Kobe PR Ambassador

J’ai le plaisir et l’honneur de vous annoncer que j’ai été sélectionnée pour être ambassadrice de la ville de Kobe pendant une année !

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Kobe PR Ambassador est un organisme qui a vu le jour en 2017. Chaque année, il recrute 25 étrangers passionnés par leur ville d’accueil qui y habitent, y étudient ou y travaillent afin que ceux-ci la promeuvent via les réseaux sociaux. Leur but étant d’attirer plus de touristes étrangers, l’anglais prime ! Tout au long de l’année, Kobe PR organise des sorties et fait participer ses représentants à divers événements dans la ville maritime, que ce soient des lieux connus ou non, le tout est de faire davantage découvrir Kobe, notamment ce qui se fait au niveau local et d’en parler sur les réseaux sociaux.

Je l’ai déjà dit, mais j’aime Kobe. C’est une ville que j’aime énormément et qui m’a beaucoup apporté. Il y a une grande richesse et diversité culturelle qui fait qu’on se sent chez soi. Depuis plusieurs années maintenant, j’arpente ses rues pour découvrir et mieux connaitre la ville. Au bout de 7 ans je la connais quasi comme ma poche et via mon blog et instagram j’essaye aussi de montrer que Kobe ne se limite pas à son centre Sannomiya, le sanctuaire Ikuta, son quartier chinois et à son port. Au contraire, il y a beaucoup de choses à y faire et à voir, il faut juste savoir où aller. Quand j’ai découvert Kobe PR Ambassador, je me suis dit que c’était quelque chose pour moi car nous avions le même but et que devenir ambassadrice me permettrait également d’en apprendre davantage, que ce soit sur son histoire, sur la culture ou sur ses endroits à visiter.

L’année dernière je n’avais pas osé postuler parce que j’étais gênée par mon accent anglais très franchouillard. Puis 2019 arriva et j’ai finalement sauté le pas. J’ai envoyé ma candidature, passé l’entretien en anglais et aujourd’hui j’ai eu la cérémonie officielle à la mairie de Kobe en présence du maire et des autres ambassadeurs et ambassadrices. Après avoir fait connaissance, nous avons eu la cérémonie où le maire nous a remis en main propre notre certification d’ambassadeur, ensuite nous avons dû faire un petit speech chacun notre tour. Il en va de soi que devoir parler dans une langue étrangère devant une trentaine de personnes tout en étant filmés et avec une bonne dose de stress, ce ne fut pas une tâche facile. J’aurai été plus à l’aise de parler en japonais ! Cette année nous sommes 33 amoureux de Kobe venant de 16 pays différents et je peux dire en parlant au nom de tous, que nous ferons de notre mieux pour promouvoir Kobe en montrant que c’est une ville extra et riche culturellement qui mérite vraiment d’être visitée au moins une fois ! 

 

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Sakura, les fleurs de cerisiers crue 2019

Le printemps est arrivé. Les fleurs de cerisiers fleurissent petit à petit sur l’archipel. Les villes et les parcs se parent de touches de couleurs blanches et rosées. Comme chaque année, c’est avec impatience que les Japonais guettent la pleine floraison de ce symbole national afin de venir les contempler.

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Ainsi c’est au moment de leur apogée, qu’armés de leur appareil photo ses adorateurs viennent immortaliser leur beauté. Les Japonais ont une grande affection pour les sakura. Un symbole de renouveau, mais aussi et surtout de beauté éphémère, rappelant notre vie de mortel dont le destin est de tomber pour retourner à la terre.

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Dans les parcs, en pleine rue, pres des rivières ou en montagnes, tant de possibilités et de paysages à observer. Quand les cerisiers sont en fleur, tout est sublimé, leur présence suffit à nous émerveillés.

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Sakura, petites fleurs, aux pétales délicates et fragiles dont la vie ne tient qu’à un fil. L’union fait la force, ensemble elles nous en mettent plein les yeux et semblent invincibles. Cependant, un coup de vent suffit à les faire tomber en disgrâce. Elles s’envolent, tourbillonnent, dansent au gré du vent avant de connaitre une chute fatale. Quand leur heure est venue, elles tapissent nos rues, ou voguent sur les cours d’eau pour un dernier voyage.

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Ainsi, de part cet attachement aux fleurs de cerisiers, il existe de nombreuses chansons à leur sujet. En voici quelques-unes, probablement les plus connues. Est-ce que les connaissiez deja ou en connaissez-vous d’autres ?

SakuraIkimonogakari  🌸 さくら・いきもの がかり

Sakura – Naotaro Moriyama 🌸 桜・森山直太朗

Sakura – Kobukuro 🌸 桜・コブクロ

#Histoires Expatriées : Mon intégration au Japon

Nouveau rendez-vous #HistoiresExpatriées, cette fois-ci c’est moi qui suis la marraine et j’ai choisi comme thème l’intégration. Selon le pays d’accueil et le niveau de différence culturelle avec notre terre natale, il nous sera soit facile de s’intégrer soit au contraire, difficile, bien que je pense que dans les deux cas, il peut y avoir des hauts et des bas. Je pense aussi que l’intégration, qu’elle soit bonne ou mauvaise, dépend également de son environnement. C’est pour cela que je me suis dis que cela serait intéressant de partager notre vécu avec les autres participant/es expatrié/es aux quatre coins du monde.

C’est toujours délicat de parler d’intégration, mais il faut se rappeler que chaque personne, de part sa personnalité et son vécu le vit différemment. De manière générale, je trouve que mon intégration s’est bien passée et je pense que cela est du au fait que j’étais bien entourée des le début. Cependant j’avoue que je reste assez partagée sur le sujet car il y a des moments ou oui je me sens plus ou moins intégrée et d’autres pas du tout.

Etre bien entourée

C’est bizarre à dire, mais quand je suis venue au Japon la première fois en 2009, je ne me sentais pas spécialement étrangère. Peu être parce que regarder des dramas et fréquenter des Japonaises à la fac, entendre du japonais m’avaient deja un peu familiariser avec cette culture, ou peu être tout simplement parce que mon mari m’avait prise sous son aile. A mes débuts, je ne faisais pas encore attention à tout ce qui m’entourait, notamment aux gens et aussi à l’époque je ne parlais pas encore bien japonais.

Par exemple, durant mes deux séjours précédents mon année working holidays, je traînais à l’université de mon mari avec ses ami/es qui m’ont de suite mis à l’aise et il y en avec qui je suis toujours en contact aujourd’hui. Puis du coté de ma belle-famille, des le début de notre relation (l’année prochaine ça fera 10 ans), ils m’ont accueilli à bras ouvert (au sens figuré, bien sur) et n’ont jamais été hostiles au fait que leur fils sorte avec une étrangère. J’ai de la chance que mes beaux-parents aient beaucoup voyagé et soient ouvert d’esprit, même si pour mon beau-père, c’est et ça restera, nihon ichiban.

L’importance de la langue

Pour vivre à l’étranger, notamment sur du long terme, il est nécessaire de faire des efforts, même si tout ne nous plait pas dans la culture ou la mentalité du pays. C’est pourquoi il est essentiel de parler la langue. Je pense que parler japonais et m’intéresser à la culture m’a permis de mieux m’intégrer, de mieux comprendre et accepter ce nouvel univers qui m’entourait. J’ai commencé à apprendre le japonais en France, j’ai continué en autodidacte au Japon et une fois mon visa Vacances-Travail terminé, j’ai arrêté d’étudier. Cependant dans la vie quotidienne, je continue d’entendre de nouveaux mots chaque jour. Au final, je ne cesse jamais d’apprendre. Parler la langue du pays c’est se rapprocher des locaux. Si je ne parlerai pas japonais je ne pense pas que je serai là ou je suis actuellement, rien que de penser à la maternelle, je me demande comment je communiquerai avec la maîtresse et les autres mamans car aucunes ne parlent anglais.

Plus Japonaise que Française ?

Plusieurs Japonais m’ont dit que je faisais plus Japonaise que les Japonais parce que j’aime les sushi, les umeboshi, j’aime collectionner les tampons des temples, j’aime porter des kimono et parce que j’ai plus visité le Japon que certains Japonais. Quand je dis que je bois rarement du vin ou mange peu de fromage, ils me disent que je ne suis pas Française. Que répondre à ça ? Si un étranger aime le vin, le fromage, le pain, les escargots, porte un béret et a plus visité la France que moi, cela ne me viendrait jamais en tête de lui dire qu’il est plus Français que les Français. Tout ça c’est juste une question de goûts, d’aimer ou de ne pas aimer quelque chose, mais cela ne se limite pas aux prétendues caractéristiques d’une nationalité.

Éternelle touriste ?

Sans vouloir paraître prétentieuse ou je ne sais quoi, personnellement, je n’aime pas trop être prise pour une touriste (je suis consciente qu’ils ne peuvent pas le deviner au premier coup d’œil), même si parfois j’avoue utiliser ce joker. De ce fait, je me suis déjà demandée si par hasard, ce sentiment signifiait justement que j’étais bien intégrée. Qu’en pensez-vous ? En France on a l’habitude d’avoir un tel melting pot dans la société qu’on ne se soucis pas de savoir si la personne en face de nous est d’ici ou non.

Petite anecdote qui s’est passée le mois dernier à Kyoto. Mes amies et moi portions des kimono et nous sommes allées déjeuner dans un petit restaurant. Dehors, nous regardons le menu sur le panneau puis nous entrons. Dedans, le gérant qui était seul à travailler a surement du paniquer en voyant 5 étrangères débarquer, et il nous a donné un menu en anglais avec écrit en gros « tourist menu ». Etant toutes résidentes au Japon depuis plusieurs années nous avons été surprises, mais nous avons commandé en japonais. Après avoir payer l’addition nous sommes sorties en nous disant que finalement c’était un peu cher et jetant un dernier coup d’œil au menu en japonais de dehors, nous remarquons que sur celui-ci, les prix étaient plus bas que ceux du fameux « tourist menu ». Eh oui on s’était fait arnaquer que quelques yens, ce qui nous a déçu, non pas pour les sous, mais pour le fait de profiter des touristes en les faisant payer plus cher que les Japonais. Je me demande si beaucoup de restaurants sont partisans de cette pratique.

Quand je discute avec les Japonais, que la discussion vient de leur part ou de la mienne, au fil de la discussion ils voient que je parle japonais et finissent toujours pas demander si j’habite au Japon et depuis combien de temps. Ainsi on peut aborder des sujets et parler de plus de choses. C’est souvent très agréable et intéressant comme la fois ou une dame qui vendaient de magnifiques pinceaux vint me parler pour m’expliquer avec quelques mots d’anglais comment ils étaient fabriquées et de suite s’embarqua dans de plus amples explications quand elle comprit que je maîtrisais le japonais. Ou ce monsieur dans un temple qui pris plaisir à nous parler de l’histoire de son temple en faisant une petite visite guidée.

Bête de foire ?

Je ne sais pas pourquoi, mais quand je sors dehors je ne me sens pas différente, c’est comme si je ne la voyais pas cette différence physique, une question d’habitude surement. Cependant, certains comportements ont tendance à me rappeler qu’effectivement je suis différente et pas d’ici. La brune au long nez et aux grands yeux que je suis ne passe pas inaperçu dans les rues japonaises. Parfois on me regarde, on me fixe, se retourne sur mon passage, on observe l’étrangère. Au début c’est gênant, puis avec le temps on n’y prête plus trop attention même si parfois certains regard peuvent être vraiment insistants et malaisants. Une fois j’avais été au zoo avec mon fils, il y avaient plusieurs classes de primaires en sorties scolaire, quand je suis passée à cote d’eux, les enfants ne m’ont pas lâché du regard. J’avais l’impression d’être un spécimen inconnu et de faire limite partie du zoo. Les petits on peut facilement les pardonner car c’est surtout de la curiosité, mais les adultes c’est autre chose. Je crois que c’est surtout ce genre de regards qui me sort de ma bulle et me rappelle à l’ordre.

Côtoyer des compatriotes empêchent-ils le fait de s’intégrer ?

Je me souviens que des amies qui étaient venus en échange universitaire au Japon disaient surtout fréquenter les étudiants étrangers et que par conséquent elles parlaient plus anglais que japonais. Je pense que quand on vient vivre à l’étranger sur du long terme, qu’il faut trouver un juste milieu. Pour ma part, comme je le mentionnais dans le précédent rdv ici, j’ai plus d’ami/es Français/es que Japonais/es, mais je ne trouve pas que cela m’empêche de m’intégrer. Loin de mes proches, de mes racines, côtoyer des Français est nécessaire pour moi, pour tenir le coup car on se comprend, on peut être nous-même et partager des choses que je ne pourrais pas partager avec des Japonais.

Au final, vivre à l’étranger ça a du charme, mais ce n’est pas de tout repos, cela demande des efforts et des concessions. J’ai peu être l’air intégrée, mais je ne le suis pas entièrement et je ne le serai jamais, que se soit pour moi ou aux yeux des Japonais.

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Les autres participant/es du RDV

Barbara au Costa Rica > Hilorico

Sophie en Islande > Du sud au pole nord

Fredy au Canada > Fredy pain d’epice

Elizabeth au Koweit > Liz in Koweit

Lucie en Italie > occhio di lucie

Pauline en Coree > étoile verte 

Angélique au Sénégal > FoguEscales

Juliette en Hongrie et en Finlande > essence nordique 

Cécile au Canada > Analepses vagabondes 

Kelly au Canada > Lily’s road 

Construire sa vie au Japon : l’histoire d’Eva | Interview d’Expat #5

J’ai eu le plaisir de répondre aux questions de Lilly pour son projet d’interviews d’expat’, n’hésitez pas à y jeter un oeil ! 😉

THE FRENCH HAT

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Bonjour Eva ! Alors toi tu es expatriée depuis longtemps n’est-ce-pas ?

Oui, ça fait déjà 7 ans que je vis au Japon, depuis mai 2011 ! J’habite maintenant à Kobe (神戸市), capitale de la préfecture de Hyōgo.

Peux-tu m’en dire un peu plus sur toi et la raison de ton expatriation ?

Je suis partie par amour : j’ai juste suivi celui qui est devenu mon mari pour rester avec lui. Nous sommes depuis devenus parents. Mon mari voulait rester habiter près de sa famille car il bosse dans la boîte familiale.

Quel a été le point de non-retour ?

Quand mon mari m’a fait sa demande en mariage vers le milieu de mon visa Vacances-Travail.

Waouh ! Et qu’as-tu ressenti à ce moment, sachant que tu ferais ta vie au Japon ?

Un mélange d’excitation et d’appréhension !

Où as-tu trouvé le plus d’infos et les meilleures infos…

Voir l’article original 745 mots de plus

L’été japonais

L’été japonais, c’est l’enfer sur terre. La chaleur, une horreur. Son alliée, l’humidité, amplifie ce calvaire. Elle m’étouffe. Elle m’écrase. Le chant des cigales rythme ces journées sous le cagnard. Tel un vampire, je crains le jour et fuis le regard assassin du soleil. Chaque sortie est un supplice, ses rayons me fouettent, sa lumière m’aveugle, son regard me brûle et marque ma peau. Je suis à sa merci. Mon esprit n’est que souffrance. Telle une glace, je fonds. Des gouttes ruissellent constamment le long de mon corps. A chaque pas je me liquéfie d’avantage. Je meurs à petit feu. L’été japonais, je le hais, je le maudis.

La nuit, je revis. La nuit, c’est mon amie. Je l’aime, je la chérie et la remercie du peu de fraîcheur qu’elle apporte. Une fois les assaillants au repos, je prends plaisir à sortir de mon terrier. J’aime sentir le vent du soir me caresser le visage et apprécier la bienveillance de la lune. Libre de mes pensées, j’oublie ma douleur et je m’éternise sous sa lueur. Les festivals nocturnes redonnent le sourire et chantent sous les étoiles. La nuit panse les maux et apaise les cœurs. 

Ce qui me manque de la France

  • Ses paysages et ses grands espaces. Lorsque l’avion survolait Amsterdam, la France et la Suisse, c’est bien ce premier détail qui m’a frappé. L’espace, les vignes, les patchwork de beiges et de verts à perte de vue m’ont hypnotisés. Des paysages oubliés, nostalgiques. C’était juste magnifique à contempler. Les sentiments d’oppression et d’étouffement m’ont de suite quittés. L’architecture me manque aussi, je la préfère à l’urbanisme japonais. Le Japon a certes de beaux paysages, mais on en a aussi de tres beaux en France et en Europe.

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  • Les conversations anodines avec une vendeuse / une serveuse. Au Japon, le service est nickel, le client n’est pas roi, mais Dieu, ainsi rien a dire de ce cote là. Par contre, lors d’échanges j’ai toujours eu l’impression qu’il manquait quelque chose. Le contact. Ici, en caisse, tels des robots et ils font les gestes qu’ils ont à faire et répètent leurs tirades, on ne ressent rien de naturel. Alors qu’en France, c’est agréable d’échanger quelques mots avec la caissière, la serveuse ou la boulangère sur divers sujets du quotidien même si ce n’est pas avec tous le monde. 

 

  • L’accessibilité de la langue. Je n’aime pas dire que je parle couramment japonais car je sais que j’ai encore des lacunes cote grammaire et vocabulaires spécifiques, mais je le maîtrise suffisamment bien pour ne pas être handicapée dans ma vie quotidienne. Néanmoins il faut avouer que ça fait du bien d’être entourée de sa langue maternelle, écrite ou orale. Ne pas se poser de questions, s’exprimer spontanément, ne pas avoir à penser à comment tourner telle ou telle phrase en fonction de la personne. Ça m’a fait comme un poids en moins, je me sentais moi-même, libre de dire ce que je veux comme je le veux sans avoir peur que mon interlocuteur puisse mal l’interpréter.

 

  • Le son du clocher des églises. Ça peut paraître bête, mais avant ce retour-ci en France je n’avais pas remarqué que ce son était absent de mon quotidien japonais. Mon fils a d’ailleurs eu un coup de cœur pour les ding dong comme il dit. Peu importe le lieu, des qu’il étendait les cloches sonner il se figeait, écoutait attentivement et comptait le nombre de retentissements. Apercevoir un clocher au loin était une excuse pour se promener, une invitation à s’y rendre. Depuis notre retour, il réclame ses cloches, des qu’il aperçoit une tour « ressemblant » à un clocher, il dit « ding dong cassé » quand il remarque qu’aucun son ne s’en échappe.

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  • La nourriture. Ahhh le bon pain, la bonne charcuterie, les spécialités alsaciennes, quel plaisir pour mes papilles. J’avoue que même les grands rayons de yaourts et de fromages me font souvent de l’œil avec tous leurs choix alors que je n’ai jamais été tres laitage. A chaque retour en France je fais une liste de ce que je voudrais manger, mais comme la cuisine française est plus grasse que la cuisine japonaise, il vaut mieux y aller doucement sous peine que l’estomac ne supporte pas, je parle en connaissance de cause ! ^^’

 

  • Puis bien sur le plus important, ma famille et mes amies. Comme vous devez vous en douter, être loin de ses proches est bien le plus difficile à supporter pour les expatriés quoique certains le vivent mieux que d’autres. Pour ma part, ma famille et la vie française me manquent de plus en plus. Plus le temps passe et plus je voudrais vraiment rentrer vivre en France. Lors de mon séjour, je m’imaginais déjà avoir un petit appartement, mon fils en maternelle, passer enfin mon permis, chercher du boulot etc. Même s’il y a des choses qui me manqueront du Japon et des choses auxquelles j’aurais du mal à me réhabituer en France, je me sens prête à rentrer et à tout quitter. Bien sur les amies que je me suis fait ici me manqueront aussi. Cohabiter avec une culture et une mentalité si différentes de celles dans laquelles on a grandi c’est quand même pas facile. Au bout de 6 ans et demi sur le territoire nippon je ne m’y vois pas dans 10-20 ans… Mon mari ne souhaite vivre en France alors que je lui avais dit qu’un jour il se pourrait que je veuille rentrer. Ce n’est vraiment pas évident. A cheval sur deux pays, dans lesquels nous sommes à la fois chez nous et à la fois étrangers. C’est étrange. Au final auquel appartenons-nous vraiment ?

Mes 5 endroits préférés dans le Kansai

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Arashiyama, petit coin de nature campagnarde entouré de montagnes, pas de buildings à l’horizon, de quoi changer d’air. Depuis ma première visite, cet endroit fait parti de mes coups de cœur. J’y aime ses paysages, son ambiance, sa nature. Bien que se soit un site très touristique, il fait parti des rares endroits que je continue d’apprécier et où j’aime retourner malgré le monde. 

>> Article sur Arashiyama ici

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Nara est aussi très touristique, mais comme Arashiyama, j’aime y retourner et ne m’en lasse pas malgré le monde. Je suppose que c’est à cause de son ambiance et de ses cerfs-shika que cette ville trouve le moyen de me refaire tomber sous son charme à chaque visite et à me prendre au jeu du touriste. Puis avouons-le, ses temples sont superbes et c’est tellement fun de pouvoir approcher et nourrir certains cerfs-shika.

>> article sur Nara ici

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Le jardin botanique Kobe Nunobiki Herb Garden est aussi un endroit où j’aime me balader au vert. Peu importe la saison, le jardin est toujours magnifiquement fleuri. La vue sur la ville est superbe, que ce soit en la contemplant depuis la terrasse ou en faisant trempette dans un ashi-yu (onsen pour les pieds). C’est tres agréable de si promener parmi les centaines de fleurs qui nous entourent et nous embaument de leur doux parfum. Le coin pelouse est aussi idéale pour pique-niquer. C’est aussi un superbe endroit pour les jeunes enfants, ils peuvent courir librement, s’amuser en parcourant le jardin, pas besoin de s’inquiéter des voitures !

>> article sur Kobe Nunobiki Herbs Garden ici 

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Le jardin du temple Heian Jingu est aussi un de mes petits chouchou. C’est un jardin dans le style de l’ère Meiji qui est divisé en quatre parties dont chacune est orientée vers les un des quatre points cardinaux. Il est notamment connu pour ses magnifiques cerisiers pleureurs qui nous laissent sans voix devant leur beauté. C’est un bel endroit, parfait pour une balade et il y a également un coin pour faire une pause autour d’une tasse de thé. Ce jardin est beau peu importe la saison, même en hiver lorsqu’il revêt son manteau blanc. Mais attention, les cerisiers ne sont pas les seules stars du jardin, en effet au mois de mai c’est au tour des iris de pointer le bout de leur nez.

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Le port de Kobe. Près du port il y a un grand centre commerciale et des restaurants mais ce n’est pas pour ça que j’aime y aller. Le simple fait de m’asseoir au calme face à la mer et de contempler l’horizon me comble amplement. C’est à chaque fois un pur moment de détente où je me vide l’esprit.

Le japonais et moi

 

J’ai étudié le japonais en option à l’université de Strasbourg pendant deux ans alors que ma spécialité était LLCE Espagnol (Langue Littéraire Culturelle et Étrangère). J’allais également au cours de grammaire des spécialistes japonais, cours que j’avais pu aussi prendre en option. De toutes les langues que j’ai étudié, l’anglais, l’espagnol, le portugais, c’était la première fois que j’étais aussi passionnée par une langue étrangère et que je l’étudiais quotidienne à la maison avec plaisir. Les kanji, leur histoire, leurs significations, leur combinaisons, en calligraphie on peut même deviner l’humeur de la personne selon son tracet ! Fascinant ! Ahlala j’en ai fais des lignes pour retenir l’écriture de certains, mais maintenant avec l’ordinateur et le portable, je n’écris plus trop le japonais à la main et par conséquent j’oublie l’écriture de beaucoup d’en eux alors que je les visualise parfaitement… Lors de mon inscription à l’université j’avais beaucoup hésité entre faire LLCE Espagnol ou LLCE japonais, mais j’avais peur qu’en étant obligée de l’étudier sans relâche pour les cours, que ma passion ne s’essouffle, d’en faire une overdose, bref, d’en être dégoûtée. Chose qui arriva à certaines amies. Sur le campus je faisais des tandems avec quelques Japonaises afin de pouvoir pratiquer la langue et en retour les aider en français. C’était vraiment très enrichissant car comme dans toutes les langues, ce n’est pas en cours qu’on apprend le parler de la vie, mais avec les gens ! Je regardais aussi beaucoup de dramas ce qui était très pratique pour améliorer ma compréhension orale, mais depuis que je suis au Japon je n’en regarde plus du tout.

En première année de fac, j’ai rencontré mon mari, il parlait déjà bien français, du coup nous parlions principalement en français, mais nous nous aidions mutuellement pour que chacun progresse dans la langue de l’autre. En septembre 2010 je l’avais rejoins au Japon pour la deuxième fois et y étais restée trois mois. A l’époque il était encore étudiant, du coup quand il allait en cours, je restais à la bibliothèque pour étudier le japonais en autodidacte via le tome 2 du manuel Minna no nihongo car j’avais fini le tome 1 pendant mes deux années universitaire. Je crois que c’est pendant ces trois mois d’immersion que j’ai fais un bon en japonais car je l’étudiais quotidiennement, je l’entends à longueur de journée et je côtoyais les membres / amis du club ou était mon mari. 

Puis je suis retournée au Japon pour la troisième fois en mai 2011, mais cette fois-ci avec le visa Vacances-Travail. J’avais travaillé 10 mois dans un resto français à Kobe. Pendant cette période, j’avais aussi bien progressé en japonais notamment au niveau du keigo, le niveau tres poli en japonais. A coté, j’avais aussi révisé pendant trois mois pour passer l’examen du Nihongo Noryoku Shiken N3, mais malheureusement l’épreuve de grammaire eu raison de moi et me l’a fait rater. Depuis je n’ai plus touchée un manuel de japonais… j’apprends sur le tas, dans la vie de tous les jours. Depuis ma grossesse et que je suis devenue maman mon vocabulaire s’est aussi beaucoup enrichi, au début je n’hésitais pas à aller aux RDV avec mon petit calepin et mon dico pour noter les mots que je ne comprenais pas.^^

Un jour, alors que je donnais un cours de français dans un café, je me suis faite abordée par une Japonaise me parlant de son blog et de son projet de publier un magazine sur le Japon en français. C’est ainsi que j’ai fais mes premiers pas dans la traduction et que le premier numéro du magazine Panache fut publié (ici). Je traduisais des textes touristiques, de présentations de musées et de restaurants, des recettes. Traduire m’a permis d’enrichir non seulement mon vocabulaire, mais également mes connaissances sur la culture japonaise. J’ai vraiment énormément appris dans tous les sens du terme.

Depuis 2013 j’enseigne dans une association de Kobe et parfois on me demande des traductions. Etant maman d’un petit de 2 ans, c’est vraiment pratique pour moi de pouvoir travailler à la maison, d’ailleurs heureusement qu’il fait encore sa sieste de l’après-midi. J’aime traduire, certes ça prend du temps et parfois je galère sur certaines phrases ou expressions car le japonais et le français sont deux langues qui s’expriment vraiment différemment, mais j’apprends tellement via tous ces textes. Parmi tous les articles que j’ai traduis il y en avaient de très intéressants comme sur la fabrication des zabutons, des kimonos, des tatamis, etc. La dernière traduction que j’ai faite en octobre portait sur la fabrication du vin et du champagne français, de ce fait en plus d’élargir mon vocabulaire japonais, j’ai aussi appris le jargon viticole français ! J’avoue que des fois j’ai vraiment du mal avec certaines phrases, soit j’ai beau comprendre tous les mots, je ne capte pas le sens de la phrase, soit je comprends la phrase, mais j’ai du mal à la tourner en français. Parfois je doute même de mon français, il m’arrive de demander à des amies pour savoir si ça se dit ou pas lol! A la fin de certaines journée, il en résultent de belles migraines…

En tout cas la traduction est vraiment une belle expérience pour moi. Il y a 7 ans j’entrais à l’université dans le but de devenir interprète franco-espagnol et finalement me voila enseignante de FLE et traductrice franco-japonais. Ça me plait et j’aimerai vraiment avoir plus d’opportunités de ce coté-là et pourquoi pas devenir traductrice freelance. On verra bien ce l’avenir me réserve.

Ce que je n’aime pas au Japon

N’idéalisons pas le Japon, comme chaque pays, il n’est pas parfait et a des défauts ! 

  • L’été japonais. Je déteste l’été japonais, il fait lourd, trop chaud et trop humide. Imaginez avoir 40-45 degrés tous les jours pendant 2 mois, voire plus, avec une humidité d’environ 80 %, une horreur ! Même le soir les températures avoisines les 28 degrés. Chaque été c’est la même chose, je transpire tellement que j’ai l’impression d’être une glace qui fond au soleil, en gros de mourir. Pour moi, chaque automne est attendu avec impatience car je me sens revivre !
  • Les catastrophes naturelles. Entre les séismes, les typhons, les tsunamis et les volcans actifs, le Japon serait-il un pays maudit ?  Dans ma région, le Kansai il y a moins de séismes que dans le nord, en 5 ans je n’en ai ressenti que 4-5, j’oublierai presque le Japon est sujet aux séismes.
  • Le coût de la vie. Même si les salaires sont plus ou moins adaptés, la vie est chère au Japon. A bout de 5 ans je suis toujours autant choquée du prix des fruits et légumes, un melon coûte 10 euros, un camembert 6 euros, une tomate 1 euros, 400g de pomme de terre pour 3.90 ! On peut facilement manger au resto avec un menu à 10 euros, ça revient presque plus cher de cuisiner à la maison que de manger dehors.
  • Le système scolaire. Les frais de scolarité coûtent extrêmement cher, notamment à partir du lycée. De plus il n’y a pas de bourses et le système d’enseignement ne développe pas la réflexion personnelle, ils n’apprennent que du par cœur et ont des QCM comme examens, résultat les Japonais ne sont pas capables de débattre. Concernant ce dernier point, mon mari qui a étudié 4 années en France, est de mon avis. Je rajoute aussi, le bourrage de crane des enfants dès le primaire en plus des juku (cours du soir) et du surplus d’activités extra-scolaires. De la primaire à la fin du lycée ils passent leur temps à étudier, weekends et vacances inclus. Ma nièce et mon neveu, qui sont en primaire, ont 3 activités extra-scolaires par semaine, ça fait beaucoup je trouve. Puis parlons du système de rentrée scolaire. La rentrée japonaise est en avril, tous ceux qui seront nés dans l’année après avril devront attendre un an de plus pour faire leur rentrée. Par exemple, mon fils qui est né en Août 2014 aura 3 ans l’année prochaine, mais il devra attendre la rentrée d’avril 2018 pour entrer en maternelle alors qu’en France il pourrait commencer en septembre 2017, vous voyez? Il perd 9 mois, ce qui est énorme dans le développement d’un enfant de son age. Rien que pour ça, j’ai encore plus envie de rentrer en France, mais je sais que mon mari ne serait pas d’accord… Puis bien sur il y a aussi l’ijime.. mon fils étant métisse, j’ai vraiment peur qu’il en soit victime. J’aimerai bien qu’il fasse un sport de combat pour pouvoir s’affirmer et surtout se défendre si un jour certains se mettent en tête de lui chercher des noises.Si un jour cela devrait arriver, j’espère qu’il osera m’en parler !
  • Peu de vacances pour les employés. Non seulement ils passent plus de temps au boulot que chez eux, mais en plus ils n’ont même pas suffisamment de vacances pour se reposer ou profiter de ce qu’ils ont gagnés. Ils ont environ 5 jours en Mai, la fameuse Golden Week (c’est une succession de jours fériés) et une semaine voire dix jours pour le nouvel an, ça dépend des entreprises. Par chance, il y a pas mal de jours fériés, du coup ils peuvent parfois se permettent des weekends prolongés de 3-4 jours comme au mois d’août pendant Obon (la Toussaint), mais ça aussi cela dépend du genre de travail, si vous travaillez dans un magasin ou dans un restaurant, vous aurez vos congés en décalé.
  •  La culture de l’excuse. Les Japonais s’excusent pour n’importe quoi, sans même le penser. Je trouve cela exaspérant et stupide à la fois, comme si ça réglait tout. 
  • Le couple japonais. Au Japon, l’image archaïque du couple qui dit « l’homme au boulot et la femme à la maison » est encore très présente. En effet, après le mariage ou le premier enfant, beaucoup d’épouses deviennent femme au foyer à 100% et par conséquent totalement dépendantes financièrement de leur époux. De ce fait, beaucoup d’hommes pensent qu’ils n’ont pas besoin de participer à la maison, que chacun à son rôle et que cet « équilibre » est suffisant. Heureusement que certains sont des exceptions et participent à la maison et à l’éducation des enfants (mon mari fait parti de la première catégorie). Une chose qui me choque aussi c’est que les Japonaises choisissent d’épouser un homme selon le montant de son salaire, certaines sachant qu’elles se feront entretenir, cherchent plus un porte-feuille qu’un homme à aimer. Ici contrairement à chez nous, le sujet de l’argent n’est pas du tout tabou, ainsi à la TV lors de micro-trottoir les Japonaises n’hésitent pas dire combien elles souhaiteraient que leur époux gagne ! Le couple japonais fonctionne plus comme un contrat, chacun tient son rôle, ils font un enfant pour apporter leur « contribution » à la démographie nippone et en même temps vivent chacun de leur cote, comme des colocataires. Je trouve ça si triste. On me dit que c’est en tain de changer avec la nouvelle génération, j’espère que c’est vrai.  Il y a 6 ans à la fac, je me souviens de certaines qui disaient « ahh j’ai hâte de me marier pour ne pas avoir à travailler ». Je trouve cela également triste de n’aspirer à rien d’autre dans la vie que de rester à la maison à se faire entretenir pendant qu’on liquide le salaire du mari dans le shopping ou les voyages et resto entre copines (oui une chose qui risque de vous surprendre si vous venez, les cafés et les restaurant sont remplis de femmes qui déjeunent entre elles, en France je n’avais jamais vu ça). La majorité de mes élèves ont la cinquantaine, quand elles parlent de leur maris, elles disent qu’elles sont contentes qu’ils ne dînent pas à la maison, qu’ils sont comme des enfants et que c’est impensable de voyager avec lui, qu’entre copines c’est bien mieux.
  • Les nomikai entre collègues. Au Japon le boulot passe avant la famille. Après le travail les salaryman vont souvent au bar entre collègues voire avec des clients pour renforcer leur relation. En tant qu’épouse de salaryman, c’est une habitude japonaise que je n’aime pas. Quand c’est le client qui invite, ils ne peuvent pas refuser et je trouve que parfois c’est une excuse pour fréquenter certains genres de bars. Mais comme ils disent ici, c’est normal n’est-ce pas ! Mes beaux-frères doivent manger chez eux environ deux fois par semaine, je trouve ça triste, mais comme disent mes belles-sœurs, elles ont l’habitude maintenant. Contrairement à d’autres mon mari ne sort pas tous les soirs heureusement, ça ne me dérange pas qu’il aille à une nomikai par semaine du moment qu’il me prévienne à l’avance dans la journée, mais s’il me prévient vers 18h30-19h alors que j’ai déjà cuisiné, bah ça me fait chier. Je n’aime pas cuisiner à la base, du coup pour lui je fais des efforts et plein de petits plats d’accompagnements comme aiment les Japonais, mais s’il ne mange pas à la maison je fais quelque chose de simple et rapide. 
  • Le suremballage. Au Japon, ils sont si minutieux qu’ils emballent tout et surtout trop ! Trop de cartons, trop de plastique, ça me rend malade quand je vois ma poubelle de plastique pleine à la fin de chaque semaine. Dans les supermarchés, certains fruits / légumes sont aussi emballés alors qu’ils sont vendus à l’unité, ça part d’une bonne intention car c’est pour éviter qu’ils ne s’abîment mais bon, du coup c’est la planète qui en prend un coup. J’ai beau trier mes achats, difficile d’y échapper ici. Au moins je limite ma consommation de sachets plastiques, pour faire les courses je prends toujours mon gros caba et sinon j’ai toujours un petit sac de courses en tissu dans mon sac-à-main en cas de courses imprévues. Depuis l’année dernière les supermarchés ont rendu les sachets plastiques payants, soit 2¥ (0.018 euro). Quand on achète un cadeau on reçoit souvent deux fois le même sac pour offrir le cadeau dans le sac non utilisé. C’est aussi chiant, on s’encombre vite. En caisse, quand j’achète de petites choses, je dis souvent que je n’ai pas besoin de sachets, certaines caissières sont surprises d’autre semblent limite soulagées. Voici un exemple du suremballage au quotidien.