Plaques d’égouts japonaises, l’art au bout des pieds à Kobe

Il y a trois ans j’avais déjà rédigé un article sur les plaques d’égouts japonaises (ici) en y présentant quelques unes que j’avais vu à travers l’archipel et en y pointant les symboles de chaque ville que nous pouvions y voir dessus. Dans le même registre, j’ai voulu cette fois-ci me concentrer sur les plaques d’égouts de Kobe qui sont toutes très jolies et originales. Parfois, c’est aussi bien de regarder parterre car on peut y trouver de petites perles, puis concernant Kobe, si on fait attention aux détails, on peut aussi constater que la ville éparpille des miettes de son histoire un petit peu partout.

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La première plaque d’égout décorative de Kobe apparut en 1988 et se trouvait dans la ville thermale Arima-onsen représentant la rivière qui la traverse, les érables et le téléphérique qui mène au Mont Rokko. Ce n’est que par la suite que des plaques d’égouts décoratives représentant la ville de Kobe apparurent dans la ville portuaire et actuellement il en existe une dizaine. 

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On peut en trouver de très élaborées, mais aussi des « informatives » comme celle-ci qui indique la distance qu’il y a de son emplacement jusqu’au port et jusqu’au quartier Kitano qui se trouve coté montagne avec ses maisons étrangères, les ijinkan.

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En 2016 avait eu lieu le premier concours de design de plaques d’égouts dont le thème était « le port de Kobe« . Parmi les 159 propositions des habitants, voici les deux designs retenus qui ont eu l’honneur d’inaugurer ce premier concours. On constate que, bien que les styles soient très différents, ils correspondent parfaitement au thème.

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Le thème du deuxième concours de design de plaques d’égouts était « ce que j’aime à Kobe« , parmi les 85 propositions soumises, voici l’une des deux qui fut retenue. Mer et montagne, la tour de Kobe, son port rouvert depuis 150 ans, un panda pour le zoo Oji et un dauphin qui, je suppose doit faire référence à l’aquarium de Suma. Kobe est vraiment aimée de ses habitants, ils en sont fiers et on le voit partout ! 

 

Cette plaque fait référence au Luminarie, le festival de lumières qui a lieu en décembre en mémoire des victimes du grand tremblement de terre de 1995.

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On trouve aussi des plaques dites « touristiques » comme celles-ci. La première a été réalisée sous forme de médaille.

D’autres plaques sont reliées à des quartiers en particuliers. La première est rattachée au quartier de Motomachi, les lanternes font référence à celles que l’on trouve dans la longue galerie marchande et qui changent de style à chaque section. La deuxième est celle de la rue Sannomiya Center South street, qui après le séisme de 1995, fut réaménagée dans un style urbain plus moderne. La rue fut pavée tout en étant agrémentée de réverbères puis des magasins et des restaurants de style occidentaux s’y sont installés. La troisième toute mignonne représente la spatule que l’on utilise pour faire le Sobameshi, un mélange de yakisoba et de riz, qui est la spécialité du quartier de Nagata. La quatrième représente le zoo de Kobe, Oji qui permet effectivement d’y voir un panda.

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Cependant les plaques d’incendie ne sont pas des laissées-pour-compte, en effet on en trouve aussi à l’image de la ville maritime et rassemblant plein de ses symboles.

Si vous êtes des collectionneurs, sachez qu’il y existe même une collection de cartes à l’effigie des plaques d’égouts du Japon. Une autre façon de visiter sous forme de chasse au trésor !

 

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Nunobiki Herbs Gardens, le jardin des plantes de Kobe

Voici le plus grand jardin des plantes du Japon, le Kobe Nunobiki Herbs Gardens qui est très connu dans la préfecture de Hyogo. Il se trouve sur le mont Maya donc pour y accéder il faut prendre le téléphérique qui se situe à coté de la gare Shin-Kobe.

Durant la montée, nous avons droit à une magnifique vue sur la ville de Kobe, la forêt recouvrant le mont Maya et sur la cascade Nunobiki. Une fois arrivée en haut, c’est une immense terrasse qui nous accueille avec une grande maison qui me rappelle les maisons alsaciennes de chez moi. Il y a un café et une petite boutique où on peut acheter divers produits, principalement à base de lavande, de rose et de miel ou de toutes autres sortes de senteurs florales. Tout sent si bon ! 

En descente de la terrasse c’est un beau et vaste jardin qui s’étend en présentant une grande diversité de fleurs ainsi qu’une multitude de couleurs. Puis ce qui est intéressant avec les herbes que l’on peut y voir, c’est que les Japonais ne les utilise pas de la même façon que nous en Europe ! Un petit peu à l’écart du jardin, il y a également un espace « repos » où l’on peut contempler la vue sur la ville de Kobe et la mer tout en se trempant les pieds dans un ashi-yu (petit onsen chaud pour les pieds), celui-ci est à base de plantes. C’est vraiment un agréable endroit à voir pour s’éloigner du béton de la ville, et ce peu importe la saison.

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Dans les serres, il est possible de créer son propres sachet de fleurs et d’herbes séchés. D’abord on choisi le pochon, puis trois herbes, on les mélange et les dispose sur du coton qu’ensuite il faudra mettre dans le sachet. Comme décoration entre le coton et le sachet, on peut y mettre une feuille de laurier et quelques pétales de rose séchées. Tout cela ne prend que 10 minutes.

La spécialité du jardin est la glace à la lavande. La maisonnette qui en vend se trouve à coté de la gare du téléphérique qui permet de regagner la ville. Alors surtout n’hésitez pas à y goûter, c’est un régale !

 

Site du jardin des plantes ici

Kobe : Sumadera, temple entre guerre et secrets

Fondé en 886, Sumadera est un temple bouddhiste qui se situe à Kobe dans l’arrondissement de Suma. Très ancien et de part son histoire dans la religion, c’est un lieu important pour les locaux.
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L’enceinte du temple est grande et ses paysages sont aussi appréciables au printemps sous les cerisiers, qu’en automne sous les érables rouges. Peu touristique, c’est l’endroit idéal si vous voulez éviter la foule et visiter au calme.

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Fin avril, il est d’ailleurs possible de venir participer à deux cérémonies du thé, on peut également profiter d’un concert de Koto, il s’agit d’un instrument de musique à cordes pincées utilisé en musique japonaise traditionnelle, notamment dans le théâtre kabuki et le bunraku. D’ailleurs j’ai eu un gros coup de cœur pour les moulures du bâtiment dans lequel on pratique justement la cérémonie thé matcha. Les détails, le travail du bois et surtour les yeux, c’est superbe !

 

On y trouve aussi cette superbe pagode de trois étages. Malheureusement celle-ci n’est pas d’origine, en effet l’original fut détruite 800 ans plus tôt lors du grand tremblement de terre de 1596 puis elle fut reconstruite en 1984.

 

De nos jours, il sert aussi de mémorial de la guerre de Gempei qui opposait les deux clans les plus influant de l’époque, les clans de Taira et Minamoto. En effet dans la « salle du trésor » on peut y voir quelques reliques et des représentations historiques de ce qui s’est passé durant cette guerre.

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La raison principalement de ma venue ici était de continuer ma collection de goshuin, notamment celui des Sept Dieux du Bonheur, et pour voir les cerisiers qui l’habitent et bordent le petit étang qu’il y à coté.

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Mais finalement Sumadera fut une belle surprise, un bel endroit, et contre tout attente, très interactif ! En effet, l’enceinte est rempli de statues en tout genre, dieux, ou animaux, chacune a son petit secret. Un ours qui chante, des singes qui répondent à une caresse sur la tête, des pierres qui bougent, une grenouille qui perd la boule, une tortue qui porte chance, une horloge magique et bien d’autres encore ! A présent, c’est à vous de jouer, venez et partez à une chasse aux trésors pas comme les autres. Une activité qui devraient d’ailleurs ravir les enfants ! 

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Kobe PR Ambassador

J’ai le plaisir et l’honneur de vous annoncer que j’ai été sélectionnée pour être ambassadrice de la ville de Kobe pendant une année !

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Kobe PR Ambassador est un organisme qui a vu le jour en 2017. Chaque année, il recrute 25 étrangers passionnés par leur ville d’accueil qui y habitent, y étudient ou y travaillent afin que ceux-ci la promeuvent via les réseaux sociaux. Leur but étant d’attirer plus de touristes étrangers, l’anglais prime ! Tout au long de l’année, Kobe PR organise des sorties et fait participer ses représentants à divers événements dans la ville maritime, que ce soient des lieux connus ou non, le tout est de faire davantage découvrir Kobe, notamment ce qui se fait au niveau local et d’en parler sur les réseaux sociaux.

Je l’ai déjà dit, mais j’aime Kobe. C’est une ville que j’aime énormément et qui m’a beaucoup apporté. Il y a une grande richesse et diversité culturelle qui fait qu’on se sent chez soi. Depuis plusieurs années maintenant, j’arpente ses rues pour découvrir et mieux connaitre la ville. Au bout de 7 ans je la connais quasi comme ma poche et via mon blog et instagram j’essaye aussi de montrer que Kobe ne se limite pas à son centre Sannomiya, le sanctuaire Ikuta, son quartier chinois et à son port. Au contraire, il y a beaucoup de choses à y faire et à voir, il faut juste savoir où aller. Quand j’ai découvert Kobe PR Ambassador, je me suis dit que c’était quelque chose pour moi car nous avions le même but et que devenir ambassadrice me permettrait également d’en apprendre davantage, que ce soit sur son histoire, sur la culture ou sur ses endroits à visiter.

L’année dernière je n’avais pas osé postuler parce que j’étais gênée par mon accent anglais très franchouillard. Puis 2019 arriva et j’ai finalement sauté le pas. J’ai envoyé ma candidature, passé l’entretien en anglais et aujourd’hui j’ai eu la cérémonie officielle à la mairie de Kobe en présence du maire et des autres ambassadeurs et ambassadrices. Après avoir fait connaissance, nous avons eu la cérémonie où le maire nous a remis en main propre notre certification d’ambassadeur, ensuite nous avons dû faire un petit speech chacun notre tour. Il en va de soi que devoir parler dans une langue étrangère devant une trentaine de personnes tout en étant filmés et avec une bonne dose de stress, ce ne fut pas une tâche facile. J’aurai été plus à l’aise de parler en japonais ! Cette année nous sommes 33 amoureux de Kobe venant de 16 pays différents et je peux dire en parlant au nom de tous, que nous ferons de notre mieux pour promouvoir Kobe en montrant que c’est une ville extra et riche culturellement qui mérite vraiment d’être visitée au moins une fois ! 

 

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Kobe : le sanctuaire Tsunashiki Tenmangu

Tsunashiki Tenmangu est un sanctuaire shinto qui se situe à Kobe, plus précisément dans un quartier résidentiel de Suma. Comme tous les sanctuaires tenmangu, celui-ci est dédié au Tenjin-san, dieu japonais des lettres, de la culture et de l’éducation qui fut autrefois Sugawara no Michizane, un simple poète dit érudit. Il y a longtemps lors de son voyage pour l’île de Kyushuu, Sugawara no Michizane fit une halte à Suma, ainsi 76 ans plus tard après son décès, ce sanctuaire fut érigé en son honneur, car comme il y était venu, cet endroit lui était familier.

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Ici nous retrouvons bien sur toutes les caractéristiques d’un sanctuaire tenmangu, c’est-à-dire le bœuf et les pruniers ! Le bœuf était l’animal symbolique de Sugawara no Michizane et les fleurs de prunier étaient ses fleurs préférées. Donc si par hasard vous tombez sur un sanctuaire contenant des pruniers et une statue d’un bœuf, vous saurez qu’il s’agit d’un tenmangu. Vu la spécialité de Tenjin-san, de nombreux étudiants viennent le prier et caresser son bœuf afin de mettre la chance de leur coté pour réussir leurs études et/ou leurs examens.

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Tsunashiki Tenmangu a une particularité. Vous l’avez peut-être remarqué sur la photo principale de l’article… mais oui il y a bien une aubergine dans l’enceinte du sanctuaire ! Étrange, non ?

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Il s’agit d’un banc à souhaits. Mais alors, pourquoi une aubergine ?
C’est en fait un jeu de mots sur la prononciation de « nasu » car en japonais non seulement « aubergine » se dit « 茄子nasu », mais le kanji 成す se prononce aussi ainsi. Il y a deux raisons pour laquelle les Japonais ont choisi d’associer ces deux mots. D’abord parce qu’apparemment les fleurs d’aubergine ne font pas de gaspillage et que chaque fleur qui aura fleuri donnera systématiquement un fruit. Ensuite, parce que le kanji 成す signifie « accomplir », ici en l’occurrence « accomplir un souhait ». Ainsi, à l’image des fleurs d’aubergine qui donne toujours des fruits, il est dit que ceux qui s’assoient sur cette aubergine verront forcément leur vœux se réaliser !

A la saison des fleurs de prunier, le sanctuaire est tres beau à voir et propose une dizaine de prunier, allant du rose au rouge au blanc. De plus, chaque mois le dessin qui accompagne le goshuin, le sceau du temple, change. Comme j’y suis allée en février pour les pruniers, c’est le tampon d’une fleur de prunier qui accompagne sa belle calligraphie. En mars, ça sera le dessin des poupées de la fête du Hina Matsuri, etc. Ainsi pour les collectionneurs de goshuin, ce sanctuaire peut-être un passage intéressant. Selon la saison, il peut servir de point de départ pour marcher jusqu’au jardin botanique de Suma qui se situe à 15min à pied du sanctuaire et qui est aussi connu pour ses pruniers. Comme nombre de jardin botanique on peut aussi y voir des cerisiers, des iris, des hortensias et des roses.

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Kobe et son jardin japonais Sorakuen 相楽園

Direction Sorakuen, la petite oasis au milieu du béton de la ville. Autrefois ce jardin appartenait à un des ancêtres de l’ancien maire de la ville de Kobe.  En 1941 il devint la propriété de la ville et fut ainsi ouvert au public. De plus, en 2006 il obtint le titre de site pittoresque au patrimoine commémoratif national. Il est a l’apogée de sa beauté en automne sous les érables rouges et au printemps avec les touches de rose et de violet des azalées.

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La structure en bois de la première photo de l’article est un funayakata. A l’époque Edo il servait de bateau de plaisance au seigneur du fief de Himeji quand celui-ci voulait faire des croisières sur les rivières. Nul doute qu’il ait été conçut pour s’aventurer en mer. Cependant, ce n’est pas l’original, en effet il fut reconstruit dans le jardin en 1980 pour sa conservation et a été classé comme bien culturel. Actuellement il est unique au Japon.

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Malheureusement cette maison de thé est toujours fermée. Qu’il doit être agréable de se désaltérer assis sur ses tatami en ayant vue sur l’étang et le jardin. Elle est tres populaire auprès des peintres qui aiment l’immortaliser de leur pinceaux.

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Quand le Sorakuen revêt ses couleurs automnales et n’en est que plus beau. Les touches de rouge, orange et jaune sont mises en valeurs par la verdure encore très présente tout autour. Les érables se concentrent autour de l’étang ce qui donne l’impression que celui-ci est encerclé par les flammes. D’ailleurs quelques peintres étaient présents pour immortaliser ce paysage d’automne. Cette fois-ci je m’y suis rendue en compagnie d’amies et de nos enfants. Ainsi, pendant que nous, adultes, déambulions dans le jardin pour admirer la beauté du lieu et son patchwork de couleurs, les enfants en profitaient pour s’amuser et jouer les aventuriers, traverser les ponts, longer les petites cascades, passer sous un tunnel, sauter de pierres en pierres, trouver de petits chemins dérobés suffisaient à leur bonheur. A la sortie de cet havre de paix, une place avec de quoi s’asseoir pour déguster quelques pâtisseries japonaises accompagnées d’une tasse de thé attend ses visiteurs. Une pause au calme, un peu plus près de la nature. 

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INFOS PRATIQUES

Jardin Sorakuen

Adresse5-3-1 Nakayamatedori, Chuo-kuKobe 650-0004, Préfecture de Hyogo

Entrée : 300 yens

Fermé les jeudis

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Kobe : Le temple Sanshinzan Taisan-ji

Cette année je voulais éviter la foule qui m’avait traumatisé l’automne dernier au temple Eikando de Kyoto, ainsi j’ai choisi d’aller faire tour dans les montagnes de Kobe au temple Sanshinzan Taisan-ji et je ne regrette pas car il devait y avoir une dizaine de personnes. Qui plus est, il faisait beau et  la lumière était superbe !

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Taisan-ji est un temple bouddhiste de la secte Tendai et il se situe dans les montagnes de Kobe. Il présente un intéressant mélange d’architecture japonaise et chinoise, détail que l’on remarque de suite à son bâtiment principal. Celui-ci achevé en 1293 est d’ailleurs reconnu comme « Trésor National » du Japon. Ce lieu occupe une place importante dans le bouddhisme car il est considéré comme un des premiers temples a avoir aidé à populariser le bouddhisme au Japon en adoptant une nouvelle forme de statue de Bouddha. Il fait d’ailleurs parti du pèlerinage des 6 sanctuaires Jizo de Kobe, de celui des 26 temples bouddhistes de Akashi et aussi du pèlerinage des 25 temples Kannon du Kansai.

Taisan-ji est ancien et a du potentiel, cependant il ne dévoile ses beautés qu’à des périodes précises, ainsi il est facile de se retrouver face à de nombreuses portes closes. Derrière celles-ci ce cache un Bouddha de l’ère Kamakura qui fait parti du pèlerinage des 13 bouddha de Kobe !

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Celles-ci, qui date de l’ère Edo, abritent un superbe plafond de fleurs peintes qui n’est visible du public que pendant le festival des fleurs qui a lieu le 8 mai.

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Au milieu des montagnes vertes, cet ancien temple offre un joli dégradé de couleurs. Des tons chauds, jaune, rouge, orangé en automne et des tons plus doux au printemps avec les cerisiers. Sa grande pagode à trois étages émerge de ces arbres en feu et surplombe son territoire, sa vue n’étant bloquée que par les montagnes qui l’entourent.

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A coté du temple et à l’abri des regards, se cache le petit jardin An’yo-in, mais attention celui-ci est particulier. En effet, il s’agit d’un jardin de pierres qui date de l’ère Azuchi-Momoyama. Des pierres de toutes formes et de toutes les tailles dont la position a été méticuleusement choisie. Assis dans l’engawa* sur des zabuton* de pailles tressées, c’est dans le silence qu’il se contemple. Une ambiance zen ou l’odeur de l’encens nous caresse les narines et ou les rayons du soleil nous réchauffe le visage. Cependant, l’accès à ce jardin est payant et il n’est ouvert aux visiteurs qu’à deux périodes dans l’année, en novembre du 15 au 30 et au printemps du 27 avril au 5 mai

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*zabuton : coussins pour s’asseoir parterre.

engawa : sorte d’étroit couloir extérieur d’une maison japonaise, si on enlève les portes coulissantes coté jardin, celui-ci peu se transformer en véranda. 

Adresse : 224 Zenkai Ikawadani-cho Nishi-ku Kobe

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J’ai fais quelques escapades entre parcs et montagnes pour aller admirer les momiji et j’ai posté plusieurs photos sur la page Facebook du blog, alors n’hésitez pas à y faire un tour pour les voir. 

Arima-onsen, la ville thermale de Kobe

Au cœur des montagnes de Kobe, se cache Arima-onsen, ville thermale célèbre pour ses onsens, ses sources chaudes, et qui fait partie des trois plus anciennes sources thermales du Japon. En fait, Arima dispose de deux eaux. La kinsen qui est connue pour sa couleur rouille et réputée pour ses propriétés bienfaitrices pour la peau car elle est chargée en fer et en sodium. Puis la ginsen qui elle est claire et est composée de carbonate et de radium, elle est notamment conseillée pour soigner les douleurs musculaires. Très apprécié des touristes étrangers et Japonais, Arima-onsen rassemble hôtels et ryokans, auberges traditionnelles japonaises, afin de profiter au maximum des sources chaudes.

Loin de l’effervescence des grandes villes, Arima-onsen est avant tout un lieu de détente. On prend son temps pour se promener dans ses étroites ruelles pleine de charme qui rappelle, un Japon d’autrefois aux airs d’Edo.

On y découvre plusieurs temples dont le Nenbutsu-ji qui est dédié à un des Septs Dieux du Bonheur. On profite des onsens, des bains publics et/ou minimum du ashi-yu, le bain thermal pour les pieds qui se trouve en pleine rue. On flâne dans cette ville, qui à la merci de ces eaux brûlantes, fume et est marquée part sa couleur. Tout se qui est en contact avec l’eau Kinsen, pierres, tuyaux, se tient de sa couleur rouille.

On peut également titiller nos papilles en goûtant les tansan-sembei qui sont la spécialité de la ville. Ces galettes japonaises à l’acide carbonique fines et légères qui peuvent se déguster nature agrémentées de graines de sésame noir ou en sandwich fourrées au chocolat, à la fraise ou au matcha, le thé vert japonais. Elles sont réalisées à l’aide de cet instrument.

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Une petite chasse au trésor peut aussi être improvisée à travers la ville. Pas de pièces d’or à trouver, mais des onigawara ! Ce sont ces tuiles au visage de démons qui ornent les toits des temples et sont censé repousser le mal et ainsi protéger la maison des dieux. En effet, de jolies onigawara sont dispersées dans la ville, que se soit sur les toits des temples, dessinées, sur les murs, ou juste posées dans certains coins de la ville ! Le but étant d’en trouver à chaque fois une différente !

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A l’écart du centre, une balade au vert dans le parc Tsuzumigataki permet de découvrir la cascade du même nom et qui se passe par la ville.

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Personnellement j’aime beaucoup Arima-onsen, j’y suis déjà allée plusieurs fois et même si la ville est petite c’est toujours un agréable endroit où passer la journée. J’aime le charme de ses rues et j’adore le ashi-yu qui donne l’impression d’avoir les jambes en coton une fois sorti. Si vous êtes sur Kobe, j’espère que vous prendrez le temps de découvrir cette ville.

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Adresse : Arima-cho, Kita, Kobe, Préfecture de Hyogo 651-1401

Kobe : Yuzuruha, le sanctuaire du corbeau à trois pattes 弓弦羽神社

Le sanctuaire shintoïste Yuzuruha se situe à Mikage dans la préfecture de Kobe dont l’animal Totem est le corbeau à trois pattes. Volatile originaire de la mythologie chinoise qui symbolisait le soleil, il fut introduit dans la religion shintoïste comme messager et guide de l’Empereur Jimmu sous le nom de Yatagarasu. En japonais, « karasu » signifie « corbeau ». Il possède donc trois pattes, l’une représente le ciel, une autre la terre et la troisième les gens. Il symbolise ainsi l’unification de Dieu, de la nature et des gens.

 

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La particularité du temple réside dans le fait qu’un énorme ballon de football en pierre trône dans son enceinte. La raison est simple. L’emblème de l’équipe de football du Japon est un corbeau à trois pattes. De ce fait, le temple a été relié à l’équipe de foot japonaise pour devenir leur protecteur. C’est un lieu prisé des amateurs du ballon rond, encore plus lors des matchs. Pendant la coupe du monde de FIFA il y avait pour l’occasion des ema, les plaquettes de bois pour faire un vœu, dont l’emblème du corbeau avait été remplacé par un ballon de foot.

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Le temple étant dédié à Yatagarasu, on peut y acheter de petites statuettes à son effigie nommée Yuzumaru. Une fois le précieux en sa possession il faut rédiger un souhait sur un morceau de papier, l’insérer dans la base de la statuette, y écrire nom et date, et de la déposer dans ce petit présentoir. Ainsi Yuzumaru se chargera, tel son ancêtre, de porter votre message aux dieux. 

 

Depuis peu le temple est aussi assimilé au patineur artistique japonais Yuzuru Hanyu à cause de la ressemblance de leur nom. Celui-ci a d’ailleurs remporté la médaille d’or au JO d’hiver de Pyeongchang en 2018. Yuzuruha, temple où religion, passion du foot et beauté artistique cohabitent.

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Site : sanctuaire Yuzuruha 

Accès : Accessible via la ligne hankyu Kobe – Umeda, prendre le train local et descendre à la gare de Mikage. Le temple se trouve à 5 minutes de marche.

#Histoires Expatriées #7 : Mes expériences professionnelles au Japon

En Occident, quand on évoque le travail au Japon, on a cette image des Japonais qui travaillent trop, tout le temps et qui ont peu de jours de congés. Bien c’est à la fois vrai et faux. Cependant n’ayant jamais mis les pieds dans une véritable entreprise japonaise, je ne saurais dire comment cela s’y passe, mais pour ce qui est des horaires et des congés, comme en France, cela dépend avant tout du travail.

Mon mari est employé dans une entreprise d’assurance, il n’aime pas parler boulot à la maison, du coup à part sa fatigue et ses horaires (9h-19h), j’en sais peu, mais en tant qu’épouse, voici ce que je constate. En gros, être salarié au Japon c’est quoi ? C’est faire passer son entreprise avant sa famille. C’est faire des heures supplémentaires souvent non rémunérées. C’est finir (très) tard le soir au point de parfois dormir sur place ou dans un hôtel près au bureau. C’est parfois passer ses weekends au boulot. C’est avoir peu de jours de congés. C’est les nomikai, les soirées alcoolisées, après le boulot presque tous les soirs que l’on peut difficilement refuser. C’est ne pas profiter de tous ses jours de congés sous peine d’être mal vu par ses collègues. C’est ramener systématiquement des souvenirs à ses collègues si on part quelques jours en vacances.

 

 

 

 

Pour ma part, j’ai eu la chance de ne jamais avoir travaillé dans une entreprise japonaise. Je dis chance car avec les échos que j’ai des ami/es français/es, ce n’est pour la plupart vraiment pas la joie. Beaucoup de stress, de pression, très codifié, parfois même un peu exploité voire menacé avec la perte du visa comme enclume sur la tête. J’ai fais plusieurs boulots assez diversifiés et je suis contente d’avoir eu toutes ces expériences, certaines d’entre elles ont été très enrichissantes et m’ont beaucoup appris.

Quand je suis arrivée au Japon en 2011 avec mon visa Vacances-Travail, je parlais peu la langue et la seule expérience professionnelle que j’avais eu en France était dans l’administration, secteur dans lequel je me voyais mal vu mon niveau de japonais. Ecrire un CV japanais fut plus compliqué qu’un CV français car ici on ne se vend pas. Autant en France on se met en avant, autant ici c’est mal vu de se vanter, le parcours scolaire et pro doit parler pour soi. J’ai ciblé les restaurants français en me disant que ça qu’ils ne seraient pas contre une petite french touch. J’ai finalement travaillé dans un restaurant français à Kobe qui était tenu par des Français tout en donnant des cours de français privés pour arrondir les fin de mois. C’était ma première expérience dans la restauration. Je me souviens encore de mon premier jour, c’était un dimanche et il y avait un monde fou, j’étais un peu déboussolée, je savais pas quoi faire ni ou aller. J’ai d’ailleurs découvert que le client japonais est très difficile et pointilleux. Le personnel était franco-japonais de ce fait j’étais un peu plus rassurée et la jeune femme timide que j’étais a pu prendre ses marques à son rythme. Finalement j’ai pris confiance en moi et la peur du contact avec les clients s’est effacée petit à petit. C’est aussi à ce moment que j’ai beaucoup progressé en japonais, notamment dans le registre de politesse. J’y suis restée 8 mois, ça se passait bien, depuis je suis toujours en contact avec mes anciens patrons et deux anciens collègues.

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A cette époque j’ai aussi eu l’occasion de jouer les modèles. Je n’ai jamais cherché dans cette voie là car non seulement ça ne m’intéresse pas, mais en plus je n’ai pas le physique. Au Japon c’est assez facile pour les Etrangers de poser car les Japonais aiment l’exotisme qu’ils offrent avec leur grand nez, leurs longues jambes, leurs yeux bleus etc, si on n’a pas de succès chez nous, on peut en avoir ici. Bref. J’ai accepté ces trois opportunités pour rendre service. La première fois à une amie japonaise pour un catalogue de chocolats. Les deux autres fois pour le restaurant français où je travaillais. Ils organisent des réceptions de mariage du coup ils voulaient un visage européen pour poser en robe de mariée. Pour le premier shooting j’avais pu choisir la robe et la coiffure, quelque chose de très classique comme vous le voyez. Pour le second, je n’ai rien pu choisir, j’ai été une poupée. J’avoue que je n’aimais ni la robe ni la coiffure, la robe était lourde et clignotait en plus, ça ne me ressemblait pas, un peu trop extravagant pour moi. Je n’étais certes pas à l’aise, mais c’était sympa. 

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Ensuite j’ai été assistante de langue pendant 6 mois dans un lycée dans les montagnes de Kobe. Je n’y allais que deux fois par mois. Ce fut mon premier contact dans le monde du FLE, ayant reçu une offre d’emploi dans l’association où j’enseigne actuellement, j’en avais profité pour observer le déroulement de la classe.

Bien que j’ai fini par prendre un chemin différent, j’ai tout de même pu mettre un pied dans la traduction et l’interprétariat. Celle qui voulait être interprète franco-espagnol et qui sortait de LLCE Espagnol se trouva finalement à faire de la traduction franco-japonaise. D’abord je traduisais pour le magazine touristique Panache. Ensuite via là où j’enseigne, j’ai aussi parfois des demandes de traductions pour des sites ou des magazines. J’aime beaucoup la traduction, j’apprends toujours énormément de choses, que se soit dans la langue japonaise ou concernant le sujet traité. Côté interprétariat, ce n’est que cette année que j’ai pu l’expérimenter dans un cadre professionnel. En effet chaque année à Osaka se déroule la foire française avec à l’honneur une région différente. Les artisans français sélectionnés proposent divers stands, allant de la nourriture, aux vêtements, aux accessoires jusqu’au resto français et il y a aussi plusieurs animations. J’y ai remplacé deux autres interprètes. Le samedi j’étais avec une modiste suisse domiciliée à Paris et le dimanche j’étais aux côtés d’un apiculteur. C’était vraiment chouette, j’ai beaucoup aimé ces deux jours malgré la fatigue et les longues heures, mais j’espère renouveler cette expérience lors de la foire française de 2019.

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Maintenant ça fait 4 ans que je suis prof de FLE à Kobe. J’enseigne à des adultes, des dames plus précisément, en plus d’apprendre la langue elles aiment aussi découvrir des points de la culture française. Ça me plait beaucoup, j’ai toujours eu un bon contact avec mes élèves même si ce n’est pas évident d’enseigner le français à des personnes dont la langue maternelle en est si éloignée. Aimer mon travail m’a poussé à me lancer dans une formation à distance afin d’enfin obtenir un diplôme de professeur de FLE, le Daefle, car à part la licence, je n’avais rien… Cette certification pourra, je l’espère, m’ouvrir d’autres portes pour enseigner ailleurs, mais en attendant je dois attendre septembre pour connaître les résultats de mes examens .

Voilà, comme vous le constatez, c’est assez varié ce que j’ai pu faire au Japon, en France j’aurai travaillé dans d’autres domaines. Puis honnêtement, je ne pense pas que j’aurai pu  trouver un travail sans parler japonais. Pour moi c’est vraiment un point essentiel car le Japon fait parti de ces pays où la population ne parle pas trop anglais, ainsi ça peut être difficile de trouver un boulot sans parler la langue locale, à moins d’être dans une entreprise étrangère et/ou dans un environnement plutôt anglophone.

 

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Cet article participe au rendez-vous des #Histoires expatriées, organisé par Lucie qui tient le blog L’Occhio di Lucie depuis l’Italie et c’est Hélène du blog A French in Mexico qui a eu l’idée du thème de ce mois-ci !