#Histoires Expatriées : Le Japon et la nature

Mère nature,
Aimante, elle nous porte, nous nourri et nous enlace lorsque nous devenons poussière. Belle et généreuse, nous sommes heureux sous ses beaux jours et de ce qu’elle nous offre. Parfois dure, elle nous enflamme ou nous noie jusqu’à que nous implorions sa clémence. Mais une fois déchaînée, elle ne répond plus de rien. Elle nous gronde, elle nous secoue au point de voir rouge et de se laisser emporter négligeant ainsi les dégâts qu’elle cause.
Cependant, enfant ingrat que nous sommes, notre reconnaissance ne dure qu’un temps car nous ne l’apprécions pas tous à sa juste valeur. On l’ampute, on l’étouffe, on la tue à petit feu, ce même feu qui finira par nous consumer. Certes, elle renaît toujours de ses cendres, mais en continuant ainsi, nous courons à sa perte.
La nature est bonne et bien faite, c’est l’essence même de la vie. Puis en fait, elle se suffit à elle seule car elle n’a pas besoin de nous. C’est nous qui avons besoin d’elle. Alors c’est à nous de nous en occuper en faisant davantage d’efforts pour la préserver.

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Bienvenue pour ce nouveau rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Le thème du mois est Mon pays et la nature et c’est Aurore du blog On my tree qui en est la marraine.

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Je suis née et j’ai grandi en France. Ce décor était mon quotidien. Je n’y prêtais pas attention. Puis je me suis installée au pays du soleil levant. J’y ai mûri, j’y suis devenue une adulte, puis maman. J’ai visité et découvert les multiples et magnifiques paysages de l’archipel. Comme les Japonais, j’attendais impatiemment chaque saison, chaque mois qui serait accompagné d’une nouvelle beauté éphémère. J’aime chercher de nouveaux endroits à explorer et je n’hésite pas à faire des heures de trains pour voir telle ou telle fleur, chose que je n’aurai jamais fait en France. Les temples, les parcs, la montagne regorgent de pépites d’or. Fleurs de pruniers ou de cerisiers, camélia, azalées, glycines, roses, iris, hortensias, érables rouges. Ce sont ces fleurs qui m’accompagnent chaque année et que je ne me lasse pas de photographier. La nature est si riche et ne s’ennuie jamais. Le Japon c’est beau et fait rêver, ses paysages ont inspirés nombre de plumes et de pinceaux.

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Le Japon m'a appris à admirer la nature.

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La raison pour laquelle le Japon entretient une relation si étroite avec la nature vient de sa religion. En effet, le Shintoïsme, à la fois polythéiste et animiste, est basé sur le culte des dieux, les kami. Selon ces croyances, les animaux et tous les éléments de la nature (vent, eau, arbres, etc) sont des manifestations de divinités, aussi nombreuses soient-elles. Cette croyance pris forme il y a bien longtemps. Je suppose que le Japon d’autrefois justifiait les catastrophes naturelles dont il était victime par la manifestation de quelqu’un ou de quelque chose de plus grand, de plus puissant qu’eux, et donc des dieux. Par conséquent, ces kami étant omniprésent dans le quotidien des Japonais, il était important de les respecter et de les honorer, via des sanctuaires ou des matsuri, afin d’éviter de nouveaux courroux. Ainsi, ces pratiques sont ancrées dans la culture japonaise et traversent le temps, même si de nos jours, nombre d’événements sont explicable scientifiquement. La nature, sacrée et mystifiée, fascine depuis toujours. On retrouve également cet aspect dans certains animés, comme dans princesse Mononoke où la nature occupe une place importante. Cependant je trouve cela dommage et paradoxal que le Japon, ayant un tel culte de la nature à travers le Shintoïsme, ne soit pas plus écolo. En effet, même si le Japon fait du tri sélectif avec ses poubelles de toutes les couleurs, il est surtout le roi du suremballage !

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#Histoires Expatriées : Le système médical au Japon

Nouvel article des rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Le thème du mois est Le système médical et c’est Ferdy du blog Ferdy pain d’épice qui en est la marraine. Voilà encore un sujet intéressant afin de comparer comment cela se passe dans les autres pays. 

Personnellement, j’ai du mal à faire confiance aux médecins japonais à cause de la barrière de la langue et du vocabulaire technique. Certes en 7 ans j’ai largement enrichi mon vocabulaire de ce coté-là (j’allais aux consultations avec mon dico et mon calepin), mais malgré tout, ce manque de confiance persiste quand même. Puis en repensant à certaines anecdotes, je trouve aussi que parfois certains peuvent être incompétents, mais la je me base sur mon expérience donc pas de généralités.

 

La température corporelle

Saviez-vous que les Japonais avaient une température corporelle inférieure à celle des Européens ? La température moyenne des Européens varie de 37 à 37.5 alors que celle des Japonais est de 36.6, ce qui fait qu’ils considèrent avoir de la fièvre à partir de 37.5 alors que nous c’est à partir de +38. Je vais vous raconter une anecdote à ce sujet. Il y a deux ans je devais subir une petite opération pour faire retirer un gros grain de beauté dans le bas du dos qui était suspicieux. Le jour-j, je vais à l’hôpital, l’infirmière prend ma température avant de me préparer et voyant que j’avais 37.5 elle fit un bon sur sa chaise. Prise de panique, elle me demandait si j’étais malade, comment je me sentais etc, alors j’ai du la rassurer en lui expliquant que les Européens avaient une température corporelle supérieure à celle des Japonais et que donc j’allais tres bien. J’avoue que sur le moment j’ai trouvé ça bizarre que vu son métier elle ne connaissait pas ce détail.

 

Les consultations

Ce fut la première chose qui me marqua quand j’ai commencé à aller chez le médecin. En France lors des consultations on est seul avec son médecin, hors ici il y a toujours une troisième personne, une infirmière, une assistante et ce peu importe le genre de spécialiste que vous consultez, généraliste, dentiste, gynécologue, pédiatre, ophtalmologue, dermatologue, etc, je ne me suis jamais retrouvée en tête à tête avec un de mes médecins, que ce soit un homme ou une femme. Je ne connais pas la raison principale de cette façon de faire, mais je suppose que l’une d’entre elle est pour éviter tout geste potentiellement déplacé qu’il pourrait y avoir entre un médecin et son patient.

 

Pharmacie et médicaments

Chaque patient a un carnet ou le pharmacien colle une petite copie de l’ordonnance, je trouve ça bien pour garder une trace des médicaments précédemment consommés. Pour les médicaments, à part chez mon généraliste, je dois aller les chercher à la pharmacie. Contrairement à la France ou on nous donne des boites de médicaments, ici on reçoit le nombre précis de comprimés à prendre pendant tant et tant de jour, pas un de plus, pas un de moins. La première fois ça m’avait beaucoup surprise. Par contre, ici il a aussi des Drugstores qui vendent à la fois des produits ménagers, d’hygiène et des médicaments, mais ce dont des médicaments qu’il est possible d’avoir sans ordonnance. D’ailleurs, je trouve que les médicaments japonais sont moins forts que les français, certains ne font pas effet sur moi ou sinon cela prend plus de temps, ainsi il m’arrive souvent d’être encore malade quand je finis un traitement. De ce fait, je ramène toujours un petit stock de médicaments français pour avoir de quoi faire à la maison. 

 

Prendre rendez-vous

Certains cabinets médicaux on des systèmes de réservations par internet ou par téléphone. Parmi les médecins, il y a aussi plusieurs façons de procéder. Par exemple, pour ma gynéco et mon ophtalmo, je peux réserver sur internet, je choisis le jour et l’heure. Pour le pédiatre, je peux réserver le jour même, un coup de téléphone des 7h30 sur le numéro fait pour prendre RDV, je tape le numéro de patient de mon fils, l’heure que je voudrais et voilà, c’est fait. Pour l’ORL, je peux réserver mon heure de passage sur internet, les réservations ouvrent à 8h et tout est une question de rapidité, je tape mon numéro de patient, je vois combien de personnes il y a avant moi et je n’ai qu’à partir de chez moi quand mon tour semble approcher. Ces systèmes est tellement pratique, ça évite de longues heures d’attente sur place. Je trouve aussi que c’est beaucoup plus simple au Japon d’avoir des rendez-vous chez des spécialistes, vu les retours que j’ai en France, il faut apparemment attendre parfois des mois.

 

Bref, voici les grandes lignes des différences majeures que j’ai noté avec notre mère patrie.

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Voici les autres participantes au thème du mois : 

 

#HistoiresExpatriées : Les relations sociales

Chaque pays, chaque culture a son mode de fonctionnement dans la société. Comme vous vous en doutez au Japon les relations sociales sont différentes de celles en France. Ici elles sont très codifiées et hiérarchisées, mais pas de la même façon que « hiérarchique » signifie pour nous Français. De plus, la notion de collectivité étant importante ici, on essaye d’éviter tout conflit au sein du groupe et d’heurter son interlocuteur, en ne donnant pas trop son opinion, notamment quand on n’en est pas au stade de très bons amis (là aussi je me cale sur mon expérience). 

Commençons par un peu de général, en société et dans le monde du travail.

Au Japon, il existe le terme de « Senpai » et de « kohai« . « Senpai » désigne une personne qui a plus d’ancienneté que nous qui est dans le même établissement scolaire, le même club de sport ou dans la même entreprise. Tel un tuteur, le rôle du senpai est de transmettre son savoir, d’aider et de conseiller. Kohai à l’inverse désigne une personne qui a moins ancienneté de nous. La relation senpai – kohai est très ancrée et partage un respect mutuel. Ici l’âge n’entre pas en compte, c’est le degré d’expérience et surtout d’ancienneté qui compte. C’est clairement le jeu de celui qui était là le premier comme le représente si bien le premier idéogramme de senpai 先輩 et de kohai 後輩. 

En France nous sommes tactiles pour se saluer, on se serre la main, se fait la bise, se prend dans les bras. Au Japon, rien de tout ça, on s’incline ou on fait juste un signe de tête. Concernant l’inclinaison, son angle et sa durée varie selon le contexte et le type de relation. Même dans ma belle-famille il y a peu de contact physique, et s’il y en a, ils sont parfois maladroit. Je le vois aussi entre mes beaux-parents et mon fils, il reçoit très peu de câlins alors que lui adore ça et veut toujours en faire, ainsi que des bisous, à ses deux cousines qui ont le même âge que lui.

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Passons aux amitiés.

Avant de venir au Japon, je m’étais déjà fait des amies japonaises à l’université. Elles étaient venues pendant un an en échange universitaire. Baignant tout récemment dans la sphère japon, je ne me posais pas de questions sur ma façon d’interagir avec elles pour communiquer, devenir amie, etc. Je n’avais pas de mode d’emploi « Comment devenir amie avec des Japonaises », non, Française ou Japonaise, je ne faisais pas de différence. Je m’entendais bien avec 3-4 Japonaises, on habitait dans la même résidence universitaire, on sortait souvent et déjeunait souvent ensemble, on s’aidait mutuellement en français et en japonais, etc, mais je sentais que tout était que surface. Lors de mes deux premiers séjours au Japon, mon mari était encore étudiant à Tokyo et donc je me suis mise à fréquenter ses ami/es de son club d’activité qui était sur la culture européenne. Bien que je parlais peu japonais j’arrivais à communiquer et j’avais surtout sympathisé avec trois filles du groupe. Avouons-le, le fait que mon mari m’intègre dans ce groupe d’amis avait grandement facilité les choses.

Puis je suis revenue au Japon avec mon visa Working-Holiday, mon mari ayant obtenu son diplôme et étant devenu salarié, nous nous sommes installés dans notre ville actuelle près de Kobe. Et la, je me suis senti extrêmement seule. Je ne travaillais pas, j’étais seule tous les jours et étant timide (du moins au début et avec le temps ça va mieux), je ne savais pas comment faire pour simplement rencontrer des gens. Les codes étant si différents, je ne savais pas comment leur parler ni créer un lien avec eux et surtout j’avais le sentiment de ne pas pouvoir être moi-même. Heureusement j’avais une amie japonaise de ma fac qui habitait à Osaka et que je voyais de temps en temps avant qu’elle ne déménage à Tokyo, mais sinon calme plat. Quand j’ai commencé à travailler au resto français, je suis devenue amie avec des collègues français. Via le blog j’ai aussi pu rencontrer d’autres Françaises avec qui je suis toujours amies actuellement, plus tard c’est via Twitter et Instagram que j’ai aussi pu rencontrer d’autres Français/es. Le bon coté des réseaux sociaux !

En 7 ans ici, je me suis faite beaucoup d ami/es français/es, mais peu d’amies japonaises. Mes principales amies japonaises sont francophones, je les vois régulièrement, elles sont bilingues et ont déjà vécu en France. Ça s’est fait tout seul avec elles, pas besoin de codes à respecter. Depuis que je suis maman, ce fut une autre affaire car je n’arrivais pas à discuter avec les autres mamans, les enfants étaient au centre de tout, je ne sentais pas de feeling particulier puis comme je l’avais déjà mentionné une fois, le tatemae, le paraître, le fait de faire bonne figure reste important. J’ai fini par sympathiser avec deux Japonaises du quartier, elles ne connaissent rien à la France et ne parlent pas un mot de français. Sentant le courant passer avec elles des le début j’ai essayé de garder contact et nous sommes finalement devenues amies et sortons souvent, que ce soit avec ou sans nos enfants. Cependant je sens encore que c’est une relation délicate, car on ne parle pas de tout, si je raconte quelque chose de personnel, il n’y aura pas de retour. Elles furent mes premières mama-tomo, littéralement « amie maman ». Terme que je n’emploie pas avec mes amies françaises qui sont mamans car tout simplement en France on se définie par soi et non par son statut social comme le font les Japonais, ici, quand on devient mère, on n’est plus que ça aux yeux de la société.

A la maternelle, je n’ai pas de mama-tomo, on se salue quand on se voit, on échange quelques mots bateau, le temps, les enfants, les activités de la maternelle et voilà, ça reste une relation de bonne entente. Je ne sais pas trop de quoi parler avec elles. En début d’année, la maîtresse avait fait un tour de parole pour que nous nous présentions en parlant de nos passe-temps. J’ai été choquée d’apprendre que plus de la moitié n’en avait pas et que leur vie ne tournait qu’autour de leurs enfants. Quand je pense à tout ce que j’aime faire, je trouve ça si triste. Quand on devient mère il ne faut pas s’oublier, on reste une femme, un individu à par entière. C’est le genre de personne, qui, quand leurs enfants quitteront le nid, se retrouveront face au vide. Elles se rendront compte qu’elles se sont oubliées pendant des années, au point qu’elles ne savent pas quoi faire, au point qu’elles ne savent plus ce qu’elles aiment, qui elles sont, et qui probablement se remettront en question.

Maintenant je ne cherche plus à me faire de nouveaux amis. Mon cercle est fait et il me plait tel qu’il est, que ce soit pour celui en France ou celui ici.

Nouvel article des rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Le thème du mois est Les relations sociales et c’est Kenza du blog Cup of english tea en est la marraine. Bien sur, comme toujours, sans vouloir faire de généralités, je vais me baser sur ma propre expérience.

↓ Les autres participations de ce rendez-vous ↓

Ophélie,  Lucie et Clara en Angleterre *Amélie et Laura a Turin * Cécile fait le bilan après plusieurs expatriations * Ferdy au Canada * Angélique au  Sénégal * Mme Dree en Belgique * Barbara au Québec * Liz au Koweit * Alex entre le Portugal et l’Allemagne * Hilorico parle du Costa Rica * Marie entre l’Angleterre et l’Allemagne * Océane, au Québec * Myriam, en Allemagne * Kenza, au Canada * Perrine, au Canada * Patrick, en Slovénie * Maëva, en Espagne, en Angleterre puis aux Etats-Unis