Kobe je t’aime

Kobe, ma ville d’accueil, ma ville de cœur. Lorsque nous nous sommes rencontrées pour la première fois il y a 7 ans, j’avoue que je ne t’ai pas aimé car tu ne faisais pas assez « japonaise » à mes yeux. Je t’ai jugé sans te connaitre alors que maintenant je t’apprécie justement pour ce détail qui fait tout ton charme. 

Moins d’un an plus tard, nous nous sommes retrouvées. Arpentant chaque rue, nous avons fait plus ample connaissance. Tu m’as donné mon premier boulot et ouvert tant de portes. Quand je vois des amies c’est toujours vers toi que je me tourne car tu es devenu mon terrain de jeu privilégié. J’aime déambuler dans tes moindres recoins, me perdre à travers tes montagnes et flâner au bord de ton eau bleu. Ton port, stigmatisé depuis 23 ans par l’un des plus gros séismes de l’archipel est d’ailleurs mon endroit favori pour m’évader, marqué par l’Histoire et ouvert vers l’avenir. Forte, tu as su te relever et renaître de tes cendres pour être à présent encore plus belle que par le passé.

Kobe, je t’aime. 

 

 

 

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L’été japonais

L’été japonais, c’est l’enfer sur terre. La chaleur, une horreur. Son alliée, l’humidité, amplifie ce calvaire. Elle m’étouffe. Elle m’écrase. Le chant des cigales rythme ces journées sous le cagnard. Tel un vampire, je crains le jour et fuis le regard assassin du soleil. Chaque sortie est un supplice, ses rayons me fouettent, sa lumière m’aveugle, son regard me brûle et marque ma peau. Je suis à sa merci. Mon esprit n’est que souffrance. Telle une glace, je fonds. Des gouttes ruissellent constamment le long de mon corps. A chaque pas je me liquéfie d’avantage. Je meurs à petit feu. L’été japonais, je le hais, je le maudis.

La nuit, je revis. La nuit, c’est mon amie. Je l’aime, je la chérie et la remercie du peu de fraîcheur qu’elle apporte. Une fois les assaillants au repos, je prends plaisir à sortir de mon terrier. J’aime sentir le vent du soir me caresser le visage et apprécier la bienveillance de la lune. Libre de mes pensées, j’oublie ma douleur et je m’éternise sous sa lueur. Les festivals nocturnes redonnent le sourire et chantent sous les étoiles. La nuit panse les maux et apaise les cœurs.