Passion Japon : Emilie et le monde des Geisha

Salut Emilie, je suis ravie que tu aies accepté de participer à cette rubrique pour nous faire un plus découvrir le monde des geisha qui, bien qu’intriguant et fascinant, reste encore assez méconnu des occidentaux.

Tout d’abord, pourrais-tu te présenter ? 

Moi, c’est Emilie, je suis professeur de Français Langue Étrangère et je suis actuellement en France pour quelques temps avant de partir à l’automne pour enseigner en Egypte. Je suis accro aux voyages, grâce auxquels je peux découvrir d’autres cultures et traditions et m’exercer à la photographie, un autre de mes passe-temps. Depuis quelques années, je m’intéresse beaucoup aux kimonos et à la danse japonaise.

Quel est ton parcours avec le Japon ? As-tu habité dans d’autres villes japonaises ? Quand et pourquoi y as-tu atterri la première fois ? Comment ton intérêt pour le pays du soleil levant est-il né ?

J’ai commencé à m’intéresser au Japon quand j’étais lycéenne, après qu’un groupe de Japonais soient venus pendant quelques semaines en échange dans mon lycée. J’ai lus quelques manga, correspondu avec des amies japonaises avant de commencer à étudier réellement la langue une fois à l’université. Tout m’a paru si « différent », et je crois que c’est ça qui m’a le plus intéressé. Depuis, j’ai visité le Japon une bonne douzaine de fois. 
Mon premier voyage remonte à 2007, pour enfin découvrir le pays de mes amies… et les y revoir. Parmi ces séjours, j’ai également fait un visa Vacances-Travail pendant 7 mois en 2010-2011, pendant lequel j’ai habité à Saitama puis à Tokyo, et un volontariat international que je viens juste de finir et qui m’a amené à Kyoto pendant deux ans.Je crois que j’ai toujours apprécié le Japon par le prisme de la culture japonaise : le premier manga lu, les différences culturelles fascinantes avec mes amies japonaises, les tissus et les kimonos aux motifs si uniques, ma grande passion pour les festivals japonais. Je pense que ce sont vraiment ces aspects-là avant tout qui me font tant aimer le Japon.

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Passons maintenant au vif du sujet, comment as-tu découvert le monde des geisha ? Quel fut le déclencheur de cette passion ?

Je ne me souviens plus exactement de comment c’est venu, à vrai dire. Mais je crois que  le fait qu’elles portent des kimono a forcément attiré mon attention, puisque je m’intéressais déjà à ce vêtement depuis quelques temps. Sans trop me rappeler comment, je me suis retrouvée en avril 2012 a assister a un petit événement gratuit à Kyoto, organisé pour les étrangers, avec une geiko (geisha de Kyoto) et une maiko (apprentie). Il nous était proposé de découvrir quelques danses au shamisen (instrument traditionnel), d’en savoir plus sur leur vie quotidienne et de pouvoir aussi s’initier aux jeux de banquets auxquels elles participent chaque soir. Le moment où j’ai vu la toute jeune maiko arriver dans la pièce restera toujours gravé dans ma mémoire : en la voyant de si pres pour la première fois de ma vie, juchée sur ses hautes sandales et parée de son long kimono, le visage maquillé de blanc, j’ai ressenti une fascination qui ne m’a plus jamais quitté depuis. J’ai par la suite voulu en apprendre toujours plus sur la vie de ces femmes, et je profite de toutes les occasions qui me sont données de comprendre ce monde si particulier.

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La première rencontre avec une maiko et geiko en 2012

Malheureusement, de nos jours, beaucoup de personnes se méprennent encore, alors pour partir sur de bonnes bases, pourrais-tu nous dire ce qu’est une geisha ?

Je commencerai par le plus important : une geisha est une artiste à part entière. D’abord, étymologiquement, puisque dans « geisha », « gei » signifie l’art et « sha » la personnes. On ne peut se considérer geisha sans avoir un minimum de connaissances dans les arts japonais. La majorité des geisha apprennent la danse, les instruments traditionnels, la calligraphie, l’art floral, la cérémonie du thé… Elles consacrent donc une grande partie de leur journée à s’exercer dans un ou plusieurs arts transmis de génération en génération.

Leur travail à proprement parler se déroule le soir : maquillées de blanc et de rouge, habilles de kimono somptueux, elles se rendent à des banquets privés dans les quartiers traditionnels où elles vivent et se chargent du divertissement des clients plutôt fortunés qui y participent. Dans ce cadre, elles occupent de multiples fonctions : danser, jouer d’instruments, faire la conversation, servir alcool et plats, participer à des jeux spécifiques. Une fois le banquet termine, chacun rentre chez soi et ce moment un peu hors du temps n’est plus que l’équivalent d’un rêve… ce qui est précisément le but même de la soirée.

Il est parfois complexe d’essayer d’expliquer ce concept. Et par la même, le rôle de la geisha par rapport à ses clients. La majorité sont des hommes, souvent d’age mur, plutôt à l’aise financièrement. Pour un Occidental, il peut paraître curieux, voire impossible, qu’une hôte féminine divertisse ainsi un client masculin… dans qu’il ne se passe rien de plus. En fait, c’est tout un aspect de la culture japonais qui transparaît ici : la culture du réconfort.
Depuis les débuts des geisha à l’époque Edo, les hommes sont venus se divertir auprès d’elles pour oublier leur dur quotidien – puisque traditionnellement, c’est l’homme qui travaille pour faire vivre son foyer au Japon. Les riches marchants d’Edo et de Kyoto venaient dans les maison de thé ou une ambiance de fête était créée pour eux. Les beaux kimono, les danses élégantes, les conversation enjouées et le léger flirt autorité avec leurs hôtes féminines leur permettaient de s’immerger dans une sorte de bulle agréable l’espace d’un instant. La profession de geisha a toujours été régulée sévèrement et la prostitution y était interdite. Si quiconque souhaitait assouvir d’autres désirs, cela se passait chez les prostituées et courtisanes qui vivaient non loin, dans leur quartier réservé. Si l’on considère parfois que la limite pouvait devenir floue entre les deux professions, et qu’on parle d’une « double licence » qui aurait existe pour certaines artistes qui vendaient également leur corps, il est difficile d’obtenir des informations concrètes aujourd’hui et je ne peux pas m’étendre sur le sujet. Quoi qu’il en soit du passé, à l’heure actuelle il n’existe aucun doute : les geisha ne sont en aucun cas des prostituées de luxe.

Comment devient-on geisha ?

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Geiki (geiko) de Kanazawa exécutant une danse du printemps

La situation est différente selon les villes. A Kyoto, ou la culture des geiko et des maiko est très présente et farouchement protégée, il faut commencer une formation de 5 ans en tant qu’apprentie (maiko) une fois la scolarité obligatoire terminée, vers 15 ans. La maiko est initiée à un grand nombre d’arts, dont bien sur la danse japonaise. Elle suivra des cours tous les jours avant de participer aux banquets le soir avec ses aînées. Une fois cet apprentissage très exigeant terminé, vers 20-21 ans, l’apprentie peut faire le choix de devenir une artiste à part entière, la geiko. A Tokyo et dans d’autres villes, il existe encore quelques quartiers de geisha il est nécessaire de passer par le stade d’apprentie (elles sont appelées « hangyoku » à Tokyo), mais de nombreuses geisha le deviennent directement après une formation spécifique d’une durée variable.

Pourrais-tu nous expliquer la différence entre les maiko et les geiko ?

La principale différence réside dans l’expérience, comme mentionné plus haut. L’apparence physique va de pair avec la progression de la jeune femme dans son apprentissage.
A Kyoto, les maiko sont de jeunes apprenties, âgées de 15 à 20 ans en général. Elles sont traditionnellement considérées comme encore immatures et peu expérimentées, aussi cela se voit-il dans leur tenue : elles portent des kimono aux longues manches avec des plus au niveau des épaules, systématiquement portés par les enfants dans le passé. Le vêtement est en général charge en motif barioles et nombreux. Elles portent un obi (une large ceinture) de plusieurs mètres noué de façon à ce qu’il se déroule dans son dos. La coiffure est également caractéristique : elle est réalisée à partir des cheveux de la jeune fille, et on y dispose également des ornements floraux assez volumineux. Plus la maiko gagne en expérience et plus son apparence s’assagit progressivement.
Une geiko, de par son statut d’artiste à part entière, revêt une apparence bien plus simple et mature. Elle porte le type de kimono plutôt porte par les femmes mariées et privilégié des couleurs plus sobres. Les motifs y sont plus discrets et visibles uniquement sur les manches et sur le bas du vêtement. Son obi, plus court, est noué de façon plus classique. Elle porte une lourde perruque uniforme, ornée de quelques décorations discrètes.

Une journée de geisha ressemble à quoi ? Ont-elles des jours de congés ?

Je ne vais parler que de ce que je sais des geiko de Kyoto, car je connais beaucoup moins comment cela se passe ailleurs au Japon. Je crois seulement pouvoir dire que toutes les geisha du Japon ont en commun de participer à des banquets le soir de manière régulière ; leur formation et donc leur emploi du temps varient cependant énormément d’une ville à l’autre.
A Kyoto, une maiko se lève vers 9h et se rend en kimono à ses leçons en fin de matinée. Le type de cours varie selon un emploi du temps spécifique (ce n’est pas tous les jours la même chose) mais les cours de danse ont une importante primordiale. Elle rentre à son okiya (maison de geisha) vers 15h en général, et se prépare un peu plus tard pour les banquets du soir. Elle dîne, se maquille elle-même et attend qu’un habilleur, appelé otokoshi, vienne lui mettre son kimono et son obi, ce dernier demande une certaine force pour être noué correctement. Dans certains quartiers, les femmes de la maison se débrouillent sans homme ! La maiko commence à travailler à 18h en général. Il peut y avoir deux voire trois banquets qui s’enchaînent dans la même soirée, si bien qu’elle ne rentre pas à l’okiya avant minuit voire une heure du matin. Il lui faut alors enlever son habit, se démaquiller, prendre un bain et se coucher. Et la même chose se répétera à peu de choses près le lendemain.

La journée d’une geiko est similaire en tout point à celle d’une maiko, si ce n’est que sa spécialité influencera son emploi du temps, lui-même plus flexible. Il existe en effet deux types de geiko : la tachikata, qui se produit sur scène en tant que danseuse, et jikata, spécialisée dans l’accompagnement à l’instrument et au chant. Dans la majorité des quartiers, cette dernière ne dans donc jamais et ne suivra pas de cours de danse dans la journée. Le soir, elle présentera aux banquets en tant que musicienne et chanteuse, mais participera à la conversation comme le fait la tachikata.

Il arrive qu’à la place d’un banquet, la maiko ou geiko doive accompagner un client spécifique dans une sortie, un restaurant ou encore un bar selon le choix de ce dernier. Ce genre de sortie peut même s’organiser en journée. 

En général, les maiko disposent de deux jours de congés réels dans le mois. Elles sont ainsi autorisées à aller faire des emplettes en ville par exemple. Il leur est cependant interdit de rentrer dans une supérette ou une chaîne de restauration rapide… question d’image ! Les geiko, elles, disposent de leur emploi du temps comme elles l’entendent et sont ainsi bien plus libres. Elles peuvent prendre plus de congés et se rendre dans les qu’elles veulent plus facilement. 

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Deux maiko se rendent à une maison de thé

De nos jours, est-ce que c’est un métier qui attire encore beaucoup ?

Le métier de geisha a connu un déclin sans précédent une fois la deuxième guerre mondiale terminée. A Kyoto, leur nombre est passé de plusieurs milliers avant-guerre à environ 250 aujourd’hui. Les réalités économiques et sociales du Japon moderne ont percute de plein fout et ce petit monde un peu fermé, qui a parfois totalement disparu dans certaines villes japonaises. Les Japonais se sont désintéressés de cette tradition, qui plus est réservée à des gens suffisamment fortunés, ce qui est moins évident dans une société avec une forte classe moyenne. La tendance est aujourd’hui en train de s’inverser très lentement bien que les proportions restent très faibles par rapport à l’age d’or des geisha d’avant-guerre. Par exemple, bien que le nombre de geiko à Kyoto soit toujours a l’équilibre depuis une dizaine d’années. de plus en plus de jeunes filles tentent de l’aventure car elles ont plus facilement accès à des informations sur la vie de maiko via les médias et les réseaux sociaux. Le métier peut parfois être considéré avec méfiance par les parents, mais il jouit d’une certaine popularité – toute relative – ces dernières années auprès de collégiennes des quatre coins du pays.
Cependant, il faut souligner que si chaque année voit naître de nouvelles maiko, beaucoup abandonnent leur carrière en cours de route ou choisissent de ne pas devenir geiko après leur apprentissage. Le nombre de jeune geiko à Kyoto est donc proportionnellement assez faible actuellement.

 

Est-ce qu’il y a un âge de retraite ? Les veterantes ont-elles toujours autant de succès ou est-ce qu’elles ont un rôle particulier ?

Théoriquement, il n’existe pas d’âge de retraite. On est geisha « à vie » à partir du moment même où on le devient. Dans le quartier de Kamishichiken à Kyoto, la geiko Katsukiyo s’est produite sur scène presque jusqu’à sa mort à 88 ans. On dit parfois que les geisha sont mariées à leur profession ; une partie des femmes qui la quittent le font justement car elles souhaitent se marier avec quelqu’un. On peut a vrai dire quitter ce métier quand on le souhaite, s’il ne correspond plus à ce que l’on recherche ou si l’on a un nouvel objectif en tête.
Une geiko aguerrie sera considérée avec le respect qui lui est dû. Si elle est tachikata, elle obtiendra souvent des solos de danses lors des grands spectacles publics du printemps et de l’automne. Si elle est jikata, elle sera vraisemblablement très demandée pour accompagner ses cadettes à divers banquets ou événements. Elles peuvent être appelées à assumer de grandes responsabilités ;  les présidentes des associations de geiko de chacun des cinq quartiers de Kyoto sont des geiko ayant accumulé un grand nombre d’années d’expérience.

 

Avec le temps, est-ce qu’il y a des choses qui ont changé ou évolué dans le rôle des geisha ou leur façon de vivre ou par rapport aux autres personnes ? 

Le monde des geisha a bien sur du évoluer pour s’adapter à la société actuelle. Si les communautés de geisha subsistent dans un grand nombre de villes (Tokyo, Atami, Kanazawa, Nagoya, Tokushima, Osaka, Nagasaki pour n’en citer que quelques unes), nombreuses sont celles qui ont cherché à s’adapter pour survivre. Dans certaines quartiers de Tokyo, par exemple, une geisha peut tout à fait avoir un travail principal dans la journée et être geisha une fois le soir venu. Le métier devient ainsi plus compatible avec un mode de vie plus actuel et attire régulièrement de nouvelles recrues, bien que cela soit en petit nombre à chaque fois. Cela n’est pas envisageable à Kyoto, où l’on doit être entièrement dévouée à sa carrière d’artiste, mais on y perçoit malgré tout des évolutions : si leur style de vie reste farouchement traditionnel, les maiko et les geiko arborent une nouvelle image d’ambassadrices de la culture japonais et participent à un plus grand nombre d’événements publics que par le passe. De plus en plus d’hôtels ou de restaurant proposent des soirées avec une maiko pour les touristes, un concept assez différent du traditionnel banquet exclusif qui constitue leur gagne-pain principal d’ordinaire. Dans certain quartier, on propose même de plus en plus aux enfants des ateliers de découverte de la danse ou des instruments qui font partie de la vie d’une maiko ou geiko. Cela me donne l’impression qu’on essaye de (re)créer des liens entre un monde traditionnellement séculaire et le reste de la société. 

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Je sais que ce n’est pas bien de les importuner quand on les croise, mais sinon, comment peut-on les approcher ?

Le tourisme de masse rend effectivement la vie dure aux maiko et geiko de Kyoto. Le quartier de Gion notamment est assailli chaque jour par une foule de visiteurs qui cherchent à voir des geisha coûte que coûte, avec parfois des comportements déplacés voire dangereux.
Pour apprécier leur compagnie « à sa juste valeur », il existe aujourd’hui une multitude d’options. On peut aller les voir danser lors d’événements publics ou de festivals gratuits comme le Gion Matsuri. Les cinq quartiers de Kyoto donnent des spectacles de danse chaque année au printemps et en automne accessibles à tous. Pour des moments privilégiés, il existe même des restaurants qui organisent des cérémonies du thé ou de petits banquets pour touristes avec une ou plusieurs maiko. Et bien que tout cela ait un prix plus ou moins important, c’est la meilleur façon de les admirer de près.

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Deux maiko interprétant une danse lors du festival Higashiyama Toro.

As-tu déjà rencontré une geisha ?

Comme je l’ai raconté plus haut, ma première rencontré a eu lieu en 2012. Depuis, j’ai eu trois ou quatre occasions de parler avec des maiko ou geiko. Cette année, en mai, j’ai même pu participer à un banquet avec deux d’entre elles, et quelques semaines plus tard j’ai eu la chance de passer une heure privilégiée avec une maiko en tant que « vraie » cliente. Inutile de dire que j’avais des étoiles plein les yeux.

Aurais-tu un rêve ?

J’ai toujours la tête remplie de rêves en permanence alors je n’aurais jamais fini d’en faire la liste… Je vais choisir celui qui se réalisera peut-être dans un futur proche :  me produire sur scène dans un spectacle de danse traditionnelle japonaise.

Reviendras-tu au Japon ? 

Pour réaliser le rêve dont je viens de parler, je compte revenir au Japon en 2021 afin de me perfectionner en dance. Je ferai le maximum dans ce but !

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Merci beaucoup Emilie de nous avoir accordé un peu de ton temps et d’avoir partagé ton savoir. C’était vraiment très intéressant et j’ai à nouveau appris de nombreuses choses. De plus, à chaque fois que je t’écoute parler des geisha, je vois tes yeux pétiller et je sens ce feu qui t’anime, tu es si captivante que je bois tes paroles tellement c’est passionnant ! Rien que pour ressentir cette passion, je pense que le format podcast aurait été parfait pour transmettre cette flamme aux lecteurs.
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Pour suivre Emilie sur instagram, c’est par ici > Emi.blue33

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Kobe Winery, du vin made in Japon

Ce mois-ci, lors d’une excursion avec les Kobe PR Ambassador, j’ai découvert un nouvel endroit à Kobe, l’exploitation viticole de Kobe Winery qui se situe à 30min de route depuis le centre de Sannomiya. Cependant cet endroit n’est pas que pour les amateurs de vin, en effet il y a aussi un espace barbecue et jeux pour les enfants. Etant Française, les Japonais pensent que je bois du vin à chaque repas et que je m’y connais, alors que ce n’est pas du tout le cas. Je ne m’y connais pas du tout et je n’en consomme que pour des occasions. Cependant j’avoue préférer le vin blanc au rouge et venant d’Alsace, j’aime particulièrement le Riesling, le Pinot Gris et le Gewurztraminer. Les villages alsaciens sont connus pour les vignes et voir celles-ci m’a rendu un peu nostalgique.

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Kobe Winery a vu le jour en 1983 et possède actuellement des vignes éparpillées dans divers endroits de Kobe. Ils produisent principalement cinq sortes de raisin afin de faire du Merlot et du Cabernet Sauvignon en vin rouge et du Chardonnay, du Riesling et du
Shinano Riesling en vin blanc. Le Shinano Riesling fut créé uniquement par Kobe Winery, il s’agit d’un hybride de Chardonnay et de Riesling. En 2007 il gagné le prix Gold au Japan Women’s Wine Awards qui est la première compétition internationale de vins au Japon dont les juges sont uniquement des femmes.

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Vendangeurs du jour, on nous a d’abord expliqué comment bien choisir les grappes de raisin. Puis munis de gants et d’un sécateur nous nous sommes exécuté dans les vignes d’un futur Chardonnay. Observant de près ce précieux cépage, c’est avec la plus grande délicatesse qu’il fallait les déposer dans le cageot. Les grappes abîmées ou d’une mauvaise couleur, elles, rejoindront le composte. 

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Ensuite, suivant la destinée de ce goutu nectar, direction la distillerie. L’entrepôt doit être maintenu au frais et les cuves de fermentation sont constamment arrosées d’eau froide. Dans les tonneaux, le vin prend doucement vie. Les bulles que nous voyons dans la fiole indique que la fermentation est en plein travail.

Puis vient la phase finale, le moment de la dégustation. Nous avons eu droit à un jus de Cabernet Sauvignon, un jus de fermentation de Chardonnay, le shinano riesling et le vin rouge nommé Select red. Comme je m’en douté, j’ai préféré le vin blanc au rouge et à ma grande surprise, le jus de fermentation était meilleur que je ne l’aurait pensé.

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C’était une chouette expérience, c’était vraiment intéressant d’apprendre des choses et du goûter du vin japonais pour la première fois. Je sais que je n’y serai jamais allée de moi-même donc je suis contente que nous y soyons aller. Ainsi si vous aimez le vin ou être curieux, je vous recommande fortement d’y faire un saut.

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Plaques d’égouts japonaises, l’art au bout des pieds à Kobe

Il y a trois ans j’avais déjà rédigé un article sur les plaques d’égouts japonaises (ici) en y présentant quelques unes que j’avais vu à travers l’archipel et en y pointant les symboles de chaque ville que nous pouvions y voir dessus. Dans le même registre, j’ai voulu cette fois-ci me concentrer sur les plaques d’égouts de Kobe qui sont toutes très jolies et originales. Parfois, c’est aussi bien de regarder parterre car on peut y trouver de petites perles, puis concernant Kobe, si on fait attention aux détails, on peut aussi constater que la ville éparpille des miettes de son histoire un petit peu partout.

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La première plaque d’égout décorative de Kobe apparut en 1988 et se trouvait dans la ville thermale Arima-onsen représentant la rivière qui la traverse, les érables et le téléphérique qui mène au Mont Rokko. Ce n’est que par la suite que des plaques d’égouts décoratives représentant la ville de Kobe apparurent dans la ville portuaire et actuellement il en existe une dizaine. 

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On peut en trouver de très élaborées, mais aussi des « informatives » comme celle-ci qui indique la distance qu’il y a de son emplacement jusqu’au port et jusqu’au quartier Kitano qui se trouve coté montagne avec ses maisons étrangères, les ijinkan.

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En 2016 avait eu lieu le premier concours de design de plaques d’égouts dont le thème était « le port de Kobe« . Parmi les 159 propositions des habitants, voici les deux designs retenus qui ont eu l’honneur d’inaugurer ce premier concours. On constate que, bien que les styles soient très différents, ils correspondent parfaitement au thème.

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Le thème du deuxième concours de design de plaques d’égouts était « ce que j’aime à Kobe« , parmi les 85 propositions soumises, voici l’une des deux qui fut retenue. Mer et montagne, la tour de Kobe, son port rouvert depuis 150 ans, un panda pour le zoo Oji et un dauphin qui, je suppose doit faire référence à l’aquarium de Suma. Kobe est vraiment aimée de ses habitants, ils en sont fiers et on le voit partout ! 

 

Cette plaque fait référence au Luminarie, le festival de lumières qui a lieu en décembre en mémoire des victimes du grand tremblement de terre de 1995.

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On trouve aussi des plaques dites « touristiques » comme celles-ci. La première a été réalisée sous forme de médaille.

D’autres plaques sont reliées à des quartiers en particuliers. La première est rattachée au quartier de Motomachi, les lanternes font référence à celles que l’on trouve dans la longue galerie marchande et qui changent de style à chaque section. La deuxième est celle de la rue Sannomiya Center South street, qui après le séisme de 1995, fut réaménagée dans un style urbain plus moderne. La rue fut pavée tout en étant agrémentée de réverbères puis des magasins et des restaurants de style occidentaux s’y sont installés. La troisième toute mignonne représente la spatule que l’on utilise pour faire le Sobameshi, un mélange de yakisoba et de riz, qui est la spécialité du quartier de Nagata. La quatrième représente le zoo de Kobe, Oji qui permet effectivement d’y voir un panda.

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Cependant les plaques d’incendie ne sont pas des laissées-pour-compte, en effet on en trouve aussi à l’image de la ville maritime et rassemblant plein de ses symboles.

Si vous êtes des collectionneurs, sachez qu’il y existe même une collection de cartes à l’effigie des plaques d’égouts du Japon. Une autre façon de visiter sous forme de chasse au trésor !

 

Nunobiki Herbs Gardens, le jardin des plantes de Kobe

Voici le plus grand jardin des plantes du Japon, le Kobe Nunobiki Herbs Gardens qui est très connu dans la préfecture de Hyogo. Il se trouve sur le mont Maya donc pour y accéder il faut prendre le téléphérique qui se situe à coté de la gare Shin-Kobe.

Durant la montée, nous avons droit à une magnifique vue sur la ville de Kobe, la forêt recouvrant le mont Maya et sur la cascade Nunobiki. Une fois arrivée en haut, c’est une immense terrasse qui nous accueille avec une grande maison qui me rappelle les maisons alsaciennes de chez moi. Il y a un café et une petite boutique où on peut acheter divers produits, principalement à base de lavande, de rose et de miel ou de toutes autres sortes de senteurs florales. Tout sent si bon ! 

En descente de la terrasse c’est un beau et vaste jardin qui s’étend en présentant une grande diversité de fleurs ainsi qu’une multitude de couleurs. Puis ce qui est intéressant avec les herbes que l’on peut y voir, c’est que les Japonais ne les utilise pas de la même façon que nous en Europe ! Un petit peu à l’écart du jardin, il y a également un espace « repos » où l’on peut contempler la vue sur la ville de Kobe et la mer tout en se trempant les pieds dans un ashi-yu (petit onsen chaud pour les pieds), celui-ci est à base de plantes. C’est vraiment un agréable endroit à voir pour s’éloigner du béton de la ville, et ce peu importe la saison.

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Dans les serres, il est possible de créer son propres sachet de fleurs et d’herbes séchés. D’abord on choisi le pochon, puis trois herbes, on les mélange et les dispose sur du coton qu’ensuite il faudra mettre dans le sachet. Comme décoration entre le coton et le sachet, on peut y mettre une feuille de laurier et quelques pétales de rose séchées. Tout cela ne prend que 10 minutes.

La spécialité du jardin est la glace à la lavande. La maisonnette qui en vend se trouve à coté de la gare du téléphérique qui permet de regagner la ville. Alors surtout n’hésitez pas à y goûter, c’est un régale !

 

Site du jardin des plantes ici

Kyoto, 智積院 le temple Chishakuin et ses hortensias

Chishakuin est un temple appartenant au mouvement bouddhiste Shingon-shū Chizan-hase qui se trouve à Kyoto dans le quartier de Higashiyama et qui est facile d’accès via le métro et en bus. C’est un beau et grand complexe de temples, non seulement son bâtiment principal, qui fut brûlé et reconstruit, est immense et impressionnant, mais ses jardins sont aussi magnifiques !

J'y été allée en décembre dernier pour une sortie kimono sous les momiji, mais ayant trop 
froid je n'avais pas pris le temps de visiter le temple. Ainsi je suis revenue ce mois-ci pour 
enfin lui faire honneur et je ne regrette pas. Ce matin-là, des moines étaient en train de
 réciter des prières dans le bâtiment principal, leurs voix résonnaient, c’était si beau.

Le jardin inspiré du Mont Lushan en Chine permet de faire un arrêt dans le temps ou tout n’est que contemplation. Assis sur les tatami, le silence règne, le regard est captivé par le paysage, un sentiment d’apaisement prend place. Parfois il faut prendre le temps de prendre le temps.

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Face au jardin, la pièce de tatami Daishoin expose de superbes peintures murales. Le bâtiment en contient bien d’autres et c’est en déambulant en chaussettes dans ses longs couloirs en bois semblables à un labyrinthe qu’elles surgissent à chaque tournant.

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Pour les amoureux de la nature, c’est également l’endroit idéal pour apprécier les saisons tout au long de l’année. Pruniers en hiver, cerisiers et azalées au printemps, hortensias en été et érables rouges en automne !

Mi-juin, son jardin d’hortensias était à son apogée. Ces pompons colorés habillaient ce jardin de mille couleurs. Tant de nuances de bleu, de rose et de violet qui émerveillaient ses visiteurs.

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Chishakuin dispose également d’une annexe y exposant des peintures de Tohaku Hasegawa et ses disciples qui sont considérées comme des Trésors Nationaux et qui représentent les quatre saisons. Cependant à l’interieur les photos sont interdites, je vous invite donc, si vous en avez la possibilité, à aller les contempler de vos propres yeux.  

#Histoires Expatriées : Le Japon et la nature

Mère nature,
Aimante, elle nous porte, nous nourri et nous enlace lorsque nous devenons poussière. Belle et généreuse, nous sommes heureux sous ses beaux jours et de ce qu’elle nous offre. Parfois dure, elle nous enflamme ou nous noie jusqu’à que nous implorions sa clémence. Mais une fois déchaînée, elle ne répond plus de rien. Elle nous gronde, elle nous secoue au point de voir rouge et de se laisser emporter négligeant ainsi les dégâts qu’elle cause.
Cependant, enfant ingrat que nous sommes, notre reconnaissance ne dure qu’un temps car nous ne l’apprécions pas tous à sa juste valeur. On l’ampute, on l’étouffe, on la tue à petit feu, ce même feu qui finira par nous consumer. Certes, elle renaît toujours de ses cendres, mais en continuant ainsi, nous courons à sa perte.
La nature est bonne et bien faite, c’est l’essence même de la vie. Puis en fait, elle se suffit à elle seule car elle n’a pas besoin de nous. C’est nous qui avons besoin d’elle. Alors c’est à nous de nous en occuper en faisant davantage d’efforts pour la préserver.

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Bienvenue pour ce nouveau rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Le thème du mois est Mon pays et la nature et c’est Aurore du blog On my tree qui en est la marraine.

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Je suis née et j’ai grandi en France. Ce décor était mon quotidien. Je n’y prêtais pas attention. Puis je me suis installée au pays du soleil levant. J’y ai mûri, j’y suis devenue une adulte, puis maman. J’ai visité et découvert les multiples et magnifiques paysages de l’archipel. Comme les Japonais, j’attendais impatiemment chaque saison, chaque mois qui serait accompagné d’une nouvelle beauté éphémère. J’aime chercher de nouveaux endroits à explorer et je n’hésite pas à faire des heures de trains pour voir telle ou telle fleur, chose que je n’aurai jamais fait en France. Les temples, les parcs, la montagne regorgent de pépites d’or. Fleurs de pruniers ou de cerisiers, camélia, azalées, glycines, roses, iris, hortensias, érables rouges. Ce sont ces fleurs qui m’accompagnent chaque année et que je ne me lasse pas de photographier. La nature est si riche et ne s’ennuie jamais. Le Japon c’est beau et fait rêver, ses paysages ont inspirés nombre de plumes et de pinceaux.

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Le Japon m'a appris à admirer la nature.

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La raison pour laquelle le Japon entretient une relation si étroite avec la nature vient de sa religion. En effet, le Shintoïsme, à la fois polythéiste et animiste, est basé sur le culte des dieux, les kami. Selon ces croyances, les animaux et tous les éléments de la nature (vent, eau, arbres, etc) sont des manifestations de divinités, aussi nombreuses soient-elles. Cette croyance pris forme il y a bien longtemps. Je suppose que le Japon d’autrefois justifiait les catastrophes naturelles dont il était victime par la manifestation de quelqu’un ou de quelque chose de plus grand, de plus puissant qu’eux, et donc des dieux. Par conséquent, ces kami étant omniprésent dans le quotidien des Japonais, il était important de les respecter et de les honorer, via des sanctuaires ou des matsuri, afin d’éviter de nouveaux courroux. Ainsi, ces pratiques sont ancrées dans la culture japonaise et traversent le temps, même si de nos jours, nombre d’événements sont explicable scientifiquement. La nature, sacrée et mystifiée, fascine depuis toujours. On retrouve également cet aspect dans certains animés, comme dans princesse Mononoke où la nature occupe une place importante. Cependant je trouve cela dommage et paradoxal que le Japon, ayant un tel culte de la nature à travers le Shintoïsme, ne soit pas plus écolo. En effet, même si le Japon fait du tri sélectif avec ses poubelles de toutes les couleurs, il est surtout le roi du suremballage !

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Kyoto, le Misedashi des Geisha

Récemment, grâce à une amie, j’ai pu assister au Misedashi de deux nouvelles Maiko, Asako-san et Masako-san de l’okiya Nishimura. Mais avant de commencer, posons les bases. Tout le monde connait les Geisha, ou du moins savent à quoi elles ressemblent. Les Geisha, contrairement à ce que certains continuent de penser, sont des artistes, des danseuses, des musiciennes, qui divertissent les clients, leur font passer un bon moment tout en leur faisant la conversation. Cependant le mot Geisha reste vaste, car en effet nous avons d’abord les Maiko qui sont les apprenties, puis les Geiko qui sont les pro. Dans chaque quartier de Geisha il y a des maisons de Geisha que l’on nomme des Okiya, ce qui devient la deuxième famille des jeunes filles qui y entrent. A l’entrée de chaque Okiya, il y a le nom des Geisha qui y habitent, ainsi à chaque nouvelle maiko, son nom y est ajouté le jour de son misedashi.

Voici Asako-san 亜佐子さん

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Passons à présent au Misedashi. Quand une jeune fille devient maiko, elles ont en général 15-16 ans. Elle doit se présenter à tous les commerces où elle sera susceptible de travailler. Habillée par le otokotoshi, c’est à ses cotés, qu’elle fera le tour du quartier auquel elle appartient. C’est un événement important et officiel qui marque le début de sa carrière. La cérémonie est privée, mais c’est aux yeux de tous qu’elle fait son tour de présentation et par conséquent cela devient un événement public. Ainsi pendant 2h photographes habitués et badauds peuvent la suivre et la prendre librement en photo tout en gardant une certaine distance et en étant surtout respectueux. 

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Voici Masako-san 槇沙子さん 

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On dit que si on croise une Geisha, qu’il est préférable de ne pas l’importuner car si elle est dehors pendant la journée cela signifie qu’elle va à ses cours ou qu’elle rentre chez elle et si c’est le soir, cela veut dire qu’elle va travailler. Il m’est déjà arrivé d’en croiser quand je me baladais dans le quartier traditionnel de Gion. Certes je les suivais du regard, mais par respect, je ne me permettais pas de les suivre ou de les prendre en photos comme beaucoup de touristes le font. L’inconnu attire et fascine donc je comprends que ce n’est pas mal intentionné. Cependant, quand j’en vois qui sont seule marchant la tête baissée et étant prise en sandwich par des touristes qui la filment ou la photographient en marchant derrière elle et/ou devant elle, ça me fait mal au cœur. Je suis curieuse du ressenti qu’elles peuvent avoir à ce sujet.

Cependant j’avoue qu’une fois, lorsque ma mère était venue, nous avions croisé une Geiko dans les ruelles. Il n’y avait personne, elle n’était pas poursuivie par une horde d’objectifs et sur demande de ma mère et en voyant son excitation, j’ai fais entorse à la règle en lui demandant si je pouvais la prendre en photo avec ma mère, chose qu’elle a gentiment accepté. Bien sûr, en voulant devenir Geisha, elles savent à quoi s’attendre, mais je pense qu’à la longue cela doit être fatiguant pour elles.

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Voila, j’espère que ce petit point culture vous aura intéressé. C’était une bonne expérience pour moi, j’étais contente de pouvoir y assister et d’en apprendre davantage sur ce monde grâce à mon amie. Les maiko étaient vraiment magnifiques, leur coiffure était parfaite, leur kimono et leur obi étaient superbes, j’en ai pris plein les yeux !

Kobe : Akashi Kaikyo Obashi, le plus long pont suspendu du monde

Akashi Kaikyo Obashi, une impressionnante et magnifique oeuvre architecturale qui s’élance au dessus de la mer. D’une longueur de 4km, il est connu comme étant le pont ayant la plus longue portée centrale suspendue au monde. Il relie la ville de Kobe et l’île d’Awaji dont les habitants devaient, autrefois, prendre le ferry pour circuler entre les deux îles, chose qui est toujours possible d’ailleurs, mais de nos jours la traversée se fait en bus et en voiture. 

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Pour entrer dans les détails, voici quelques chiffres à l’arrondi (je me permets d’arrondir car les techniciens et le guide le faisaient eux-mêmes). Ce géant d’acier a ainsi une portée centrale de 2km et deux portées latérales de 1 km, pour une longueur totale de 4km. La partie centrale a du être étirée d’un mètre à la suite du tremblement de terre de Kobe de 1995 dont l’épicentre était situé juste entre les deux pylônes du pont. Ainsi, prenant en compte les séismes qui secouent régulièrement le pays et les typhons qui traversent le Japon, des mesures ont été prises pour que sa structure lui permette de résister à des vents de 80 m/s (près de 290 km/h), à des séismes d’une magnitude de 8,5 sur l’échelle de Richter ainsi qu’à des courants marins de 4,5 m/sSa construction commença en mai 1988 et il fut ouvert à la circulation le 5 avril 1998. Il aura donc fallu 10 ans pour construire cette oeuvre d’art. Cependant les véhicules ne sont pas les seuls à circuler sur le pont, en effet, celui-ci transporte également l’électricité et l’eau potable sur l’île d’Awaji. 

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Il y a deux façons de visiter le pont. La première se limite au musée et à l’exploration du tout début de la partie suspendue latérale. Le musée retrace l’histoire de sa construction et détaille bon nombre d’éléments qui le compose. La deuxième consiste tout d’abord à participer à une réunion d’informations avec des techniciens qui expliqueront comment se passera la visite et surtout qui donneront des consignes de sécurité. Le port du gilet et du casque sont obligatoire.

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Ensuite c’est dans les entrailles du colosse que cela se passe. De l’interieur, son squelette est tout aussi impressionnant. Sa colonne vertébrale offre un tunnel sans fin. Accompagné d’un guide et de ses explications, l’excursion commence ! La mer sous nos pieds et les bateaux qui y voguent nous rappelle notre privilège. Il faudra parcourir le kilomètre de la première partie suspendue avant de pouvoir atteindre notre objectif, le premier pylônes. En effet du haut de ses 300m celui-ci offre une vue imprenable sur Kobe et l’île d’Awaji.

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A la fin de la visite, les aventuriers du jours reçoivent un diplôme avec la photo de groupe prise au sommet du pont. 

Le site Akashi KAikyo Bridge 

Histoires Expatriées : Voyager à l’étranger quand on habite au Japon

Nouveau rendez-vous #Histoires Expatriées organisé par Lucie depuis l’Italie qui tient le blog L’Occhio di Lucie. Le thème du mois est Le tourisme dans les pays voisins et c’est Kenza du blog Cups of English Tea qui en est la marraine.

En comparant avec la France, depuis l’Hexagone j’ai plus voyagé à l’étranger, que ce soit en voiture, en train ou en avion, faut l’avouer la France est très bien située. Par contre au Japon, compte tenu de sa situation géographique, si je quitte le sol japonais c’est surtout pour rentrer en France alors que j’adorerai voir d’autres pays, retourner en Angleterre et en Espagne, découvrir la Grèce ainsi que certains coins des Etats-Unis et de l’Amérique latine, mais du coup je voyage plus à l’interieur du Japon, voiture, avion, train tout y passe aussi et niveau train, le Japon est très bien desservi ! De ce fait, je connais mieux le Japon que mon propre pays… Bref, sans généraliser et en me basant sur mon entourage, voyons voir ce qu’il en est du tourisme à l’étranger quand on réside au pays du soleil levant. 

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Les congés 

Tout d’abord, au Japon, il n’y a pas les fameuses cinq semaines de congés payés que nous avons en France, mais il y a officiellement seize jours fériés répartis tout au long de l’année. Ces jours-là, les écoles et les bureaux de l’administration sont fermés et un grand nombre d’entreprises accordent un congé à leurs employés. Ensuite, il y a trois principales périodes de vacances au Japon : le Nouvel An, la mi-août aux environs de la fête O-bon, qui est l’équivalent de la Toussaint, et pendant la Golden Week de la fin avril à début mai. En moyenne, les Japonais ont droit à 18 jours de congés par an, cependant la majorité des salariés ne prennent que la moitié. De plus, s’ils prennent quelques jours de vacances cela se limitera à 2 d’affilées, mais pas plus, car selon certaines entreprises il est assez mal vu de se la couler douce pendant que ses collègues travaillent. J’ai la chance de ne pas travailler dans une entreprise japonaise, mais mon mari si. Parfois quand il prend deux jours couplés avec le weekend, il me rappelle toujours que ça ne se fait pas trop, qu’il a du prendre de l’avance sur son boulot pour ne pas déranger ses collègues avec ses clients et qu’en retour il devra apporter un omiyage, un souvenir pour eux, en général des gâteaux de la région. 

D’ailleurs, coté actualité, on peut parler de la Golden Week qui cumule 4 jours fériés, le 29 avril, puis les 3-4-5 mai, elle permet à de nombreux Japonais de partir en vacances hors du Japon. Par contre ceux qui décident de voyager dans l’archipel, eux, se retrouvent à voir les prix flamber entre les avions et les hôtels, et ont droit aux lieux touristiques bondés. De ce fait, beaucoup choisissent aussi de rester chez eux. Cependant, cette année, en raison du changement d’empereur et d’ère, cette Golden Week dura 10 jours, ce qui, apparemment, déplu à certains Japonais, qui sans leur travail, disaient ne pas savoir quoi faire de leurs journées. Un peu triste non ? En tout cas, dans mon entourage, ils étaient plutôt contents de ces longues vacances.

Voyager à l’étranger

Le Japon est une île, ce qui signifie qu’il faille obligatoirement prendre l’avion pour aller à l’étranger et malheureusement l’avion, ça coûte cher. Voyager dans les pays proches tels que la Corée ou la Thaïlande, cela reste encore abordable, on peut prendre un aller-retour pour 400 euros par personnes, par contre dès qu’il s’agit des Etats-Unis ou de l’Europe cela devient vite bien plus cher et avoisine, voire dépasse les 1000 euros. Après bien sur, tout dépend des compagnies aériennes et du trajet, avec ou sans escales. Ceux qui réussissent à partir maximum une semaine en Europe sont principalement des étudiants ou des retraités, voyageant plus en groupe que seul, le but premier étant de voir le plus de choses en peu de temps. Une ville par jour, en bus, arrivé sur le lieu touristique en question, le voir, le prendre en photo, y passer moins quelques minutes et remonter dans le bus. Le tout étant de pouvoir dire « j’y étais, je l’ai vu de mes propres yeux ». J’ai noté qu’en France les Japonais visitent surtout Paris et le Mont St Michel.

Destinations phares ?

Compte tenu du peu de congés qu’on les Japonais, ils privilégient les pays voisins. Une des destinations préférées serait apparemment Hawaï. Je n’y suis encore jamais allée, mais dans mon entourage plusieurs y ont déjà séjourné plusieurs fois. En couple, entre ami/es, avec des enfants, amateurs de tourisme ou de farniente, ou même juste pour se marier, tant de possibilités qui attirent. Cette île du Pacifique est pratique d’accès de part sa distance, elle permet aussi d’avoir un avant goût de l’Occident et surtout elle serait très Japan-friendly. En effet, apparemment, il y auraient tellement de Japonais qu’on aurait l’impression de ne pas avoir quitter le pays. Beaucoup de touristes nippons, de personnels japonais ou d’Hawaïens parlant japonais, mais aussi pas mal de restaurants japonais. Hawaï, c’est de beaux paysages entre volcans, nature, sable blanc, mer bleue, ainsi que du shopping et surtout le confort de la langue, la tranquillité de voyager à l’étranger sans avoir peur de ne pas réussir à communiquer avec les locaux.

Alternatives

Cependant le Japon offre bon nombre de paysages variés. Pour un climat tempéré, et surtout de la neige, direction Hokkaido l’île la plus au nord de l’archipel. Là-bas les températures passent facilement en dessous de zéro en hiver et niveau neige on est bien servi aussi. Je n’y suis pas encore allée, mais j’aimerai beaucoup notamment pour le festival de la neige et pour les champs de lavande.

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Wakayama – plage de Shirarahama

Une préférence pour la mer ? Direction Wakayama avec sa plage de sable blanc voire Okinawa si en plus vous voulez un air de pays chaud et une impression de sortir du pays. En effet, Okinawa ne ressemble pas à Honshu l’île principale du Japon, les gens, le dialecte, l’architecture, la nourriture, tout est très différent, pour les Japonais, Okinawa ce n’est pas le Japon. J’aime beaucoup Okinawa qui est aussi un ensemble d’îles, la-bas je me suis sentie dépaysée et je n’ai qu’une hâte, y retourner.

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Okinawa – île de Taketomi

Envie de montages ou de volcans, ce n’est pas ça qui manque au Japon ! Volcan inactif comme le Mont Fuji ou actif comme le Sakurajima à Kyushu, faites votre choix ! Quant aux montages, à Aomori, dans le Kansai ou à Tottori, le choix est large dans le Japon, rien que dans ma région il y a de quoi faire.

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Kawaguchiko – Mont Fuji

Envie de se croire dans le Sahara, direction les dunes de sables de Tottori !

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Les dunes de Tottori

Pour se relaxer dans des sources thermales, Hakone, Arima, Wakayama, Kinosaki ou Beppu sauront répondre à vos attentes !
Bref à défaut de voyager à l’étranger, les Japonais savent se divertir en restant sur le sol de leur mère patrie.

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Les autres participants 

Thibault en Amérique du nordFerdy au CanadaBarbara au Costa RicaCatherine en AllemagneAngélique au Sénégal –  Emeline à Amsterdam

Kobe : Sumadera, temple entre guerre et secrets

Fondé en 886, Sumadera est un temple bouddhiste qui se situe à Kobe dans l’arrondissement de Suma. Très ancien et de part son histoire dans la religion, c’est un lieu important pour les locaux.
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L’enceinte du temple est grande et ses paysages sont aussi appréciables au printemps sous les cerisiers, qu’en automne sous les érables rouges. Peu touristique, c’est l’endroit idéal si vous voulez éviter la foule et visiter au calme.

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Fin avril, il est d’ailleurs possible de venir participer à deux cérémonies du thé, on peut également profiter d’un concert de Koto, il s’agit d’un instrument de musique à cordes pincées utilisé en musique japonaise traditionnelle, notamment dans le théâtre kabuki et le bunraku. D’ailleurs j’ai eu un gros coup de cœur pour les moulures du bâtiment dans lequel on pratique justement la cérémonie thé matcha. Les détails, le travail du bois et surtour les yeux, c’est superbe !

 

On y trouve aussi cette superbe pagode de trois étages. Malheureusement celle-ci n’est pas d’origine, en effet l’original fut détruite 800 ans plus tôt lors du grand tremblement de terre de 1596 puis elle fut reconstruite en 1984.

 

De nos jours, il sert aussi de mémorial de la guerre de Gempei qui opposait les deux clans les plus influant de l’époque, les clans de Taira et Minamoto. En effet dans la « salle du trésor » on peut y voir quelques reliques et des représentations historiques de ce qui s’est passé durant cette guerre.

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La raison principalement de ma venue ici était de continuer ma collection de goshuin, notamment celui des Sept Dieux du Bonheur, et pour voir les cerisiers qui l’habitent et bordent le petit étang qu’il y à coté.

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Mais finalement Sumadera fut une belle surprise, un bel endroit, et contre tout attente, très interactif ! En effet, l’enceinte est rempli de statues en tout genre, dieux, ou animaux, chacune a son petit secret. Un ours qui chante, des singes qui répondent à une caresse sur la tête, des pierres qui bougent, une grenouille qui perd la boule, une tortue qui porte chance, une horloge magique et bien d’autres encore ! A présent, c’est à vous de jouer, venez et partez à une chasse aux trésors pas comme les autres. Une activité qui devraient d’ailleurs ravir les enfants ! 

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