Bunraku, théâtre traditionnel de marionnettes japonaises

Le bunraku est un théâtre traditionnel japonais qui combine le théâtre de marionnettes, la narration et la musique jouée au shamisen. Celui-ci a vu le jour à Osaka en 1805 et fut nommé bunraku en hommage au célèbre marionnettiste originaire d’Awaji, Uemura Bunrakuken. Cependant cet art théâtrale existe depuis plus de 400 ans ! Depuis 2004 il fait également partie du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco

Ce mois-ci, accompagnée de mes camarades ambassadeurs de la ville de Kobe, j’ai eu la chance d’assister à un spectacle traditionnel de marionnettes japonaises sur l’île d’Awaji. Pour cela nous sommes allés au théâtre Awaji Ningyo-Joruri de la ville Minami Awaji qui fut récemment construit et donne chaque jour plusieurs représentations.
J’ai été très impressionnée par la façon dont les marionnettistes manipulaient si fluidement les marionnettes, on voit de suite que cela nécessite une grande dextérité. La narration était difficile à comprendre, mais nous avions reçu un résumé de la pièce avant de prendre place. Même si on n’aime pas le théâtre, je conseille vraiment de voir au moins une fois dans sa vie une pièce de bunraku, ne serait-se que pour votre enrichissement personnel et pour découvrir cet art si ancien.

Les habitants de l’île d’Awaji étant très attaché à leur héritage font de leur mieux afin de le faire perdurer. Leurs marionnettes sont transmises de générations en générations depuis déjà une centaine d’années et, contrairement aux traditionnelles, celles-ci sont un peu plus grandes que la moyenne. Une pièce de théâtre dure environ 45 minutes, mais avant qu’elle ne commence il y a une petite explication sur comment les marionnettes sont manipulées puis à la fin de la présentation, il est possible de les approcher ! L’autre particularité du théâtre d’Awaji est son dynamisme et sa rapidité de changement de costumes.

Donner vie aux acteurs
Tout d’abord sachez qu’il faut trois marionnettistes pour une marionnette et qu’ils les manipulent selon leur expériences dans cet art théâtral. Ainsi le plus expérimenté (environ vingt ans de métier) manipule la tête et le bras droit, le second le bras gauche et le dernier (le novice), les pieds. Il est nécessaire d’avoir cumulé minimum 7 ans d’apprentissage pour manipuler les pieds. C’est vraiment un travail d’équipe et de coordination.

L’histoire est contée par chanteur et un joueur de shamisen (guitare à 3 cordes).
Le chanteur doit donner vie aux marionnettes en leur prêtant sa voix, en la modifiant selon les personnages, et en transmettant leurs émotions tout en racontant également les textes narratifs. Puis, si on l’observe, on remarquera aussi qu’il exprime les émotions des poupées non seulement par sa voix, mais aussi par ses expressions faciales ! Cependant, de part la façon de réciter du chanter, il est assez difficile de comprendre ce qu’il dit, dans ce cas-là, il faut surtout se concentrer sur ce qui se passe sur scène.
Le son du
shamisen accompagne et marque chaque rebondissement de l’intrigue tout en s’adaptant aux émotions des personnages et donc soulignant les dires du chanteur. Une interprétation d’équipe qui nécessite une bonne osmose entre le chanteur et le musicien.

Aimeriez-vous voir une de ces pièces de théâtre ?

Adresse : 1528-1 Fukura-kou, Inamiawaji-shi, Hyogo, Japon
Représentations : 10h - 11h10 - 13h30 - 15h
Fermeture : du 25 décembre au 31 janvier
Site : Awaji Ningyo-za

Brasserie de sake, Sennen-ichi

Lors d’une sortie avec les Ambassadeurs de Kobe, j’ai eu l’occasion de visiter une brasserie de sake pour la première fois, celle de Sennen-ichi Sake Brewery qui se trouve à Awaji-shima, l’île en face de Kobe.

Mais d’abord, posons les bases afin de ne pas faire de confusion. Le sake est une boisson alcoolisée japonaise obtenue à partir de la fermentation du riz. Sur l’archipel il est communément appelé nihonshu, ce qui signifie littéralement « alcool japonais », et tire en général 17 à 20% d’alcool.

Sennen-ichi ravit les papilles de l’île d’Awaji depuis 145 ans ! Malgré quelques dégâts causés par le grand tremblement de terre qui frappa Kobe en 1995, ils n’hésitèrent pas à reconstruire. Un des aspect les plus intéressants de cette brasserie est qu’une grande partie du processus se fait encore manuellement, l’étiquetage également, en effet les étiquettes sont collées sur les bouteilles une par une ce qui est assez surprenant pour une usine qui produit tant ! La visite commença par une explication sur la préparation du riz, l’extraction du sake, l’histoire de la brasserie et sur le volume de leur production. Leur brasserie peut sembler petite, mais en fait ils produisent énormément de sake de divers sortes. 

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Ensuite au deuxième étage nous avons eu droit à une petite dégustation de leurs breuvages. Le premier sake que nous avons goûté se nommait « Romance« , c’était un de mes favoris car il était doux et fruité. Le propriétaire le présente comme étant une boisson pour femme parce qu’il a un faible taux d’alcool (7%), l’apparence d’une bouteille de parfum aux reflets bleu et un nom qui fait rêver.

Puis vint le tour d’un sake semi-fermenté nommé Shiboritate, suivit de la recommandation du propriétaire qui est un Shiborihiso. Pour finir nous avons eu droit au sake le plus cher de la brasserie, le Chiyunoeishi dont le long cycle de fermentation lui permet d’atteindre un pourcentage d’alcool d’environ 19.5% et de lui donner un goût bien plus fort. Personnellement, n’étant pas une fan d’alcool de riz japonais, je ne les ai pas trop aimé, chacun m’a fait faire la grimace, cependant, cela n’est qu’une question de goût.

En bonus, nous avons goûté de lumeshu, de l’alcool de prunes, qui se mélange normalement avec de liqueur dit Shochu, mais ici ils le font avec du nihon shu. Les amateurs de umeshu comme moi remarqueront certes une différence gustative et ne résisteront probablement pas à son charme. J’en ai d’ailleurs acheté une bouteille, et même si la couleur est dorée, celle-ci est semblable à celle du sake Romance ! 

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Même s’il est possible de commander sur leur site, Sennen-ichi ne vend principalement que sur l’île d’Awaji, ainsi si vous êtes dans les parages, n’hésitez pas y faire un tour. Cependant si vous voulez y faire une visite avec dégustation il faudra appeler la brasserie préalablement afin de faire une réservation. De plus, la visite et les explications seront faites en japonais alors venez de préférence accompagné de quelqu’un qui pourra traduire pour vous.
Concernant l’accès, sachez qu’aucun train ne circule sur Awajishima.
Pour s’y rendre depuis Kobe, la voiture, le bus et le ferry sont nécessaire.

Site : Sennen-ichi Sake Brewery
Adresse : 2485-1 Kuruma, Awaji, Hyogo 656-2311
Horaires : Tous les jours de 10h-16h

 

Grand Tremblement de terre de Kobe de 1995, les témoignages

Aujourd’hui, le 17 janvier 2020 marque les 25 ans du grand tremblement de terre qui frappa Kobe au petit matin, à 5h46. Un événement encore ancré dans la mémoire des survivants et dans la ville elle-même. Kobe a toujours été très attachée à son histoire et en sème constamment quelques bribes dans ses rues afin de ne pas oublier. Ainsi chaque année à cette date charnière, les cœurs se rassemblent pour partager ce douloureux souvenir et honorer les disparus. Comme chaque année la cérémonie de commémoration se passe dans le parc Higashi Yuenchi qui regorge de symboles et de souvenirs liés à ce jour.

Cette année, à l’approche de cette date commémorative et lourde de souvenirs, plusieurs connaissances japonaises m’ont raconté ce qu’elles ont vécu ce jour-là. Leurs récits m’ont beaucoup touché et j’aurai pu les écouter pendant des heures. En suivant cette idée de ne pas oublier, je me suis dis que j’allais en partager quelques uns avec vous.

 

                                           5h46                                                         17 janvier 

I
« Ma maison fut entièrement détruite. J’étais coincée sous les décombres. Ma fille était enceinte et devait accoucher dans les prochains jours, mais par chance la catastrophe n’a pas précipité l’accouchement. Par contre, en plus du séisme, on nous avait aussi volé les affaires que nous avions dans notre voiture… »

N
« J’avais la vingtaine et j’étais chez moi, dans l’arrondissement de Tarumi. En entendant le bruit j’avais pensé à un orage, puis ça a tremblé. J’ai eu l’impression que la terre se fendait en deux. Ma maison a tenu le choc, mais nous n’avons pas eu d’eau avant 3 semaines. Les gens faisaient la queue pour aller dans les sento (bains publics), il y avait parfois jusqu’à 3h d’attente. J’y suis allée 2 jours après le séisme. L’eau était tiède et sale. Je n’ai plus voulu y retourner, ce n’était pas agréable de se baigner la-dedans. Par chance, une voisine m’a proposé de me doucher chez elle le temps que ce soit réparer chez moi. Certains quartiers ont été entièrement rasé, il n’y avaient plus rien. Je me suis dis que ça devait ressembler à ça après les bombardements de la guerre… »

N
« J’avais la quarantaine. Ce matin-là je devais prendre l’avion pour aller en Europe. Je me préparais car le taxi devait venir me chercher à 6h. En y repensant que je me dis que j’ai eu de la chance car si le séisme aurait eu lieu quelques minutes plus tard, j’aurai probablement perdu la vie sur l’autoroute qui s’était écroulée. Quand ça a tremblé à la maison, l’armoire qui était derrière moi est tombée. A nouveau par chance, ma valise qui était entre elle et moi l’a retenue pour ne pas qu’elle m’écrase. Quand j’ai réussi à m’extirper de ce qui restait de ma maison, j’avais le visage noir, j’étais toute sale, je n’avais qu’une envie, me laver. Je suis restée 3 mois dans la primaire de mon quartier qui servait de refuge, il y avait du chauffage, on y était bien, tous le monde s’entraidait… »

S
« J’avais la quarantaine et j’habitais dans un appartement dans l’arrondissement de Nada. Bien que l’immeuble avait 6 ans, il a été très endommagé. Pendant les réparations, qui ont coûté très chère, je suis restée deux mois dans un refuge dans la ville de Akashi. A l’époque les téléphones portables n’existaient pas, on n’avait aucun moyens de communication pour contacter nos proches et savoir comment ils allaient. On devait alors laisser des mots avec leurs noms dans des refuges… »

S
« Ce quartier de Nagata est celui qui a été le plus touché par la catastrophe. Ce jour-là c’était le jour de fermeture de notre sento (bain public). Suite au tremblement de terre de nombreuses nagaya, les vieilles maisons japonaises accolées, étaient en feu. Cependant, nous n’avions plus d’eau pour les éteindre et les secours mettaient du temps à venir. Nous sommes alors allés à notre sento, la bâtisse ayant tenue le coup, nous avons décidé d’utiliser l’eau des bains pour aider à éteindre les incendies en utilisant les bassines. Puis trois semaines plus tard nous avons pu rouvrir le sento pour la plus grande joie de nos habitués… »

***

La ville de Kobe et ses habitants tiennent à leur histoire, cette catastrophe fait partie
d'eux et ils ne veulent pas que les générations suivantes l'ignorent, bien au contraire. 
Ils souhaitent continuer d'en parler, de commémorer ce jour et ses victimes, même si
avec le temps il y aura de moins en moins de survivants pour raconter ce qu'ils ont vécu. 
Ils ne veulent ni qu'on oublie ce 17 janvier 1995, ni tomber eux aussi tomber dans l'oubli.

Kobe, pèlerinage des Sept Dieux du Bonheur 七福神

Je vous en avais déjà parlé précédemment ici, je collectionne les goshuin, les sceaux des temples et sanctuaires. A force de déambuler dans ces lieux, j’ai découvert qu’il existe divers pèlerinages à travers tous le Japon dont chacun à sa spécificité. De part ma situation géographique j’avais décidé de privilégier ceux de ma région, ainsi après avoir fait le pèlerinage des 8 sanctuaires de Kobe, je me suis lancée dans celui des sanctuaires des Sept Dieux du Bonheur de la ville portuaire !

Mais d’abord, qui sont donc ces Sept divinités de la mythologie japonaise ? Petite présentation rapide. 

Sans titre

Bishamonten, protecteur des richesses, c’est un dieu guerrier représenté en armure avec une lance et une pagode dans chaque main. Il est également le chef des quatre gardiens de Bouddha ce qui fait qu’il occupe une place importante dans la religion bouddhiste.

Benzaiten, ou Benten, est la seule femme du groupe. Déesse des arts, de la beauté, de la musique, des sciences, du savoir, de l’éloquence, mais aussi de la vertus, de la sagesse et de la longévité. Elle est souvent représenté accompagnée d’un serpent blanc, surtout avec un biwa dans les mains qui est un instrument de musique à cordes traditionnel japonais.

Fukurokuju, dieu de la sagesse, du bonheur, de la longévité, de la virilité et la prospérité. Il est décrit comme étant un vieillard chauve au crane allongé, ainsi qu’une canne et un parchemin à la main.

Hotei est le dieu de l’abondance, du contentement, de la bonne sante et du commerce. Il apparaît sous les traits d’un moine obèse, chauve aux grandes oreilles et souriant, ce qui lui vaut le surnom de « bouddha rieur ».

Juroji est le dieu de la longévité et de l’harmonie avec la nature, c’est pourquoi il est accompagné d’un cerf. Ayant aussi le physique d’un vieillard à longue barbe et tenant un parchemin à la main, il est aussi parfois représenté tenant une pèche, qui est un autre symbole de longévité.

Daikokuten est le dieu de la richesse, du commerce et des échanges, il est aussi souvent apparenté à Ebisu. Représenté comme un homme corpulent et souriant, on le voit à se tenir à coté d’un sac de riz et en porter un autre sur son dos contenant la patience et la sagesse

Ebisu est le dieu des pêcheurs, des marchands, de la prospérité et du travail honnête. On le représente souvent en kimono avec une canne à pêche et une dorade dans chaque main.

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Normalement lorsque l’on tient un goshuin-cho, un carnet de pèlerin, on ne récolte que le sceau du temple en question, mais ici c’est celui du dieu qu’il faut demander ! Concernant le pèlerinage de Kobe, il existe également un goshuin-cho spécial qui contient un dessin de chaque dieu à coté de son goshuin. Extérieurement il parait très simple, mais lorsque je le feuillette, je le trouve magnifique et vraiment classe.

Sanctuaire Minatogawa jinja  –  Sanctuaire Nagata jinja  –  Sanctuaire Ikuta jinja
Temple Tairyu ji – Temple Nenbutsudera – Temple Tenjouji – Temple Sumadera

Ce pèlerinage passe par les sanctuaires et temples les plus importants de Kobe. Suivre cette carte des dieux permet aussi de découvrir autrement la ville maritime en passant près de la mer, se promenant en plein centre-ville ou dans des quartiers populaires et même en s’aventurant en montagne ! Par contre, comme il est nécessaire de récolter trois goshuin en montagne, il n’est pas possible de le faire en un jour, à moins de vraiment se dépêcher sans s’imprégner des lieux et profiter des découvertes qu’il est possible de faire ce qui serait vraiment dommage. 

Pour commencer 2020 je voulais vous présenter ce pèlerinage en particulier car, bien qu’il puisse se faire n’importe quand, il est recommandé de le faire en début d’année afin que la collecte complète de celui qui la réalise lui porte chance et lui apporte une bonne année. Alors, si vous êtes au Japon en janvier / février, faites comme les Japonais et peut être que votre année sera sous une bonne étoile !

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J’en profite pour vous souhaite une très bonne et heureuse année de la souris ! 

Arashiyama, les dessous de l’automne au Japon

Le Japon revêt sa robe de saison. Jaune, rouge et orange parent villes et montagnes. C’est une période ou tous le monde se déplacent pour se délecter de la beauté des paysages que l’automne offre. Cependant, victime de leur succès, certains endroits connus propices à ces contemplations sont pris d’assaut par les Japonais et les touristes, au point que cela puisse devenir invivable…

Cette année, nous sommes allés en famille à Arashiyama, un tres bel endroit dont j’avais déjà parlé ici, et où je suis déjà allée plusieurs fois. La première fois remonte à novembre 2011 pour les momiji et j’en avais gardé un bon souvenir. Malheureusement en 8 ans, les choses ont changé, le Japon est devenu une destination phare et celui-ci a connu un énorme boom touristique, un bien pour un mal qui ne reste pas sans répercussions.

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Le train au départ d’Osaka fut vite rempli, exceptionnellement, il y avait un direct qui évitait de devoir prendre une correspondance à la gare de Katsura. A la descente à la  gare de Arashiyama, les quais étaient littéralement noir de monde, les gens avançaient au pas pour atteindre les portillons. Une fois sorti, nous nous sommes laissés porter par cette marée humaine qui menait à la partie touristique et au parc jouxtant le célèbre pont Togetsukyo. Les gens faisaient déjà la queue devant les restaurants et les stands de nourriture. Puis pour traverser le pont, nous avons du attendre 5min ! Des gardiens étaient présents pour gérer et alterner le passage des gens et des voitures.  

La rivière, les montages, les touches de couleur qui ponctuaient le panorama, c’était si beau. En ce superbe jour ensoleillé, à la demande de notre fils, nous avons fait de la barque (500yens pour 3 personnes pour 1h). C’était la première fois que j’en faisais et c’était vraiment chouette ! Dérivant aux pieds des montagnes à contempler le paysage au son d’une mystérieuse flûtiste, nous profitions d’un moment de répit loin de la foule et du brouhaha.

IMG_6087De retour sur la terre ferme, nous nous sommes dirigés vers Tenryu-ji, mais voyant les longues files d’attente, nous décidâmes de rebrousser chemin pour longer la rivière et prendre de la hauteur. Un magnifique plafond d’érables rouge nous accueilli. Comme il y avait moins de monde, nous avons poursuivi notre chemin en pleine nature qui pris fin à la bambouseraie, où, nous eûmes l’effet d’un électrochoc. Celle-ci d’habitude pleine de charme, ressemblait à une cage, elle nous entassait les uns sur les autres dans son étroit sentier entouré de ses immenses barreaux vert défraîchi. Nous traversâmes tant bien que mal cette allée entre les corps, un peu plus et nous aurions eu l’impression d’étouffer. 

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Une fois sorti de cette interminable étreinte, nous voici prêts à affronter l’artère principale qui déborde autant de personnes que de déchets qui jonchent le sol, mais qui mènera au pont en mettant fin à notre calvaire. Ainsi nous avancions au pas sous le soleil qui commençait lentement à décliner. Fatigués de notre expédition, nous étions contents de rentrer chez nous au calme. 

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Je savais qu’il y aurait du monde, mais pas à ce point. La dernière fois que j’en ai autant vu, c’était en 2017 au sanctuaire Eikando de Kyoto. J’avais d’ailleurs raconté mon périple ici. Je suis bien contente qu’à Kobe ce ne soit pas encore le cas. L’année dernière j’avais pu profiter des momiji dans un temple de montagne, il n’y avait quasiment personne, quelle quiétude il y régnait ! Bien sur les gens voyagent où ils veulent et quand ils le veulent, mais quand on voit ça, ça donne envie de faire demi-tour, même en essayant de faire abstraction du monde et des manières de certains, cela gâche un peu la beauté et l’atmosphère des lieux.

Cette nouvelle expérience me motive davantage pour essayer de trouver de nouveaux endroits qui soient à l’abris des regards. Ce qui m’a aussi choqué, c’est le nombre de personnes qui passe son temps à tout filmer et à poser partout, même s’ils bloquent des gens, l’air des réseaux sociaux… La nature est belle et éphémère, c’est normal de vouloir l’immortaliser parmi nos souvenirs, mais c’est aussi important de profiter et d’apprécier le moment présent, l’instant T.

Kobe safari, une nouvelle aventure au Japon

Depuis maintenant 7 ans, je partage sur mon blog non seulement mon quotidien, mais également mon amour pour la ville de Kobe en présentant divers endroits à visiter. J’aime déambuler dans ses rues, découvrir de nouveaux coins et immortaliser mes trouvailles pour les partager ici et sur instagram. Cependant j’ai toujours eu l’impression que cela restait assez théorique si je puis dire, ce blog en est un parmi tant d’autres, il a peu de vues et je doute que des personnes se soient rendues sur les lieux dont je parle, pour ça instagram a probablement plus d’impact. Bref, tout ça pour dire que maintenant je passe à la pratique !

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J’ai le plaisir de vous annoncer que les Kobe Safari ont récemment vu le jour ! Il y a un an, Angelo des Osaka Safari, dont je vous avez déjà parlé ici, m’a proposé de rejoindre l’équipe des Japon Safari et de tenter l’aventure pour Kobe ! Une proposition que je n’ai pas pu refuser. Ainsi pendant des mois j’ai exploré davantage afin de trouver de nouveaux endroits tout en ayant suffisamment de diversité à présenter et qui s’adapterait aux différents profils de ceux qui me feraient assez confiance pour les guider.

 

Entre mer et montagnes, Kobe est principalement connu pour le grand tremblement de terre qui l’a frappa et pour son bœuf. Son port fait partie des premiers qui se soient ouvert à l’étranger permettant ainsi la venue de nombreux marchands de tout horizons qui participèrent à ce mélange des cultures et qui façonna la ville maritime que nous connaissons aujourd’hui. De ce fait, la ville arbore une apparence européenne renvoyées par ses grandes rues aérées sans câbles électriques et ses maisons d’influence coloniale, ce qui malheureusement attire peu de touristes. Cependant, bien que sous-estimée, cette ville portuaire a beaucoup à offrir et possède de nombreuses cartes dans sa manche, il suffit de sortir du centre ville pour faire de jolies découvertes. Pour dénicher ces trésors oubliés, rien de mieux que d’être accompagné par des locaux, ceux qui y vivent et connaissent les moindres recoins de leur terre d’accueil. Alors laissez-moi vous raconter son histoire, vous montrer ce qui fait son charme, vous présenter ses habitants chaleureux qui sont habitués aux étrangers, bref laissez-moi vous guider dans le quotidien de ma ville de cœur.

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Alors si vous êtes de passage dans la région du Kansai, n’hésitez à venir dans cette ville multiculturelle, je serai ravie de vous rencontrer et de vous faire découvrir cette ville à qui je tiens beaucoup. Le site est encore en construction, mais en attendant il est possible de réserver une balade par ici > Kobe Safari 

Kobe Winery, du vin made in Japon

Ce mois-ci, lors d’une excursion avec les Kobe PR Ambassador, j’ai découvert un nouvel endroit à Kobe, l’exploitation viticole de Kobe Winery qui se situe à 30min de route depuis le centre de Sannomiya. Cependant cet endroit n’est pas que pour les amateurs de vin, en effet il y a aussi un espace barbecue et jeux pour les enfants. Etant Française, les Japonais pensent que je bois du vin à chaque repas et que je m’y connais, alors que ce n’est pas du tout le cas. Je ne m’y connais pas du tout et je n’en consomme que pour des occasions. Cependant j’avoue préférer le vin blanc au rouge et venant d’Alsace, j’aime particulièrement le Riesling, le Pinot Gris et le Gewurztraminer. Les villages alsaciens sont connus pour les vignes et voir celles-ci m’a rendu un peu nostalgique.

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Kobe Winery a vu le jour en 1983 et possède actuellement des vignes éparpillées dans divers endroits de Kobe. Ils produisent principalement cinq sortes de raisin afin de faire du Merlot et du Cabernet Sauvignon en vin rouge et du Chardonnay, du Riesling et du
Shinano Riesling en vin blanc. Le Shinano Riesling fut créé uniquement par Kobe Winery, il s’agit d’un hybride de Chardonnay et de Riesling. En 2007 il gagné le prix Gold au Japan Women’s Wine Awards qui est la première compétition internationale de vins au Japon dont les juges sont uniquement des femmes.

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Vendangeurs du jour, on nous a d’abord expliqué comment bien choisir les grappes de raisin. Puis munis de gants et d’un sécateur nous nous sommes exécuté dans les vignes d’un futur Chardonnay. Observant de près ce précieux cépage, c’est avec la plus grande délicatesse qu’il fallait les déposer dans le cageot. Les grappes abîmées ou d’une mauvaise couleur, elles, rejoindront le composte. 

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Ensuite, suivant la destinée de ce goutu nectar, direction la distillerie. L’entrepôt doit être maintenu au frais et les cuves de fermentation sont constamment arrosées d’eau froide. Dans les tonneaux, le vin prend doucement vie. Les bulles que nous voyons dans la fiole indique que la fermentation est en plein travail.

Puis vient la phase finale, le moment de la dégustation. Nous avons eu droit à un jus de Cabernet Sauvignon, un jus de fermentation de Chardonnay, le shinano riesling et le vin rouge nommé Select red. Comme je m’en douté, j’ai préféré le vin blanc au rouge et à ma grande surprise, le jus de fermentation était meilleur que je ne l’aurait pensé.

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C’était une chouette expérience, c’était vraiment intéressant d’apprendre des choses et du goûter du vin japonais pour la première fois. Je sais que je n’y serai jamais allée de moi-même donc je suis contente que nous y soyons aller. Ainsi si vous aimez le vin ou être curieux, je vous recommande fortement d’y faire un saut.

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Musée Cup Noodles d’Osaka

Voici un musée consacré aux nouilles instantanées et à leur inventeur, Momofuku Andō. Il est situé à Osaka, à environ 5min à pieds de la gare d’Ikeda. On y découvre l’histoire de leur création, on peut voir l’évolution des emballages à travers les années et selon les pays. Via cette carte on peut aussi constater le taux de consommations de nouilles instantanées dans le monde avec en tête d’affiche, la Chine, l’Indonésie et le Japon. 

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C’est après la seconde guerre mondiale que cette révolution alimentaire vu le jour. Le Japon manquait de vivres et l’état recommandait donc de consommer du pain, qui leur été fourni par les Américains, or Ando trouvait cela illogique car les Japonais sont plus habitués à manger des nouilles. Malheureusement à cette époque, les entreprises de nouilles étaient petites et n’auraient apparemment pas pu réussir à répondre à la demande. C’est ainsi que Ando décida de lui aussi produire des nouilles et finalement après des mois de tentatives, c’est en 1958 qu’il inventa les nouilles instantanées, les chicken ramen. Cependant ce n’est qu’en 1971 qu’il commença à vendre des cup noodles. Pour en savoir davantage, vous pouvez regarder le drama Manpuku qui relate cette histoire.

On peut visiter gratuitement le musée, cependant il faut payer 300 yens pour réaliser sa propre cup noodle. On achète le pot, on le personnalise selon ses envies avec des feutres puis on peut choisir quatre ingrédients et la soupe que l’on souhaite ajouter aux nouilles instantanées. Ensuite on ferme, plastifie et c’est fini ! A consommer de préférence avant 1 mois.

Il est également possible de faire ses propres chicken ramen en commençant des la confection des nouilles ! Mais pour cela il faut réserver à l’avance, et concernant les enfants, il faut avoir minimum 6-7 ans.

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Au quotidien je ne mange pas de nouilles instantanées, mais c’était tout de même intéressant de connaitre l’origine des cup noodles car cela fait partie intégrante de la culture japonaise. J’y suis allée avec mon fils et il a beaucoup aimé pouvoir personnaliser et choisir les ingrédients au point qu’il a voulu déguster ses nouilles le soir même. Itadakimasu !

Et vous, vous en avez déjà mangé ? vous aimez ?

Plaques d’égouts japonaises, l’art au bout des pieds à Kobe

Il y a trois ans j’avais déjà rédigé un article sur les plaques d’égouts japonaises (ici) en y présentant quelques unes que j’avais vu à travers l’archipel et en y pointant les symboles de chaque ville que nous pouvions y voir dessus. Dans le même registre, j’ai voulu cette fois-ci me concentrer sur les plaques d’égouts de Kobe qui sont toutes très jolies et originales. Parfois, c’est aussi bien de regarder parterre car on peut y trouver de petites perles, puis concernant Kobe, si on fait attention aux détails, on peut aussi constater que la ville éparpille des miettes de son histoire un petit peu partout.

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La première plaque d’égout décorative de Kobe apparut en 1988 et se trouvait dans la ville thermale Arima-onsen représentant la rivière qui la traverse, les érables et le téléphérique qui mène au Mont Rokko. Ce n’est que par la suite que des plaques d’égouts décoratives représentant la ville de Kobe apparurent dans la ville portuaire et actuellement il en existe une dizaine. 

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On peut en trouver de très élaborées, mais aussi des « informatives » comme celle-ci qui indique la distance qu’il y a de son emplacement jusqu’au port et jusqu’au quartier Kitano qui se trouve coté montagne avec ses maisons étrangères, les ijinkan.

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En 2016 avait eu lieu le premier concours de design de plaques d’égouts dont le thème était « le port de Kobe« . Parmi les 159 propositions des habitants, voici les deux designs retenus qui ont eu l’honneur d’inaugurer ce premier concours. On constate que, bien que les styles soient très différents, ils correspondent parfaitement au thème.

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Le thème du deuxième concours de design de plaques d’égouts était « ce que j’aime à Kobe« , parmi les 85 propositions soumises, voici l’une des deux qui fut retenue. Mer et montagne, la tour de Kobe, son port rouvert depuis 150 ans, un panda pour le zoo Oji et un dauphin qui, je suppose doit faire référence à l’aquarium de Suma. Kobe est vraiment aimée de ses habitants, ils en sont fiers et on le voit partout ! 

 

Cette plaque fait référence au Luminarie, le festival de lumières qui a lieu en décembre en mémoire des victimes du grand tremblement de terre de 1995.

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On trouve aussi des plaques dites « touristiques » comme celles-ci. La première a été réalisée sous forme de médaille.

D’autres plaques sont reliées à des quartiers en particuliers. La première est rattachée au quartier de Motomachi, les lanternes font référence à celles que l’on trouve dans la longue galerie marchande et qui changent de style à chaque section. La deuxième est celle de la rue Sannomiya Center South street, qui après le séisme de 1995, fut réaménagée dans un style urbain plus moderne. La rue fut pavée tout en étant agrémentée de réverbères puis des magasins et des restaurants de style occidentaux s’y sont installés. La troisième toute mignonne représente la spatule que l’on utilise pour faire le Sobameshi, un mélange de yakisoba et de riz, qui est la spécialité du quartier de Nagata. La quatrième représente le zoo de Kobe, Oji qui permet effectivement d’y voir un panda.

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Cependant les plaques d’incendie ne sont pas des laissées-pour-compte, en effet on en trouve aussi à l’image de la ville maritime et rassemblant plein de ses symboles.

Si vous êtes des collectionneurs, sachez qu’il y existe même une collection de cartes à l’effigie des plaques d’égouts du Japon. Une autre façon de visiter sous forme de chasse au trésor !

 

Takenaka museum, le musée d’outils de charpenterie de Kobe

Le musée Takenaka fut ouvert en 1984 à Kobe. C’est le seul musée d’outils de charpenterie du Japon. Son but est de collecter et de conserver ces outils comme héritage culturel et de les présenter aux prochaines générations à travers des recherches et des expositions. Le musée en rassemble actuellement environ 1000, certains sont d’origines, d’autres des répliques.

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Les salles d’exposition se divisent en trois thèmes : l’histoire, la création et la transmission du savoir autour du travail du bois. On y découvre l’évolution des outils allant de l’age préhistorique à notre époque moderne, les techniques de charpente traditionnelle et l’évolution du travail du bois. Le Japon favorise l’utilisation de bois tendres alors qu’à l’étranger on a plutôt tendance à utiliser du bois dur, c’est pourquoi la forme et l’usage des outils divergent selon les pays ! Ainsi la charpenterie japonaise possède plus de 72 outils alors que côté français et allemand il n’y en a qu’une dizaine. La charpenterie japonaise traditionnelle se reflète dans la mentalité japonaise, la finesse et la beauté des outils ainsi que dans l’harmonie des constructions.

Le musée en lui-même est une oeuvre d’art. Les poutres du toit dans le hall, les escaliers qui mènent à l’étage inférieur, les murs fait en torchis, le sol du jardin intérieur qui est fait avec des tuiles de l’île d’Awaji, mais qui ont été refaçonnées sous forme de carrelage.

A l’intérieur on peut aussi y voir une maquette de la structure d’une salle de thé et une autre du bâtiment principal du temple Toshodaiji, situé à Nara, de plus de 7 mètres de haut ce qui permet de voir de près l’excellence des techniques de construction en bois du Japon. En effet, ici pas de vis, la technique traditionnelle japonaise réside dans le fait de créer des pièces au millimètre près afin que tout s’emboîte et s’assemble parfaitement. Une technique intelligente et impressionnante qui permet également de remplacer facilement des pièces abîmées ou usées par le temps.

A la fin de la visite, vient le moment de la pratique ! Un espace atelier permet à ses visiteurs de réaliser des jouets en bois ou sa propre paire de baguette. Accompagnés de professionnels, ils aident et guident afin de bien utiliser les outils nécessaires et pour réaliser au mieux cette pièce qui sera unique.

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