Eva, maman expatriée au Japon

Merci à Charlotte de m’avoir proposé de me donner la parole sur son blog maternité ou je parle de mon expérience de maman au Japon. Je vous invite donc à aller lire mon témoignage sur son blog.

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Eva, maman expatriée au Japon

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Au coeur du typhon Jebi

2018, une année ravageuse pour le Japon. Après le fort séisme d’Osaka, les inondations, plusieurs typhons et la canicule, voilà un super typhon qui touche le pays. Mère Nature n’aura pas été clémente.

Le typhon 21 a fortement marqué son passage dans la région du Kansai. Le plus puissant que le Japon ait connu depuis 25 ans avec des rafales à 200km/h ! Aéroports inondés, panneaux voire toitures qui s’envolaient à tout va, voitures et camions renversés, écoles et magasins fermés, trains à l’arrêt. Les images parlent d’elles-mêmes, une vision apocalyptique ! C’est toujours aussi impressionnant. A présent le typhon Jebi continue sa course folle vers le nord de l’archipel,

Dans mon quartier, pas de gros dégâts, juste beaucoup d’arbres amputés et une coupure de courant qui dure depuis hier après-midi 15:00. Le soir nous sommes allés acheter des bentos près de la gare et avons dîné aux chandelles à la maison. La nuit fut chaude et humide, la douche froide salvatrice. Le téléphone portable est notre seul moyen de communication et nous rapporte la violence de l’Indésirable.

Ce matin, au réveil, toujours pas d’électricité. Cependant la vie reprend son court, les trains circulent, les écoles rouvrent, il ne reste plus qu’à ramasser les dégâts. C’est finalement plus tard dans la matinée que le courant a été rétabli, soit 20h plus tard ! Une expérience qui met davantage en avant notre dépendance à l’électricité, on est vite perdu sans alors que les gens d’autrefois s’en sortaient très bien. Bref, espérons que ce typhon soit le dernier message de Dame Nature de l’année 2018 !

Témoignage : La rentrée en maternelle japonaise

Chaque pays, de part ses us et coutumes, a sa propre vision de l’éducation. De ce fait le système scolaire varie également d’un pays à l’autre. Par exemple, en France la rentrée a lieu en septembre, au Japon en avril, au Salvador en janvier, aux Etats-Unis fin août etc. Au Japon; la rentrée des classes est un évènement très important et est donc célébrée par une cérémonie solennelle, il en va de même à la fin d’un cursus scolaire. Quand les enfants commencent un cycle, première année de maternelle, de primaire, de collège etc, on  leur offre même de l’argent pour les féliciter. 

Ainsi, ce mois-ci mon petit bonhomme a fait ses débuts à la maternelle. Dans cet article, je vais vous raconter un peu comment s’est passée sa rentrée, car c’est très différent de chez nous. En France, dans mes souvenirs, mes premières rentrées en maternelle, primaire et collège s’étaient passées ainsi : les familles étaient dans la cours, les enseignants étaient alignés et appelaient les élèves de chaque classe pour qu’ils aillent se mettre en rang. Fin. Pas de cérémonie et tous le monde était habillé normalement. Or au pays du soleil levant, là aussi c’est très codifié.

C’est le jour-j, nous voilà en route pour nous rendre à la maternelle qui se trouve à même pas 10 min à pieds de chez nous. Sur le chemin nous croisons d’autres familles et, à voir le chapeau de leur enfant, ils se dirigent vers le même endroit que nous. Arrivés devant le portail de la maternelle, parents et enfants sont sur leur 31, les mères ont d’ailleurs toutes un collier de perles. Les familles font la queue pour être prises en photo à côté du nom de l’établissement. Des photographes errent dans toute l’enceinte de l’école et mitraillent  les familles présentes. Dans la grande cours, les classes sont affichées. Celles des petites sections portent toute un nom de fleurs et chacune a sa couleur. Bien que mon fils ne soit pas dans la même classe que sa cousine, il a la maîtresse qu’avait eu son cousin 3 ans plus tôt. Les familles se rassemblent dans les classes attribuées, la maîtresse se présente, fait l’appel et nous donne le carnet de liaison. Puis vient l’heure de se diriger vers la grande salle pour la cérémonie officielle de rentrée scolaire. Mères et enfants se donnent la main et entrent dans la salle par classe où des chaises vides les attendent. Le directeur se trouve sur l’estrade, le personnel est assis sur les cotes, les photographes immortalisent nos moindres faits et gestes, et les pères sont debout au fond de la salle. Le directeur fait un discours, les maîtresses et le reste du personnel se présentent, les noms des nouveaux arrivants sont énoncés et félicités de faire leur rentrée. Pour clôturer cette cérémonie, vient l’heure de la photo de classe, parents compris. Dans la cours, les familles font également la queue pour faire LA photo souvenir du jour avec le solennel panneau qui trône à l’entrée de la cours et où il est écrit 入園おめでとう (nyuuen omedetou), soit « félicitations pour votre rentrée ». Bref, 2h bien longues et éprouvantes à devoir rester en place pour ces petits bout de chou. 

Je pense que j’étais plus stressée que mon fils pour cette journée. Lui, il savait qu’il allait aller à l’école, il connaissait le lieu et adorait déjà la cours bien garnie qui est parfois ouverte au public. J’avoue que je ne me sentais pas à l’aise pendant cette cérémonie, probablement parce que je n’en ai pas l’habitude. Voir tout le monde si bien habillé, coiffé, irréprochable, non c’est trop, je ne me sentais à ma place. Étrangement cela m’a rappelé les mises en scènes chronométrées des mariages japonais. De plus, comme étant apparemment la seule étrangère de sa promo, j’avais encore plus envie de passer inaperçu. Bref, j’espère que cette année se passera bien pour mon petit bonhomme, pour le moment il s’y plait tellement qu’il a pleuré les 3 premiers jours où je l’ai cherché pour rentrer à la maison. 

Pour continuer cette rubrique sur la maternelle japonaise, on se retrouvera dans quelques mois pour vous raconter comment ça se passe ici et pour évoquer les différences avec la maternelle française. J’espère que vous serez là pour partager vos expériences.

Témoignage : Bilinguisme chez l’enfant, les débuts de mon fils franco-japonais

Voici un article que je prépare depuis plusieurs mois. Beaucoup de parents se posent des questions sur le bilinguisme de leurs enfants, je m’en pose toujours d’ailleurs, et je me suis dis que ce serait intéressant de vous parler de l’évolution de l’apprentissage du français et du japonais de mon fils. Par étape 1, j’entends de la naissance jusqu’aux 3 ans de l’enfant, c’est-à-dire jusqu’à son entrée en maternelle. Au Japon la rentrée est en avril, ce qui fait que mon petit bonhomme y fera ses premiers pas à l’age 3 ans et 8 mois. Ainsi le prochain article à ce sujet, sera publié après sa première année de maternelle japonaise afin de voir ou il en sera dans les deux langues.

Pendant ma grossesse je m’étais déjà un peu renseignée sur le bilinguisme des enfants, comment faire etc. J’avais lu que les enfants bilingues ont tendance à dire leur premiers mots plus tard, qu’ils peuvent bégayer au début de l’apprentissage des deux langues, que commencer l’apprentissage d’une langue étrangère avant 11 ans permettait d’éviter d’avoir un accent dans celle-ci, qu’il est important que chaque parent parle sa propre langue pour ne pas embrouiller l’enfant et que celui-ci prenne un réflexe.

Certains parents n’utilisent que la langue de leur pays d’accueil (ce qui est courageux je trouve), d’autres les deux langues et d’autres encore choisissent de n’utiliser que leur langue maternelle. Pour moi il était évident de parler en français à mon fils. Certes je parle couramment japonais, mais ma maîtrise de la langue n’est pas encore parfaite. De ce fait, je me voyais mal parler, éduquer mon fils dans une langue qui n’est pas la mienne, que je ne maîtrise pas dans les moindres recoins au risque de lui transmettre mes erreurs, mon accent, mes tics de langage. Je laisse le japonais aux Japonais, c’est pour cette raison aussi que mon fils va à la garderie deux fois par semaine depuis qu’il a 1 ans et demi. Sachant qu’à partir de la maternelle il sera en immersion total du japonais, je veux l’inonder de français, lui donner des bases solides avant que la langue nippone ne prenne le dessus. Plusieurs parents d’enfants bilingues m’ont dit que des la maternelle, même parfois avant, leur enfant avait « choisi » sa langue et n’en parlait qu’une, que bien qu’il comprenait plus ou moins l’autre langue maternelle de son deuxième parent, qu’il s’évertuait à répondre, à communiquer dans la langue qu’il avait choisi. C’est une chose qui me fait peur, je ne veux pas que mon fils oublie le français, voir renie ses origines gauloises, ainsi je ferai tout ce qu’il faut pour éviter cela.

Introduction du français

A 7 mois je lui faisais écouter des comptines françaises en bruit de fond. 

Depuis qu’il a 1 an je lui fais la lecture tous les soirs, que se soit en japonais, en français ou en anglais. Je suis d’ailleurs ravie de constater que comme moi il adore les livres. Maintenant il essaye de lire par lui-même en répétant les mots que je dis à telle ou telle page, il aime aussi « lire » ses imagiers tout seul, c’est juste adorable.

A 1 an et demi j’ai introduit les dessins-animés. Pingu, Oui-oui, Thomas, T’choupi, Trotro, Petit ours brun et Sam-sam. Il regarde sur la tablette, je lui mets un temps limite quand il demande à regarder. Je suis consciente des polémiques concernant l’exposition des enfants de moins de 3 ans aux écrans, mais je tiens à préciser certaines choses avant de me prendre des remarques. De un, je ne me sers pas des écrans comme nounou, de deux, je modère son temps de visionnage, et de trois, il ne regarde pas tous les jours.  

Cote France, il y est déjà allé à trois reprise pendant à chaque fois un mois, d’abord à 7 mois, puis à 1 an et 4 mois et enfin à 3 ans. C’est pendant ses deux derniers voyages, surtout le dernier, où il a élargi son vocabulaire. Il en va s’en dire que pour entretenir une langue à laquelle on est peu exposé, qu’il est préférable de voyager pour pouvoir la pratiquer et être en immersion, ainsi j’essaye de rentrer en France avec lui une fois par an ou tous les 18 mois. 

Son français

Il a dit ses premiers mots à 13 mois par quelques petits mots. Il comprend mieux quand on lui parle dans cette langue qu’en japonais. A 1 an et 10 mois, même s’il ne parle pas encore, mais il a beaucoup de vocabulaire quand on lui demande de designer tel ou tel objet. C’est à 2 ans qu’il a vraiment commencé à s’exprimer oralement, à essayer de communiquer en parlant par syllabes, ainsi « to » signifiait « tomate », « yaourt » ou « le train Thomas » et « pa » signifiait « papa », « panda » ou « anpanman » (oui il n’y a pas échappé, merci la garderie^^’). A 2 ans et demi il sait compter de 1 à 10 en français, répète beaucoup ce qu’on lui dit et ce qu’il entend dans ses comptines. A 2 ans et 10 mois il connait l’alphabet français et commence à faire des phrases de deux, trois mots. A 3 ans c’est un vrai moulin à parole, il parle français sans problème, en faisant des phrases complètes. 

Son japonais

Ses premiers mots ont fait leur apparition à un peu plus 1 an et demi. Il a appris et pratique son japonais avec son père, ma belle-famille qui habite dans le même quartier que nous et à la garderie où il va deux fois par semaine. Quand son japonais a commencé à se développer j’étais toujours surprise d’entendre les dames de la garderie me rapporter ce qu’il avait dit durant la journée. Vers 2 ans et demi il a eu une période où il utilisait pas mal de japonais à la maison, mais ce ne fut qu’une courte phase. Chaque fois elles me disaient qu’il progressait et communiquait de mieux en mieux, que je n’avais pas à m’inquiéter pour son intégration en maternelle. A présent je constate qu’elles ont totalement raison. Actuellement il le comprend mieux qu’il ne le parle, mais sait se faire comprendre, ma belle-famille est d’ailleurs ravie de pouvoir « enfin » mieux échanger avec lui.

Bilan à 3 ans et demi

Je peux clairement dire que la langue maternelle de mon fils est celle de Molière. Il sait s’exprimer dans les deux langues meme s’il comprend et communique mieux en français qu’en japonais et en raison de l’écart de vocabulaire qu’il a entre elles. Depuis sa naissance je lui parle en français, bien que parfois lorsque nous sommes dehors en compagnie de Japonais, il m’arrive d’alterner. A la maison, mon mari étant bilingue, nous parlons principalement français. Pour le moment il ne mélange pas les deux langues et sait avec qui parler français et avec qui parler japonais, c’est naturel pour lui. D’ailleurs quand il joue avec ses trains il parle en japonais alors que quand il joue avec ses voitures il parle en français. La raison est simple, quand nous prenons le train les annonces sont en japonais et ses petites voitures (des tut tut bolides pour les connaisseurs^^) chantent et parlent en français. Voyant le résultat actuel, je suis contente de la façon dont j’ai procédé, même si je suis consciente que je suis chanceuse puisque qu’il est tout le temps avec moi, s’il avait été à la crèche tous les jours, le résultat aurait peu être été différent. En tout cas, il a acquis de bonnes bases en français et je suis sure qu’il rattrapera son retard de vocabulaire en japonais en quelques semaines car comme on dit, les enfants sont de vraies éponges et apprennent extrêmement vite. J’espère aussi ainsi qu’il ne se braquera pas et ne choisira pas la facilité en privilégiant la langue nippone parce qu’il peut communiquer avec plus de monde avec, on verra d’ici un an.

Petit tableau pour vous donner une idée de l’écart de vocabulaire qu’il a dans les deux langues.

  Français Japonais
animaux  
couleurs  
véhicules
nourriture  
corps humain  
vêtements  
alphabet  
compter de 1- 10
salutations