#Histoires Expatriées : Vision de la France et des Français au Japon

Nous avons tous des à priori sur les autres pays et ethnies, certains peuvent s’avérer vrais, d’autres pas du tout. Ainsi pourquoi ne pas se pencher sur ce que notre peuple d’adoption pensent de nous, Français, les mangeurs de grenouilles que nous sommes et qui ne jurent que par le fromage qui pue. A votre avis, selon le pays, les clichés divergent ou se rejoignent ?

Bienvenue pour ce nouveau rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis 
l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Je suis la marraine du mois et j'ai choisi pour thème,
 la vision de la France et des Français dans notre pays d'adoption. 

 

La France fait rêver, mais pas que !

Pour les Japonais, la France c’est la mode, de l’élégance, du romantisme, de la bonne cuisine, Paris, mais aussi des grèves, des retards de train et, plus récemment, de la peur à cause des attentats terroristes dont plusieurs villes françaises ont été victimes.
Quand je demande aux Japonais qui ont voyagé dans l’Hexagone ou ils sont allés, c’est là aussi à peu près toujours les mêmes destinations ; Paris, le Mont St Michel, et parfois, la Provence, voire Nice. Parmi ceux qui vont visiter la capitale française, certains s’amusent aussi à aller dans le célèbre café de Amélie Poulain, filme qui entretient cette image qui fait rêver les Japonais.

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Le français, c’est classe

Bien que ce soit une des langues les plus difficiles à apprendre, le français a la cote et c’est chic. Que ce soit à l’université ou dans des écoles de langue, ils sont tout de même nombreux à essayer de l’apprivoiser. Beaucoup de restaurants, de magasins de prêt-à-porter et de pâtisseries portent des noms en français. On en trouve aussi sur des couvertures d’agendas ou sur des sacs. Le problème, c’est que la plupart du temps, ce n’est pas la langue de Molière que nous retrouvons, mais du bon franponais ! Parfois cela se limite à quelques fautes d’orthographes, mais d’autres fois c’est du charabia, des mots alignés qui ne donnent aucun sens à la phrase. Un karaoke qui s’appelle Monotone, un coiffeur nommé Jouir ou un magasin ayant pour nom Bon mercerie de Anateliér. Bref, être Français au Japon c’est parfois trouver de belles perles de franponais qu’on est toujours ravie de partager avec ses compatriotes.

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Les Français et les Françaises

Les chiffres de décembre 2017 indiquaient que 10 252 Français résidaient au Japon, depuis je suppose que cela a surement augmenté. Au Japon, les caucasiens ont tendance à passer pour des Américains voire des Russes. Alors quand on me demande d’ou je viens et que je réponds être française, c’est à peu près toujours les mêmes réactions ;  « ooh la France, c’est super! », « j’adore la France », « j’ai visité Paris », « j’ai un peu étudié le français, mais c’était difficile », « vous êtes de Paris? » « c’est pour ça que vous êtes belle ». D’ailleurs, concernant ce dernier compliment, peu importe ce qu’on portera, on nous dira être élégant, le chic à la française quoi. Bref on a du succès et l’on est mieux accueilli que certaines autres ethnies, même si selon eux on s’excuse peu.

Dernière anecdote en date. Après une réunion à la maternelle de mon fils, une maman que je ne connaissais pas est venue m’accoster avec une autre. Elle m’a demandé si c’était vrai qu’en français, les mots étaient considérés comme masculin ou féminin. Après avoir confirmé, elle m’a demandé de dire ça en français… Elle me regardait avec des yeux pétillants, était tout excitée d’avoir entendu du français et avait même applaudi ! Sur le moment, je me sentais comme une bête de foire, observée et applaudi après un tour. Les Japonais sont si doués pour exagérer certaines de leur réactions.

 

Les coutumes françaises

Pour les Japonais, tous les Français aiment le vin, le pain et le fromage et en consomment tous les jours. Alors quand j’ose leur dire que personnellement, c’est assez rare que je boive du vin ou mange du fromage, ils sont choqués et me disent que je ne suis pas une vraie Française alors que j’adore les marinières, porte un béret en hiver et raffole du pain ! Leur visage grimace quand ils nous imaginent croquer dans ces fines cuisses de grenouilles et ils font de grands yeux quand on mentionne que le lapin c’est délicieux… 

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Je pense qu’on peut conclure en disant qu’au Japon, les clichés sur les Français sont tenaces ! Du moins, c’est ce que j’ai pu constater via mon expérience.

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* Les participant/es du mois *

Karine, Suisse à Hong Kong

Catherine, Française chez nos voisins Allemands

Angélique, Française au Sénégal

Barbara donne sa vision de Suisse sur les Français

Alexienne, Française qui rassemble les clichés qu’elle a entendu dans divers pays

Fredy, Française chez nos cousins les Canadiens

Ophélie, Française en Angleterre

Aude, Française en Argentine

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#Histoires Expatriées #7 : Mes expériences professionnelles au Japon

En Occident, quand on évoque le travail au Japon, on a cette image des Japonais qui travaillent trop, tout le temps et qui ont peu de jours de congés. Bien c’est à la fois vrai et faux. Cependant n’ayant jamais mis les pieds dans une véritable entreprise japonaise, je ne saurais dire comment cela s’y passe, mais pour ce qui est des horaires et des congés, comme en France, cela dépend avant tout du travail.

Mon mari est employé dans une entreprise d’assurance, il n’aime pas parler boulot à la maison, du coup à part sa fatigue et ses horaires (9h-19h), j’en sais peu, mais en tant qu’épouse, voici ce que je constate. En gros, être salarié au Japon c’est quoi ? C’est faire passer son entreprise avant sa famille. C’est faire des heures supplémentaires souvent non rémunérées. C’est finir (très) tard le soir au point de parfois dormir sur place ou dans un hôtel près au bureau. C’est parfois passer ses weekends au boulot. C’est avoir peu de jours de congés. C’est les nomikai, les soirées alcoolisées, après le boulot presque tous les soirs que l’on peut difficilement refuser. C’est ne pas profiter de tous ses jours de congés sous peine d’être mal vu par ses collègues. C’est ramener systématiquement des souvenirs à ses collègues si on part quelques jours en vacances.

 

 

 

 

Pour ma part, j’ai eu la chance de ne jamais avoir travaillé dans une entreprise japonaise. Je dis chance car avec les échos que j’ai des ami/es français/es, ce n’est pour la plupart vraiment pas la joie. Beaucoup de stress, de pression, très codifié, parfois même un peu exploité voire menacé avec la perte du visa comme enclume sur la tête. J’ai fais plusieurs boulots assez diversifiés et je suis contente d’avoir eu toutes ces expériences, certaines d’entre elles ont été très enrichissantes et m’ont beaucoup appris.

Quand je suis arrivée au Japon en 2011 avec mon visa Vacances-Travail, je parlais peu la langue et la seule expérience professionnelle que j’avais eu en France était dans l’administration, secteur dans lequel je me voyais mal vu mon niveau de japonais. Ecrire un CV japanais fut plus compliqué qu’un CV français car ici on ne se vend pas. Autant en France on se met en avant, autant ici c’est mal vu de se vanter, le parcours scolaire et pro doit parler pour soi. J’ai ciblé les restaurants français en me disant que ça qu’ils ne seraient pas contre une petite french touch. J’ai finalement travaillé dans un restaurant français à Kobe qui était tenu par des Français tout en donnant des cours de français privés pour arrondir les fin de mois. C’était ma première expérience dans la restauration. Je me souviens encore de mon premier jour, c’était un dimanche et il y avait un monde fou, j’étais un peu déboussolée, je savais pas quoi faire ni ou aller. J’ai d’ailleurs découvert que le client japonais est très difficile et pointilleux. Le personnel était franco-japonais de ce fait j’étais un peu plus rassurée et la jeune femme timide que j’étais a pu prendre ses marques à son rythme. Finalement j’ai pris confiance en moi et la peur du contact avec les clients s’est effacée petit à petit. C’est aussi à ce moment que j’ai beaucoup progressé en japonais, notamment dans le registre de politesse. J’y suis restée 8 mois, ça se passait bien, depuis je suis toujours en contact avec mes anciens patrons et deux anciens collègues.

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A cette époque j’ai aussi eu l’occasion de jouer les modèles. Je n’ai jamais cherché dans cette voie là car non seulement ça ne m’intéresse pas, mais en plus je n’ai pas le physique. Au Japon c’est assez facile pour les Etrangers de poser car les Japonais aiment l’exotisme qu’ils offrent avec leur grand nez, leurs longues jambes, leurs yeux bleus etc, si on n’a pas de succès chez nous, on peut en avoir ici. Bref. J’ai accepté ces trois opportunités pour rendre service. La première fois à une amie japonaise pour un catalogue de chocolats. Les deux autres fois pour le restaurant français où je travaillais. Ils organisent des réceptions de mariage du coup ils voulaient un visage européen pour poser en robe de mariée. Pour le premier shooting j’avais pu choisir la robe et la coiffure, quelque chose de très classique comme vous le voyez. Pour le second, je n’ai rien pu choisir, j’ai été une poupée. J’avoue que je n’aimais ni la robe ni la coiffure, la robe était lourde et clignotait en plus, ça ne me ressemblait pas, un peu trop extravagant pour moi. Je n’étais certes pas à l’aise, mais c’était sympa. 

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Ensuite j’ai été assistante de langue pendant 6 mois dans un lycée dans les montagnes de Kobe. Je n’y allais que deux fois par mois. Ce fut mon premier contact dans le monde du FLE, ayant reçu une offre d’emploi dans l’association où j’enseigne actuellement, j’en avais profité pour observer le déroulement de la classe.

Bien que j’ai fini par prendre un chemin différent, j’ai tout de même pu mettre un pied dans la traduction et l’interprétariat. Celle qui voulait être interprète franco-espagnol et qui sortait de LLCE Espagnol se trouva finalement à faire de la traduction franco-japonaise. D’abord je traduisais pour le magazine touristique Panache. Ensuite via là où j’enseigne, j’ai aussi parfois des demandes de traductions pour des sites ou des magazines. J’aime beaucoup la traduction, j’apprends toujours énormément de choses, que se soit dans la langue japonaise ou concernant le sujet traité. Côté interprétariat, ce n’est que cette année que j’ai pu l’expérimenter dans un cadre professionnel. En effet chaque année à Osaka se déroule la foire française avec à l’honneur une région différente. Les artisans français sélectionnés proposent divers stands, allant de la nourriture, aux vêtements, aux accessoires jusqu’au resto français et il y a aussi plusieurs animations. J’y ai remplacé deux autres interprètes. Le samedi j’étais avec une modiste suisse domiciliée à Paris et le dimanche j’étais aux côtés d’un apiculteur. C’était vraiment chouette, j’ai beaucoup aimé ces deux jours malgré la fatigue et les longues heures, mais j’espère renouveler cette expérience lors de la foire française de 2019.

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Maintenant ça fait 4 ans que je suis prof de FLE à Kobe. J’enseigne à des adultes, des dames plus précisément, en plus d’apprendre la langue elles aiment aussi découvrir des points de la culture française. Ça me plait beaucoup, j’ai toujours eu un bon contact avec mes élèves même si ce n’est pas évident d’enseigner le français à des personnes dont la langue maternelle en est si éloignée. Aimer mon travail m’a poussé à me lancer dans une formation à distance afin d’enfin obtenir un diplôme de professeur de FLE, le Daefle, car à part la licence, je n’avais rien… Cette certification pourra, je l’espère, m’ouvrir d’autres portes pour enseigner ailleurs, mais en attendant je dois attendre septembre pour connaître les résultats de mes examens .

Voilà, comme vous le constatez, c’est assez varié ce que j’ai pu faire au Japon, en France j’aurai travaillé dans d’autres domaines. Puis honnêtement, je ne pense pas que j’aurai pu  trouver un travail sans parler japonais. Pour moi c’est vraiment un point essentiel car le Japon fait parti de ces pays où la population ne parle pas trop anglais, ainsi ça peut être difficile de trouver un boulot sans parler la langue locale, à moins d’être dans une entreprise étrangère et/ou dans un environnement plutôt anglophone.

 

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Cet article participe au rendez-vous des #Histoires expatriées, organisé par Lucie qui tient le blog L’Occhio di Lucie depuis l’Italie et c’est Hélène du blog A French in Mexico qui a eu l’idée du thème de ce mois-ci !