Plaques d’égouts japonaises, l’art au bout des pieds à Kobe

Il y a trois ans j’avais déjà rédigé un article sur les plaques d’égouts japonaises (ici) en y présentant quelques unes que j’avais vu à travers l’archipel et en y pointant les symboles de chaque ville que nous pouvions y voir dessus. Dans le même registre, j’ai voulu cette fois-ci me concentrer sur les plaques d’égouts de Kobe qui sont toutes très jolies et originales. Parfois, c’est aussi bien de regarder parterre car on peut y trouver de petites perles, puis concernant Kobe, si on fait attention aux détails, on peut aussi constater que la ville éparpille des miettes de son histoire un petit peu partout.

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La première plaque d’égout décorative de Kobe apparut en 1988 et se trouvait dans la ville thermale Arima-onsen représentant la rivière qui la traverse, les érables et le téléphérique qui mène au Mont Rokko. Ce n’est que par la suite que des plaques d’égouts décoratives représentant la ville de Kobe apparurent dans la ville portuaire et actuellement il en existe une dizaine. 

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On peut en trouver de très élaborées, mais aussi des « informatives » comme celle-ci qui indique la distance qu’il y a de son emplacement jusqu’au port et jusqu’au quartier Kitano qui se trouve coté montagne avec ses maisons étrangères, les ijinkan.

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En 2016 avait eu lieu le premier concours de design de plaques d’égouts dont le thème était « le port de Kobe« . Parmi les 159 propositions des habitants, voici les deux designs retenus qui ont eu l’honneur d’inaugurer ce premier concours. On constate que, bien que les styles soient très différents, ils correspondent parfaitement au thème.

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Le thème du deuxième concours de design de plaques d’égouts était « ce que j’aime à Kobe« , parmi les 85 propositions soumises, voici l’une des deux qui fut retenue. Mer et montagne, la tour de Kobe, son port rouvert depuis 150 ans, un panda pour le zoo Oji et un dauphin qui, je suppose doit faire référence à l’aquarium de Suma. Kobe est vraiment aimée de ses habitants, ils en sont fiers et on le voit partout ! 

 

Cette plaque fait référence au Luminarie, le festival de lumières qui a lieu en décembre en mémoire des victimes du grand tremblement de terre de 1995.

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On trouve aussi des plaques dites « touristiques » comme celles-ci. La première a été réalisée sous forme de médaille.

D’autres plaques sont reliées à des quartiers en particuliers. La première est rattachée au quartier de Motomachi, les lanternes font référence à celles que l’on trouve dans la longue galerie marchande et qui changent de style à chaque section. La deuxième est celle de la rue Sannomiya Center South street, qui après le séisme de 1995, fut réaménagée dans un style urbain plus moderne. La rue fut pavée tout en étant agrémentée de réverbères puis des magasins et des restaurants de style occidentaux s’y sont installés. La troisième toute mignonne représente la spatule que l’on utilise pour faire le Sobameshi, un mélange de yakisoba et de riz, qui est la spécialité du quartier de Nagata. La quatrième représente le zoo de Kobe, Oji qui permet effectivement d’y voir un panda.

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Cependant les plaques d’incendie ne sont pas des laissées-pour-compte, en effet on en trouve aussi à l’image de la ville maritime et rassemblant plein de ses symboles.

Si vous êtes des collectionneurs, sachez qu’il y existe même une collection de cartes à l’effigie des plaques d’égouts du Japon. Une autre façon de visiter sous forme de chasse au trésor !

 

Kobe graffiti, le street art de la ville portuaire

De nos jours, quand on est dehors on ne regarde plus ce qui nous entourent. Soit on est focalisé sur nos pensées soit nos yeux sont hypnotisés par nos téléphones portables. On oublie de lever la tête, de regarder autour de nous et parfois l’on passe à cote de belles choses.

Squattant souvent le port de Kobe, j’étais toujours intriguée par une des peintures qui s’y trouve. Celle de cette femme en photo principale de l’article, je ne saurais dire pourquoi, mais son regard me captive et j’adore l’harmonie des couleurs. Puis un jour, je me suis dis que j’allais fouiner pour voir s’il y avaient d’autres fresques murales dans la ville. En effet, j’en ai trouvé plusieurs, dont deux devant les quelques je passe souvent pour aller au boulot, mais comme dit plus haut, comme beaucoup, mon regarde était bloquée sur mon écran, alors j’ai range mon téléphone et je me suis mise en quête des autres.

J’ai découvert que la majorité de ces œuvres étaient le fruit de l’imagination du groupe d’artistes contemporains Pow! Wow! et qu’ils avaient laisser leurs traces de leur passage à Kobe l’automne 2017. Et oui c’est tout récent ! Leur but étant de promouvoir l’art et la créativité, ils organisent également des expositions d’art, des concerts etc, mais leur plus gros projet est les fresques murales. Ainsi ils parcourent le monde pour donner un peu de couleurs à nos villes comme à Hawai, en Taiwan, en Corée du Sud, dans plusieurs coins des Etats-Unis et au Japon, à Tokyo, Osaka et Kobe.

Certaines de leurs œuvres sont visibles de par leur emplacement, mais d’autres se font plus discrètes, voire sont plus ou moins cachées. Seuls ce qui savent peuvent les trouver, ou sinon il faut vraiment être à l’affût de la moindre trace de couleurs, mais pour cela il faut d’abord ne pas avoir son nez rivé sur son portable. Les trois qui sont au centre ville et une du port sont les plus facilement repérables. Les autres, ils sont dissimulées, dans un quartier peu fréquenté par les touristes, derrière un bâtiment, dans une impasse.

Si vous êtes amateurs d’art, venez visitez Kobe via un jeu de pistes sur le thème du street art. Celui-ci vous fera déambuler à travers la ville, partant du centre ville de Sannomiya, passant par le quartier de Motomachi, pour enfin finir votre course au port, avec comme récompense de votre longue marche, la vue et le bruit de la mer pour vous revigorer. 

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 ↑・↓ WHOLE 9 Hitch / Simo  – Sannomiya Center Plaza ↑・↓

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Celui ci   ne fait pas parti du projet POW WOW, mais il se trouve à quelques rues du smiley    et comme il me plait beaucoup de part ses couleurs et la texture plâtrée du mur j’ai quand même voulu l’intégrer à l’article.

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Voyons maintenant ceux qui trouvent au port.

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Defer – Harbor Studio 

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Furoshiki 風呂敷 l’art de l’emballage à la japonaise

Noël approche à grands pas, du coup je me suis dis que ça serait intéressant de vous parler des furoshiki qui pourront vous donner des idées pour emballer vos cadeaux d’une façon non seulement originale et élégante, mais aussi écologique et économique ! 

Les furoshiki sont des carrés de tissus utilisés pour emballer et transporter toutes sortes d’objets, des vêtements, de la nourriture, des cadeaux, des bento, des bouteilles, etc. Cette technique d’emballage traditionnelle existe au Japon depuis des centaines d’années et son origine remonterait à l’ère Edo. En effet, à cette époque les Japonais avaient surtout l’habitude d’y transporter leurs affaires lorsqu’ils allaient aux sento, aux bains publics. D’ailleurs, on retrouve cette habitude dans beaucoup d’hôtels japonais disposant de bains publics et/ou de onsen, ce qui fait que dans les chambres on y trouve souvent un ensemble yukata accompagné de serviettes avec soit un petit sac en plastique à fermer avec une corde soit avec un sac façon furoshiki à nouer. Puis avec le temps cette pratique s’est étendue à tous les objets du quotidien. Ainsi il existe une dizaines de techniques d’emballage selon la forme de l’objet et/ou le rendu souhaité. 

Il y a tellement de sortes de tissu et ils sont tous plus beaux les uns que les autres, il y en a pour tous les goûts et de tous les styles, alors c’est impossible de ne pas trouver son bonheur ! Pour ma part, j’ai une préférence pour le tissu japonais chirimen, qui est un tissu de crêpe, en soie ou en coton. Là aussi il existe plusieurs variantes, là dedans je préfère le chirimen au tissage vrillé qui donne un aspect de vaguelettes à la surface du tissu. J’ai peu de tissus furoshiki car je ne m’en sert pas, ceux que je possède m’ont été offert. Comme pour l’origami, le pliage de papier, les Japonais sont très créatifs. Si vous voulez tenter, youtube regorge de vidéos tuto pour faire des emballages un peu plus originaux comme en forme de fleur ou de lapin

Emballage classique pour les bento.  

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Emballage pour des boites, pour offrir. Si les tissus ont des motifs, on s’arrangera toujours pour les mettre en valeur. 

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Furoshiki reçu dans un hotel, pour y transporter nos affaires pour aller aux onsens.

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Emballage un peu plus élégant.

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Emballage pour bouteilles.

 

Exposition My Soul Forever de Yayoi Kusama

Ce mois-ci je suis allée voir l’exposition My Soul Forever de Yayoi Kusama qui se tient au musée forever d’art contemporain de Gion à Kyoto du 10 juin 2017 au 25 février 2018. C’est une artiste japonaise que j’aime beaucoup, je suis tombée amoureuse de son univers coloré lorsque j’ai découvert ses superbes citrouilles sur l’île de Naoshima. Récemment elle a ouvert un musée à Tokyo dans le quartier de Shinjuku, j’aimerai pouvoir y aller un jour. 

Les célèbres citrouilles de Naoshima ici 

 

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Voici une petite présentation de Yayoi Kusama. C’est une artiste contemporaine Japonaise, avant-gardiste, peintre, sculptrice et écrivain. Agée de 88 ans elle est née en 1929 à Matsumoto dans la préfecture de Nagano. Elle a aussi exposé à Paris et à New York. Elle peint depuis l’age de 10 ans, c’est une véritable passion qui lui permet d’extérioriser ses névroses et ses angoisses en reproduisant en plusieurs exemplaires ce qui l’effraie. Ainsi on retrouve beaucoup dans ses œuvres des formes phalliques et surtout des pois, qui sont d’ailleurs devenus sa marque de fabrique. Elle a un univers très colorée aux couleur vives. En plus de tableaux, elle n’hésite pas à se mettre en scène et étend son style aux vêtements, aux accessoires, aux objets de décoration voire à la vaisselle. 

Photos de l’exposition My Soul Forever

Il était autorisé de ne prendre que certaines œuvres en photos, ainsi si vous êtes dans la région du Kansai, n’hésitez pas à y faire un tour, ou encore mieux à aller voir son musée à Tokyo !

 

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Okayama – Naoshima 直島, l’art à porter de main

Naoshima est une île d’art qui se trouve dans la préfecture d’Okayama. L’île est accessible par ferry soit depuis Takamatsu, île de Shikoku, soit depuis le port de Tamano, préfecture d’Okayama. C’est une petite île tres connue pour ses nombreux musées et sculptures d’art contemporain qui y sont dispersés. Ses symboles sont les deux célèbres œuvres de Yayoi Kusama, qui sont des citrouilles géantes et colorées scrutant l’horizon. 

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Oeuvre de Yayoi Kusama

L’hôtel, Benesse House, se divise en quatre. Le premier, Opal, et le deuxième Museum, se trouvent dans le musée même, leurs chambres donnent sur la mer et sont interdit aux enfants de moins de 6 ans. Le troisième, Beach, est face à la mer et apparemment parfait pour les familles car les chambres sont plus spacieuses. Le quatrième, Park (le notre), est à 5min à pied de la plage, les chambres donnent sur un parc avec des sculptures multicolores (photos ci-dessous) et accepte les enfants en bas age. Le restaurant et son bar-terrasse donnent sur la mer, lors du dîner nous avons eu droit à un superbe coucher de soleil. Sur l’île il y a aussi des guest-house et il est également possible de loger chez l’habitant voire de séjourner dans des yurts mongoles en bord de mer! 

Sur l’île il y a plusieurs musées, mais nous n’en avons fait que deux, le Chichu Art Museum et le Benesse Art Museum. L’art c’est une affaire de gout, on aime ou on aime pas. Mon mari et moi n’avons pas trop accroché à l’art contemporain que ces deux musées exposaient (photos interdites mais vous en trouverez facilement sur le net), de ce fait nous ne nous y sommes pas attardés et sommes aussi allés profiter de la plage. Vu les 45 degrés qu’il  faisait, un détour par la plage en fin d’après-midi s’imposait, l’eau était bonne, c’était tres agréable. Je m’y suis baignée avec mon fils. J’ai constaté qu’on y a pieds assez longtemps, au point de pouvoir voir de petits poissons de près, par contre, il y a beaucoup d’algues, du coup pour avancer il faut trouver son chemin tel un labyrinthe et faire attention de ne pas glisser.

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C’était un agréable séjour, tout comme pour Shirahama (ici), j’ai vraiment eu un coup de cœur pour Naoshima et j’espère y retourner un jour et en profiter pour voir les choses que je n’avais pas vu cette fois-ci. Comme vous devez vous en douter je vous conseille fortement d’y faire un tour !

Kobe Trick Art Museum

Cette semaine je suis allée au Trick Art Museum de Kobe qui est un musée sur l’art des illusions d’optique et des trompe-l’œil. Il a été rénové le mois dernier et se trouve a Sannomiya dans le quartier Kitano qui regroupe plusieurs jolies maisons européennes qui sont soit des musées, soit des cafés soit des boutiques. L’entrée du musée est de 800¥ pour les adultes et de 200¥yens pour les enfants.

Les expositions se composent de quatre zones : spécial Kobe, illusions, l’aquarium sans eau et les œuvres célèbres. Le musée est petit, mais on s’y prend vite au jeu, c’est vraiment sympa au point qu’on est déçu quand la visite se termine. Je le conseille à tout le monde, donc si vous habitez dans les environs ou si vous êtes juste de passage à Kobe, n’hésitez pas à y faire un tour.

* Voici le site du musée  TrickArtMuseum

Pour cette fois, j’ai mis le copyright au milieu des photos car on y voit mon fils, ça les  gâche peut être, mais tant pis.

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Plaques d’égouts japonaises, art de rue

Saviez-vous qu’au Japon, chaque ville a ses plaques d’égouts et d’incendie personnalisées qui représentent les symboles de la ville. Jolies, originales, parfois colorées, se sont de vraies œuvres d’art ! On pourrait presque les collectionner, encore faut-il penser à les photographier, voire tout simplement à les remarquer, lorsqu’on visite telle ou telle ville.

En voici quelques exemples que j’ai photographié dans les villes aux alentours de chez moi.

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Osaka, on trouve la première qui représente le magnifique château d’Osaka sous les cerisiers et la deuxième qui montre le château surplomba un bateau qui navigue sur la rivière Ogawa.10521218_10152554097718685_1706229132_n

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A Nishinomiya, on trouve celle-ci qui représente le célèbre stade de Baseball Koshien et une distillerie de Sake car la ville est aussi connue pour en avoir plusieurs nombreuses.20140403_113354

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A Himeji nous trouvons celle-ci représentant tout simplement son château de Himeji.

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A Kobe, sur cette plaque d’incendie, il y a beaucoup de symboles de la ville qui y sont représentés : la tour de Kobe au port, le Mont Rokko et sa cascade survolées par le téléphérique, un verre de vin et une grappe de raisin pour le petit vignoble qu’il y a la montagne, le pont Akashi sous un feu d’artifice, la tour de la maison Kazamidori mascotte du quartier « européen » et deux moutons faisant référence à la petite ferme qu’il y a aussi à la montagne. Rien que ça pour vous donner une idée de tout ce qu’il est possible de visiter à Kobe ! N’hésitez pas à tourner la tête ou la photo pour mieux distinguer les dessins.20140424_143300

Sur cette plaque d’égout, nous pouvons distinguer la tour de Kobe avec à coté dans le fond la maison Kazamidori qui représente au quartier Ijikan des maisons étrangères, un avion faisant référence à son aéroport, la grande roue et les bateaux pour son port et la montagne dans le fond avec le symbole de la ville et l’ancre pour son port à nouveau.

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A Okayama, on peut croiser Momotaro, petit héro d’une légende populaire de la région. Pour en savoir plus sur ce conte, je vous invite à lire cet article où j’en parle lors de mon passage sur les lieux où se passe l’histoire.CIMG2441

A Takarazuka, nous trouvons celle-ci représentant des clochettes et des sumire, des violettes, qui sont les symboles de la musique et de la culture de la ville. En effet, cette ville est connue pour sa compagnie de théâtre Takarazuka Revue composée uniquement de femmes non mariées et pour le musee Osamu, mangaka de Astro boy. 

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