Eva, maman expatriée au Japon

Merci à Charlotte de m’avoir proposé de me donner la parole sur son blog maternité ou je parle de mon expérience de maman au Japon. Je vous invite donc à aller lire mon témoignage sur son blog.

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Eva, maman expatriée au Japon

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Témoignage : Accoucher au Japon

C’est donc avec deux semaines d’avance que nous avons accueilli notre petit garçon pesant 3.140 kg et mesurant 48.9 cm. Récemment il vient déjà d’avoir un mois, le temps passe si vite. C’est un adorable bébé, gracieux, calme, qui pleure rarement et dort beaucoup. Coté prénom, nous lui en avons donné deux, un japonais et un français, mais j’espère que vous comprendrez que je ne souhaite pas les dévoiler sur le net. Comme dit, il est métisse, les Français disent qu’il ressemble à son père alors que les Japonais disent qu’il me ressemble car il a de grands yeux en amande et que son visage n’est pas « plat ». Personnellement, je ne saurai dire à qui il ressemble, en grandissant il va encore beaucoup changer. Pour l’instant, je me contente d’être une maman oya-baka (gaga) de son petit ange ❤

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Pendant l’accouchement

J’ai perdu les eaux à 2h du matin, je m’étais réveillé pour aller aux toilettes, et avant que je parvienne à me lever j’ai senti comme un ballon de baudruche qui éclatait dans mon ventre. Ça faisait vraiment bizarre comme sensation, du coup j’ai couru dans la douche pour attendre que « ça passe ». Mon mari a prévenu la maternité de notre arrivée, nous y sommes arrivé une heure plus tard, mon mari est rentre dormir. Vers 6h j’ai eu mes premières contractions, j’avais tellement mal que je n’arrivais pas à manger alors que j’avais faim. Mon mari et ma mère m’ont rejoint vers 9h. Pendant les contractions, sous monitoring on est dans une salle à cote de la salle de travail ou il y a trois lits séparés par des rideaux, on a droit à la présence de maximum deux personnes, en l’occurrence ma mère et mon mari et dans la salle d’accouchement seul le père a le droit d’être présent. Comme c’était un dimanche mon mari était là. D’ailleurs j’étais étonnée qu’il ne porte ni blouse ni charlotte sur la tête. Je suis vraiment contente qu’il ai pu m’épauler pendant mon accouchement, il m’encourageait, m’aider et me donnait aussi à boire et à manger. La sage-femme m’a dit que j’étais chanceuse que mon mari soit là car beaucoup de femmes accouchent seules. Je n’aurai pas imaginé accoucher seule. Accoucher d’un bébé est le plus beau cadeau qu’une femme puisse faire à son époux alors je pense que l’accompagner et l’encourager est la moindre des choses. Ça me rappelle qu’on Japon on dit que l’accouchement c’est une affaire de femmes, certes mais cela ne veut pas dire exclure le mari. Je suis entrée dans la salle d’accouchement vers 11h et bébé est sorti à 15h33, autant dire que j’étais crevée. Une fois l’accouchement terminé et qu’on ait fini mes soins et les siens, on me le remet vêtu d’une sorte de long kimono et d’un bonnet donc pas de peau à peau avec bébé. Notre rencontre ne dura pas longtemps, juste le temps que la sage-femme fasse quelques photos de nous, entrer les grands-parents et que bébé prenne une première tétée. Concernant la césarienne, j’ai cru comprendre que les Japonais évitent de la faire afin de préserver le corps de la femme car non seulement c’est une opération, mais apparemment si on accouche une fois par césarienne, il faudra aussi en faire une à l’accouchement suivant. Dans mon hôpital j’ai également remarqué qu’accoucher par césarienne coûte moins cher que d’accoucher naturellement. Par contre, la péridurale ne se fait pas beaucoup, cela dépend des cliniques / hôpitaux, dans mon cas je n’ai pas eu le choix, j’ai accoucher naturellement. Certes c’est extrêmement douloureux et indescriptible, mais c’est tout à fait faisable !

Pendant le séjour à l’hôpital

L’hospitalisation dure cinq jours, qu’on soit en chambre collective de quatre personnes ou individuelle, on a notre bébé avec nous des le lendemain de l’accouchement, on nous apprend à lui donner le bain, on a un cours sur comment se passent les premières semaines de la vie de maman avec bébé et si on allaite, les sage-femmes vérifient qu’on a assez de lait. Tous les jours il fallait écrire à quelles heures on allaitait, quand on changeait les couches et les sage-femmes venaient souvent nous voir, notamment nous réveiller la nuit pour la tétée. Puis tous les matins à 9h il fallait amener bébé à la pouponnière pour qu’il ait son examen hebdomadaire donc j’en profitais pour petit-déjeuner et pour prendre ma douche. J’ai remarqué qu’on ne met ni chaussettes ni bonnet ni gants aux bébés. Les infirmières disent que c’est mieux que le bébé ait un contact direct avec ce qui l’entoure et que s’il se griffe ce n’est pas grave car sa peau, certes fragile, guérit vite. J’ai trouvé qu’on était bien entouré par le personnel. La veille de la sortie d’hôpital on a droit à un repas spécial « félicitation » qui est bien plus copieux que ceux de d’habitude. Pour la sortie, nous avions le cozy, il semblait si petit dedans qu’on a du le caler avec une couverture. Sinon je voyais des couples rentrer avec un couffin et d’autres avaient simplement le bébé dans les bras, même dans le taxi, niveau sécurité, il vaut mieux rouler prudemment.

Retour à la maison

Au Japon, après avoir accouché la femme retourne chez ses parents pendant environ un mois afin que sa mère l’aide et qu’elle puisse se reposer. Au début, je trouvais ça dommage « d’exclure » le père des premiers jours de bébé, mais maintenant j’ai compris pourquoi. En effet, bien que le congé paternel existe depuis peu au Japon, il a du mal à entrer dans les mœurs ce qui fait que très peu de pères se permettent d’en profiter et continuent donc de travailler en rentrant tard le soir. C’est pourquoi je suis vraiment contente que ma mère soit venue pendant un mois, car elle m’a non seulement aidé et appris des choses sur comment s’occuper d’un bébé, mais elle m’a aussi relayé à la maison pour que je puisse me reposer correctement. De plus, il est conseillé de ne pas sortir bébé avant son examen des un mois et surtout d’éviter la foule (trains et centres commerciaux).

Témoignage : La grossesse au Japon

Désolé de mon absence, récemment j’avais d’autres préoccupationsAujourd’hui je reviens pour vous parler de la grossesse au Japon. Mais, je vous préviens, cet article n’est pas “complet”, je suis en plein dedans donc je découvre petit à petit. Peu être que plus tard je ferais un deuxième article à ce sujet afin de le compléter. Ne sachant pas comment cela se passe en France, et dans les autres pays, je ne peux pas faire de comparaisons mais je serais ravie d’apprendre ces différences via vos commentaires, c’est toujours intéressant de savoir ce qui se passe d’un pays à l’autre !

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 A la mairie

Quand on déclare la grossesse à la mairie on reçoit un badge « il y a un bébé dans mon ventre »  à accrocher au sac,  le carnet de santé de la mère et du bébé avec onze coupons de réduction pour les rendez-vous gynécologiques dont un pour le dentiste. Les coupons ont une valeur de 5000 yens (soit environ 50 Euros) seul un est de 7000 Yens. Niveau dépenses, ça aide bien. Concernant le carnet de santé, il existe en japonais, en anglais, en chinois et en coréen. Pour ce qui est de l’anglais, à la fin il y a un lexique anglo-japonais pour le vocabulaire médical de base, le nom des maladies, l’anatomie etc, mais malheureusement a cote des kanji japonais il n’y pas de retranscription de lecture donc au final on ne sait pas comment le prononcer. On reçoit également des prospectus pour assister à des cours de cuisine spécial bébé.

 

A l’hôpital
On dit qu’au Japon la grossesse est très médicalisée. A chaque rendez-vous gynécologique, c’est toujours le même rituel. D’abord on fait un test urinaire, on se pèse et prend soi-même sa tension à l’aide d’une machine en libre-service, on écrit les résultats dans le carnet de santé mère/enfant puis on le donne à une infirmière. Ensuite, l’infirmière nous fait écouter le cœur du bébé et mesure le ventre, on lui explique la raison de notre venue, on se fait ausculter par le gynécologue et ce n’est qu’en dernier qu’on a un entretien avec lui. Au Japon, la grossesse dure dix mois, l’accouchement naturel et l’allaitement sont fortement recommandésdans les grandes galeries marchandes on peut trouver des salles spéciales pour que les mamans allaitent en toute tranquillité, assise les unes à coté des autres. Concernant l’accouchement, apparemment de plus en plus d’hommes y participe mais cela dépend de l’hôpital, ou de la clinique, cela ne se pratique pas encore partout. Ici, on dit que la grossesse est une affaire de femme, de même que les Japonaises ont coutume de rentrer chez leurs parents pour accoucher et d’y rester environ un mois pour que leur mère les aide. Je ne sais pas trop quoi penser de ça mais je trouve dommage d’écarter le père de cette façon surtout au tout début, c’est un moment magique qui doit être partager par les deux parents. Pour ce qui est de la communication avec le personnel de l’hôpital, pour de simple conversation je n’ai pas de problème mais pour certains termes spécifiques oui donc j’ai beaucoup appris de ce coté là, j’ai même fait un bloc-note spécial qui me suit a chaque RDV. Par contre, pour ce qui du personnel, quand ils me “parlaient” en anglais ce n’était que des mots, par exemple “pain?”, “blood?”, “heartbeat”, etc. Pour une personne qui ne maîtrise pas la langue japonaise je trouve que c’est très contraignant, je me demande comment ils font pour se comprendre.

 

Je vais vous faire part des quelques différences que j’ai pu remarquer jusqu’a maintenant :

  • La première c’est pendant  la consultation et l’auscultation, le médecin (H/F peu importe sa spécialité) n’est jamais seul, il a toujours une infirmière a coté. Je n’en connais pas la raison, mais je me demande si c’est pour en quelque sorte “surveiller” les gestes du médecin au cas ou certains seraient déplacés (ce n’est qu’une supposition).

  • La deuxième c’est à propos de la toxoplasmose (germe dangereux pour le bébé qu’on peut attraper en mangeant de la viande / du poisson cru ou en côtoyant des chats). En France, des qu’on est enceinte on nous dit rapidement de faire le test pour savoir si on est immunisée ou pas. Au Japon, on n’en fait pas tout un plat, si on ne demande pas ils ne nous proposent pas le test. J’ai lu que la transmission de la toxoplasmose dépend aussi de nos habitudes alimentaires, vu que celles du Japon et de la France sont différentes, je pense que c’est pour ça qu’on en parle moins ici.

  • La troisième c’est qu’à chaque examen (prise de sang, consultation, écoute du cœur du bébé, échographie etc) on nous demande systématiquement de confirmer notre nom en entier. Il y a plein d’affiches dans l’hôpital qui le rappelle pour éviter de se tromper  de patient. Ça me rappelle d’ailleurs un fait divers qui avait eu lieu en France et que j’avais récemment lu sur internet comme quoi, une infirmière avait mélangé deux dossiers. Elle n’avait pas confirmé l’identité de sa patiente, ce qui fait que cette patiente qui venait pour une simple visite de routine, a subi involontairement un IVG alors qu’elle était à 4 mois de grossesse. Je trouve cela vraiment affreux pour cette pauvre femme!

  • La quatrième c’est le déroulement de l’auscultation. D’abord le “fauteuil gynécologique”, il est entièrement automatisé, on s’assoit dessus avec une serviette sur les jambes et quand on est prête, il s’anime et nous met automatiquement en position. Personnellement, en France, je n’en avais jamais vu, je ne connaissais que les tables avec les étriers pour poser les pieds. De plus, pour être plus a l’aise je suppose, il a un mini rideau qui cache les visages du gynécologue, de l’infirmière et donc de la patiente. Dans les hôpitaux et certaines cliniques, les cabines d’auscultations sont semi-ouvertes et alignées les unes à coté des autres avec en commun, du coté ouvert, un couloir ou le gynéco et les infirmières passent d’une patiente à l’autre. C’est assez déroutant, ça fait très travail à la chaîne je trouve. 

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