Undokai, la fête du sport

Le ciel était bleu, un léger vent se faisait ressentir et minimisait la chaleur du soleil. Sur le chemin de l’école, de nombreux enfants sont en route pour cette journée spéciale qu’ils ont tant préparé. Etant en moyenne section, mon fils est tout excité pour sa deuxième undokai et il a hâte de performer devant nous. Arrivés à la maternelle, il y a déjà foule, nous faisons la queue pour y entrer en montrant nos badges. Mon fils pose devant le panneau colorée indiquant « undokai » et part rejoindre sa classe. Les places sont déjà pratiquement toutes prises, cependant je cherche un coin d’ombre près de là où la classe de mon fils sera assise. Les enfants prennent place dans l’espace prévu à leurs exploits du jour. Ils se ressemblent tous avec leur tenue de gym et leur chapeau, seul leur dossard contenant leur nom les différencient. Alignés par classe, ils saluent le principal, récitent leur prière et font quelques mouvements d’échauffements sur fond de musique. Que le spectacle commence ! Les petites sections ouvrent le bal avec une course vers leur institutrice respective, les moyennes enchaînent avec une course puis les grandes avec un relais que les parents encouragent à plein poumons. Les petits reviennent danser, vêtues de leur costumes d’abeilles; ils font craquer l’assemblée. Vient le moment de faire participer les tout petits puis les primaires. Les moyens reviennent pour éblouir les spectateurs au rythme de la chanson Paprika en donnant plusieurs formes à leur parachute avec l’aide du vent. Les grands font pousser des cris d’admiration avec leur figures de gymnastique et leur rigueur. Enfin tout les enfants ne mélangent pour le jeu du tamaire pour ensuite clôturer cette journée avec la danse des grandes sections. Après un « arigatou gozaimasu » puissant pour remercier leur famille d’être venue, ils retournent dans leur classe. Nous, parents, nous aidons à ranger les bancs et à démonter les tonnelles qui les abritaient. Enfin, les enfants retrouvent leur famille, le sourire aux lèvres et un trophée dans les mains.

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La undokai est une fête sportive qui a lieu chaque année de la maternelle au lycée et de préférence au printemps ou en octobre. Elle a été mise en place par un instructeur britannique, Lucius Douglas, qui travaillait dans un lycée de Tokyo et qui proposa d’inclure de l’athlétisme au programme scolaire. La première undokai eut lieu en 1874 et cette pratique se rependit dans tout le Japon. De nos jours, c’est devenu une journée spéciale et importante pour laquelle les enfants s’entraînent durant plusieurs semaines et qui restera gravée dans leur mémoire. Par niveau d’études et par classes les enfants font divers activités sportives comme de la danse, des courses, des jeux, des relais, du tire à la corde et des figures de gymnastique. Ce dernier fait d’ailleurs débat car à cause de figures telles que les pyramides humaines, chaque année de nombreux élèves se blessent.

En effet, c’est un grand jour pour chaque famille où les parents, et parfois les grands-parents, viennent encourager leur petit héro du jour et ramène d’énormes bento pour tous le monde. C’est une journée chargée pour les enfants qui portent leur uniforme de gym ainsi que leur chapeau de sport dont la couleur différencie les filles des garçons. A chaque fois c’est les épreuves de relais qui soulèvent le plus d’engouement chez les parents qui hurlent le nom des enfants qui courent pour les encourager, attention à vos oreilles ! Les enfants donnent le meilleur d’eux-mêmes et sont contents que leur famille vienne les voir. A notre maternelle, il y a également un jeu pour les tout petits ainsi pour les premières années de primaire.

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L’année dernière mon fils a fait sa rentrée en maternelle et donc a participé à sa première undokai. En petite section, ils font un jeu de course avec leur parent, une danse et un tamaire qui est jeu où il fallait lancer des balles dans un haut panier. Honnêtement, je ne pensais pas que je serai autant émue en le voyant danser sur le thème de « La chenille qui fait des trous« . Il s’était donné à fond, il était trop mignon dans son petit costume. Je pense que c’était surtout le fait de me dire « wouah, on en est déjà là ». Comme il allait déjà en garderie, sa rentrée en maternelle ne m’avait pas touché à ce point, c’était une continuité. Je savais que les Japonais aimaient marquer les étapes de la vie et ce dès le plus jeune âge, mais maintenant je vis tout ça à travers mon fils, je prends d’avantage conscience de l’importance qu’ils y portent. C’est vraiment le fait de passer cette étape de la undokai qui m’a fait prendre conscience de l’évolution de mon fils et qui m’a rappelé que, dans cette même école, je venais aussi les années précédentes pour encourager mes neveux. Le temps file et les enfants grandissent si vite, c’est à la fois beau et douloureux. Autant voire grandir mon fils me rend fière et heureuse, autant parfois je me dis que j’aimerai bien que le temps s’arrête et qu’il reste comme ça.

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Même si chaque activité joue sur la compétition entre les classes, chaque enfant a reçu une récompense. Bref, c’est vraiment un événement convivial et familial que beaucoup attendent avec impatience et qui laisse toujours de bons souvenirs.

Pour écouter la chanson à la mode qu’on entend partout et qui a conquis le cœur des enfants, c’est par ici >> [ Paprika – Foorin]

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Tranche de vie, ce que j’aime faire l’été au Japon

Cette année la saison des pluies a pris un peu de retard, ce qui fait que l’été en a fait de même. Ce fut donc de longues semaines de pluie et d’humidité intense qui ne me donnaient pas du tout l’impression d’être en été ou en vacances avec tout ce que cela implique. Puis fin juillet, la canicule s’est installée, 37 degrés, mais 45 de ressenti avec des journées harassantes sous les rayons du soleil ainsi que des nuits encore bien chaudes et lourdes. Cependant, même si je déteste et surtout supporte de moins en moins la chaleur japonaise, voici un retour sur ces trois choses que j’aime faire en été au Japon. 

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花火

Hanabi, ou littéralement « fleur de feu », c’est joli, non ? Les feux d’artifices sont probablement l’attraction préférée des Japonais. Les gens se ruent, s’attroupent pour trouver LA place qui leur permettra de contempler au mieux le spectacle. Pour l’occasion les yukata sont aussi de sortie. Dans le calme plat, seuls le son des feux d’artifice résonne dans la nuit. Ces féeries nocturnes plongent ses spectateurs dans une bulle. Le temps d’un instant, ils ne pensent à rien et profitent juste du moment présent. Émerveillés par la beauté du tableau dont ils sont témoins, quelques « sugoi » et « kirei » ponctuent cet arrêt dans le temps. Hélàs, une fois le spectacle terminé, le retour à la réalité se fait sans attendre. Il ne leur reste plus qu’à braver les rues noires de monde et les trains bondés pour rentrer chez eux. 

Accompagnée de ma belle-famille, nous sommes allés voir le Naniwa Yodogawa Hanabi qui est le grand feu d’artifice d’Osaka qui a lieu sur la rivière Yodogawa. C’est un événement qui attire aussi énormément de monde et l’ayant vécu il y a 7 ans, je ne comptais pas m’y aventurer cette année, notamment avec mon fils, mais finalement mes beaux-parents ont pris des tickets pour avoir des places assises au bord de la rivière. Ainsi nous étions aux premières loges et le feu d’artifice était magnifique ! Pendant une heure, nous étions tous hypnotisés par ce spectacle, c’était vraiment grandiose. Pour le retour, nous avions attendu une heure sur place afin d’éviter le pire de la foule sur le chemin du retour et dans les trains. 

浴衣

Les yukata, ces légers kimono d’été en coton. Moins chaud, moins lourd et moins compliqué à mettre qu’un kimono, mais tout aussi élégant ! Tant de teintes et de motifs différents. Il suffit de la couleur du obi, d’un accessoire particulier, du choix du nœud du obi ou tout simplement de la coiffure pour en changer le style. Un seul yukata peut avoir plusieurs vies. Il suffit de se laisser guider par sa créativité et ses envies !

Puis bien sur, je n’ai pas manqué de faire ma sortie estivale en yukata avec mes amies françaises de Kyoto. J’ai encore du mal à bien mettre un yukata, mais j’avoue être contente d’au moins bien maîtriser le nouage du obi. Cette fois-ci nous sommes allées au jardin japonais Murin-An qui était ouvert au public pour quelques jours. C’était la première fois que j’y allais et c’est vraiment un bel endroit. Nous y avons aussi fait une pause boisson sur des tatami afin de nous rafraîchir et de contempler ce superbe jardin que j’ai trouvé tres apaisant.

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Les matsuri, ces festivals indissociables de l’été nippon. Les célèbres comme Gion Matsuri  à Kyoto ou Tenjin Matsuri  à Osaka attirent énormément de monde. Les petits de quartiers, eux, sont beaucoup plus conviviaux. Des lanternes éclairent les rues. Des stands proposent jeux, nourritures et boissons. Les kakigori aux goûts multicolores rafraîchissent les convives. Des musiques de danses traditionnelles Bon-Odori accompagnent le chant des cigales. Les yukata offrent des touches de couleurs à travers la nuit. Les gens s’amusent et profitent de ces nuits chaudes d’été.

Les matsuri, ces festivals qui animent l’été dans chaque ville et rassemblent tant de monde. Cette année je suis allée un petit peu au Tenjin Matsuri qui est un des trois plus grands festivals traditionnels du Japon. Lors de la procession, des volontaires portent le mikoshi qui est une sorte de sanctuaire portatif. Après avoir paradé plusieurs heures dans le quartier, ils le déposent sur une barque pour le faire défiler sur la rivière Okawa avec plusieurs bateaux.

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Kobe PR Ambassador

J’ai le plaisir et l’honneur de vous annoncer que j’ai été sélectionnée pour être ambassadrice de la ville de Kobe pendant une année !

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Kobe PR Ambassador est un organisme qui a vu le jour en 2017. Chaque année, il recrute 25 étrangers passionnés par leur ville d’accueil qui y habitent, y étudient ou y travaillent afin que ceux-ci la promeuvent via les réseaux sociaux. Leur but étant d’attirer plus de touristes étrangers, l’anglais prime ! Tout au long de l’année, Kobe PR organise des sorties et fait participer ses représentants à divers événements dans la ville maritime, que ce soient des lieux connus ou non, le tout est de faire davantage découvrir Kobe, notamment ce qui se fait au niveau local et d’en parler sur les réseaux sociaux.

Je l’ai déjà dit, mais j’aime Kobe. C’est une ville que j’aime énormément et qui m’a beaucoup apporté. Il y a une grande richesse et diversité culturelle qui fait qu’on se sent chez soi. Depuis plusieurs années maintenant, j’arpente ses rues pour découvrir et mieux connaitre la ville. Au bout de 7 ans je la connais quasi comme ma poche et via mon blog et instagram j’essaye aussi de montrer que Kobe ne se limite pas à son centre Sannomiya, le sanctuaire Ikuta, son quartier chinois et à son port. Au contraire, il y a beaucoup de choses à y faire et à voir, il faut juste savoir où aller. Quand j’ai découvert Kobe PR Ambassador, je me suis dit que c’était quelque chose pour moi car nous avions le même but et que devenir ambassadrice me permettrait également d’en apprendre davantage, que ce soit sur son histoire, sur la culture ou sur ses endroits à visiter.

L’année dernière je n’avais pas osé postuler parce que j’étais gênée par mon accent anglais très franchouillard. Puis 2019 arriva et j’ai finalement sauté le pas. J’ai envoyé ma candidature, passé l’entretien en anglais et aujourd’hui j’ai eu la cérémonie officielle à la mairie de Kobe en présence du maire et des autres ambassadeurs et ambassadrices. Après avoir fait connaissance, nous avons eu la cérémonie où le maire nous a remis en main propre notre certification d’ambassadeur, ensuite nous avons dû faire un petit speech chacun notre tour. Il en va de soi que devoir parler dans une langue étrangère devant une trentaine de personnes tout en étant filmés et avec une bonne dose de stress, ce ne fut pas une tâche facile. J’aurai été plus à l’aise de parler en japonais ! Cette année nous sommes 33 amoureux de Kobe venant de 16 pays différents et je peux dire en parlant au nom de tous, que nous ferons de notre mieux pour promouvoir Kobe en montrant que c’est une ville extra et riche culturellement qui mérite vraiment d’être visitée au moins une fois ! 

 

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Sakura, les fleurs de cerisiers crue 2019

Le printemps est arrivé. Les fleurs de cerisiers fleurissent petit à petit sur l’archipel. Les villes et les parcs se parent de touches de couleurs blanches et rosées. Comme chaque année, c’est avec impatience que les Japonais guettent la pleine floraison de ce symbole national afin de venir les contempler.

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Ainsi c’est au moment de leur apogée, qu’armés de leur appareil photo ses adorateurs viennent immortaliser leur beauté. Les Japonais ont une grande affection pour les sakura. Un symbole de renouveau, mais aussi et surtout de beauté éphémère, rappelant notre vie de mortel dont le destin est de tomber pour retourner à la terre.

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Dans les parcs, en pleine rue, pres des rivières ou en montagnes, tant de possibilités et de paysages à observer. Quand les cerisiers sont en fleur, tout est sublimé, leur présence suffit à nous émerveillés.

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Sakura, petites fleurs, aux pétales délicates et fragiles dont la vie ne tient qu’à un fil. L’union fait la force, ensemble elles nous en mettent plein les yeux et semblent invincibles. Cependant, un coup de vent suffit à les faire tomber en disgrâce. Elles s’envolent, tourbillonnent, dansent au gré du vent avant de connaitre une chute fatale. Quand leur heure est venue, elles tapissent nos rues, ou voguent sur les cours d’eau pour un dernier voyage.

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Ainsi, de part cet attachement aux fleurs de cerisiers, il existe de nombreuses chansons à leur sujet. En voici quelques-unes, probablement les plus connues. Est-ce que les connaissiez deja ou en connaissez-vous d’autres ?

SakuraIkimonogakari  🌸 さくら・いきもの がかり

Sakura – Naotaro Moriyama 🌸 桜・森山直太朗

Sakura – Kobukuro 🌸 桜・コブクロ

Noël en Alsace

Cette année je suis rentrée en France pour y passer les fêtes de fin d’année avec ma famille. Quel bonheur de retrouver ma famille et quel plaisir de retrouver ces paysages et ces goûts si familiers qui ont marqué mon enfance et qui sont si profondément ancrés dans ma mémoire. L’Alsace, ses paysages, ses jolies maisons à colombages, ses marchés de noël, ses décorations, son odeur de sapin, de pain d’épice et de vin chaud qui nous titillent les narines, bref, difficile de ne pas être envahi par une vague de nostalgie. 

Le marché de noël d’Eguisheim est certes petit, mais aussi plein de convivialité. Dans la nuit noir le village scintillait de milles lumières et couleurs. Certaines rues faisaient presque penser à un conte de fée, c’était magique. Mon fils avait des étoiles plein les yeux et ne savait plus où regarder.

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Colmar, cela faisait environ 10 ans que n’y avais pas mis les pieds et ce fut très agréable de redécouvrir la ville en se perdre dans ses rues joliment décorées, j’avais oublié de son marché de noël était si beau. Là aussi mon fils, un bretzel à la main, était ravie de cette découverte et ne faisait que répéter « regarde maman, ça brille, regarde maman, c’est joli ».

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Strasbourg, la célèbre capitale alsacienne réputée pour son marché de noël que l’on ne présente plus. Malheureusement touchée par la bêtise humaine alors qu’elle était à son apogée en pleine période de noël, c’était un passage obligé pendant mon séjour en France. D’ailleurs, je fut touchée de voir que les fleurs et bougies en hommage aux victimes étaient toujours présentes sur la place Kléber. Bien que je n’y ai habité que 2 ans, cette ville occupe une place particulière dans mon cœur. Déambuler dans ses rues faisaient remonter des souvenirs de ma vie d’étudiante, je fut ravie de la faire découvrir à mon fils et bien sûr, c’est toujours un plaisir de saluer la maîtresse des lieux !

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J’espère que vous avez tous passé de bonnes fêtes de fin d’année.

Meilleurs vœux, joie et santé pour 2019, l’année du sanglier !

Si vous êtes du signe du sanglier, ce sera l’occasion de tout tenter et de vous surpasser, qui sait, vos projets auront surement plus de chance de se réaliser ^^

Au coeur du typhon Jebi

2018, une année ravageuse pour le Japon. Après le fort séisme d’Osaka, les inondations, plusieurs typhons et la canicule, voilà un super typhon qui touche le pays. Mère Nature n’aura pas été clémente.

Le typhon 21 a fortement marqué son passage dans la région du Kansai. Le plus puissant que le Japon ait connu depuis 25 ans avec des rafales à 200km/h ! Aéroports inondés, panneaux voire toitures qui s’envolaient à tout va, voitures et camions renversés, écoles et magasins fermés, trains à l’arrêt. Les images parlent d’elles-mêmes, une vision apocalyptique ! C’est toujours aussi impressionnant. A présent le typhon Jebi continue sa course folle vers le nord de l’archipel,

Dans mon quartier, pas de gros dégâts, juste beaucoup d’arbres amputés et une coupure de courant qui dure depuis hier après-midi 15:00. Le soir nous sommes allés acheter des bentos près de la gare et avons dîné aux chandelles à la maison. La nuit fut chaude et humide, la douche froide salvatrice. Le téléphone portable est notre seul moyen de communication et nous rapporte la violence de l’Indésirable.

Ce matin, au réveil, toujours pas d’électricité. Cependant la vie reprend son court, les trains circulent, les écoles rouvrent, il ne reste plus qu’à ramasser les dégâts. C’est finalement plus tard dans la matinée que le courant a été rétabli, soit 20h plus tard ! Une expérience qui met davantage en avant notre dépendance à l’électricité, on est vite perdu sans alors que les gens d’autrefois s’en sortaient très bien. Bref, espérons que ce typhon soit le dernier message de Dame Nature de l’année 2018 !

Festivités d’été au Japon

Au Japon, qui dit été dit aussi yukata, hanabi (feu d’artifice), kakigori (glace pilée) et matsuri (festival). Bien que je n’aime pas l’été japonais à cause de son insupportable chaleur, j’apprécie tout de même les réjouissances estivales de cette saison.

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Les yukata, ces légers kimono d’été en coton. Moins chaud, moins lourd et moins compliqué à mettre qu’un kimono, mais tout aussi élégant ! Tant de teintes et de motifs différents. Il suffit de la couleur du obi, d’un accessoire particulier, du choix du nœud du obi ou tout simplement de la coiffure pour en changer le style. Un seul yukata peut avoir plusieurs vies. Il suffit de se laisser guider par sa créativité et ses envies !

En mai dernier, j’en ai acheté deux à la brocante du temple Tennoji d’Osaka pour seulement 5 euros. J’ai eu un  gros coup de cœur pour ce superbe yukata blanc aux hortensias rouges. Amoureuse du rouge, je n’ai pas pu résister, c’était comme une évidence, il était là pour moi ! Je l’ai inauguré lors d’une sortie à Kyoto avec deux amies françaises. Nous sommes allées visiter un musée de kimono. Celui-ci est très petit et j’avoue que nous ne fument pas du tout bien accueilli, mais bon… Nous avons eu droit a une petite visite pour voir comment sont confectionnés les obi, les ceintures de kimono, les différentes techniques utilisées etc. C’était intéressant et les obi étaient vraiment beaux.

 

 

* Site du musée, Orinasukan

 

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花火

Hanabi, ou littéralement « fleur de feu », c’est joli, non ? Les feux d’artifices sont probablement l’attraction préférée des Japonais. Les gens se ruent, s’attroupent pour trouver LA place qui leur permettra de contempler au mieux le spectacle. Pour l’occasion les yukata sont aussi de sortie. Dans le calme plat, seuls le son des feux d’artifice résonnent dans la nuit. Ces féeries nocturnes plongent ses spectateurs dans une bulle.  Le temps d’un instant, ils ne pensent à rien et profitent juste du moment présent. Emerveillés par la beauté du tableau dont ils sont témoins, quelques « sugoi » et « kirei » ponctuent cet arrêt dans le temps. Hélàs, une fois le spectacle terminé, le retour à la réalité se fait sans attendre. Il ne leur reste plus qu’à braver les rues noires de monde et les trains bondés pour rentrer chez eux. 

Cette année mon fils et moi sommes allés voir le hanabi de Kobe qui avait lieu au port le même jour que celui d’Osaka. Voulant éviter la foule, j’ai préféré admirer le feu d’artifice depuis le couloir du building ou je travaille, soit depuis le 17eme étage. Nous avions une belle vue, c’était magnifique. J’aime les feux d’artifices japonais. Ils sont si beaux, si haut et durent longtemps, environ 1 heure ! Un vrai régale pour les yeux. Nous sommes aussi partis avant la fin du spectacle afin de ne pas être coincés comme des sardines dans le train du retour.

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Les matsuri, ces festivals indissociables de l’été nippon. Les célèbres comme Gion Matsuri  à Kyoto ou Tenjin Matsuri  à Osaka attirent énormément de monde. Les petits de quartiers, eux, sont beaucoup plus conviviales. Des lanternes éclairent les rues. Des stands proposent jeux, nourritures et boissons. Les kakigori aux goûts multicolores rafraîchissent les convives. Des musiques de danses traditionnelles Bon-Odori accompagnent le chant des cigales. Les yukata offrent des touches de couleurs à travers la nuit. Les gens s’amusent et profitent de ces nuits chaudes d’été.

Mon fils et moi sommes allés au matsuri de notre quartier avec des ami/es. Un kakigori à la fraise, deux-trois petits jeux, des rires et sourires à gogo et le tour est joué, de quoi avoir de jolis souvenirs de l’été de ses quatre ans !

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L’été japonais

L’été japonais, c’est l’enfer sur terre. La chaleur, une horreur. Son alliée, l’humidité, amplifie ce calvaire. Elle m’étouffe. Elle m’écrase. Le chant des cigales rythme ces journées sous le cagnard. Tel un vampire, je crains le jour et fuis le regard assassin du soleil. Chaque sortie est un supplice, ses rayons me fouettent, sa lumière m’aveugle, son regard me brûle et marque ma peau. Je suis à sa merci. Mon esprit n’est que souffrance. Telle une glace, je fonds. Des gouttes ruissellent constamment le long de mon corps. A chaque pas je me liquéfie d’avantage. Je meurs à petit feu. L’été japonais, je le hais, je le maudis.

La nuit, je revis. La nuit, c’est mon amie. Je l’aime, je la chérie et la remercie du peu de fraîcheur qu’elle apporte. Une fois les assaillants au repos, je prends plaisir à sortir de mon terrier. J’aime sentir le vent du soir me caresser le visage et apprécier la bienveillance de la lune. Libre de mes pensées, j’oublie ma douleur et je m’éternise sous sa lueur. Les festivals nocturnes redonnent le sourire et chantent sous les étoiles. La nuit panse les maux et apaise les cœurs. 

Quand la terre tremble à Osaka

Lundi matin. Assise sur mon canapé, je consulte mes mails. Tout à coup, vers 8h mon portable sonne. Non il hurle. Un hurlement affreux. De quoi faire une crise cardiaque. La sonnerie tant redoutée de tous. A peine son cri se fait entendre que le monstre se manifeste. Son râle résonne. La terre tremble. Je vois mes cadres photos tomber du mur. La maison bouge de gauche à droite. Je réalise. J’ai peur. Je panique. J’ai du mal à respirer. J’appelle mon mari. Il dit de rester tranquille, de ne pas bouger malgré l’intensité non négligeable du colosse. Je pense à mon fils qui dort encore. Je file à l’étage pour le voir. Puis le calme revient. Mon petit prince à les yeux grand ouvert. Il ne bouge pas. Perdu dans ses pensées, il vient de vivre son baptême sismique. Bref, on a eu un séisme.

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Mon mari part travailler. Mon fils déjeune. Il n’ira pas à l’école aujourd’hui. Je regarde les informations sur la chaîne NHK. Je vois Osaka  secouée dans tous les sens. Les autoroutes suspendues se balancent. Une route est brisée. Les trains sont bloqués. Des gens poirotent dans les gares. D’autres sortent des trains et longent les rails. Une petite fille a perdu la vie. Deux hommes âgés également. Plusieurs personnes sont blessés. La sirène des pompiers retenti. L’antre du monstre se trouve sur la faille d’Arima-Takatsuki dans la préfecture d’Osaka. Une magnitude de 6 est annoncée. La nuit, je me couche la boule au ventre. A minuit et demi une première réplique de magnitude 4 me réveille. Mon fils a peur. Il vient dormir avec moi. A 5h une autre secousse de magnitude 3 se fait ressentir. Elle est plus légère. Je me rendors.

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Mardi matin. Je dois aller tôt à Kyoto. A 56km de mon fils. J’espère que tout ira bien. Je prends le train. Il doit passer pres de l’antre du démon. Le wagon est bondé. Je suis collée contre la fenêtre de la porte. Takatsuki approche. J’aperçois des maisons traditionnelles japonaises. Certaines ont le toit éventré. D’autres l’ont recouvert d’une bâche bleue. Les séismes, si imprévisibles et destructeurs. Dans la région du Kansai, ils se font rares. On oublie facilement que le Japon est un pays à risques. De ce fait, c’est encore plus impressionant. Le dernier gros du Kansai remontre à avril 2014. Il provenait de l’île d’Awaji qui fait face à Kobe. Il était d’une magnitude de 5. Sa faille est d’ailleurs la responsable du grand tremblement de terre de 1995. Nous ne sommes toujours pas à l’abris d’autres répliques, restons prudents.

Escapade à Tokyo

Ma mère nous a rendu visite pendant deux semaines. Mon fils, qui la réclamait chaque jour depuis notre retour de France en Août dernier, était heureux comme tout de la retrouver. Pour ce cinquième séjour en terre nippone, j’ai enfin fait un peu découvrir Tokyo à ma mère et mon fils était ravi de prendre le shinkansen. Bien qu’y ayant vécu 3 mois et que j’y garde de chouettes souvenirs, je n’avais pas envie d’y retourner. Trop grand, trop de monde, trop cher et trop compliqué niveau trains et métros. Je préfère définitivement les plus petites villes. Ma mère a bien aimé Tokyo même si elle trouve également que c’est une ville fatigante. Pour cette première fois dans la capitale, je lui ai fait visité les endroits touristiques classiques. Voici donc un résumé de nos trois jours tokyoïte. Shibuya, Asakusa, Harajuku, la Tour de Tokyo et le temple Gotokuji étaient au programme ! 

SHIBUYA

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TEMPLE GOTOKUJI 

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ASAKUSA – LE TEMPLE SENSOJI

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VUE SUR TOKYO DEPUIS LA TOUR DE TOKYO

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LA TOUR DE TOKYO

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Lors de ce petit séjour express, j’ai découvert les Space Invaders, ces dessins en mosaïques, dont le créateur s’amuse à en disséminer dans les plus grandes villes du monde entier. Mon esprit de collectionneuse a pris le dessus, du coup j’ai installé l’application qui permet de les répertorier et j’en ai trouvé trois dans le quartier de Shibuya. Vous connaissiez ?

Puis j’en ai surtout profité pour me faire tatouer pour la première fois par les doigts de fée de Hachi. C’est une tatoueuse française qui habite au Japon depuis un moment déjà, elle est très talentueuse et a ouvert sa boutique Artemis Tattoo au printemps dernier donc si vous êtes amateurs de tatouages, n’hésitez pas à la contacter, elle se fera une joie de donner vie à vos envies.

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Vous pouvez aussi la contacter par mail : tattooinjapan@gmail.com

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