Kyoto, le Misedashi des Geisha

Récemment, grâce à une amie, j’ai pu assister au Misedashi de deux nouvelles Maiko, Asako-san et Masako-san de l’okiya Nishimura. Mais avant de commencer, posons les bases. Tout le monde connait les Geisha, ou du moins savent à quoi elles ressemblent. Les Geisha, contrairement à ce que certains continuent de penser, sont des artistes, des danseuses, des musiciennes, qui divertissent les clients, leur font passer un bon moment tout en leur faisant la conversation. Cependant le mot Geisha reste vaste, car en effet nous avons d’abord les Maiko qui sont les apprenties, puis les Geiko qui sont les pro. Dans chaque quartier de Geisha il y a des maisons de Geisha que l’on nomme des Okiya, ce qui devient la deuxième famille des jeunes filles qui y entrent. A l’entrée de chaque Okiya, il y a le nom des Geisha qui y habitent, ainsi à chaque nouvelle maiko, son nom y est ajouté le jour de son misedashi.

Voici Asako-san 亜佐子さん

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Passons à présent au Misedashi. Quand une jeune fille devient maiko, elles ont en général 15-16 ans. Elle doit se présenter à tous les commerces où elle sera susceptible de travailler. Habillée par le otokotoshi, c’est à ses cotés, qu’elle fera le tour du quartier auquel elle appartient. C’est un événement important et officiel qui marque le début de sa carrière. La cérémonie est privée, mais c’est aux yeux de tous qu’elle fait son tour de présentation et par conséquent cela devient un événement public. Ainsi pendant 2h photographes habitués et badauds peuvent la suivre et la prendre librement en photo tout en gardant une certaine distance et en étant surtout respectueux. 

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Voici Masako-san 槇沙子さん 

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On dit que si on croise une Geisha, qu’il est préférable de ne pas l’importuner car si elle est dehors pendant la journée cela signifie qu’elle va à ses cours ou qu’elle rentre chez elle et si c’est le soir, cela veut dire qu’elle va travailler. Il m’est déjà arrivé d’en croiser quand je me baladais dans le quartier traditionnel de Gion. Certes je les suivais du regard, mais par respect, je ne me permettais pas de les suivre ou de les prendre en photos comme beaucoup de touristes le font. L’inconnu attire et fascine donc je comprends que ce n’est pas mal intentionné. Cependant, quand j’en vois qui sont seule marchant la tête baissée et étant prise en sandwich par des touristes qui la filment ou la photographient en marchant derrière elle et/ou devant elle, ça me fait mal au cœur. Je suis curieuse du ressenti qu’elles peuvent avoir à ce sujet.

Cependant j’avoue qu’une fois, lorsque ma mère était venue, nous avions croisé une Geiko dans les ruelles. Il n’y avait personne, elle n’était pas poursuivie par une horde d’objectifs et sur demande de ma mère et en voyant son excitation, j’ai fais entorse à la règle en lui demandant si je pouvais la prendre en photo avec ma mère, chose qu’elle a gentiment accepté. Bien sûr, en voulant devenir Geisha, elles savent à quoi s’attendre, mais je pense qu’à la longue cela doit être fatiguant pour elles.

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Voila, j’espère que ce petit point culture vous aura intéressé. C’était une bonne expérience pour moi, j’étais contente de pouvoir y assister et d’en apprendre davantage sur ce monde grâce à mon amie. Les maiko étaient vraiment magnifiques, leur coiffure était parfaite, leur kimono et leur obi étaient superbes, j’en ai pris plein les yeux !

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Kyoto, kimono sous les pruniers du sanctuaire Kitano Tenmangu

C’est la saison des pruniers, ces jolies petites fleurs qui ne craignent pas le froid et qui annoncent l’arrivée du printemps. C’est sous un beau ciel bleu que je suis allée  contempler les fleurs star du moment du sanctuaire Kitano Tenmangu de Kyoto qui offre une grande variété de pruniers. C’est d’ailleurs là-bas que j’ai découvert de magnifiques pruniers pleureurs ! 

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C’était la première fois que je venais dans ce sanctuaire shinto. Grand, connu et surtout tres ancien, il y avait foule pour admirer et immortaliser les fleurs de pruniers de son jardin. Des arbres rouges, roses et blancs accueillaient les visiteurs et laissaient émaner ce parfum si agréable qui envahissait les lieux. J’adore l’odeur des pruniers, une seule inspiration suffisait à me faire sourire. Grâce au ticket d’entrée, il était possible de recevoir deux senbei sucrés accompagnés d’une tasse de thé à l’ume konbu, du thé à la prune et à l’algue konbu. Un thé salé et légèrement acidulée, mais délicieux. 

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En fin d’après-midi, le jardin change d’ambiance pour un light up. De nombreux boules de verres étaient suspendues aux arbres pour accueillir des bougies. Je me suis amusée à jouer avec les fleurs de prunier et ces boules de verres. Le soir ça devait aussi être joli à voir.

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Mes amies et moi avions revêtu nos kimono pour l’occasion. J’en ai profité pour remettre mon kimono violet, qui vu les motifs, se fondait presque dans le paysage. Je l’avais trouvé l’année dernière à la brocante de Tennoji d’Osaka, il en est de même pour le obi, la ceinture qui l’habille. J’avais craqué sur ce beau violet et ses motifs, des fleurs de pruniers blanches accompagnées de petits mejiro, des Zostérops du Japon. Vifs et rapides, ceux-ci aiment se poser sur les pruniers et narguer ses observateurs. 

 

 

Festivités d’été au Japon

Au Japon, qui dit été dit aussi yukata, hanabi (feu d’artifice), kakigori (glace pilée) et matsuri (festival). Bien que je n’aime pas l’été japonais à cause de son insupportable chaleur, j’apprécie tout de même les réjouissances estivales de cette saison.

浴衣

Les yukata, ces légers kimono d’été en coton. Moins chaud, moins lourd et moins compliqué à mettre qu’un kimono, mais tout aussi élégant ! Tant de teintes et de motifs différents. Il suffit de la couleur du obi, d’un accessoire particulier, du choix du nœud du obi ou tout simplement de la coiffure pour en changer le style. Un seul yukata peut avoir plusieurs vies. Il suffit de se laisser guider par sa créativité et ses envies !

En mai dernier, j’en ai acheté deux à la brocante du temple Tennoji d’Osaka pour seulement 5 euros. J’ai eu un  gros coup de cœur pour ce superbe yukata blanc aux hortensias rouges. Amoureuse du rouge, je n’ai pas pu résister, c’était comme une évidence, il était là pour moi ! Je l’ai inauguré lors d’une sortie à Kyoto avec deux amies françaises. Nous sommes allées visiter un musée de kimono. Celui-ci est très petit et j’avoue que nous ne fument pas du tout bien accueilli, mais bon… Nous avons eu droit a une petite visite pour voir comment sont confectionnés les obi, les ceintures de kimono, les différentes techniques utilisées etc. C’était intéressant et les obi étaient vraiment beaux.

 

 

* Site du musée, Orinasukan

 

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花火

Hanabi, ou littéralement « fleur de feu », c’est joli, non ? Les feux d’artifices sont probablement l’attraction préférée des Japonais. Les gens se ruent, s’attroupent pour trouver LA place qui leur permettra de contempler au mieux le spectacle. Pour l’occasion les yukata sont aussi de sortie. Dans le calme plat, seuls le son des feux d’artifice résonnent dans la nuit. Ces féeries nocturnes plongent ses spectateurs dans une bulle.  Le temps d’un instant, ils ne pensent à rien et profitent juste du moment présent. Emerveillés par la beauté du tableau dont ils sont témoins, quelques « sugoi » et « kirei » ponctuent cet arrêt dans le temps. Hélàs, une fois le spectacle terminé, le retour à la réalité se fait sans attendre. Il ne leur reste plus qu’à braver les rues noires de monde et les trains bondés pour rentrer chez eux. 

Cette année mon fils et moi sommes allés voir le hanabi de Kobe qui avait lieu au port le même jour que celui d’Osaka. Voulant éviter la foule, j’ai préféré admirer le feu d’artifice depuis le couloir du building ou je travaille, soit depuis le 17eme étage. Nous avions une belle vue, c’était magnifique. J’aime les feux d’artifices japonais. Ils sont si beaux, si haut et durent longtemps, environ 1 heure ! Un vrai régale pour les yeux. Nous sommes aussi partis avant la fin du spectacle afin de ne pas être coincés comme des sardines dans le train du retour.

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Les matsuri, ces festivals indissociables de l’été nippon. Les célèbres comme Gion Matsuri  à Kyoto ou Tenjin Matsuri  à Osaka attirent énormément de monde. Les petits de quartiers, eux, sont beaucoup plus conviviales. Des lanternes éclairent les rues. Des stands proposent jeux, nourritures et boissons. Les kakigori aux goûts multicolores rafraîchissent les convives. Des musiques de danses traditionnelles Bon-Odori accompagnent le chant des cigales. Les yukata offrent des touches de couleurs à travers la nuit. Les gens s’amusent et profitent de ces nuits chaudes d’été.

Mon fils et moi sommes allés au matsuri de notre quartier avec des ami/es. Un kakigori à la fraise, deux-trois petits jeux, des rires et sourires à gogo et le tour est joué, de quoi avoir de jolis souvenirs de l’été de ses quatre ans !

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Kyoto – kimono sous les érables rouges des temples Nanzenji et Eikando

Comme vous le savez, en automne au Japon, ce sont ces jolies petites étoiles rouges qui ont la cote. Ainsi, une fois n’est pas coutume, je suis retournée à Kyoto avec des amies françaises pour une journée spéciale kimono x momijiNous sommes retournées à la boutique de location One à Kawaramachi, là où nous avions loué nos kimono pour aller voir les cerisiers. Ma belle-mère m’avait dit qu’en automne on portait plutôt des kimono sombres, alors je me suis mise en quête d’un kimono dans ces tons-là. J’en ai choisi un noir à carreaux dans un style un peu rétro, que j’ai accessoirisé avec un obi rouge pour faire un petit rappel avec la couleur écarlate des érables que j’aime tant.

** Deux copines du groupe ont filmé notre sortie kimono, si vous voulez y jeter un œil, c’est par ici FranetLaura.

 

Première escapade

Nous voilà aux abords du temple Nanzen-ji. Il y a déjà du monde, de quoi nous donner une idée de ce qui nous attend sur place. Arrivées devant l’immense porte Sanmon nous sommes frappées par l’incroyable panorama de couleurs que nous offre cette saison. La beauté de la nature, un vrai plaisir pour les yeux ! Ces petites étoiles rouges si fragiles étaient encore en bonne forme et la lumière du soleil qui les transperçait les sublimait d’avantage. Déambulant dans le jardin et nous nous retrouvons aux pieds de l’imposant pont-aqueduc datant de 1888 et qui donne une pointe d’exotisme romain au lieu. Scrutant ses arches, je me voyais bien assise à l’intérieure de l’une d’entre elles absorbée par un bouquin. J’imagine que ce doit être un endroit un peu plus calme en dehors des périodes touristiques .

Quatre étrangères en kimono ça ne passe pas inaperçu et ce malgré la foule. Beaucoup nous ont fait des compliments et certains ont eu la politesse de demander à nous prendre en photo alors que d’autres se permettaient de le faire à notre insu, voire même de nous filmer !

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Seconde escapade

Nous laissant porter par la foule jusqu’au temple Eikando, nous sommes finalement enliser dans une véritable marée humaine. Victime de son succès en cette saison, l’enceinte du temple était noir de monde. Ainsi dans le jardin comme dans le temple, nous devions avancer au pas. Les momiji étaient certes resplendissants, mais le lieu en lui-même perdait un peu de son charme… Le jardin rempli de koyo semblait avoir pris feu, encerclant ainsi sa grande pagode. L’exploration du temple s’est faite en chaussettes, nous laissant alors vulnérables au froid qui nous titillait les pieds. Une longue file trônait devant le comptoir des go shuin, pour obtenir le précieux sceaux du temple dans son carnet, le temps d’attente était estimé à 1h. J’ai alors préféré prendre une feuille à part avec le sceau préalablement tamponné. Errants dans le jardin au milieu des flammes, le brouhaha des gens persistait, pas le temps de s’arrêter pour s’extasier devant le magnifique dégradé de couleurs, il faut avancer. La sortie approche, retour à la vie, on peut enfin respirer !

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  • Photos bonus, l’envers du décor, un bain de foule ça fous dit ?

Avec un monde pareil ça donne juste envie de faire demi tour, pas facile de prendre du plaisir à visiter dans ces conditions. 

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Collection de kimono de Shigeko Ikeda

La semaine dernière je suis allée à Osaka voir l’exposition de kimono de Shigeko Ikeda qui est la plus célèbre collectionneuse de kimono du Japon. On pouvait y voir une soixantaines de kimonos des ères Showa et Taisho. Les kimonos exposés étaient principalement des kimono d’été et ils étaient vraiment tous magnifiques et si élégants. Il y a tellement de styles, de couleurs différents. J’ai tout particulièrement aimé observer l’assortiment des kimono avec leur obiobi-jime et obi-dome

Obi : c’est la ceinture qui sert à fermer le kimono.

Obi-jime : c’est une petite corde qui sert à maintenir le obi en place.

Obi-dome : c’est la petite décoration que l’on place sur le obi-jime.

Sachez qu’en général pour accorder son kimono et un obi soit on coupe totalement la couleur, soit on prend un obi qui fasse un rappel de couleur. 

Regardez-moi ce soucis du détail (cliquez sur les photos pur agrandir).

Le kimono de gauche est sur le thème du tennis, on y voit des raquettes et des filets. La couleur et la texture de l’obi rappelle le terrain de tennis puis le obi-dome fait référence à la balle ! 

Le kimono du milieu est sur le thème des fleurs, on en voit aussi sur le obi et le obi-dome. Très coloré, il fait aussi référence au printemps.

Le kimono de droite est quant à lui sur le thème des tsuru, des grues et le obi-dome en est tout simplement une ! Tout est en harmonie sans pour autant être trop chargé. 

J’ai aussi pu voir de superbes obi, dont celui-ci, qui est surtout pour les kimono de mariage. Regardez la finesse des détails, c’est brodé à la main, c’est si minutieux. La dorure est juste superbe, malheureusement ces photos ne rendent pas justice à sa beauté. C’est vraiment une très belle pièce. Quand un kimono et un obi sont portés, on ne voit pas toute la beauté qu’ils renferment, mais une fois ouvert en entier, on peut constater que ce sont de vraies d’art. 

Bien que j’aime les kimono et les trouvent très beaux, je ne m’y connais pas beaucoup en dehors de quelques bases, comme comment le fermer, les manches longues sont pour les jeunes filles, les manches courtes pour les femmes mariées etc. Cette exposition m’a donné envie d’en savoir plus sur les kimono, comme les caractéristiques de chaque époque, la signification de tel ou tel motif etc.

Kyoto – kimono sous les cerisiers du sanctuaire Heian Jingu

Le week end dernier je suis allée à Kyoto avec deux amies et nous avons loué des kimonos pour nous promener dans la ville. Puis comme nous étions en plein dans la saison des cerisiers, nous sommes allées contempler ceux du jardin du sanctuaire Heian Jingu.

D’abord nous sommes allées à la boutique de location de kimono où nous avions réservé pour 10h. La boutique s’appelle One et se situe à moins de 5min à pied de la gare Kawaramachi. Voici le site, One. Ils proposent plusieurs forfait, à 3000 yens, 4500 yens et 6000 yens. Le prix varie selon le type de kimono, et comprend le kimono, le obi, les zori et le sac. Pour 1000 yens en plus il est aussi possible de se faire coiffeur. Le temps de choisir le kimono, de se faire habiller et coiffer ça prend environ 1h. Puis en cas de pluie, on peut aussi louer un parapluie pour 500yens. La location de kimono est très prisée par les touristes, du coup ne vous inquiétez pas, parmi le personnel il y aura forcément quelqu’un qui parlera un minimum anglais. 

Une fois prêtes et après avoir pris un déjeuner léger, nous nous sommes dirigées vers le sanctuaire Heian Jingu. Compte tenu des nombreux jours de pluie que nous avons eu début avril, nous appréhendions l’état des cerisiers, mais finalement pour notre plus grande joie ils étaient encore en très bon état ! Ce jardin regorge de magnifiques cerisiers pleureurs, des 枝垂桜 (shidare zakura) qui sont d’un rose si joli et si doux. Je n’ai jamais été autant en extase devant des fleurs. Vu le beau ciel bleu que nous avions et les superbes sakura du jardin, nous avons pu faire de belles photos souvenirs.

Bien que j’ai toujours beaucoup aimé les kimono, c’était la première fois que j’en louais un pour me balader et j’ai tout simplement adoré ! Depuis, je n’ai qu’une hâte c’est de réitérer cette expérience. Il y avaient des kimono si beaux et élégants dans la boutique, c’était vraiment difficile de choisir. Mon dernier passage à Kyoto remonte à avril 2013 et je crois que cette journée m’a fait redécouvrir le charme de la ville. Si vous êtes de passage au Japon, j’hésitez surtout pas à vous faire ce petit plaisir ! 

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Heian Jingu Ushinen – Kyoto
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Heian Jingu Ushinen – Kyoto