Tranche de vie, ce que j’aime faire l’été au Japon

Cette année la saison des pluies a pris un peu de retard, ce qui fait que l’été en a fait de même. Ce fut donc de longues semaines de pluie et d’humidité intense qui ne me donnaient pas du tout l’impression d’être en été ou en vacances avec tout ce que cela implique. Puis fin juillet, la canicule s’est installée, 37 degrés, mais 45 de ressenti avec des journées harassantes sous les rayons du soleil ainsi que des nuits encore bien chaudes et lourdes. Cependant, même si je déteste et surtout supporte de moins en moins la chaleur japonaise, voici un retour sur ces trois choses que j’aime faire en été au Japon. 

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花火

Hanabi, ou littéralement « fleur de feu », c’est joli, non ? Les feux d’artifices sont probablement l’attraction préférée des Japonais. Les gens se ruent, s’attroupent pour trouver LA place qui leur permettra de contempler au mieux le spectacle. Pour l’occasion les yukata sont aussi de sortie. Dans le calme plat, seuls le son des feux d’artifice résonne dans la nuit. Ces féeries nocturnes plongent ses spectateurs dans une bulle. Le temps d’un instant, ils ne pensent à rien et profitent juste du moment présent. Émerveillés par la beauté du tableau dont ils sont témoins, quelques « sugoi » et « kirei » ponctuent cet arrêt dans le temps. Hélàs, une fois le spectacle terminé, le retour à la réalité se fait sans attendre. Il ne leur reste plus qu’à braver les rues noires de monde et les trains bondés pour rentrer chez eux. 

Accompagnée de ma belle-famille, nous sommes allés voir le Naniwa Yodogawa Hanabi qui est le grand feu d’artifice d’Osaka qui a lieu sur la rivière Yodogawa. C’est un événement qui attire aussi énormément de monde et l’ayant vécu il y a 7 ans, je ne comptais pas m’y aventurer cette année, notamment avec mon fils, mais finalement mes beaux-parents ont pris des tickets pour avoir des places assises au bord de la rivière. Ainsi nous étions aux premières loges et le feu d’artifice était magnifique ! Pendant une heure, nous étions tous hypnotisés par ce spectacle, c’était vraiment grandiose. Pour le retour, nous avions attendu une heure sur place afin d’éviter le pire de la foule sur le chemin du retour et dans les trains. 

浴衣

Les yukata, ces légers kimono d’été en coton. Moins chaud, moins lourd et moins compliqué à mettre qu’un kimono, mais tout aussi élégant ! Tant de teintes et de motifs différents. Il suffit de la couleur du obi, d’un accessoire particulier, du choix du nœud du obi ou tout simplement de la coiffure pour en changer le style. Un seul yukata peut avoir plusieurs vies. Il suffit de se laisser guider par sa créativité et ses envies !

Puis bien sur, je n’ai pas manqué de faire ma sortie estivale en yukata avec mes amies françaises de Kyoto. J’ai encore du mal à bien mettre un yukata, mais j’avoue être contente d’au moins bien maîtriser le nouage du obi. Cette fois-ci nous sommes allées au jardin japonais Murin-An qui était ouvert au public pour quelques jours. C’était la première fois que j’y allais et c’est vraiment un bel endroit. Nous y avons aussi fait une pause boisson sur des tatami afin de nous rafraîchir et de contempler ce superbe jardin que j’ai trouvé tres apaisant.

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Les matsuri, ces festivals indissociables de l’été nippon. Les célèbres comme Gion Matsuri  à Kyoto ou Tenjin Matsuri  à Osaka attirent énormément de monde. Les petits de quartiers, eux, sont beaucoup plus conviviaux. Des lanternes éclairent les rues. Des stands proposent jeux, nourritures et boissons. Les kakigori aux goûts multicolores rafraîchissent les convives. Des musiques de danses traditionnelles Bon-Odori accompagnent le chant des cigales. Les yukata offrent des touches de couleurs à travers la nuit. Les gens s’amusent et profitent de ces nuits chaudes d’été.

Les matsuri, ces festivals qui animent l’été dans chaque ville et rassemblent tant de monde. Cette année je suis allée un petit peu au Tenjin Matsuri qui est un des trois plus grands festivals traditionnels du Japon. Lors de la procession, des volontaires portent le mikoshi qui est une sorte de sanctuaire portatif. Après avoir paradé plusieurs heures dans le quartier, ils le déposent sur une barque pour le faire défiler sur la rivière Okawa avec plusieurs bateaux.

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Kyoto, 智積院 le temple Chishakuin et ses hortensias

Chishakuin est un temple appartenant au mouvement bouddhiste Shingon-shū Chizan-hase qui se trouve à Kyoto dans le quartier de Higashiyama et qui est facile d’accès via le métro et en bus. C’est un beau et grand complexe de temples, non seulement son bâtiment principal, qui fut brûlé et reconstruit, est immense et impressionnant, mais ses jardins sont aussi magnifiques !

J'y été allée en décembre dernier pour une sortie kimono sous les momiji, mais ayant trop 
froid je n'avais pas pris le temps de visiter le temple. Ainsi je suis revenue ce mois-ci pour 
enfin lui faire honneur et je ne regrette pas. Ce matin-là, des moines étaient en train de
 réciter des prières dans le bâtiment principal, leurs voix résonnaient, c’était si beau.

Le jardin inspiré du Mont Lushan en Chine permet de faire un arrêt dans le temps ou tout n’est que contemplation. Assis sur les tatami, le silence règne, le regard est captivé par le paysage, un sentiment d’apaisement prend place. Parfois il faut prendre le temps de prendre le temps.

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Face au jardin, la pièce de tatami Daishoin expose de superbes peintures murales. Le bâtiment en contient bien d’autres et c’est en déambulant en chaussettes dans ses longs couloirs en bois semblables à un labyrinthe qu’elles surgissent à chaque tournant.

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Pour les amoureux de la nature, c’est également l’endroit idéal pour apprécier les saisons tout au long de l’année. Pruniers en hiver, cerisiers et azalées au printemps, hortensias en été et érables rouges en automne !

Mi-juin, son jardin d’hortensias était à son apogée. Ces pompons colorés habillaient ce jardin de mille couleurs. Tant de nuances de bleu, de rose et de violet qui émerveillaient ses visiteurs.

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Chishakuin dispose également d’une annexe y exposant des peintures de Tohaku Hasegawa et ses disciples qui sont considérées comme des Trésors Nationaux et qui représentent les quatre saisons. Cependant à l’interieur les photos sont interdites, je vous invite donc, si vous en avez la possibilité, à aller les contempler de vos propres yeux.  

Kyoto, le Misedashi des Geisha

Récemment, grâce à une amie, j’ai pu assister au Misedashi de deux nouvelles Maiko, Asako-san et Masako-san de l’okiya Nishimura. Mais avant de commencer, posons les bases. Tout le monde connait les Geisha, ou du moins savent à quoi elles ressemblent. Les Geisha, contrairement à ce que certains continuent de penser, sont des artistes, des danseuses, des musiciennes, qui divertissent les clients, leur font passer un bon moment tout en leur faisant la conversation. Cependant le mot Geisha reste vaste, car en effet nous avons d’abord les Maiko qui sont les apprenties, puis les Geiko qui sont les pro. Dans chaque quartier de Geisha il y a des maisons de Geisha que l’on nomme des Okiya, ce qui devient la deuxième famille des jeunes filles qui y entrent. A l’entrée de chaque Okiya, il y a le nom des Geisha qui y habitent, ainsi à chaque nouvelle maiko, son nom y est ajouté le jour de son misedashi.

Voici Asako-san 亜佐子さん

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Passons à présent au Misedashi. Quand une jeune fille devient maiko, elles ont en général 15-16 ans. Elle doit se présenter à tous les commerces où elle sera susceptible de travailler. Habillée par le otokotoshi, c’est à ses cotés, qu’elle fera le tour du quartier auquel elle appartient. C’est un événement important et officiel qui marque le début de sa carrière. La cérémonie est privée, mais c’est aux yeux de tous qu’elle fait son tour de présentation et par conséquent cela devient un événement public. Ainsi pendant 2h photographes habitués et badauds peuvent la suivre et la prendre librement en photo tout en gardant une certaine distance et en étant surtout respectueux. 

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Voici Masako-san 槇沙子さん 

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On dit que si on croise une Geisha, qu’il est préférable de ne pas l’importuner car si elle est dehors pendant la journée cela signifie qu’elle va à ses cours ou qu’elle rentre chez elle et si c’est le soir, cela veut dire qu’elle va travailler. Il m’est déjà arrivé d’en croiser quand je me baladais dans le quartier traditionnel de Gion. Certes je les suivais du regard, mais par respect, je ne me permettais pas de les suivre ou de les prendre en photos comme beaucoup de touristes le font. L’inconnu attire et fascine donc je comprends que ce n’est pas mal intentionné. Cependant, quand j’en vois qui sont seule marchant la tête baissée et étant prise en sandwich par des touristes qui la filment ou la photographient en marchant derrière elle et/ou devant elle, ça me fait mal au cœur. Je suis curieuse du ressenti qu’elles peuvent avoir à ce sujet.

Cependant j’avoue qu’une fois, lorsque ma mère était venue, nous avions croisé une Geiko dans les ruelles. Il n’y avait personne, elle n’était pas poursuivie par une horde d’objectifs et sur demande de ma mère et en voyant son excitation, j’ai fais entorse à la règle en lui demandant si je pouvais la prendre en photo avec ma mère, chose qu’elle a gentiment accepté. Bien sûr, en voulant devenir Geisha, elles savent à quoi s’attendre, mais je pense qu’à la longue cela doit être fatiguant pour elles.

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Voila, j’espère que ce petit point culture vous aura intéressé. C’était une bonne expérience pour moi, j’étais contente de pouvoir y assister et d’en apprendre davantage sur ce monde grâce à mon amie. Les maiko étaient vraiment magnifiques, leur coiffure était parfaite, leur kimono et leur obi étaient superbes, j’en ai pris plein les yeux !

Kyoto, kimono sous les pruniers du sanctuaire Kitano Tenmangu

C’est la saison des pruniers, ces jolies petites fleurs qui ne craignent pas le froid et qui annoncent l’arrivée du printemps. C’est sous un beau ciel bleu que je suis allée  contempler les fleurs star du moment du sanctuaire Kitano Tenmangu de Kyoto qui offre une grande variété de pruniers. C’est d’ailleurs là-bas que j’ai découvert de magnifiques pruniers pleureurs ! 

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C’était la première fois que je venais dans ce sanctuaire shinto. Grand, connu et surtout tres ancien, il y avait foule pour admirer et immortaliser les fleurs de pruniers de son jardin. Des arbres rouges, roses et blancs accueillaient les visiteurs et laissaient émaner ce parfum si agréable qui envahissait les lieux. J’adore l’odeur des pruniers, une seule inspiration suffisait à me faire sourire. Grâce au ticket d’entrée, il était possible de recevoir deux senbei sucrés accompagnés d’une tasse de thé à l’ume konbu, du thé à la prune et à l’algue konbu. Un thé salé et légèrement acidulée, mais délicieux. 

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En fin d’après-midi, le jardin change d’ambiance pour un light up. De nombreux boules de verres étaient suspendues aux arbres pour accueillir des bougies. Je me suis amusée à jouer avec les fleurs de prunier et ces boules de verres. Le soir ça devait aussi être joli à voir.

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Mes amies et moi avions revêtu nos kimono pour l’occasion. J’en ai profité pour remettre mon kimono violet, qui vu les motifs, se fondait presque dans le paysage. Je l’avais trouvé l’année dernière à la brocante de Tennoji d’Osaka, il en est de même pour le obi, la ceinture qui l’habille. J’avais craqué sur ce beau violet et ses motifs, des fleurs de pruniers blanches accompagnées de petits mejiro, des Zostérops du Japon. Vifs et rapides, ceux-ci aiment se poser sur les pruniers et narguer ses observateurs. 

 

 

Kyoto : Les hortensias du temple Yokokuji – Yanagidani Kannon 陽谷寺・柳谷観音寺

A chaque saison sa fleur de prédilection. Les pruniers en février, les cerisiers en mars/avril, les azalées en mai, puis les hortensias en juin. Ces superbes pompons fleuris s’épanouissent en pleine saison des pluies, plus il pleuvra et plus ils seront au meilleur de leur forme. Ainsi je me suis mise en quête d’un « temple à hortensias » à aller voir, et c’est un tweet de la copine Joranne qui m’a finalement indiqué ma future destination^^

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Découvrez donc le temple bouddhiste Yokokuji. A mi chemin entre Kyoto et Osaka, il se situe à Nagaokakyo qui fut la capitale du Japon pendant 10 ans avant de passer le flambeau à Kyoto. Il est également nommé Yanagidani Kannon en référence à la divinité Kannon pour qui il fut érigé. En effet, il fut fondé en 806 de l’ère Meiji après une vision de la déesse par le fondateur du non moins célèbre temple Kyomizu-dera. Le 17 de chaque mois est un jour de célébration au temple en hommage à la date de décès de son fondateur.

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Caché dans la montagne il se trouve à 15 minutes de route du sanctuaire précédemment visité, Nagaoka Tenmangu. Il est surtout populaire dans la région pour son festival des hortensias car il en regroupe environ 5000 ! Au pique de leur beauté ces superbes fleurs sont délicatement posés sur l’eau. Flottant les unes à cotés des autres, elles offrent à leurs admirateurs un somptueux patchwork de couleurs. L’enceinte du sanctuaire est tout de même grande, on y déambule passant par sa promenade des hortensias à l’interieur de ses deux temples, dont le Kamishoin qui n’est ouvert au public que le 17 de chaque mois. 

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Les collectionneurs de goshuin, des sceaux de temples, seront ravis de savoir qu’ici on peut en récolter jusqu’à cinq en une fois. De plus, il y a des éditions limitées et que le 17 de chaque mois, il est possible de venir participer à un atelier de goshuin où on peut alors le décorer selon ses envies en l’accordant à la saison  du moment. C’est quelques chose que j’adorerais faire si le temple n’était pas aussi difficile d’accès…

Voici deux liens ou vous pourrez voir les magnifiques Goshuin des fameux ateliers de créations. Les éditions limitées / Ateliers créations de 2017

 

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Effectivement le temple n’est pas pratique d’accès. La seule navette qui mène au temple depuis les gares Hankyu Nagaoka Tenjin et JR Nagaokakyo ne circule que le 17 de chaque mois et lors de ses deux festivals, celui des hortensias et celui des momiji ! Ainsi si vous n’avez pas de voiture, il faudra alors prendre un taxi pour y accéder en 15 minutes.

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Le temple est aussi réputé pour ses érables rouges, une occasion d’y retourner en automne ! 

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Adresse 617-0855 – 2 Donotani, Jododani, Nagaokakyo city, Préfecture de Kyoto

Navette : les 17 de chaque mois  depuis les gares Hankyu Nagaoka Tenjin et JR Nagaokakyo

Quand la terre tremble à Osaka

Lundi matin. Assise sur mon canapé, je consulte mes mails. Tout à coup, vers 8h mon portable sonne. Non il hurle. Un hurlement affreux. De quoi faire une crise cardiaque. La sonnerie tant redoutée de tous. A peine son cri se fait entendre que le monstre se manifeste. Son râle résonne. La terre tremble. Je vois mes cadres photos tomber du mur. La maison bouge de gauche à droite. Je réalise. J’ai peur. Je panique. J’ai du mal à respirer. J’appelle mon mari. Il dit de rester tranquille, de ne pas bouger malgré l’intensité non négligeable du colosse. Je pense à mon fils qui dort encore. Je file à l’étage pour le voir. Puis le calme revient. Mon petit prince à les yeux grand ouvert. Il ne bouge pas. Perdu dans ses pensées, il vient de vivre son baptême sismique. Bref, on a eu un séisme.

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Mon mari part travailler. Mon fils déjeune. Il n’ira pas à l’école aujourd’hui. Je regarde les informations sur la chaîne NHK. Je vois Osaka  secouée dans tous les sens. Les autoroutes suspendues se balancent. Une route est brisée. Les trains sont bloqués. Des gens poirotent dans les gares. D’autres sortent des trains et longent les rails. Une petite fille a perdu la vie. Deux hommes âgés également. Plusieurs personnes sont blessés. La sirène des pompiers retenti. L’antre du monstre se trouve sur la faille d’Arima-Takatsuki dans la préfecture d’Osaka. Une magnitude de 6 est annoncée. La nuit, je me couche la boule au ventre. A minuit et demi une première réplique de magnitude 4 me réveille. Mon fils a peur. Il vient dormir avec moi. A 5h une autre secousse de magnitude 3 se fait ressentir. Elle est plus légère. Je me rendors.

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Mardi matin. Je dois aller tôt à Kyoto. A 56km de mon fils. J’espère que tout ira bien. Je prends le train. Il doit passer pres de l’antre du démon. Le wagon est bondé. Je suis collée contre la fenêtre de la porte. Takatsuki approche. J’aperçois des maisons traditionnelles japonaises. Certaines ont le toit éventré. D’autres l’ont recouvert d’une bâche bleue. Les séismes, si imprévisibles et destructeurs. Dans la région du Kansai, ils se font rares. On oublie facilement que le Japon est un pays à risques. De ce fait, c’est encore plus impressionant. Le dernier gros du Kansai remontre à avril 2014. Il provenait de l’île d’Awaji qui fait face à Kobe. Il était d’une magnitude de 5. Sa faille est d’ailleurs la responsable du grand tremblement de terre de 1995. Nous ne sommes toujours pas à l’abris d’autres répliques, restons prudents.

Kyoto, les azalées du sanctuaire Nagaoka Tenmangu 長岡天満宮

Nagaoka Tenmangu se situe à Nagaokakyo non loin de Kyoto, à 5 minutes à pied de la gare Nagaoka Tenjin. Il est notamment connu pour sa magnifique allée d’azalées rouge vermillon, kirishima tsutsuji. « Kirishima » signifie Rhododendron et « tsutsuji » azalée, c’est la première espèce de rhododendron à fleurir au printemps. La pleine floraison de ces petites fleurs rouges a lieu en général fin avril, mais cette année elles nous ont fait don de leur présence une dizaine de jours plus tôt, comme ce fut le cas pour les cerisiers.

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Le sanctuaire est également nommé Tenjin-san, littéralement « dieu du ciel » et représente le dieu des lettres et des études dans la religion shinto, puis au fil du temps il fut assimilé au grand érudit et poète Sugawara no Michizane. C’est pour cela que beaucoup d’étudiants viennent prier pour réussir leurs études ou examens. Ainsi pour attirer les bonnes grâces du dieu, il faut flatter d’une caresse son animal symbolique, le boeuf, et aussi formuler son souhait par écrit sur un ema. Les ema sont des plaquettes en bois que l’on trouve dans les temples et qui servent à écrire des vœux. Pour en savoir plus sur les ema, je vous conseille de lire la note de Joranne par ici.

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Histoire de profiter des lieux, vous pouvez aussi déjeuner ou prendre un thé dans ces jolies maisonnettes sur pilotis, mais veillez à réserver à l’avance ! A en juger par les cerisiers et les érables occupant l’enceinte du sanctuaire, je suppose que ça doit être aussi très joli sous les sakura en fleur et en automne à la période des momiji. Petite touche en plus, il y a également un jardin de pruniers. Nagaoka Tenjin offre vraiment une large palette de couleurs au gré des saisons, à vous de choisir laquelle vous fera chavirer pour y faire un tour !

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Adresse : 617-0824, 2-15-13 Tenjin, Nagaokakyo City, Préfecture de Kyoto

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Kyoto – kimono sous les érables rouges des temples Nanzenji et Eikando

Comme vous le savez, en automne au Japon, ce sont ces jolies petites étoiles rouges qui ont la cote. Ainsi, une fois n’est pas coutume, je suis retournée à Kyoto avec des amies françaises pour une journée spéciale kimono x momijiNous sommes retournées à la boutique de location One à Kawaramachi, là où nous avions loué nos kimono pour aller voir les cerisiers. Ma belle-mère m’avait dit qu’en automne on portait plutôt des kimono sombres, alors je me suis mise en quête d’un kimono dans ces tons-là. J’en ai choisi un noir à carreaux dans un style un peu rétro, que j’ai accessoirisé avec un obi rouge pour faire un petit rappel avec la couleur écarlate des érables que j’aime tant.

** Deux copines du groupe ont filmé notre sortie kimono, si vous voulez y jeter un œil, c’est par ici FranetLaura.

 

Première escapade

Nous voilà aux abords du temple Nanzen-ji. Il y a déjà du monde, de quoi nous donner une idée de ce qui nous attend sur place. Arrivées devant l’immense porte Sanmon nous sommes frappées par l’incroyable panorama de couleurs que nous offre cette saison. La beauté de la nature, un vrai plaisir pour les yeux ! Ces petites étoiles rouges si fragiles étaient encore en bonne forme et la lumière du soleil qui les transperçait les sublimait d’avantage. Déambulant dans le jardin et nous nous retrouvons aux pieds de l’imposant pont-aqueduc datant de 1888 et qui donne une pointe d’exotisme romain au lieu. Scrutant ses arches, je me voyais bien assise à l’intérieure de l’une d’entre elles absorbée par un bouquin. J’imagine que ce doit être un endroit un peu plus calme en dehors des périodes touristiques .

Quatre étrangères en kimono ça ne passe pas inaperçu et ce malgré la foule. Beaucoup nous ont fait des compliments et certains ont eu la politesse de demander à nous prendre en photo alors que d’autres se permettaient de le faire à notre insu, voire même de nous filmer !

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Seconde escapade

Nous laissant porter par la foule jusqu’au temple Eikando, nous sommes finalement enliser dans une véritable marée humaine. Victime de son succès en cette saison, l’enceinte du temple était noir de monde. Ainsi dans le jardin comme dans le temple, nous devions avancer au pas. Les momiji étaient certes resplendissants, mais le lieu en lui-même perdait un peu de son charme… Le jardin rempli de koyo semblait avoir pris feu, encerclant ainsi sa grande pagode. L’exploration du temple s’est faite en chaussettes, nous laissant alors vulnérables au froid qui nous titillait les pieds. Une longue file trônait devant le comptoir des go shuin, pour obtenir le précieux sceaux du temple dans son carnet, le temps d’attente était estimé à 1h. J’ai alors préféré prendre une feuille à part avec le sceau préalablement tamponné. Errants dans le jardin au milieu des flammes, le brouhaha des gens persistait, pas le temps de s’arrêter pour s’extasier devant le magnifique dégradé de couleurs, il faut avancer. La sortie approche, retour à la vie, on peut enfin respirer !

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  • Photos bonus, l’envers du décor, un bain de foule ça fous dit ?

Avec un monde pareil ça donne juste envie de faire demi tour, pas facile de prendre du plaisir à visiter dans ces conditions. 

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Exposition My Soul Forever de Yayoi Kusama

Ce mois-ci je suis allée voir l’exposition My Soul Forever de Yayoi Kusama qui se tient au musée forever d’art contemporain de Gion à Kyoto du 10 juin 2017 au 25 février 2018. C’est une artiste japonaise que j’aime beaucoup, je suis tombée amoureuse de son univers coloré lorsque j’ai découvert ses superbes citrouilles sur l’île de Naoshima. Récemment elle a ouvert un musée à Tokyo dans le quartier de Shinjuku, j’aimerai pouvoir y aller un jour. 

Les célèbres citrouilles de Naoshima ici 

 

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Voici une petite présentation de Yayoi Kusama. C’est une artiste contemporaine Japonaise, avant-gardiste, peintre, sculptrice et écrivain. Agée de 88 ans elle est née en 1929 à Matsumoto dans la préfecture de Nagano. Elle a aussi exposé à Paris et à New York. Elle peint depuis l’age de 10 ans, c’est une véritable passion qui lui permet d’extérioriser ses névroses et ses angoisses en reproduisant en plusieurs exemplaires ce qui l’effraie. Ainsi on retrouve beaucoup dans ses œuvres des formes phalliques et surtout des pois, qui sont d’ailleurs devenus sa marque de fabrique. Elle a un univers très colorée aux couleur vives. En plus de tableaux, elle n’hésite pas à se mettre en scène et étend son style aux vêtements, aux accessoires, aux objets de décoration voire à la vaisselle. 

Photos de l’exposition My Soul Forever

Il était autorisé de ne prendre que certaines œuvres en photos, ainsi si vous êtes dans la région du Kansai, n’hésitez pas à y faire un tour, ou encore mieux à aller voir son musée à Tokyo !

 

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Beauté de Kyoto, Mimurotoji 三室戸寺, le temple des hortensias

Le temple Mimuroto fait fait parti des 33 étapes du pèlerinage Saigoku Kannon et se situe à Uji dans la préfecture de Kyoto. Cette ville est connue comme étant la ville du thé. Ainsi dans les alentours de son célèbre temple, le Byodo-in, on peut y trouver des boutiques et restaurants proposant plusieurs sortes de thés, des glaces et des gâteaux au matcha, au thé vert, ainsi que, plus atypique, des nouilles soba, des gyoza et des takoyaki au matcha !

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Temple des hortensias ou du  lotus, celui-ci a pour particularité ses superbes jardins. Celui des azalées qui fleurissent de la fin avril à la fin mai et celui des hortensias qui fleurissent de début juin à la mi-juillet. Comme pour les cerisiers et les érables rouges, ces fleurs attirent aussi beaucoup de visiteurs. On peut y contempler une grande variété d’hortensias, environ 10 000 dont 50 sortes différentes passant du blanc au bleu au violet au rose au rouge et même des bicolores! Parmi tous ces magnifiques hortensias on a pu en voir en forme de cœur. 

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INFOS PRATIQUES

Adresse : 〒611-0013 Kyoto Préfecture, Uji, Todo, Shigatani−21

Accès : 15 minutes à pieds depuis l’arrêt Mimuroto (ligne Keihan)

Prix : 500 yens

Site : www.mimurotoji.com

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