Témoignage : La maternelle au Japon, ses différences avec la France

Ça y est, l’année scolaire a pris fin au Japon. Déjà un an est passé et c’est l’occasion de faire le point sur nos premiers pas, pour mon fils et moi, dans le système scolaire japonais. Ainsi dans cet article je vais vous parler des différences que j’ai pu noter avec la maternelle française. Cependant, je précise que je vais me baser sur mon expérience, c’est-à-dire l’école de mon fils car je sais que certains détails varient selon les établissements scolaires. Puis pour comparer avec le système français, je vais me baser sur mes souvenirs et sur ce que m’a dit mon entourage français, même si là aussi je suppose que certains détails varient selon les maternelles. En commentaires, je serai ravie que vous partagiez vos expériences pour savoir comment cela se passe ailleurs.

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Le rythme scolaire

Je l’ai déjà dis dans mes précédents articles sur la maternelle, mais contrairement à chez nous ou l’année scolaire démarre en septembre pour se terminer en juin, au Japon elle commence en avril et finit en mars. Ainsi mon fils, qui est né en août 2014, a fait sa rentrée en avril 2018 alors qu’en France il l’aurait faite en septembre 2017.

Du coté des journées, les enfants ont classe de 9h à 14h, sauf le mercredi car ils finissent à midi, mais il est possible, via réservation, de mettre son enfant en garderie jusqu’à maximum 18h. On peut aussi leur mettre des cours extra-scolaire comme football, piscine, anglais ou piano, il s’agit de professeurs de clubs ou d’autres écoles qui viennent à la maternelle.
Concernant mon fils, il restait deux jours par semaine jusqu’à 17h et une fois par semaine il avait aussi piscine en fin d’après-midi.

 

Les affaires de classe

Une des choses qui m’a beaucoup étonnée c’est les affaires de classe. Tout d’abord, sachez que dans la maternelle de mon fils il n’y a pas d’uniformes, mais ils ont un sac à dos et un chapeau à l’effigie de l’école et pour le cours de sport ils sont une tenue spéciale qu’ils portent également lors des sorties scolaires.
Pour ce qui est des affaires du quotidien à mettre dans leur sac le matin, nous avons une tasse, une serviette pour s’essuyer les mains, une serviette de table pour le déjeuner, leurs couverts, leur thermos, un paquet de mouchoir, leur badge avec leur nom et un grand sac en tissu pour ramener livres et travaux.
Pour ce qui est des affaires de classe, elles sont fournies par l’école et payées par les parents. Alors nous avons, des crayons pastels, une paire de ciseaux, une boite de pâte à modeler, un sous-main, un cahier de dessin, un sac avec des affaires de rechange, une blouse, un chapeau pour jouer dans la cours et une paire de chaussons. Puis ils ont aussi un zabuton (coussin pour s’asseoir parterre) qui en fait sert aussi de « chapeau » que les enfants mettent sur leur tête pour se protéger en cas d’incendie ou de séisme.  
Qu’en est-t-il des affaires de classe en France ? Doit-on en apporter autant ?

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Puis le fameux zabuton, ce coussin qui s’ouvre exprès pour protéger la tête des enfants en cas de besoin. Il y a aussi l’emplacement pour écrire les coordonnées de l’enfant et des parents. Pour ceux qui ont vu Le tombeau des lucioles, c’est ce que porte la petite Setsuko. (merci au model !)

 

La cantine

Vous savez que le Japon a cette culture du bento et il en va de soit dans les établissements scolaires. Personnellement, je n’aime pas devoir en préparer et j’avoue que je n’avez pas envie de devoir en faire tous les jours, c’est pourquoi j’ai choisi la seule maternelle de mon quartier qui a une cantine. Les enfants mangent à la cantine, trois fois par semaine, car le mercredi ils n’ont classe que le matin et le vendredi est le « bento no hi », le jour du bento. Certes je n’y aurai quand même pas échappé, mais une fois par semaine, ça ne me dérange pas. Si le mercredi on désire que notre enfant reste à l’école l’après-midi il faudra cependant apporter son bento. De plus ici pas de bâtiments dédiés à la restauration, les enfants déjeunent dans leur salle de classe. Les plateaux-repas sont livrés tous les jours en fin de matinée. En début d’année, les mamans avaient été invitées à une réunion ou le fournisseur des plats de la cantine était présent et nous avions pu goûter un bento type que les enfants mangent.
J’ai trouvé que c’était une bonne initiative, il nous a parlé de comment il se procure les aliments, leur technique de les cuire pour que cela plaise au palais des jeunes enfants et on aussi pu le questionner. En tant que parent j’ai trouvé ça rassurant d’en avoir un aperçu. 

 

Responsabilité

Je me souviens du hamster de ma maternelle qui changeait de classe chaque semaine pour qu’on s’en occupe, ici ils ont un cochon d’inde et chaque semaine ils changent aussi de classe. En dehors de ça, je trouve qu’ils essayent de pas mal responsabiliser les enfants et ce des la petite section. Par exemple au premier trimestre chaque élève avait son pot avec sa plante à faire pousser, ils les ont ramené à la maison au moment des grandes vacances. Chaque classe a aussi son potager et quand vient le moment de la récolte c’est ensemble qu’ils mangent le fruit de leur labeur, jusqu’à présent ils ont cultivé des tomates-cerises, des patates douces et des radis. Je trouve ça super qu’ils apprennent aux enfant à jardiner et de les intéresser à d’ou proviennent certains aliments de leur assiette. Chaque jour la maîtresse désigne les deux responsables de classe du jour, un garçon et une fille. Leur rôle est de l’aider à faire certaines taches comme en distribuer les affaires de leurs camarades, leurs travaux ou leur plateau repas etc, ils doivent aussi arroser la plante de la classe etc. Quand c’est le tour de mon fils, celui-ci est toujours tres content et fier de me l’annoncer !
Je trouve ça super de responsabiliser les enfants des le plus jeune age, après ils sont si fiers d’eux. A la maison mon fils participe déjà pas mal à la maison et il est toujours content et le premier à vouloir donner un coup de main. Je ne me souviens pas qu’enfant on avait autant de responsabilités à la maternelle. Qu’en est-il d’aujourd’hui ?

 

Photographes

La maternelle de mon fils, qui est catholique, fait beaucoup d’activités et de célébrations. Par exemple, chaque fin de mois ils font une birthday party pour les enfants qui sont nés durant le mois. Toute l’école se rassemble dans l’église du campus pour une petite messe, les stars du jour reçoivent leur cadeau personnalisé et après ils retournent tous dans leur classe respective pour déguster une petite part de gâteau. Cote fêtes, ils célèbrent aussi le kodomo no hi (le jour des enfants), le festival tanabata, la fête du sport, le Hina Matsuri , (la fête des petites filles), mais aussi Halloween et Noël. De ce fait pour chaque occasion il y a des photographes professionnels qui sont présent pour immortaliser ces moments auxquels les parents ne peuvent pas assister car ils ont lieu pendant les heures de classe  et pendant les sorties scolaires (sauf pour la fête du sport et le spectacle de noël ou les parents sont conviés). Ensuite les photos sont postées sur un site, chaque famille dispose d’un code, et on peut chercher les photos de classe ou juste de notre enfant pour les mettre en favori et éventuellement en commander.
Bien sur c’est un service payant, personnellement je commande toujours une ou deux photos par événement afin de lui composer un album photo spécial maternelle. Vu tout ce qu’ils font et à défaut de pouvoir voir tout ça ou d’être une petite sourie pour se faufiler, je trouve ça super qu’il y ait ce procédé et qu’on puisse avoir un aperçu. Cette façon de procéder semble être propre a notre maternelle, car comme je le disais en introduction ,toutes ne le font pas et c’est le cas de celles de certain/es ami/es de mon fils. 

 

Implication des parents

Autre grande surprise en découvrant le planning de l’année scolaire, c’est le nombre de fois ou les parents sont sollicités (je dis parent, mais en fait je parle surtout des mères hein). En effet, en plus des entretiens trimestriels avec la maîtresse et des réunions de parents trimestrielles, nous devions aussi venir aider pour certaines taches et nous avions beaucoup de Sankanbi, classes d’observation afin de voir comment les leçons se déroulent.

Tout d’abord par tache j’entends venir aider pour préparer la fête du sport ou pour désherber la pelouse de la cours ou faire un peu de ménage ou aider le jour de « cuisine » des enfants etc. C’est quand même particulier d’impliquer autant les mères dans la vie scolaire non ? Ça se voit qu’au Japon c’est normal et courant que beaucoup soient mère au foyer et que par conséquent, elles ont le temps de faire tout ça. Puis pour décider qui fait quoi, ça se fait via un tirage au sort. La responsable de classe est aussi choisie ainsi et apparemment c’est du boulot et fait par conséquent passer énormément de temps à l’école.
Pour ma part je suis tombée sur « aider à préparer l’undokai (la fête du sport) » donc le jour précédent les mamans qui avaient aussi tirer ça sont venues à la maternelle, puis par groupe nous avons du mettre en place les bancs, les affiches, les tentes dans la cours, etc, et vue qu’on était beaucoup ça n’a pris qu’une heure. Pour la fête de Tanabata en été nous avions aussi du nous réunir par classe pour préparer les cartes qui serviront aux enfants de faire le tour des stand de jeux en découpant, collant, coloriant etc.

Ensuite pour ce qui est des sankanbi, normalement il n’y en a qu’un dans l’année, mais chez nous nous en avons eu six ! L’anglais, le sport, la musique et le cours normal avec leur  maîtresse (un par trimestre pour celui-ci on voit l’évolution de l’enfant).
J’aimais bien les sankanbi car ça permettait de voir ce que les enfants faisaient et bien sur ils étaient toujours contents de nous voir, d’ailleurs ces jours-là aussi il y a avaient les photographes.

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Enfin voila, un petit aperçu de notre année. Je constate aussi que l’esprit de groupe est tres présent entre les mamans de chaque classe. En tout cas, mon fils allait à l’école avec le sourire et adorait sa maîtresse, c’est le plus important pour moi. Ce fut une bonne première expérience pour tous les deux et j’espère que cette deuxième année se passera tout aussi bien. 

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Témoignage : La rentrée en maternelle japonaise

Chaque pays, de part ses us et coutumes, a sa propre vision de l’éducation. De ce fait le système scolaire varie également d’un pays à l’autre. Par exemple, en France la rentrée a lieu en septembre, au Japon en avril, au Salvador en janvier, aux Etats-Unis fin août etc. Au Japon; la rentrée des classes est un évènement très important et est donc célébrée par une cérémonie solennelle, il en va de même à la fin d’un cursus scolaire. Quand les enfants commencent un cycle, première année de maternelle, de primaire, de collège etc, on  leur offre même de l’argent pour les féliciter. 

Ainsi, ce mois-ci mon petit bonhomme a fait ses débuts à la maternelle. Dans cet article, je vais vous raconter un peu comment s’est passée sa rentrée, car c’est très différent de chez nous. En France, dans mes souvenirs, mes premières rentrées en maternelle, primaire et collège s’étaient passées ainsi : les familles étaient dans la cours, les enseignants étaient alignés et appelaient les élèves de chaque classe pour qu’ils aillent se mettre en rang. Fin. Pas de cérémonie et tous le monde était habillé normalement. Or au pays du soleil levant, là aussi c’est très codifié.

C’est le jour-j, nous voilà en route pour nous rendre à la maternelle qui se trouve à même pas 10 min à pieds de chez nous. Sur le chemin nous croisons d’autres familles et, à voir le chapeau de leur enfant, ils se dirigent vers le même endroit que nous. Arrivés devant le portail de la maternelle, parents et enfants sont sur leur 31, les mères ont d’ailleurs toutes un collier de perles. Les familles font la queue pour être prises en photo à côté du nom de l’établissement. Des photographes errent dans toute l’enceinte de l’école et mitraillent  les familles présentes. Dans la grande cours, les classes sont affichées. Celles des petites sections portent toute un nom de fleurs et chacune a sa couleur. Bien que mon fils ne soit pas dans la même classe que sa cousine, il a la maîtresse qu’avait eu son cousin 3 ans plus tôt. Les familles se rassemblent dans les classes attribuées, la maîtresse se présente, fait l’appel et nous donne le carnet de liaison. Puis vient l’heure de se diriger vers la grande salle pour la cérémonie officielle de rentrée scolaire. Mères et enfants se donnent la main et entrent dans la salle par classe où des chaises vides les attendent. Le directeur se trouve sur l’estrade, le personnel est assis sur les cotes, les photographes immortalisent nos moindres faits et gestes, et les pères sont debout au fond de la salle. Le directeur fait un discours, les maîtresses et le reste du personnel se présentent, les noms des nouveaux arrivants sont énoncés et félicités de faire leur rentrée. Pour clôturer cette cérémonie, vient l’heure de la photo de classe, parents compris. Dans la cours, les familles font également la queue pour faire LA photo souvenir du jour avec le solennel panneau qui trône à l’entrée de la cours et où il est écrit 入園おめでとう (nyuuen omedetou), soit « félicitations pour votre rentrée ». Bref, 2h bien longues et éprouvantes à devoir rester en place pour ces petits bout de chou. 

Je pense que j’étais plus stressée que mon fils pour cette journée. Lui, il savait qu’il allait aller à l’école, il connaissait le lieu et adorait déjà la cours bien garnie qui est parfois ouverte au public. J’avoue que je ne me sentais pas à l’aise pendant cette cérémonie, probablement parce que je n’en ai pas l’habitude. Voir tout le monde si bien habillé, coiffé, irréprochable, non c’est trop, je ne me sentais à ma place. Étrangement cela m’a rappelé les mises en scènes chronométrées des mariages japonais. De plus, comme étant apparemment la seule étrangère de sa promo, j’avais encore plus envie de passer inaperçu. Bref, j’espère que cette année se passera bien pour mon petit bonhomme, pour le moment il s’y plait tellement qu’il a pleuré les 3 premiers jours où je l’ai cherché pour rentrer à la maison. 

Pour continuer cette rubrique sur la maternelle japonaise, on se retrouvera dans quelques mois pour vous raconter comment ça se passe ici et pour évoquer les différences avec la maternelle française. J’espère que vous serez là pour partager vos expériences.

Témoignage : Inscription à la maternelle japonaise

Voila une nouvelle étape que nous venons de franchir, l’inscription à la maternelle japonaise.  Au Japon la rentrée scolaire commence en avril et finit en mars. De plus en France un enfant fait sa rentrée s’il né entre janvier et décembre de la même année alors qu’au Japon ils se basent sur le 1er avril. Un enfant qui naîtra le 29 mars fera sa rentrée en avril alors qu’un enfant né le 2 avril devra attendre une année entière. De ce fait, la rentrée scolaire de mon fils se fera en avril 2018 alors que si nous serions en France il serait entré en petite section en septembre 2017. Ce décalage de 8 mois me donne l’impression qu’il prend du retard, mais est-ce vraiment le cas? Puis cote horaire la aussi c’est différente, les enfants ont classe de 9h à 14h, ensuite soit on les cherche soit on leur met des cours en plus comme anglais, piscine, gym, musique, football. Bien sur ces cours sont payants en plus des frais d’inscription ! 

Dans mon quartier, il y a trois maternelles, manque de chance, elles sont toutes privées et donc payantes, très cher même ! Mon choix s’est porté sur la maternelle catholique Maria-sama pour trois raisons. Premièrement, elle se situe à 5 minutes à pied de chez moi, n’ayant ni permis ni vélo c’est un point fort pour moi. Deuxièmement, les deux cousins de mon fils y sont allés, et en 2018 il fera sa rentrée avec sa cousine. Troisièmement, il y a une cantine, n’aimant pas faire de bento, ce détail avait aussi de l’importance pour moi, même s’il y aura quand un jour de bento, je veux bien faire un effort pour en faire un par semaine. Sinon en dehors de ces trois grandes raisons, l’école est jolie et dispose d’une grande pelouse ce qui semble rare par ici.   

Les procédures se sont faites sur trois jours, ces dates étaient les mêmes pour les trois maternelles du quartier, du coup je ne pouvais m’empêcher de me dire, « si notre fils n’est pas pris là ou nous le souhaitons, comment allons nous faire puisque que les sessions d’inscriptions seront closent partout ».

23 septembre, découverte de l’école. Nous avons eu une réunion d’informations précédée d’une heure d’adaptation en classe pour les futures élèves. Pendant cette heure d’adaptation les enfants étaient assis sur des chaises en U, les parents restaient debout derrière. Les deux maîtresses ont d’abord fait l’appel puis elles ont alternés les activités, lire une histoire, chanter des chansons, faire du bricolage et une petite danse parent / enfant. Mon fils ayant atteint sa limite de concentration, c’est seule que je me suis rendue à la réunion d’information pendant que mon mari restait dans la cours avec lui. Pendant cette réunion on n’y présentait l’école, ses objectifs, son fonctionnement, on y voyait des photos des enfants faisant telles ou telles activités. Cote programme, ne sachant pas comment ça se passe en France, je ne peux pas comparer. J’ai vu qu’ils font beaucoup d’activités, qu’ils ont un potager, que chaque classe « élève » un insecte et qu’en dernière année les enfants passent une nuit à l’école en mode camp. Puis c’est avec le dossier d’inscription sous le bras que nous sommes rentrée à la maison.

1er octobre, jour de l’entretien. Non seulement j’étais stressée, mais en plus quand je suis arrivée ça m’a beaucoup impressionné de voir tout ce monde sur son 31, costume pour les pères, robes noires pour les mères, robes bleu marine ou grise et gilet blanc pour les petites filles, short bleu marine et haut blanc pour les petits garçons. Dans le dossier précédemment reçu, il y était demandé de ramener nos chaussons car dans les écoles aussi il faut se déchausser. 

A l’entrée de la maternelle nous avons reçu un jeton numéroté, ainsi nous avons du faire la queue pour déposer le dossier d’inscription, payer 5000 yens (38 euros) pour l’entretien, après quoi nous avons reçu un autre numéro et notre heure de passage. Ensuite nous nous sommes retrouvés dans une grande salle ou des chaises pour petits et grands qui étaient disposées en cercle avec au centre des jouets pour occuper les enfants. Puis une vingtaine de « numéro » a été appelé pour changer de salle, une salle de classe cette fois-ci, mais juste pour les parents, nous avons attendu dans un silence de mort pendant presque 20 minutes. En effet, les enfants, eux, ont été emmenés dans une autre salle afin d’être observer pour voir leur comportement loin de leurs parents. Puis les enfants sont revenus et nous avons à nouveau changé de classe, une classe en guise de salle d’attente pour la dernière étape de la journée, L’entretien ! Les enfants jouent en attendant d’être appelés, toujours par notre numéro. Puis vient enfin notre tour. Nous nous sommes dirigés tous les trois dans une énième salle de classe ou nous attendaient une maîtresse et un prête. Ils ont demandé à mon fils son nom et ce qu’il aime, mais celui-ci n’a pas répondu… A nous, ils nous ont demandé les qualités et les défauts de notre progéniture et les raisons pour lesquelles nous avons choisi de postuler dans cette maternelle. Comme c’est une école catholique, ils ont aussi demandé notre rapport à la religion, j’ai juste dis être catholique et que mon fils et moi étions baptisés. Puis voyant que j’étais étrangère, ils ont évidemment demandé quelle langue nous parlons à la maison, ainsi nous avons dit que nous parlons français et que par conséquent mon fils parle français, qu’il comprend un peu le japonais, mais que pour l’instant il a très peu de vocabulaire comparé à sa langue maternelle. C’est sur ce dernier point que l’entretien s’est terminé, il ne nous restait plus qu’à attendre le lendemain pour recevoir la lettre nous annonçant que la candidature de notre fils avait été accepté.

11 Octobre, inscription finale. Je suis allée déposer le dossier comprenant un justificatif du virement effectué pour les frais d’inscription, un certificat médical de bonne santé de mon fils, une attestation de garant et la liste des fournitures. Nous avons du cocher les affaires dont il aura besoin et l’école se charge de faire les achats, afin que tous les élèves aient les mêmes choses, ainsi sur place j’ai pu faire essayer à mon fils différentes tailles de chapeau, d’uniformes et de tabliers. L’achat des fournitures scolaires revient à 20 000 yens soit 150 euros, mais elles seront utilisées pendant ses trois années de maternelle. Dans les maternelles japonaises il est de « coutume » si je puis dire que les mères réalisent quelques affaires fait main comme le sac pour les livres, celui pour les chaussons, celui pour le bento et la taille d’oreiller du zabuton (petit coussin plat pour s’asseoir parterre). Ça fait quand même beaucoup et ça prend du temps, le temps il faut l’avoir. Personnellement même si j’aime faire du point du croix, je n’ai jamais fait de couture et je n’avais tout simplement pas envie de devoir faire tout ça. Heureusement il y a un club de dames qui aiment faire de la couture et vendait dans l’enceinte de la maternelle toutes ces réalisations mains, ainsi je leur ai acheté le sac de livres et la taille d’oreille du zabuton (voir photo plus haut). Elles font vraiment du beau boulot, c’est du solide et les finitions sont aussi nickel ! Puis je suis rentrée à la maison avec un autre nouveau dossier sous le bras, comprenant cette fois-ci la date de la rentrée. 

Je ne sais pas si ça se déroule de la même façon dans toutes les maternelles japonaises, quelles soient publiques ou privées, mais je suis très curieuse de savoir comment ça se pense en France, alors si vous êtes parent, n’hésitez pas à partager vos expériences ! 

Témoignage : Les crèches / halte-garderie au Japon

Dans cet article je vais parler des crèches et plus précisément des haltes-garderies, en me basant sur mon expérience, donc attention à ne pas faire des généralités. Je ne sais ni comment ça se passe pour inscrire son enfant dans une crèche ou une halte-garderie en France ni son coût, mais je suis curieuse de le savoir, alors dites-moi tout dans les commentaires !^^

Tout d’abord, il faut savoir qu’au Japon il y a peu de crèches, ce qui fait qu’elles sont vite pleines et qu’il faut donc s’y prendre très tôt pour y inscrire son enfant. Selon si la crèche est publique ou privée, il faudra passer un entretien qui déterminera si on sera accepté ou non. Les classes sont de 15 enfants, leur déjeuner est a 11h30 et font la sieste à midi. Un des critères est souvent que les parents doivent travailler chacun minimum plus de 48H, quand à son coût, il dépend du salaire des parents. A nouveau selon les crèches, soit elles fournissent le repas, soit se sont les parents qui doivent préparer le bento de leur enfant. Puis là ou on reconnait la culture japonaise, c’est que les enfants sont pied-nus! Mon fil ne va pas à la crèche donc je n’en sais pas plus à ce sujet, ceci je l’ai surtout entendu autour de moi, d’autres mamans.

Devant reprendre le boulot en Mai à raison d’un jour par semaine, j’ai cherché une halte-garderie pour mon fils. J’en voulais une qui soit près de chez moi ou qui soit sur mon chemin pour aller au travail (j’y vais en train, soit 40min de trajet aller/retour). J’ai d’abord regardé sur internet, et j’ai été choquée de voir que beaucoup demandent 1000 yens (8 euros) de l’heure. C’est cher non ? Le repas lui est facture à 300 yens (2.40 euros). Près de la gare voisine de la mienne il y a une crèche, K, qui fait aussi halte-garderie, elle n’est pas chère et demande 550 yens de l’heure. Malheureusement, vu qu’elle n’est pas chère, elle a énormément de succès et il est très difficile d’y réserver des jours. Il faut réserver pile poil un mois avant le jour voulu entre 13h et 16h. D’abord je voulais essayer en y mettant mon fils deux fois pour 2h d’adaptation, j’ai beau avoir téléphoné dès 13h, j’ai à chaque fois du attendre 30-40min pour qu’on décroche. Près de la gare de chez moi, j’avais aussi trouvé une halte-garderie, A,  qui demande 10 000 yens pour minimum 4h (ils ne gardent pas d’enfants moins de 4h par jour), ce que je trouve très cher surtout qu’en plus ils ne fournissent pas le repas. Donc bien sur je ne m’y suis pas attardée!

Du coup pour plus de « sécurité » et étant inquiète de ne pas toujours réussir à réserver une place pour mon fils les jours ou je travaillerai, j’ai préféré chercher ailleurs. Ainsi, à 5min à pied de chez moi, j’ai trouvé une petite garderie, S, qui chaque jour propose des sortes de classes de 15 élèves selon les ages des enfants. Par chance, la « classe » correspondante à l’age de mon fils tombe le jour ou je travaille. Elle est fourni le repas et est plus chère que la halte-garderie H, mais il y a plusieurs avantages. Premièrement le jour ou mon fils y va est décidé, tous les jeudis de 9h30 a 14h, donc je n’ai pas à me soucier de devoir réserver un mois à l’avance en stressant d’avoir une place ou non. Deuxièmement mon fils sera toujours avec les mêmes enfants de son age ce qui sera plus pratique pour se faire des ami/es (dans l’autre halte-garderie il verrait toujours des enfants différents âgés entre 6 mois et 6 ans). Troisièmement, ils font des activités, chose qui me plait beaucoup contrairement à la halte-garderie H ou ils surveillent juste les enfants pendant qu’ils jouent.

Le prix des haltes-garderies varient selon les villes. Dans ma ville les prix font de 550 à 1000 yens de l’heure alors que la ville voisine est de seulement 200 yens de l’heure ! Pour ceux qui veulent y inscrire leur enfant alors qu’ils résident dans une autre ville, il faudra payer 100 yens de plus. Je ne sais pas du tout sur quoi se basent les villes pour fixer ces prix-là, mais j’espère que les familles qui bénéficient d’un tel prix se rendent compte de leur chance.

Voici une des premières activités que mon fils ait faite à la halte-garderie, une carpe koi pour la fête des garçons.

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