème la distance.

 

Loin des yeux, près du cœur

Pour ma part, toute ma famille habite dans la même région et est éparpillée dans les villes et villages voisins. Quand je suis venue m’installer au Japon, j’étais jeune et tout excitée de cette nouvelle aventure qui commençait. Je savais que je verrai peu ma famille et qu’elle me manquerait, mais je ne pensais pas que cela serait à ce point. Je pensais aussi qu’avec le temps ce manque s’apaiserait alors qu’en fait, plus le temps passe et plus elle me pèse, notamment depuis la naissance de mon fils car j’aimerai tellement qu’il puisse passer davantage de temps avec ma famille. Heureusement, de nos jours, skype et les réseaux sociaux permettent de garder plus facilement le contact ce qui aide beaucoup à prendre son mal en patience entre deux retours au bercail. Ma mère et moi discutons au moins une fois par semaine.

La vie fait que les gens se perdent de vue et, avouons-le, la distance n’aide pas, les relations s’effritent plus facilement. Cependant, personnellement je suis contente d’avoir pu garder contact avec ceux qui comptaient le plus pour moi. Nous échangeons assez régulièrement par mail et on essaye toujours de se voir lorsque je rentre au pays. Ainsi on a l’impression de ne pas avoir raté grand chose de la vie de l’autre..

 

Distance rime avec absence

Vivre à l’étranger, loin des siens fait que malheureusement nous manquons de grandes événements. Des naissances, des mariages, des décès, des réunions de famille pour Pâques et les fêtes de fin d’années… En raison des 9 844 km qui me séparent de la mère patrie, je ne peux pas rentrer aussi souvent que je le voudrais pour faire acte de présence. Cette autre facette de l’expatriation me touche beaucoup car même si je suis quelqu’un de solitaire, j’aime partager ces événements familiaux qui ont marqué mon enfance et me laissent de bons souvenirs. J’ai raté des naissances, le mariage de mon cousin et je ne pourrai pas être là pour celui de ma cousine qui aura lieu l’année prochaine, problème de timing… J’aimerais bien voir grandir les enfants de mes cousin/es et de mes ami/es comme je peux voire ceux d’ici. 

 

La distance a du bon ?

Malgré tout, au fil des années, j’ai finalement trouvé un point positif à la distance (il fallait bien^^), le temps de qualité. Quand je rentre en France, j’ai toujours un emploi du temps tres chargé car j’essaye de rattraper le temps perdu et de revoir le maximum de personnes que je peux, même si c’est impossible de voir tout le monde. Si je vivrai toujours dans l’Hexagone, je verrai surement moins ces gens car je me dis que je pourrais les voir n’importe quand. Or, vu ma situation actuelle, à chaque retour on profite vraiment de ces heures ensemble, c’est vraiment du temps de qualité ou l’on profite à 100% du moment présent.

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Les autres participantes

Angélique au Sénégal – Catherine en AllemagnePauline en Corée du sudBarbara au Costa RicaAurore au CanadaFredy au Canada

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#Histoires Expatriées : Vision de la France et des Français au Japon

Nous avons tous des à priori sur les autres pays et ethnies, certains peuvent s’avérer vrais, d’autres pas du tout. Ainsi pourquoi ne pas se pencher sur ce que notre peuple d’adoption pensent de nous, Français, les mangeurs de grenouilles que nous sommes et qui ne jurent que par le fromage qui pue. A votre avis, selon le pays, les clichés divergent ou se rejoignent ?

Bienvenue pour ce nouveau rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis 
l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Je suis la marraine du mois et j'ai choisi pour thème,
 la vision de la France et des Français dans notre pays d'adoption. 

 

La France fait rêver, mais pas que !

Pour les Japonais, la France c’est la mode, de l’élégance, du romantisme, de la bonne cuisine, Paris, mais aussi des grèves, des retards de train et, plus récemment, de la peur à cause des attentats terroristes dont plusieurs villes françaises ont été victimes.
Quand je demande aux Japonais qui ont voyagé dans l’Hexagone ou ils sont allés, c’est là aussi à peu près toujours les mêmes destinations ; Paris, le Mont St Michel, et parfois, la Provence, voire Nice. Parmi ceux qui vont visiter la capitale française, certains s’amusent aussi à aller dans le célèbre café de Amélie Poulain, filme qui entretient cette image qui fait rêver les Japonais.

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Le français, c’est classe

Bien que ce soit une des langues les plus difficiles à apprendre, le français a la cote et c’est chic. Que ce soit à l’université ou dans des écoles de langue, ils sont tout de même nombreux à essayer de l’apprivoiser. Beaucoup de restaurants, de magasins de prêt-à-porter et de pâtisseries portent des noms en français. On en trouve aussi sur des couvertures d’agendas ou sur des sacs. Le problème, c’est que la plupart du temps, ce n’est pas la langue de Molière que nous retrouvons, mais du bon franponais ! Parfois cela se limite à quelques fautes d’orthographes, mais d’autres fois c’est du charabia, des mots alignés qui ne donnent aucun sens à la phrase. Un karaoke qui s’appelle Monotone, un coiffeur nommé Jouir ou un magasin ayant pour nom Bon mercerie de Anateliér. Bref, être Français au Japon c’est parfois trouver de belles perles de franponais qu’on est toujours ravie de partager avec ses compatriotes.

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Les Français et les Françaises

Les chiffres de décembre 2017 indiquaient que 10 252 Français résidaient au Japon, depuis je suppose que cela a surement augmenté. Au Japon, les caucasiens ont tendance à passer pour des Américains voire des Russes. Alors quand on me demande d’ou je viens et que je réponds être française, c’est à peu près toujours les mêmes réactions ;  « ooh la France, c’est super! », « j’adore la France », « j’ai visité Paris », « j’ai un peu étudié le français, mais c’était difficile », « vous êtes de Paris? » « c’est pour ça que vous êtes belle ». D’ailleurs, concernant ce dernier compliment, peu importe ce qu’on portera, on nous dira être élégant, le chic à la française quoi. Bref on a du succès et l’on est mieux accueilli que certaines autres ethnies, même si selon eux on s’excuse peu.

Dernière anecdote en date. Après une réunion à la maternelle de mon fils, une maman que je ne connaissais pas est venue m’accoster avec une autre. Elle m’a demandé si c’était vrai qu’en français, les mots étaient considérés comme masculin ou féminin. Après avoir confirmé, elle m’a demandé de dire ça en français… Elle me regardait avec des yeux pétillants, était tout excitée d’avoir entendu du français et avait même applaudi ! Sur le moment, je me sentais comme une bête de foire, observée et applaudi après un tour. Les Japonais sont si doués pour exagérer certaines de leur réactions.

 

Les coutumes françaises

Pour les Japonais, tous les Français aiment le vin, le pain et le fromage et en consomment tous les jours. Alors quand j’ose leur dire que personnellement, c’est assez rare que je boive du vin ou mange du fromage, ils sont choqués et me disent que je ne suis pas une vraie Française alors que j’adore les marinières, porte un béret en hiver et raffole du pain ! Leur visage grimace quand ils nous imaginent croquer dans ces fines cuisses de grenouilles et ils font de grands yeux quand on mentionne que le lapin c’est délicieux… 

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Je pense qu’on peut conclure en disant qu’au Japon, les clichés sur les Français sont tenaces ! Du moins, c’est ce que j’ai pu constater via mon expérience.

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* Les participant/es du mois *

Karine, Suisse à Hong Kong

Catherine, Française chez nos voisins Allemands

Angélique, Française au Sénégal

Barbara donne sa vision de Suisse sur les Français

Alexienne, Française qui rassemble les clichés qu’elle a entendu dans divers pays

Fredy, Française chez nos cousins les Canadiens

Ophélie, Française en Angleterre

Aude, Française en Argentine

#Histoires Expatriées : Le Japon et la nature

Mère nature,
Aimante, elle nous porte, nous nourri et nous enlace lorsque nous devenons poussière. Belle et généreuse, nous sommes heureux sous ses beaux jours et de ce qu’elle nous offre. Parfois dure, elle nous enflamme ou nous noie jusqu’à que nous implorions sa clémence. Mais une fois déchaînée, elle ne répond plus de rien. Elle nous gronde, elle nous secoue au point de voir rouge et de se laisser emporter négligeant ainsi les dégâts qu’elle cause.
Cependant, enfant ingrat que nous sommes, notre reconnaissance ne dure qu’un temps car nous ne l’apprécions pas tous à sa juste valeur. On l’ampute, on l’étouffe, on la tue à petit feu, ce même feu qui finira par nous consumer. Certes, elle renaît toujours de ses cendres, mais en continuant ainsi, nous courons à sa perte.
La nature est bonne et bien faite, c’est l’essence même de la vie. Puis en fait, elle se suffit à elle seule car elle n’a pas besoin de nous. C’est nous qui avons besoin d’elle. Alors c’est à nous de nous en occuper en faisant davantage d’efforts pour la préserver.

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Bienvenue pour ce nouveau rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Le thème du mois est Mon pays et la nature et c’est Aurore du blog On my tree qui en est la marraine.

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Je suis née et j’ai grandi en France. Ce décor était mon quotidien. Je n’y prêtais pas attention. Puis je me suis installée au pays du soleil levant. J’y ai mûri, j’y suis devenue une adulte, puis maman. J’ai visité et découvert les multiples et magnifiques paysages de l’archipel. Comme les Japonais, j’attendais impatiemment chaque saison, chaque mois qui serait accompagné d’une nouvelle beauté éphémère. J’aime chercher de nouveaux endroits à explorer et je n’hésite pas à faire des heures de trains pour voir telle ou telle fleur, chose que je n’aurai jamais fait en France. Les temples, les parcs, la montagne regorgent de pépites d’or. Fleurs de pruniers ou de cerisiers, camélia, azalées, glycines, roses, iris, hortensias, érables rouges. Ce sont ces fleurs qui m’accompagnent chaque année et que je ne me lasse pas de photographier. La nature est si riche et ne s’ennuie jamais. Le Japon c’est beau et fait rêver, ses paysages ont inspirés nombre de plumes et de pinceaux.

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Le Japon m'a appris à admirer la nature.

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La raison pour laquelle le Japon entretient une relation si étroite avec la nature vient de sa religion. En effet, le Shintoïsme, à la fois polythéiste et animiste, est basé sur le culte des dieux, les kami. Selon ces croyances, les animaux et tous les éléments de la nature (vent, eau, arbres, etc) sont des manifestations de divinités, aussi nombreuses soient-elles. Cette croyance pris forme il y a bien longtemps. Je suppose que le Japon d’autrefois justifiait les catastrophes naturelles dont il était victime par la manifestation de quelqu’un ou de quelque chose de plus grand, de plus puissant qu’eux, et donc des dieux. Par conséquent, ces kami étant omniprésent dans le quotidien des Japonais, il était important de les respecter et de les honorer, via des sanctuaires ou des matsuri, afin d’éviter de nouveaux courroux. Ainsi, ces pratiques sont ancrées dans la culture japonaise et traversent le temps, même si de nos jours, nombre d’événements sont explicable scientifiquement. La nature, sacrée et mystifiée, fascine depuis toujours. On retrouve également cet aspect dans certains animés, comme dans princesse Mononoke où la nature occupe une place importante. Cependant je trouve cela dommage et paradoxal que le Japon, ayant un tel culte de la nature à travers le Shintoïsme, ne soit pas plus écolo. En effet, même si le Japon fait du tri sélectif avec ses poubelles de toutes les couleurs, il est surtout le roi du suremballage !

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Histoires Expatriées : Voyager à l’étranger quand on habite au Japon

Nouveau rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Le thème du mois est Le tourisme dans les pays voisins et c’est Kenza du blog Cups of English Tea qui en est la marraine.

En comparant avec la France, depuis l’Hexagone j’ai plus voyagé à l’étranger, que ce soit en voiture, en train ou en avion, faut l’avouer la France est très bien située. Par contre au Japon, compte tenu de sa situation géographique, si je quitte le sol japonais c’est surtout pour rentrer en France alors que j’adorerai voir d’autres pays, retourner en Angleterre et en Espagne, découvrir la Grèce ainsi que certains coins des Etats-Unis et de l’Amérique latine, mais du coup je voyage plus à l’interieur du Japon, voiture, avion, train tout y passe aussi et niveau train, le Japon est très bien desservi ! De ce fait, je connais mieux le Japon que mon propre pays… Bref, sans généraliser et en me basant sur mon entourage, voyons voir ce qu’il en est du tourisme à l’étranger quand on réside au pays du soleil levant. 

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Les congés 

Tout d’abord, au Japon, il n’y a pas les fameuses cinq semaines de congés payés que nous avons en France, mais il y a officiellement seize jours fériés répartis tout au long de l’année. Ces jours-là, les écoles et les bureaux de l’administration sont fermés et un grand nombre d’entreprises accordent un congé à leurs employés. Ensuite, il y a trois principales périodes de vacances au Japon : le Nouvel An, la mi-août aux environs de la fête O-bon, qui est l’équivalent de la Toussaint, et pendant la Golden Week de la fin avril à début mai. En moyenne, les Japonais ont droit à 18 jours de congés par an, cependant la majorité des salariés ne prennent que la moitié. De plus, s’ils prennent quelques jours de vacances cela se limitera à 2 d’affilées, mais pas plus, car selon certaines entreprises il est assez mal vu de se la couler douce pendant que ses collègues travaillent. J’ai la chance de ne pas travailler dans une entreprise japonaise, mais mon mari si. Parfois quand il prend deux jours couplés avec le weekend, il me rappelle toujours que ça ne se fait pas trop, qu’il a du prendre de l’avance sur son boulot pour ne pas déranger ses collègues avec ses clients et qu’en retour il devra apporter un omiyage, un souvenir pour eux, en général des gâteaux de la région. 

D’ailleurs, coté actualité, on peut parler de la Golden Week qui cumule 4 jours fériés, le 29 avril, puis les 3-4-5 mai, elle permet à de nombreux Japonais de partir en vacances hors du Japon. Par contre ceux qui décident de voyager dans l’archipel, eux, se retrouvent à voir les prix flamber entre les avions et les hôtels, et ont droit aux lieux touristiques bondés. De ce fait, beaucoup choisissent aussi de rester chez eux. Cependant, cette année, en raison du changement d’empereur et d’ère, cette Golden Week dura 10 jours, ce qui, apparemment, déplu à certains Japonais, qui sans leur travail, disaient ne pas savoir quoi faire de leurs journées. Un peu triste non ? En tout cas, dans mon entourage, ils étaient plutôt contents de ces longues vacances.

Voyager à l’étranger

Le Japon est une île, ce qui signifie qu’il faille obligatoirement prendre l’avion pour aller à l’étranger et malheureusement l’avion, ça coûte cher. Voyager dans les pays proches tels que la Corée ou la Thaïlande, cela reste encore abordable, on peut prendre un aller-retour pour 400 euros par personnes, par contre dès qu’il s’agit des Etats-Unis ou de l’Europe cela devient vite bien plus cher et avoisine, voire dépasse les 1000 euros. Après bien sur, tout dépend des compagnies aériennes et du trajet, avec ou sans escales. Ceux qui réussissent à partir maximum une semaine en Europe sont principalement des étudiants ou des retraités, voyageant plus en groupe que seul, le but premier étant de voir le plus de choses en peu de temps. Une ville par jour, en bus, arrivé sur le lieu touristique en question, le voir, le prendre en photo, y passer moins quelques minutes et remonter dans le bus. Le tout étant de pouvoir dire « j’y étais, je l’ai vu de mes propres yeux ». J’ai noté qu’en France les Japonais visitent surtout Paris et le Mont St Michel.

Destinations phares ?

Compte tenu du peu de congés qu’on les Japonais, ils privilégient les pays voisins. Une des destinations préférées serait apparemment Hawaï. Je n’y suis encore jamais allée, mais dans mon entourage plusieurs y ont déjà séjourné plusieurs fois. En couple, entre ami/es, avec des enfants, amateurs de tourisme ou de farniente, ou même juste pour se marier, tant de possibilités qui attirent. Cette île du Pacifique est pratique d’accès de part sa distance, elle permet aussi d’avoir un avant goût de l’Occident et surtout elle serait très Japan-friendly. En effet, apparemment, il y auraient tellement de Japonais qu’on aurait l’impression de ne pas avoir quitter le pays. Beaucoup de touristes nippons, de personnels japonais ou d’Hawaïens parlant japonais, mais aussi pas mal de restaurants japonais. Hawaï, c’est de beaux paysages entre volcans, nature, sable blanc, mer bleue, ainsi que du shopping et surtout le confort de la langue, la tranquillité de voyager à l’étranger sans avoir peur de ne pas réussir à communiquer avec les locaux.

Alternatives

Cependant le Japon offre bon nombre de paysages variés. Pour un climat tempéré, et surtout de la neige, direction Hokkaido l’île la plus au nord de l’archipel. Là-bas les températures passent facilement en dessous de zéro en hiver et niveau neige on est bien servi aussi. Je n’y suis pas encore allée, mais j’aimerai beaucoup notamment pour le festival de la neige et pour les champs de lavande.

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Wakayama – plage de Shirarahama

Une préférence pour la mer ? Direction Wakayama avec sa plage de sable blanc voire Okinawa si en plus vous voulez un air de pays chaud et une impression de sortir du pays. En effet, Okinawa ne ressemble pas à Honshu l’île principale du Japon, les gens, le dialecte, l’architecture, la nourriture, tout est très différent, pour les Japonais, Okinawa ce n’est pas le Japon. J’aime beaucoup Okinawa qui est aussi un ensemble d’îles, la-bas je me suis sentie dépaysée et je n’ai qu’une hâte, y retourner.

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Okinawa – île de Taketomi

Envie de montages ou de volcans, ce n’est pas ça qui manque au Japon ! Volcan inactif comme le Mont Fuji ou actif comme le Sakurajima à Kyushu, faites votre choix ! Quant aux montages, à Aomori, dans le Kansai ou à Tottori, le choix est large dans le Japon, rien que dans ma région il y a de quoi faire.

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Kawaguchiko – Mont Fuji

Envie de se croire dans le Sahara, direction les dunes de sables de Tottori !

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Les dunes de Tottori

Pour se relaxer dans des sources thermales, Hakone, Arima, Wakayama, Kinosaki ou Beppu sauront répondre à vos attentes !
Bref à défaut de voyager à l’étranger, les Japonais savent se divertir en restant sur le sol de leur mère patrie.

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Les autres participants 

Thibault en Amérique du nordFerdy au CanadaBarbara au Costa RicaCatherine en AllemagneAngélique au Sénégal –  Emeline à Amsterdam

#Histoires Expatriées, le Japon, ou la culture de l’excuse

Nouveau rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Le thème du mois est Un mot, une expression de votre pays d'adoption et c’est Patrick du blog From Slovenia qui en est le parrain.

Les expressions, un sujet intéressant car chaque pays a les siennes et derrière il se cache tant de choses par rapport à l’Histoire, à la culture, il y a des références que seuls les locaux peuvent comprendre. Bref, on constate une fois de plus que la société se reflète dans sa langue

En voyant ce thème, j’ai tout de suite penser au mot « sumimasen » qui signifie « désolé » en japonais. Dans l’hexagone, on dit que les Français s’excusent peu, alors que sur l’archipel, les Japonais s’excusent trop !

Le Japon, le pays de l’excuse.

Gomenasai, sumimasen, des mots qui ne sont pas inconnus des Japonophiles et qui font partie des premiers mots de politesse que l’on apprend en cours de japonais. Les Japonais s’excusent pour tout et pour rien, qu’ils soient fautifs ou non. Ainsi à force de l’utiliser à tout va, je trouve que le mot perd de sa valeur et que les gens ne s’excusent plus sincèrement. J’ai même l’impression que c’est devenu un tic de langage, un réflexe d’auto-défense. On dit que le Japon est pacifiste et que les Japonais n’aiment pas les conflits. Les éviter pour vivre en communauté et ne pas heurter autrui serait ainsi la meilleure chose à faire selon eux. S’excuser résout tout.

L’art de remercier en s’excusant

Cependant « sumimasen » ne signifie pas que « désolé ». En effet, il est l’équivalent de notre « s’il vous plait / excusez-moi » quand on veut interpeller quelqu’un, mais il peut aussi servir pour dire « merci » !
Dans ce cas-là, les Japonais utiliseraient ce « sumimasen » pour remercier et s’excuser en même temps. Par exemple, si quelqu’un offre un cadeau ou aide un Japonais, il ne sera pas rare d’entendre « sumimasen » en guise de remerciement car pour eux, ils remercient la personne, mais s’excusent également de l’avoir « dérangé » ou que cette personne ait du prendre du temps pour lui (prendre du temps pour lui choisir un cadeau ou pour lui venir en aide).

 

Bref, cette culture de l’excuse est profondément ancrée en eux. A mes débuts au Japon, je ne comprenais pas pourquoi les Japonais s’excusaient au lieu de dire merci. Combien de fois j’ai demandé à mon mari, « mais pourquoi il s’excuse ? il n’a rien fait de mal », mais celui-ci ne se limitait qu’à dire qu’ici ça marchait comme ça. Puis avec le temps, de la réflexion, j’ai compris le système et j’ai pris le plie. Maintenant quand je suis avec les Japonais, je fais comme eux et je sais quand un simple et authentique « merci » suffit et quand un « sumimasen » serait plus approprié, tout est une question de nuances et du contexte.

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Les autres participant/es :

Kenza au Canada * Alexienne à MadagascarBarbara au Quebec * Lucie en Italie * Camilla au Vitenam * Angélique au Sénégal * Jéromine en Grèce * Patrick en Slovénie * Aude en Argentine * Clarisse en Corée * Clara en Angleterre * Barbara au Costa Rica * Pauline au Quebec *

#Histoires Expatriées : La cuisine

Nouvel article des rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Le thème du mois est La cuisine et c’est Perrine du blog Pensées voyageuses qui en est la marraine.

Si je vous dis cuisine japonaise, à quoi pensez-vous ? J’ai eu l’idée de poser cette question sur instagram et j’ai été agréablement surprise que les réponses soient si variées sans se limiter aux sushi. Ainsi beaucoup ont répondu les ramen, les gyoza, l’okonomiyaki, les nouilles udon, les onigiri, la soupe miso, le curry rice, etc. Comme n’importe quel autre pays du monde, la cuisine japonaise propose une grande palette de mets et de textures.

Tout d’abord, sachez que même si la majorité des Japonais sont sveltes, ce sont de gros gourmands. Ils adorent manger et ce à toute heure de la journée. Je ne savais pas trop comment tourner cet article, mais j’ai finalement décidé d’y présenter quelques traits typiques de la cuisine japonaise et qui sont tres différents de la cuisine française. D’ailleurs si vous voulez tester quelques recettes japonaises, n’hésitez pas à jeter un œil à la catégorie cuisine du blog ! ici

 

* Itadakimasu ! *

 

Le petit déjeuner japonais

Commençons par le repas dit le plus important de la journée, le petit déjeuner. En France on est plutôt sucré alors qu’au Japon ils sont plutôt salé. Le petit-déjeuner traditionnel japonais c’est un bol de riz, du poisson, un accompagnement (natto ou légumes) et une soupe miso. Un repas semblable à ce que nous, Européens, nous mangerions à midi ou au dîner, mais au moins cela à le mérite de faire tenir toute la matinée. De nos jours, le petit-déjeuner varient selon les familles, certaines préfèrent des toasts ou autre. Personnellement, j’ai beaucoup de mal avec les petits-déjeuner traditionnels japonais, dans les deux ryokans ou j’avais été, le repas était décidé et mon estomac avait eu du mal à s’en remettre, c’est la faim qui m’avait fait finir mon plateau. Bien sur ce n’est qu’une question d’habitude, on aime ou on n’aime pas.

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La quantité

Au Japon il y a des repas fait d’un seul place principal et ceux constituées de plusieurs plats mais en petites quantité. On a le riz et la soupe miso chacun dans son bol, le plat principal et un voire deux ou trois accompagnements en plus, en général légumes ou salade. Mon beau-père dit que le palais japonais s’ennui vite de son assiette si elle ne se limite qu’a un seul gout. Ainsi c’est beaucoup plus intéressant d’avoir de pouvoir alterner entre plusieurs plats. Par conséquent, qui dit plusieurs plats, dit petites portions. Les Japonais n’ont pas l’habitude de se remplir la pense jusqu’à avoir l’impression d’éclater, au contraire ils ont l’habitude de garder un peu d’espace dans leur estomac. Je trouve que manger avec la nourriture dispersée dans plusieurs récipients permet de mieux contrôler son appétit et donc de manger plus équilibré.

 

Le riz, maître des lieux

Passons maintenant au roi de l’alimentation japonaise, le riz ! Celui-ci est différent du riz chinois et thai car il est collant. Qu’il soit seul dans son bol ou accompagné, il est non seulement présent à tous les repas, mais aussi dans le thé, les crackers, l’alcool japonais, (le sake est fait a base de riz) et dans la pâtisserie. Les Japonais le dégustent même trempé dans un thé, on appelle cela l’ocha zuke. Dans la pâtisserie japonaise,  le riz prend la forme d’une pâte de riz gluant lisse nommée mochi. Cette pâte de mochi est utilisée pour faire plusieurs desserts comme le daifuku, le mochi à tel ou tel gout, les dango (colorés ou nappés de sauce), etc, il y a aussi le ohagi ou la pâte n’est pas lisse et ou on peut sentir quelques grains de riz. J’adore le mochi, mais depuis 2-3 ans, j’avoue en avoir un peu marre du riz, du coup j’évite d’en manger à chaque repas.

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Salmon rice with green tea : Photo

 

La culture du bento

Le bento, qu’est-ce que c’est ? Il s’agit des boites repas fait maison que les Japonais mangent à l’école ou sur leur lieu de travail. Pour les enfants, les mères le leur préparent, certaines peuvent réaliser de petites œuvres d’art en recréant le personnage que leur enfant aime et bien sur en se levant des le lever du soleil ! Pour ceux qui travaillent, on en trouve facilement dans les supermarchés et dans les grandes gares. Si un jour vous devez prendre le Shinkansen, vous constaterez que ce ne sont pas les stands de bento qui manquent. Il existe aussi des chaines de restauration rapide de bento, vous venez sur place ou téléphoner et vous passez le chercher au bout d’environ 20 minutes.

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Mes péchés mignons japonais

Cote aliment japonais, je raffole de l’umeboshi, la prune séchée et acidulée, associée à une feuille de shiso, c’est un régale pour les papilles ! Rien que de penser à cette petite boule rose j’en salive ! J’aime beaucoup aussi les champignons maitake, cuits ou frits, ils sont si goûteux. Le mozuku, cette algue originaire d’Okinawa peut rebuter au premier regard de par son aspect visqueux, mais c’est un délice ! Certains connaisseurs de la cuisine japonaise s’attendent peut être à ce que je parle du fameux natto, ces graines de soja fermentées connues pour leur odeur, eh bien, je n’ai toujours pas osé y goûter…

Shiso leaves. : Photo d'actualité

Maitake mushroom : Photo

Pickled plums, close-up : Photo

 

 

 

 

 

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Privé de dessert

Certains le savent peu être, mais contrairement à la France ou l’on aime terminer notre repas par une petit touche sucrée comme un fruit, un yaourt ou autre, ici on ne prend pas de dessert à la fin d’un repas. Cependant de nos jours et selon les restaurants, il est tout de même possible d’en trouver qui proposent des menus avec un dessert à la fin, l’influence occidentale peut être ?

Une tasse de thé ?

Puis, comme les Japonais ont le réflexe de terminer leur repas par une tasse de thé chaud, je vais finir cet article en parlant de la boisson ultime de l’archipel, le thé. En japonais, « thé » se dit « cha« , Matcha, Genmaicha, Sencha, Mugicha, Oolongcha, hojicha etc. Il y a tellement de sortes de thés, de tous les goûts, de toutes les couleurs, à consommer chaud ou froid, bref chacun y trouvera celui qui conviendra à son palais. Dans un restaurant japonais, vous aurez automatiquement droit à votre tasse de thé, soit en libre service sur la table et dans ce cas il sera froid sans à la fin de votre repas et alors il vous sera servi chaud. Mon préféré est le mugicha, il s’agit de thé à l’orge grillé qui se boit surtout en été. Non seulement il est sans caféine et sans théine et donc peut être donc être consommé par petits et grands, mais il a aussi de nombreux bienfaits pour la sante. J‘ai mis 5 ans pour l’apprécier et depuis je ne jure que par lui et le bois froid tout au long de la journée.

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* Gochiso-sama deshita ! *

 

  • Itadakimasu est la formule de politesse que l’on dit avant de manger. Il est comparé au « bon appétit », mais littéralement il signifie « je prends ».
  • Gochiso-sama deshita est la formule de politesse que l’on a la fin du repars. On pourrait traduire cela par « c’était bon, merci pour ce repas ».

 

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Aude en Argentine * Camilla au Vietnam * Aurore en Finlande et au Sri Lanka * Lucie en Italie * Kelly au Canada * Cécile au Canada * Angélique au Sénégal * Marie en Autriche * Liz au Koweit *

#Histoires Expatriées : Mon intégration au Japon

Nouveau rendez-vous #HistoiresExpatriées, cette fois-ci c’est moi qui suis la marraine et j’ai choisi comme thème l’intégration. Selon le pays d’accueil et le niveau de différence culturelle avec notre terre natale, il nous sera soit facile de s’intégrer soit au contraire, difficile, bien que je pense que dans les deux cas, il peut y avoir des hauts et des bas. Je pense aussi que l’intégration, qu’elle soit bonne ou mauvaise, dépend également de son environnement. C’est pour cela que je me suis dis que cela serait intéressant de partager notre vécu avec les autres participant/es expatrié/es aux quatre coins du monde.

C’est toujours délicat de parler d’intégration, mais il faut se rappeler que chaque personne, de part sa personnalité et son vécu le vit différemment. De manière générale, je trouve que mon intégration s’est bien passée et je pense que cela est du au fait que j’étais bien entourée des le début. Cependant j’avoue que je reste assez partagée sur le sujet car il y a des moments ou oui je me sens plus ou moins intégrée et d’autres pas du tout.

Etre bien entourée

C’est bizarre à dire, mais quand je suis venue au Japon la première fois en 2009, je ne me sentais pas spécialement étrangère. Peu être parce que regarder des dramas et fréquenter des Japonaises à la fac, entendre du japonais m’avaient deja un peu familiariser avec cette culture, ou peu être tout simplement parce que mon mari m’avait prise sous son aile. A mes débuts, je ne faisais pas encore attention à tout ce qui m’entourait, notamment aux gens et aussi à l’époque je ne parlais pas encore bien japonais.

Par exemple, durant mes deux séjours précédents mon année working holidays, je traînais à l’université de mon mari avec ses ami/es qui m’ont de suite mis à l’aise et il y en avec qui je suis toujours en contact aujourd’hui. Puis du coté de ma belle-famille, des le début de notre relation (l’année prochaine ça fera 10 ans), ils m’ont accueilli à bras ouvert (au sens figuré, bien sur) et n’ont jamais été hostiles au fait que leur fils sorte avec une étrangère. J’ai de la chance que mes beaux-parents aient beaucoup voyagé et soient ouvert d’esprit, même si pour mon beau-père, c’est et ça restera, nihon ichiban.

L’importance de la langue

Pour vivre à l’étranger, notamment sur du long terme, il est nécessaire de faire des efforts, même si tout ne nous plait pas dans la culture ou la mentalité du pays. C’est pourquoi il est essentiel de parler la langue. Je pense que parler japonais et m’intéresser à la culture m’a permis de mieux m’intégrer, de mieux comprendre et accepter ce nouvel univers qui m’entourait. J’ai commencé à apprendre le japonais en France, j’ai continué en autodidacte au Japon et une fois mon visa Vacances-Travail terminé, j’ai arrêté d’étudier. Cependant dans la vie quotidienne, je continue d’entendre de nouveaux mots chaque jour. Au final, je ne cesse jamais d’apprendre. Parler la langue du pays c’est se rapprocher des locaux. Si je ne parlerai pas japonais je ne pense pas que je serai là ou je suis actuellement, rien que de penser à la maternelle, je me demande comment je communiquerai avec la maîtresse et les autres mamans car aucunes ne parlent anglais.

Plus Japonaise que Française ?

Plusieurs Japonais m’ont dit que je faisais plus Japonaise que les Japonais parce que j’aime les sushi, les umeboshi, j’aime collectionner les tampons des temples, j’aime porter des kimono et parce que j’ai plus visité le Japon que certains Japonais. Quand je dis que je bois rarement du vin ou mange peu de fromage, ils me disent que je ne suis pas Française. Que répondre à ça ? Si un étranger aime le vin, le fromage, le pain, les escargots, porte un béret et a plus visité la France que moi, cela ne me viendrait jamais en tête de lui dire qu’il est plus Français que les Français. Tout ça c’est juste une question de goûts, d’aimer ou de ne pas aimer quelque chose, mais cela ne se limite pas aux prétendues caractéristiques d’une nationalité.

Éternelle touriste ?

Sans vouloir paraître prétentieuse ou je ne sais quoi, personnellement, je n’aime pas trop être prise pour une touriste (je suis consciente qu’ils ne peuvent pas le deviner au premier coup d’œil), même si parfois j’avoue utiliser ce joker. De ce fait, je me suis déjà demandée si par hasard, ce sentiment signifiait justement que j’étais bien intégrée. Qu’en pensez-vous ? En France on a l’habitude d’avoir un tel melting pot dans la société qu’on ne se soucis pas de savoir si la personne en face de nous est d’ici ou non.

Petite anecdote qui s’est passée le mois dernier à Kyoto. Mes amies et moi portions des kimono et nous sommes allées déjeuner dans un petit restaurant. Dehors, nous regardons le menu sur le panneau puis nous entrons. Dedans, le gérant qui était seul à travailler a surement du paniquer en voyant 5 étrangères débarquer, et il nous a donné un menu en anglais avec écrit en gros « tourist menu ». Etant toutes résidentes au Japon depuis plusieurs années nous avons été surprises, mais nous avons commandé en japonais. Après avoir payer l’addition nous sommes sorties en nous disant que finalement c’était un peu cher et jetant un dernier coup d’œil au menu en japonais de dehors, nous remarquons que sur celui-ci, les prix étaient plus bas que ceux du fameux « tourist menu ». Eh oui on s’était fait arnaquer que quelques yens, ce qui nous a déçu, non pas pour les sous, mais pour le fait de profiter des touristes en les faisant payer plus cher que les Japonais. Je me demande si beaucoup de restaurants sont partisans de cette pratique.

Quand je discute avec les Japonais, que la discussion vient de leur part ou de la mienne, au fil de la discussion ils voient que je parle japonais et finissent toujours pas demander si j’habite au Japon et depuis combien de temps. Ainsi on peut aborder des sujets et parler de plus de choses. C’est souvent très agréable et intéressant comme la fois ou une dame qui vendaient de magnifiques pinceaux vint me parler pour m’expliquer avec quelques mots d’anglais comment ils étaient fabriquées et de suite s’embarqua dans de plus amples explications quand elle comprit que je maîtrisais le japonais. Ou ce monsieur dans un temple qui pris plaisir à nous parler de l’histoire de son temple en faisant une petite visite guidée.

Bête de foire ?

Je ne sais pas pourquoi, mais quand je sors dehors je ne me sens pas différente, c’est comme si je ne la voyais pas cette différence physique, une question d’habitude surement. Cependant, certains comportements ont tendance à me rappeler qu’effectivement je suis différente et pas d’ici. La brune au long nez et aux grands yeux que je suis ne passe pas inaperçu dans les rues japonaises. Parfois on me regarde, on me fixe, se retourne sur mon passage, on observe l’étrangère. Au début c’est gênant, puis avec le temps on n’y prête plus trop attention même si parfois certains regard peuvent être vraiment insistants et malaisants. Une fois j’avais été au zoo avec mon fils, il y avaient plusieurs classes de primaires en sorties scolaire, quand je suis passée à cote d’eux, les enfants ne m’ont pas lâché du regard. J’avais l’impression d’être un spécimen inconnu et de faire limite partie du zoo. Les petits on peut facilement les pardonner car c’est surtout de la curiosité, mais les adultes c’est autre chose. Je crois que c’est surtout ce genre de regards qui me sort de ma bulle et me rappelle à l’ordre.

Côtoyer des compatriotes empêchent-ils le fait de s’intégrer ?

Je me souviens que des amies qui étaient venus en échange universitaire au Japon disaient surtout fréquenter les étudiants étrangers et que par conséquent elles parlaient plus anglais que japonais. Je pense que quand on vient vivre à l’étranger sur du long terme, qu’il faut trouver un juste milieu. Pour ma part, comme je le mentionnais dans le précédent rdv ici, j’ai plus d’ami/es Français/es que Japonais/es, mais je ne trouve pas que cela m’empêche de m’intégrer. Loin de mes proches, de mes racines, côtoyer des Français est nécessaire pour moi, pour tenir le coup car on se comprend, on peut être nous-même et partager des choses que je ne pourrais pas partager avec des Japonais.

Au final, vivre à l’étranger ça a du charme, mais ce n’est pas de tout repos, cela demande des efforts et des concessions. J’ai peu être l’air intégrée, mais je ne le suis pas entièrement et je ne le serai jamais, que se soit pour moi ou aux yeux des Japonais.

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Les autres participant/es du RDV

Barbara au Costa Rica > Hilorico

Sophie en Islande > Du sud au pole nord

Fredy au Canada > Fredy pain d’epice

Elizabeth au Koweit > Liz in Koweit

Lucie en Italie > occhio di lucie

Pauline en Coree > étoile verte 

Angélique au Sénégal > FoguEscales

Juliette en Hongrie et en Finlande > essence nordique 

Cécile au Canada > Analepses vagabondes 

Kelly au Canada > Lily’s road 

#Histoires Expatriées : Le système médical au Japon

Nouvel article des rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Le thème du mois est Le système médical et c’est Ferdy du blog Ferdy pain d’épice qui en est la marraine. Voilà encore un sujet intéressant afin de comparer comment cela se passe dans les autres pays. 

Personnellement, j’ai du mal à faire confiance aux médecins japonais à cause de la barrière de la langue et du vocabulaire technique. Certes en 7 ans j’ai largement enrichi mon vocabulaire de ce coté-là (j’allais aux consultations avec mon dico et mon calepin), mais malgré tout, ce manque de confiance persiste quand même. Puis en repensant à certaines anecdotes, je trouve aussi que parfois certains peuvent être incompétents, mais la je me base sur mon expérience donc pas de généralités.

 

La température corporelle

Saviez-vous que les Japonais avaient une température corporelle inférieure à celle des Européens ? La température moyenne des Européens varie de 37 à 37.5 alors que celle des Japonais est de 36.6, ce qui fait qu’ils considèrent avoir de la fièvre à partir de 37.5 alors que nous c’est à partir de +38. Je vais vous raconter une anecdote à ce sujet. Il y a deux ans je devais subir une petite opération pour faire retirer un gros grain de beauté dans le bas du dos qui était suspicieux. Le jour-j, je vais à l’hôpital, l’infirmière prend ma température avant de me préparer et voyant que j’avais 37.5 elle fit un bon sur sa chaise. Prise de panique, elle me demandait si j’étais malade, comment je me sentais etc, alors j’ai du la rassurer en lui expliquant que les Européens avaient une température corporelle supérieure à celle des Japonais et que donc j’allais tres bien. J’avoue que sur le moment j’ai trouvé ça bizarre que vu son métier elle ne connaissait pas ce détail.

 

Les consultations

Ce fut la première chose qui me marqua quand j’ai commencé à aller chez le médecin. En France lors des consultations on est seul avec son médecin, hors ici il y a toujours une troisième personne, une infirmière, une assistante et ce peu importe le genre de spécialiste que vous consultez, généraliste, dentiste, gynécologue, pédiatre, ophtalmologue, dermatologue, etc, je ne me suis jamais retrouvée en tête à tête avec un de mes médecins, que ce soit un homme ou une femme. Je ne connais pas la raison principale de cette façon de faire, mais je suppose que l’une d’entre elle est pour éviter tout geste potentiellement déplacé qu’il pourrait y avoir entre un médecin et son patient.

 

Pharmacie et médicaments

Chaque patient a un carnet ou le pharmacien colle une petite copie de l’ordonnance, je trouve ça bien pour garder une trace des médicaments précédemment consommés. Pour les médicaments, à part chez mon généraliste, je dois aller les chercher à la pharmacie. Contrairement à la France ou on nous donne des boites de médicaments, ici on reçoit le nombre précis de comprimés à prendre pendant tant et tant de jour, pas un de plus, pas un de moins. La première fois ça m’avait beaucoup surprise. Par contre, ici il a aussi des Drugstores qui vendent à la fois des produits ménagers, d’hygiène et des médicaments, mais ce dont des médicaments qu’il est possible d’avoir sans ordonnance. D’ailleurs, je trouve que les médicaments japonais sont moins forts que les français, certains ne font pas effet sur moi ou sinon cela prend plus de temps, ainsi il m’arrive souvent d’être encore malade quand je finis un traitement. De ce fait, je ramène toujours un petit stock de médicaments français pour avoir de quoi faire à la maison. 

 

Prendre rendez-vous

Certains cabinets médicaux on des systèmes de réservations par internet ou par téléphone. Parmi les médecins, il y a aussi plusieurs façons de procéder. Par exemple, pour ma gynéco et mon ophtalmo, je peux réserver sur internet, je choisis le jour et l’heure. Pour le pédiatre, je peux réserver le jour même, un coup de téléphone des 7h30 sur le numéro fait pour prendre RDV, je tape le numéro de patient de mon fils, l’heure que je voudrais et voilà, c’est fait. Pour l’ORL, je peux réserver mon heure de passage sur internet, les réservations ouvrent à 8h et tout est une question de rapidité, je tape mon numéro de patient, je vois combien de personnes il y a avant moi et je n’ai qu’à partir de chez moi quand mon tour semble approcher. Ces systèmes est tellement pratique, ça évite de longues heures d’attente sur place. Je trouve aussi que c’est beaucoup plus simple au Japon d’avoir des rendez-vous chez des spécialistes, vu les retours que j’ai en France, il faut apparemment attendre parfois des mois.

 

Bref, voici les grandes lignes des différences majeures que j’ai noté avec notre mère patrie.

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Voici les autres participantes au thème du mois : 

 

#HistoiresExpatriées : Les relations sociales

Chaque pays, chaque culture a son mode de fonctionnement dans la société. Comme vous vous en doutez au Japon les relations sociales sont différentes de celles en France. Ici elles sont très codifiées et hiérarchisées, mais pas de la même façon que « hiérarchique » signifie pour nous Français. De plus, la notion de collectivité étant importante ici, on essaye d’éviter tout conflit au sein du groupe et d’heurter son interlocuteur, en ne donnant pas trop son opinion, notamment quand on n’en est pas au stade de très bons amis (là aussi je me cale sur mon expérience). 

Commençons par un peu de général, en société et dans le monde du travail.

Au Japon, il existe le terme de « Senpai » et de « kohai« . « Senpai » désigne une personne qui a plus d’ancienneté que nous qui est dans le même établissement scolaire, le même club de sport ou dans la même entreprise. Tel un tuteur, le rôle du senpai est de transmettre son savoir, d’aider et de conseiller. Kohai à l’inverse désigne une personne qui a moins ancienneté de nous. La relation senpai – kohai est très ancrée et partage un respect mutuel. Ici l’âge n’entre pas en compte, c’est le degré d’expérience et surtout d’ancienneté qui compte. C’est clairement le jeu de celui qui était là le premier comme le représente si bien le premier idéogramme de senpai 先輩 et de kohai 後輩. 

En France nous sommes tactiles pour se saluer, on se serre la main, se fait la bise, se prend dans les bras. Au Japon, rien de tout ça, on s’incline ou on fait juste un signe de tête. Concernant l’inclinaison, son angle et sa durée varie selon le contexte et le type de relation. Même dans ma belle-famille il y a peu de contact physique, et s’il y en a, ils sont parfois maladroit. Je le vois aussi entre mes beaux-parents et mon fils, il reçoit très peu de câlins alors que lui adore ça et veut toujours en faire, ainsi que des bisous, à ses deux cousines qui ont le même âge que lui.

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Passons aux amitiés.

Avant de venir au Japon, je m’étais déjà fait des amies japonaises à l’université. Elles étaient venues pendant un an en échange universitaire. Baignant tout récemment dans la sphère japon, je ne me posais pas de questions sur ma façon d’interagir avec elles pour communiquer, devenir amie, etc. Je n’avais pas de mode d’emploi « Comment devenir amie avec des Japonaises », non, Française ou Japonaise, je ne faisais pas de différence. Je m’entendais bien avec 3-4 Japonaises, on habitait dans la même résidence universitaire, on sortait souvent et déjeunait souvent ensemble, on s’aidait mutuellement en français et en japonais, etc, mais je sentais que tout était que surface. Lors de mes deux premiers séjours au Japon, mon mari était encore étudiant à Tokyo et donc je me suis mise à fréquenter ses ami/es de son club d’activité qui était sur la culture européenne. Bien que je parlais peu japonais j’arrivais à communiquer et j’avais surtout sympathisé avec trois filles du groupe. Avouons-le, le fait que mon mari m’intègre dans ce groupe d’amis avait grandement facilité les choses.

Puis je suis revenue au Japon avec mon visa Working-Holiday, mon mari ayant obtenu son diplôme et étant devenu salarié, nous nous sommes installés dans notre ville actuelle près de Kobe. Et la, je me suis senti extrêmement seule. Je ne travaillais pas, j’étais seule tous les jours et étant timide (du moins au début et avec le temps ça va mieux), je ne savais pas comment faire pour simplement rencontrer des gens. Les codes étant si différents, je ne savais pas comment leur parler ni créer un lien avec eux et surtout j’avais le sentiment de ne pas pouvoir être moi-même. Heureusement j’avais une amie japonaise de ma fac qui habitait à Osaka et que je voyais de temps en temps avant qu’elle ne déménage à Tokyo, mais sinon calme plat. Quand j’ai commencé à travailler au resto français, je suis devenue amie avec des collègues français. Via le blog j’ai aussi pu rencontrer d’autres Françaises avec qui je suis toujours amies actuellement, plus tard c’est via Twitter et Instagram que j’ai aussi pu rencontrer d’autres Français/es. Le bon coté des réseaux sociaux !

En 7 ans ici, je me suis faite beaucoup d ami/es français/es, mais peu d’amies japonaises. Mes principales amies japonaises sont francophones, je les vois régulièrement, elles sont bilingues et ont déjà vécu en France. Ça s’est fait tout seul avec elles, pas besoin de codes à respecter. Depuis que je suis maman, ce fut une autre affaire car je n’arrivais pas à discuter avec les autres mamans, les enfants étaient au centre de tout, je ne sentais pas de feeling particulier puis comme je l’avais déjà mentionné une fois, le tatemae, le paraître, le fait de faire bonne figure reste important. J’ai fini par sympathiser avec deux Japonaises du quartier, elles ne connaissent rien à la France et ne parlent pas un mot de français. Sentant le courant passer avec elles des le début j’ai essayé de garder contact et nous sommes finalement devenues amies et sortons souvent, que ce soit avec ou sans nos enfants. Cependant je sens encore que c’est une relation délicate, car on ne parle pas de tout, si je raconte quelque chose de personnel, il n’y aura pas de retour. Elles furent mes premières mama-tomo, littéralement « amie maman ». Terme que je n’emploie pas avec mes amies françaises qui sont mamans car tout simplement en France on se définie par soi et non par son statut social comme le font les Japonais, ici, quand on devient mère, on n’est plus que ça aux yeux de la société.

A la maternelle, je n’ai pas de mama-tomo, on se salue quand on se voit, on échange quelques mots bateau, le temps, les enfants, les activités de la maternelle et voilà, ça reste une relation de bonne entente. Je ne sais pas trop de quoi parler avec elles. En début d’année, la maîtresse avait fait un tour de parole pour que nous nous présentions en parlant de nos passe-temps. J’ai été choquée d’apprendre que plus de la moitié n’en avait pas et que leur vie ne tournait qu’autour de leurs enfants. Quand je pense à tout ce que j’aime faire, je trouve ça si triste. Quand on devient mère il ne faut pas s’oublier, on reste une femme, un individu à par entière. C’est le genre de personne, qui, quand leurs enfants quitteront le nid, se retrouveront face au vide. Elles se rendront compte qu’elles se sont oubliées pendant des années, au point qu’elles ne savent pas quoi faire, au point qu’elles ne savent plus ce qu’elles aiment, qui elles sont, et qui probablement se remettront en question.

Maintenant je ne cherche plus à me faire de nouveaux amis. Mon cercle est fait et il me plait tel qu’il est, que ce soit pour celui en France ou celui ici.

Nouvel article des rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Le thème du mois est Les relations sociales et c’est Kenza du blog Cup of english tea en est la marraine. Bien sur, comme toujours, sans vouloir faire de généralités, je vais me baser sur ma propre expérience.

↓ Les autres participations de ce rendez-vous ↓

Ophélie,  Lucie et Clara en Angleterre *Amélie et Laura a Turin * Cécile fait le bilan après plusieurs expatriations * Ferdy au Canada * Angélique au  Sénégal * Mme Dree en Belgique * Barbara au Québec * Liz au Koweit * Alex entre le Portugal et l’Allemagne * Hilorico parle du Costa Rica * Marie entre l’Angleterre et l’Allemagne * Océane, au Québec * Myriam, en Allemagne * Kenza, au Canada * Perrine, au Canada * Patrick, en Slovénie * Maëva, en Espagne, en Angleterre puis aux Etats-Unis

#HistoiresExpatriées : Mon endroit préféré

Nous revoilà pour un nouveau rendez-vous #HistoiresExpatriées organisé par Lucie du blog  L’Occhio di Lucie. Le thème de septembre a été choisi par Sophie du blog Au sud du pole Nord.

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Voyant la thématique de ce mois-ci je n’ai pas eu besoin de réfléchir très longtemps, c’était une évidence. Ceux qui me connaissent et me suivent depuis un moment ne seront d’ailleurs pas surpris du lieu que j’ai choisi. En effet, la grande amoureuse de Kobe que je suis, a son endroit favori dans la ville même, puisqu’il s’agit du port.

Ce port surveillé par sa dame écarlate. Ce port marqué au fer par Mère Nature. Ce port qui, bien qu’attaché à son histoire, ne cesse pourtant de se mouvoir et de s’adapter à son temps. Ce port, symbole de Kobe, c’est mon havre de paix.

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Le bruit de la mer, son odeur, le vent qui me caresse le visage, des détails qui m’apaisent. Loin des buildings, je respire, je rêvasse face à cette étendue bleue qui absorbe mes pensées. Coupée du monde, le temps d’un instant, mon cerveau est sur pause. Le temps se gèle et je me retrouve en tête à tête avec la mer. Ce port, une ouverture vers l’avenir. L’horizon, une invitation au voyage, à l’aventure ! 

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En 7 ans, le Meriken Park a bien changé. Son navire, qui trônait au milieu de la place, a été remplacé par un café Starbucks, comme si il n’y en avaient pas déjà assez. La structure BeKobe a fait son apparition, devenant le nouveau coin photo. 

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A l’entrée du parc se trouve un restaurant que j’aime beaucoup, The fish in the forest, faisant référence à ce poisson grand d’acier qui se dresse à leur cote alors qu’à l’intérieur c’est entouré d’arbres que nous prenons notre repas. De ce fait, on se trouve à contempler la mer depuis la jungle. Une chouette ambiance et un joli contraste que j’affectionne beaucoup.

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Cette vue du port est la plus connue et bien son meilleur profil. Il suffit de faire le tour des docks pour l’avoir sous les yeux. Un coin plus calme, plus intimiste en tant normal, mais noir de monde lors du hanabi, le grand feu d’artifice de la ville, qui illumine la nuit. 

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Voici d’autres blogs qui participent à ces rendez-vous mensuels :