#Histoires Expatriées : Vision de la France et des Français au Japon

Nous avons tous des à priori sur les autres pays et ethnies, certains peuvent s’avérer vrais, d’autres pas du tout. Ainsi pourquoi ne pas se pencher sur ce que notre peuple d’adoption pensent de nous, Français, les mangeurs de grenouilles que nous sommes et qui ne jurent que par le fromage qui pue. A votre avis, selon le pays, les clichés divergent ou se rejoignent ?

Bienvenue pour ce nouveau rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis 
l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Je suis la marraine du mois et j'ai choisi pour thème,
 la vision de la France et des Français dans notre pays d'adoption. 

 

La France fait rêver, mais pas que !

Pour les Japonais, la France c’est la mode, de l’élégance, du romantisme, de la bonne cuisine, Paris, mais aussi des grèves, des retards de train et, plus récemment, de la peur à cause des attentats terroristes dont plusieurs villes françaises ont été victimes.
Quand je demande aux Japonais qui ont voyagé dans l’Hexagone ou ils sont allés, c’est là aussi à peu près toujours les mêmes destinations ; Paris, le Mont St Michel, et parfois, la Provence, voire Nice. Parmi ceux qui vont visiter la capitale française, certains s’amusent aussi à aller dans le célèbre café de Amélie Poulain, filme qui entretient cette image qui fait rêver les Japonais.

CIMG9014.jpg

Le français, c’est classe

Bien que ce soit une des langues les plus difficiles à apprendre, le français a la cote et c’est chic. Que ce soit à l’université ou dans des écoles de langue, ils sont tout de même nombreux à essayer de l’apprivoiser. Beaucoup de restaurants, de magasins de prêt-à-porter et de pâtisseries portent des noms en français. On en trouve aussi sur des couvertures d’agendas ou sur des sacs. Le problème, c’est que la plupart du temps, ce n’est pas la langue de Molière que nous retrouvons, mais du bon franponais ! Parfois cela se limite à quelques fautes d’orthographes, mais d’autres fois c’est du charabia, des mots alignés qui ne donnent aucun sens à la phrase. Un karaoke qui s’appelle Monotone, un coiffeur nommé Jouir ou un magasin ayant pour nom Bon mercerie de Anateliér. Bref, être Français au Japon c’est parfois trouver de belles perles de franponais qu’on est toujours ravie de partager avec ses compatriotes.

D6CtN7qU0AAG6u1.jpg

Les Français et les Françaises

Les chiffres de décembre 2017 indiquaient que 10 252 Français résidaient au Japon, depuis je suppose que cela a surement augmenté. Au Japon, les caucasiens ont tendance à passer pour des Américains voire des Russes. Alors quand on me demande d’ou je viens et que je réponds être française, c’est à peu près toujours les mêmes réactions ;  « ooh la France, c’est super! », « j’adore la France », « j’ai visité Paris », « j’ai un peu étudié le français, mais c’était difficile », « vous êtes de Paris? » « c’est pour ça que vous êtes belle ». D’ailleurs, concernant ce dernier compliment, peu importe ce qu’on portera, on nous dira être élégant, le chic à la française quoi. Bref on a du succès et l’on est mieux accueilli que certaines autres ethnies, même si selon eux on s’excuse peu.

Dernière anecdote en date. Après une réunion à la maternelle de mon fils, une maman que je ne connaissais pas est venue m’accoster avec une autre. Elle m’a demandé si c’était vrai qu’en français, les mots étaient considérés comme masculin ou féminin. Après avoir confirmé, elle m’a demandé de dire ça en français… Elle me regardait avec des yeux pétillants, était tout excitée d’avoir entendu du français et avait même applaudi ! Sur le moment, je me sentais comme une bête de foire, observée et applaudi après un tour. Les Japonais sont si doués pour exagérer certaines de leur réactions.

 

Les coutumes françaises

Pour les Japonais, tous les Français aiment le vin, le pain et le fromage et en consomment tous les jours. Alors quand j’ose leur dire que personnellement, c’est assez rare que je boive du vin ou mange du fromage, ils sont choqués et me disent que je ne suis pas une vraie Française alors que j’adore les marinières, porte un béret en hiver et raffole du pain ! Leur visage grimace quand ils nous imaginent croquer dans ces fines cuisses de grenouilles et ils font de grands yeux quand on mentionne que le lapin c’est délicieux… 

65303934_346660139359393_5275164594854166528_n.jpg

Je pense qu’on peut conclure en disant qu’au Japon, les clichés sur les Français sont tenaces ! Du moins, c’est ce que j’ai pu constater via mon expérience.

***

* Les participant/es du mois *

Karine, Suisse à Hong Kong

Catherine, Française chez nos voisins Allemands

Angélique, Française au Sénégal

Barbara donne sa vision de Suisse sur les Français

Alexienne, Française qui rassemble les clichés qu’elle a entendu dans divers pays

Fredy, Française chez nos cousins les Canadiens

Ophélie, Française en Angleterre

Aude, Française en Argentine

Publicités

#Histoires Expatriées : Le Japon et la nature

Mère nature,
Aimante, elle nous porte, nous nourri et nous enlace lorsque nous devenons poussière. Belle et généreuse, nous sommes heureux sous ses beaux jours et de ce qu’elle nous offre. Parfois dure, elle nous enflamme ou nous noie jusqu’à que nous implorions sa clémence. Mais une fois déchaînée, elle ne répond plus de rien. Elle nous gronde, elle nous secoue au point de voir rouge et de se laisser emporter négligeant ainsi les dégâts qu’elle cause.
Cependant, enfant ingrat que nous sommes, notre reconnaissance ne dure qu’un temps car nous ne l’apprécions pas tous à sa juste valeur. On l’ampute, on l’étouffe, on la tue à petit feu, ce même feu qui finira par nous consumer. Certes, elle renaît toujours de ses cendres, mais en continuant ainsi, nous courons à sa perte.
La nature est bonne et bien faite, c’est l’essence même de la vie. Puis en fait, elle se suffit à elle seule car elle n’a pas besoin de nous. C’est nous qui avons besoin d’elle. Alors c’est à nous de nous en occuper en faisant davantage d’efforts pour la préserver.

***

Bienvenue pour ce nouveau rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Le thème du mois est Mon pays et la nature et c’est Aurore du blog On my tree qui en est la marraine.

***

Je suis née et j’ai grandi en France. Ce décor était mon quotidien. Je n’y prêtais pas attention. Puis je me suis installée au pays du soleil levant. J’y ai mûri, j’y suis devenue une adulte, puis maman. J’ai visité et découvert les multiples et magnifiques paysages de l’archipel. Comme les Japonais, j’attendais impatiemment chaque saison, chaque mois qui serait accompagné d’une nouvelle beauté éphémère. J’aime chercher de nouveaux endroits à explorer et je n’hésite pas à faire des heures de trains pour voir telle ou telle fleur, chose que je n’aurai jamais fait en France. Les temples, les parcs, la montagne regorgent de pépites d’or. Fleurs de pruniers ou de cerisiers, camélia, azalées, glycines, roses, iris, hortensias, érables rouges. Ce sont ces fleurs qui m’accompagnent chaque année et que je ne me lasse pas de photographier. La nature est si riche et ne s’ennuie jamais. Le Japon c’est beau et fait rêver, ses paysages ont inspirés nombre de plumes et de pinceaux.

P6140236.JPG

***

Le Japon m'a appris à admirer la nature.

***

P1011917.JPG

La raison pour laquelle le Japon entretient une relation si étroite avec la nature vient de sa religion. En effet, le Shintoïsme, à la fois polythéiste et animiste, est basé sur le culte des dieux, les kami. Selon ces croyances, les animaux et tous les éléments de la nature (vent, eau, arbres, etc) sont des manifestations de divinités, aussi nombreuses soient-elles. Cette croyance pris forme il y a bien longtemps. Je suppose que le Japon d’autrefois justifiait les catastrophes naturelles dont il était victime par la manifestation de quelqu’un ou de quelque chose de plus grand, de plus puissant qu’eux, et donc des dieux. Par conséquent, ces kami étant omniprésent dans le quotidien des Japonais, il était important de les respecter et de les honorer, via des sanctuaires ou des matsuri, afin d’éviter de nouveaux courroux. Ainsi, ces pratiques sont ancrées dans la culture japonaise et traversent le temps, même si de nos jours, nombre d’événements sont explicable scientifiquement. La nature, sacrée et mystifiée, fascine depuis toujours. On retrouve également cet aspect dans certains animés, comme dans princesse Mononoke où la nature occupe une place importante. Cependant je trouve cela dommage et paradoxal que le Japon, ayant un tel culte de la nature à travers le Shintoïsme, ne soit pas plus écolo. En effet, même si le Japon fait du tri sélectif avec ses poubelles de toutes les couleurs, il est surtout le roi du suremballage !

P1011116.jpg

 

 

Histoires Expatriées : Voyager à l’étranger quand on habite au Japon

Nouveau rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Le thème du mois est Le tourisme dans les pays voisins et c’est Kenza du blog Cups of English Tea qui en est la marraine.

En comparant avec la France, depuis l’Hexagone j’ai plus voyagé à l’étranger, que ce soit en voiture, en train ou en avion, faut l’avouer la France est très bien située. Par contre au Japon, compte tenu de sa situation géographique, si je quitte le sol japonais c’est surtout pour rentrer en France alors que j’adorerai voir d’autres pays, retourner en Angleterre et en Espagne, découvrir la Grèce ainsi que certains coins des Etats-Unis et de l’Amérique latine, mais du coup je voyage plus à l’interieur du Japon, voiture, avion, train tout y passe aussi et niveau train, le Japon est très bien desservi ! De ce fait, je connais mieux le Japon que mon propre pays… Bref, sans généraliser et en me basant sur mon entourage, voyons voir ce qu’il en est du tourisme à l’étranger quand on réside au pays du soleil levant. 

japan.gif

Les congés 

Tout d’abord, au Japon, il n’y a pas les fameuses cinq semaines de congés payés que nous avons en France, mais il y a officiellement seize jours fériés répartis tout au long de l’année. Ces jours-là, les écoles et les bureaux de l’administration sont fermés et un grand nombre d’entreprises accordent un congé à leurs employés. Ensuite, il y a trois principales périodes de vacances au Japon : le Nouvel An, la mi-août aux environs de la fête O-bon, qui est l’équivalent de la Toussaint, et pendant la Golden Week de la fin avril à début mai. En moyenne, les Japonais ont droit à 18 jours de congés par an, cependant la majorité des salariés ne prennent que la moitié. De plus, s’ils prennent quelques jours de vacances cela se limitera à 2 d’affilées, mais pas plus, car selon certaines entreprises il est assez mal vu de se la couler douce pendant que ses collègues travaillent. J’ai la chance de ne pas travailler dans une entreprise japonaise, mais mon mari si. Parfois quand il prend deux jours couplés avec le weekend, il me rappelle toujours que ça ne se fait pas trop, qu’il a du prendre de l’avance sur son boulot pour ne pas déranger ses collègues avec ses clients et qu’en retour il devra apporter un omiyage, un souvenir pour eux, en général des gâteaux de la région. 

D’ailleurs, coté actualité, on peut parler de la Golden Week qui cumule 4 jours fériés, le 29 avril, puis les 3-4-5 mai, elle permet à de nombreux Japonais de partir en vacances hors du Japon. Par contre ceux qui décident de voyager dans l’archipel, eux, se retrouvent à voir les prix flamber entre les avions et les hôtels, et ont droit aux lieux touristiques bondés. De ce fait, beaucoup choisissent aussi de rester chez eux. Cependant, cette année, en raison du changement d’empereur et d’ère, cette Golden Week dura 10 jours, ce qui, apparemment, déplu à certains Japonais, qui sans leur travail, disaient ne pas savoir quoi faire de leurs journées. Un peu triste non ? En tout cas, dans mon entourage, ils étaient plutôt contents de ces longues vacances.

Voyager à l’étranger

Le Japon est une île, ce qui signifie qu’il faille obligatoirement prendre l’avion pour aller à l’étranger et malheureusement l’avion, ça coûte cher. Voyager dans les pays proches tels que la Corée ou la Thaïlande, cela reste encore abordable, on peut prendre un aller-retour pour 400 euros par personnes, par contre dès qu’il s’agit des Etats-Unis ou de l’Europe cela devient vite bien plus cher et avoisine, voire dépasse les 1000 euros. Après bien sur, tout dépend des compagnies aériennes et du trajet, avec ou sans escales. Ceux qui réussissent à partir maximum une semaine en Europe sont principalement des étudiants ou des retraités, voyageant plus en groupe que seul, le but premier étant de voir le plus de choses en peu de temps. Une ville par jour, en bus, arrivé sur le lieu touristique en question, le voir, le prendre en photo, y passer moins quelques minutes et remonter dans le bus. Le tout étant de pouvoir dire « j’y étais, je l’ai vu de mes propres yeux ». J’ai noté qu’en France les Japonais visitent surtout Paris et le Mont St Michel.

Destinations phares ?

Compte tenu du peu de congés qu’on les Japonais, ils privilégient les pays voisins. Une des destinations préférées serait apparemment Hawaï. Je n’y suis encore jamais allée, mais dans mon entourage plusieurs y ont déjà séjourné plusieurs fois. En couple, entre ami/es, avec des enfants, amateurs de tourisme ou de farniente, ou même juste pour se marier, tant de possibilités qui attirent. Cette île du Pacifique est pratique d’accès de part sa distance, elle permet aussi d’avoir un avant goût de l’Occident et surtout elle serait très Japan-friendly. En effet, apparemment, il y auraient tellement de Japonais qu’on aurait l’impression de ne pas avoir quitter le pays. Beaucoup de touristes nippons, de personnels japonais ou d’Hawaïens parlant japonais, mais aussi pas mal de restaurants japonais. Hawaï, c’est de beaux paysages entre volcans, nature, sable blanc, mer bleue, ainsi que du shopping et surtout le confort de la langue, la tranquillité de voyager à l’étranger sans avoir peur de ne pas réussir à communiquer avec les locaux.

Alternatives

Cependant le Japon offre bon nombre de paysages variés. Pour un climat tempéré, et surtout de la neige, direction Hokkaido l’île la plus au nord de l’archipel. Là-bas les températures passent facilement en dessous de zéro en hiver et niveau neige on est bien servi aussi. Je n’y suis pas encore allée, mais j’aimerai beaucoup notamment pour le festival de la neige et pour les champs de lavande.

20130830_103007
Wakayama – plage de Shirarahama

Une préférence pour la mer ? Direction Wakayama avec sa plage de sable blanc voire Okinawa si en plus vous voulez un air de pays chaud et une impression de sortir du pays. En effet, Okinawa ne ressemble pas à Honshu l’île principale du Japon, les gens, le dialecte, l’architecture, la nourriture, tout est très différent, pour les Japonais, Okinawa ce n’est pas le Japon. J’aime beaucoup Okinawa qui est aussi un ensemble d’îles, la-bas je me suis sentie dépaysée et je n’ai qu’une hâte, y retourner.

P1011516.JPG
Okinawa – île de Taketomi

Envie de montages ou de volcans, ce n’est pas ça qui manque au Japon ! Volcan inactif comme le Mont Fuji ou actif comme le Sakurajima à Kyushu, faites votre choix ! Quant aux montages, à Aomori, dans le Kansai ou à Tottori, le choix est large dans le Japon, rien que dans ma région il y a de quoi faire.

CIMG9186
Kawaguchiko – Mont Fuji

Envie de se croire dans le Sahara, direction les dunes de sables de Tottori !

20121028_141934.jpg
Les dunes de Tottori

Pour se relaxer dans des sources thermales, Hakone, Arima, Wakayama, Kinosaki ou Beppu sauront répondre à vos attentes !
Bref à défaut de voyager à l’étranger, les Japonais savent se divertir en restant sur le sol de leur mère patrie.

* * *

Les autres participants 

Thibault en Amérique du nordFerdy au CanadaBarbara au Costa RicaCatherine en AllemagneAngélique au Sénégal –  Emeline à Amsterdam

#Histoires Expatriées, le Japon, ou la culture de l’excuse

Nouveau rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Le thème du mois est Un mot, une expression de votre pays d'adoption et c’est Patrick du blog From Slovenia qui en est le parrain.

Les expressions, un sujet intéressant car chaque pays a les siennes et derrière il se cache tant de choses par rapport à l’Histoire, à la culture, il y a des références que seuls les locaux peuvent comprendre. Bref, on constate une fois de plus que la société se reflète dans sa langue

En voyant ce thème, j’ai tout de suite penser au mot « sumimasen » qui signifie « désolé » en japonais. Dans l’hexagone, on dit que les Français s’excusent peu, alors que sur l’archipel, les Japonais s’excusent trop !

Le Japon, le pays de l’excuse.

Gomenasai, sumimasen, des mots qui ne sont pas inconnus des Japonophiles et qui font partie des premiers mots de politesse que l’on apprend en cours de japonais. Les Japonais s’excusent pour tout et pour rien, qu’ils soient fautifs ou non. Ainsi à force de l’utiliser à tout va, je trouve que le mot perd de sa valeur et que les gens ne s’excusent plus sincèrement. J’ai même l’impression que c’est devenu un tic de langage, un réflexe d’auto-défense. On dit que le Japon est pacifiste et que les Japonais n’aiment pas les conflits. Les éviter pour vivre en communauté et ne pas heurter autrui serait ainsi la meilleure chose à faire selon eux. S’excuser résout tout.

L’art de remercier en s’excusant

Cependant « sumimasen » ne signifie pas que « désolé ». En effet, il est l’équivalent de notre « s’il vous plait / excusez-moi » quand on veut interpeller quelqu’un, mais il peut aussi servir pour dire « merci » !
Dans ce cas-là, les Japonais utiliseraient ce « sumimasen » pour remercier et s’excuser en même temps. Par exemple, si quelqu’un offre un cadeau ou aide un Japonais, il ne sera pas rare d’entendre « sumimasen » en guise de remerciement car pour eux, ils remercient la personne, mais s’excusent également de l’avoir « dérangé » ou que cette personne ait du prendre du temps pour lui (prendre du temps pour lui choisir un cadeau ou pour lui venir en aide).

 

Bref, cette culture de l’excuse est profondément ancrée en eux. A mes débuts au Japon, je ne comprenais pas pourquoi les Japonais s’excusaient au lieu de dire merci. Combien de fois j’ai demandé à mon mari, « mais pourquoi il s’excuse ? il n’a rien fait de mal », mais celui-ci ne se limitait qu’à dire qu’ici ça marchait comme ça. Puis avec le temps, de la réflexion, j’ai compris le système et j’ai pris le plie. Maintenant quand je suis avec les Japonais, je fais comme eux et je sais quand un simple et authentique « merci » suffit et quand un « sumimasen » serait plus approprié, tout est une question de nuances et du contexte.

__________________________________

Les autres participant/es :

Kenza au Canada * Alexienne à MadagascarBarbara au Quebec * Lucie en Italie * Camilla au Vitenam * Angélique au Sénégal * Jéromine en Grèce * Patrick en Slovénie * Aude en Argentine * Clarisse en Corée * Clara en Angleterre * Barbara au Costa Rica * Pauline au Quebec *

#Histoires Expatriées : La cuisine

Nouvel article des rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Le thème du mois est La cuisine et c’est Perrine du blog Pensées voyageuses qui en est la marraine.

Si je vous dis cuisine japonaise, à quoi pensez-vous ? J’ai eu l’idée de poser cette question sur instagram et j’ai été agréablement surprise que les réponses soient si variées sans se limiter aux sushi. Ainsi beaucoup ont répondu les ramen, les gyoza, l’okonomiyaki, les nouilles udon, les onigiri, la soupe miso, le curry rice, etc. Comme n’importe quel autre pays du monde, la cuisine japonaise propose une grande palette de mets et de textures.

Tout d’abord, sachez que même si la majorité des Japonais sont sveltes, ce sont de gros gourmands. Ils adorent manger et ce à toute heure de la journée. Je ne savais pas trop comment tourner cet article, mais j’ai finalement décidé d’y présenter quelques traits typiques de la cuisine japonaise et qui sont tres différents de la cuisine française. D’ailleurs si vous voulez tester quelques recettes japonaises, n’hésitez pas à jeter un œil à la catégorie cuisine du blog ! ici

 

* Itadakimasu ! *

 

Le petit déjeuner japonais

Commençons par le repas dit le plus important de la journée, le petit déjeuner. En France on est plutôt sucré alors qu’au Japon ils sont plutôt salé. Le petit-déjeuner traditionnel japonais c’est un bol de riz, du poisson, un accompagnement (natto ou légumes) et une soupe miso. Un repas semblable à ce que nous, Européens, nous mangerions à midi ou au dîner, mais au moins cela à le mérite de faire tenir toute la matinée. De nos jours, le petit-déjeuner varient selon les familles, certaines préfèrent des toasts ou autre. Personnellement, j’ai beaucoup de mal avec les petits-déjeuner traditionnels japonais, dans les deux ryokans ou j’avais été, le repas était décidé et mon estomac avait eu du mal à s’en remettre, c’est la faim qui m’avait fait finir mon plateau. Bien sur ce n’est qu’une question d’habitude, on aime ou on n’aime pas.

Image associée

 

La quantité

Au Japon il y a des repas fait d’un seul place principal et ceux constituées de plusieurs plats mais en petites quantité. On a le riz et la soupe miso chacun dans son bol, le plat principal et un voire deux ou trois accompagnements en plus, en général légumes ou salade. Mon beau-père dit que le palais japonais s’ennui vite de son assiette si elle ne se limite qu’a un seul gout. Ainsi c’est beaucoup plus intéressant d’avoir de pouvoir alterner entre plusieurs plats. Par conséquent, qui dit plusieurs plats, dit petites portions. Les Japonais n’ont pas l’habitude de se remplir la pense jusqu’à avoir l’impression d’éclater, au contraire ils ont l’habitude de garder un peu d’espace dans leur estomac. Je trouve que manger avec la nourriture dispersée dans plusieurs récipients permet de mieux contrôler son appétit et donc de manger plus équilibré.

 

Le riz, maître des lieux

Passons maintenant au roi de l’alimentation japonaise, le riz ! Celui-ci est différent du riz chinois et thai car il est collant. Qu’il soit seul dans son bol ou accompagné, il est non seulement présent à tous les repas, mais aussi dans le thé, les crackers, l’alcool japonais, (le sake est fait a base de riz) et dans la pâtisserie. Les Japonais le dégustent même trempé dans un thé, on appelle cela l’ocha zuke. Dans la pâtisserie japonaise,  le riz prend la forme d’une pâte de riz gluant lisse nommée mochi. Cette pâte de mochi est utilisée pour faire plusieurs desserts comme le daifuku, le mochi à tel ou tel gout, les dango (colorés ou nappés de sauce), etc, il y a aussi le ohagi ou la pâte n’est pas lisse et ou on peut sentir quelques grains de riz. J’adore le mochi, mais depuis 2-3 ans, j’avoue en avoir un peu marre du riz, du coup j’évite d’en manger à chaque repas.

Embed from Getty Images

Embed from Getty Images

Salmon rice with green tea : Photo

 

La culture du bento

Le bento, qu’est-ce que c’est ? Il s’agit des boites repas fait maison que les Japonais mangent à l’école ou sur leur lieu de travail. Pour les enfants, les mères le leur préparent, certaines peuvent réaliser de petites œuvres d’art en recréant le personnage que leur enfant aime et bien sur en se levant des le lever du soleil ! Pour ceux qui travaillent, on en trouve facilement dans les supermarchés et dans les grandes gares. Si un jour vous devez prendre le Shinkansen, vous constaterez que ce ne sont pas les stands de bento qui manquent. Il existe aussi des chaines de restauration rapide de bento, vous venez sur place ou téléphoner et vous passez le chercher au bout d’environ 20 minutes.

Embed from Getty Images

 

Mes péchés mignons japonais

Cote aliment japonais, je raffole de l’umeboshi, la prune séchée et acidulée, associée à une feuille de shiso, c’est un régale pour les papilles ! Rien que de penser à cette petite boule rose j’en salive ! J’aime beaucoup aussi les champignons maitake, cuits ou frits, ils sont si goûteux. Le mozuku, cette algue originaire d’Okinawa peut rebuter au premier regard de par son aspect visqueux, mais c’est un délice ! Certains connaisseurs de la cuisine japonaise s’attendent peut être à ce que je parle du fameux natto, ces graines de soja fermentées connues pour leur odeur, eh bien, je n’ai toujours pas osé y goûter…

Shiso leaves. : Photo d'actualité

Maitake mushroom : Photo

Pickled plums, close-up : Photo

 

 

 

 

 

:

 

Privé de dessert

Certains le savent peu être, mais contrairement à la France ou l’on aime terminer notre repas par une petit touche sucrée comme un fruit, un yaourt ou autre, ici on ne prend pas de dessert à la fin d’un repas. Cependant de nos jours et selon les restaurants, il est tout de même possible d’en trouver qui proposent des menus avec un dessert à la fin, l’influence occidentale peut être ?

Une tasse de thé ?

Puis, comme les Japonais ont le réflexe de terminer leur repas par une tasse de thé chaud, je vais finir cet article en parlant de la boisson ultime de l’archipel, le thé. En japonais, « thé » se dit « cha« , Matcha, Genmaicha, Sencha, Mugicha, Oolongcha, hojicha etc. Il y a tellement de sortes de thés, de tous les goûts, de toutes les couleurs, à consommer chaud ou froid, bref chacun y trouvera celui qui conviendra à son palais. Dans un restaurant japonais, vous aurez automatiquement droit à votre tasse de thé, soit en libre service sur la table et dans ce cas il sera froid sans à la fin de votre repas et alors il vous sera servi chaud. Mon préféré est le mugicha, il s’agit de thé à l’orge grillé qui se boit surtout en été. Non seulement il est sans caféine et sans théine et donc peut être donc être consommé par petits et grands, mais il a aussi de nombreux bienfaits pour la sante. J‘ai mis 5 ans pour l’apprécier et depuis je ne jure que par lui et le bois froid tout au long de la journée.

Embed from Getty Images

 

* Gochiso-sama deshita ! *

 

  • Itadakimasu est la formule de politesse que l’on dit avant de manger. Il est comparé au « bon appétit », mais littéralement il signifie « je prends ».
  • Gochiso-sama deshita est la formule de politesse que l’on a la fin du repars. On pourrait traduire cela par « c’était bon, merci pour ce repas ».

 

***

 

Aude en Argentine * Camilla au Vietnam * Aurore en Finlande et au Sri Lanka * Lucie en Italie * Kelly au Canada * Cécile au Canada * Angélique au Sénégal * Marie en Autriche * Liz au Koweit *

#Histoires Expatriées #8 : Mon pays et mon corps

Nouvel article des rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Le thème du mois est Mon pays et mon corps et c’est Maëva du blog Maeva’s Mapa Mundi en est la marraine. 

De nos jours les médias nous bombardent de photos de femmes ayant le corps idéal. Cependant celui-ci est loin de représenter la vérité car peu de femmes correspondent à cette image de perfection. Tout ce qu’engendre cette propagande ce n’est que des complexes. Chaque pays a son canon de beauté, même si au final, chacun recherche la perfection, hors celle-ci n’existe pas. La beauté est propre à chacun et à chacune.

Vision du corps au Japon

Les Japonais ont une vision du corps qui est différente de celle que nous avons en Occident. On le comprend tout de suite quand on voit les bains publics et les onsens, les sources thermales. Au Japon, un corps est un corps. Nous sommes tous fait pareil, ça ne sert à rien de le cacher ou de vouloir se comparer. Ainsi les Japonais/es ne sont pas pudiques. C’est normal de se détendre et prendre des bains avec sa famille, des amis, des collègues, son patron voire des inconnu/es. Alors qu’en Europe, il faut cacher son corps. Un corps c’est intime, c’est un jardin secret que seul le ou la partenaire puisse voir en tenue d’Eve. 

Coté vestimentaire

Lors de mon premier été au Japon, j’ai également constaté un détail qui est tout le contraire de chez nous. Ici, autant les jupes, même les minis, sont très bien tolérées, autant les décolletés et le fait de dénuder ses épaules est assez mal vu. Ainsi en été, il n’est pas rare de voir que beaucoup de femmes mettent des t-shirt sous leur robe / hauts à fines bretelles. Chose que je trouve vraiment laid et qui gâche complètement la tenue, mais bon ce n’est que mon avis. Alors que chez nous, dans mes souvenirs, les femmes sont plutôt pantalons et portent peu de jupes au risque d’être mater et traiter de tout les noms. De plus, les débardeurs et les décolletés sont aussi chose courante. Pourtant quand il s’agit d’aller à la plage ou à la piscine, on distingue deux catégories de femmes. Les femmes, ou mères, qui mettent des combinaisons et les jeunes qui sont en bikini. Les maillots de bain sont aussi rembourrés. Le haut a des push up et un système pour coller les seins l’un contre l’autre pour faire un beau décolleté et donner l’impression qu’ils sont plus gros alors que finalement ils ne remplissent que la moitie des bonnets. Les culottes, elles ont des rembourrages aux fesses, c’est ici que j’en ai vu pour la première fois. Encore et toujours des illusions.

Critères de beauté sur l’archipel nippon

Au Japon un des canons de beauté féminin est la peau blanche. Pour les femmes elles-mêmes, être belles signifie avoir de grands yeux, de longues jambes, être mince tout en ayant une bonne poitrine. Bref, tout le contraire de l’apparence d’une japonaise ordinaire. Beaucoup portent de hauts talons, des robes, jupes et shorts courts pour justement donner l’impression d’avoir des jambes plus longues. Certaines n’hésitent pas à coller les paupières mobiles de leurs yeux pour qu’ils paraissent plus grands. Sans parler des soutien-gorge et des culottes rembourrés. Tout n’est qu’illusion. De quoi se comparer et complexer d’avantage entre elles. Afin de garder la peau blanche, les femmes se couvrent un maximum au moindre rayon de soleil afin de bronzer le moins possible car l’épiderme des Japonais est fait pour brunir au soleil. Il suffit de voir les enfants à la fin des vacances d’été, ils sont super bronzés, voire certains quasi noir à cause des entrainement sportifs à l’extérieur. Grosse contradiction par rapport à cette idéale de peau blanche non ? 

L’apparence extérieure a beaucoup d’importance ici. Les régimes sont aussi très présents, la taille fine prévaut. Dans certains restaurants on peut même trouver des menus pour femmes car moins calorique. La cuisine japonaise peut paraître seine, hors on utilise beaucoup de sucre et il y a aussi pas mal de fritures ! J’ai vu peu de personnes en surpoids ici, mais il y en a quand même. A la TV ils n’hésitent d’ailleurs pas à les mettre en scène et  se moquer. Par exemple, dans une émission, ils avaient chercher un couple d’étrangers pour demander à leur payer le dîner pour juste les regarder manger et voir quelle quantité ils peuvent engloutir. Idem pour une étrangère qui raffolait des sushi, elle en a mangé a presque vomir. Autant en France on parle de grossophobie autant ici, ils ne se gênent pas !

Mon corps et moi

J’ai longtemps été complexée par mon corps, notamment par mon grand nez et ma petite poitrine. A moins d’avoir des moyens financiers qui le permettent, la seule chose à faire c’est de prendre son temps pour accepter et aimer ce qui nous sert d’enveloppe charnelle. Malgré ma grossesse, j’ai l’impression d’avoir garder le corps de mes 17 ans. A 28 ans je ne dirais pas que j’aime mon corps, mais je l’accepte mieux. Peut être est-ce du à l’âge et/ou au fait d’être devenue maman.

Vu le sentiment de sécurité qui règne dans l’archipel nippon j’ose dénuder mes jambes. Un détail qui peut vous paraître banal, mais j’ai toujours préféré me cacher. De ce fait, je n’ai jamais autant porter de robes et de jupes que depuis que je suis au Japon. En France c’était extrêmement rare que j’en portais, j’avais l’impression d’être nue et vulnérable, alors qu’ici, je me sens à l’aise et je n’ai pas peur du regard des autres, des hommes en particulier. Peut être est-ce aussi du au fait que les Japonaises ont quasi toujours les gambettes à l’air. Même si ce n’est pas grand chose, je suis contente de m’être un peu libérée de ce coté là. J’ai toujours eu un style classique, mais comme on peut croiser une grande diversité de styles vestimentaires dans les rues, je n’ai pas peur d’être jugé. Je m’habille comme j’en ai envie. Par contre, étant très pudique je n’ai encore jamais mis les pieds dans des bains et onsens publics. Je ne me sens ni prête et ni assez à l’aise avec mon corps pour passer ce cap de me retrouver nue devant du monde, encore moins en présence d’amies ou de ma belle-famille ! Quitte à faire des efforts, je crois que je préfère commencer avec des inconnues que je ne reverrai plus jamais.

 

Et vous, êtes-vous en paix avec votre corps ?

***

Les autres participant/es