Kyoto, 智積院 le temple Chishakuin et ses hortensias

Chishakuin est un temple appartenant au mouvement bouddhiste Shingon-shū Chizan-hase qui se trouve à Kyoto dans le quartier de Higashiyama et qui est facile d’accès via le métro et en bus. C’est un beau et grand complexe de temples, non seulement son bâtiment principal, qui fut brûlé et reconstruit, est immense et impressionnant, mais ses jardins sont aussi magnifiques !

J'y été allée en décembre dernier pour une sortie kimono sous les momiji, mais ayant trop 
froid je n'avais pas pris le temps de visiter le temple. Ainsi je suis revenue ce mois-ci pour 
enfin lui faire honneur et je ne regrette pas. Ce matin-là, des moines étaient en train de
 réciter des prières dans le bâtiment principal, leurs voix résonnaient, c’était si beau.

Le jardin inspiré du Mont Lushan en Chine permet de faire un arrêt dans le temps ou tout n’est que contemplation. Assis sur les tatami, le silence règne, le regard est captivé par le paysage, un sentiment d’apaisement prend place. Parfois il faut prendre le temps de prendre le temps.

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Face au jardin, la pièce de tatami Daishoin expose de superbes peintures murales. Le bâtiment en contient bien d’autres et c’est en déambulant en chaussettes dans ses longs couloirs en bois semblables à un labyrinthe qu’elles surgissent à chaque tournant.

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Pour les amoureux de la nature, c’est également l’endroit idéal pour apprécier les saisons tout au long de l’année. Pruniers en hiver, cerisiers et azalées au printemps, hortensias en été et érables rouges en automne !

Mi-juin, son jardin d’hortensias était à son apogée. Ces pompons colorés habillaient ce jardin de mille couleurs. Tant de nuances de bleu, de rose et de violet qui émerveillaient ses visiteurs.

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Chishakuin dispose également d’une annexe y exposant des peintures de Tohaku Hasegawa et ses disciples qui sont considérées comme des Trésors Nationaux et qui représentent les quatre saisons. Cependant à l’interieur les photos sont interdites, je vous invite donc, si vous en avez la possibilité, à aller les contempler de vos propres yeux.  

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Kobe : Sumadera, temple entre guerre et secrets

Fondé en 886, Sumadera est un temple bouddhiste qui se situe à Kobe dans l’arrondissement de Suma. Très ancien et de part son histoire dans la religion, c’est un lieu important pour les locaux.
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L’enceinte du temple est grande et ses paysages sont aussi appréciables au printemps sous les cerisiers, qu’en automne sous les érables rouges. Peu touristique, c’est l’endroit idéal si vous voulez éviter la foule et visiter au calme.

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Fin avril, il est d’ailleurs possible de venir participer à deux cérémonies du thé, on peut également profiter d’un concert de Koto, il s’agit d’un instrument de musique à cordes pincées utilisé en musique japonaise traditionnelle, notamment dans le théâtre kabuki et le bunraku. D’ailleurs j’ai eu un gros coup de cœur pour les moulures du bâtiment dans lequel on pratique justement la cérémonie thé matcha. Les détails, le travail du bois et surtour les yeux, c’est superbe !

 

On y trouve aussi cette superbe pagode de trois étages. Malheureusement celle-ci n’est pas d’origine, en effet l’original fut détruite 800 ans plus tôt lors du grand tremblement de terre de 1596 puis elle fut reconstruite en 1984.

 

De nos jours, il sert aussi de mémorial de la guerre de Gempei qui opposait les deux clans les plus influant de l’époque, les clans de Taira et Minamoto. En effet dans la « salle du trésor » on peut y voir quelques reliques et des représentations historiques de ce qui s’est passé durant cette guerre.

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La raison principalement de ma venue ici était de continuer ma collection de goshuin, notamment celui des Sept Dieux du Bonheur, et pour voir les cerisiers qui l’habitent et bordent le petit étang qu’il y à coté.

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Mais finalement Sumadera fut une belle surprise, un bel endroit, et contre tout attente, très interactif ! En effet, l’enceinte est rempli de statues en tout genre, dieux, ou animaux, chacune a son petit secret. Un ours qui chante, des singes qui répondent à une caresse sur la tête, des pierres qui bougent, une grenouille qui perd la boule, une tortue qui porte chance, une horloge magique et bien d’autres encore ! A présent, c’est à vous de jouer, venez et partez à une chasse aux trésors pas comme les autres. Une activité qui devraient d’ailleurs ravir les enfants ! 

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Kobe : le sanctuaire Tsunashiki Tenmangu

Tsunashiki Tenmangu est un sanctuaire shinto qui se situe à Kobe, plus précisément dans un quartier résidentiel de Suma. Comme tous les sanctuaires tenmangu, celui-ci est dédié au Tenjin-san, dieu japonais des lettres, de la culture et de l’éducation qui fut autrefois Sugawara no Michizane, un simple poète dit érudit. Il y a longtemps lors de son voyage pour l’île de Kyushuu, Sugawara no Michizane fit une halte à Suma, ainsi 76 ans plus tard après son décès, ce sanctuaire fut érigé en son honneur, car comme il y était venu, cet endroit lui était familier.

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Ici nous retrouvons bien sur toutes les caractéristiques d’un sanctuaire tenmangu, c’est-à-dire le bœuf et les pruniers ! Le bœuf était l’animal symbolique de Sugawara no Michizane et les fleurs de prunier étaient ses fleurs préférées. Donc si par hasard vous tombez sur un sanctuaire contenant des pruniers et une statue d’un bœuf, vous saurez qu’il s’agit d’un tenmangu. Vu la spécialité de Tenjin-san, de nombreux étudiants viennent le prier et caresser son bœuf afin de mettre la chance de leur coté pour réussir leurs études et/ou leurs examens.

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Tsunashiki Tenmangu a une particularité. Vous l’avez peut-être remarqué sur la photo principale de l’article… mais oui il y a bien une aubergine dans l’enceinte du sanctuaire ! Étrange, non ?

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Il s’agit d’un banc à souhaits. Mais alors, pourquoi une aubergine ?
C’est en fait un jeu de mots sur la prononciation de « nasu » car en japonais non seulement « aubergine » se dit « 茄子nasu », mais le kanji 成す se prononce aussi ainsi. Il y a deux raisons pour laquelle les Japonais ont choisi d’associer ces deux mots. D’abord parce qu’apparemment les fleurs d’aubergine ne font pas de gaspillage et que chaque fleur qui aura fleuri donnera systématiquement un fruit. Ensuite, parce que le kanji 成す signifie « accomplir », ici en l’occurrence « accomplir un souhait ». Ainsi, à l’image des fleurs d’aubergine qui donne toujours des fruits, il est dit que ceux qui s’assoient sur cette aubergine verront forcément leur vœux se réaliser !

A la saison des fleurs de prunier, le sanctuaire est tres beau à voir et propose une dizaine de prunier, allant du rose au rouge au blanc. De plus, chaque mois le dessin qui accompagne le goshuin, le sceau du temple, change. Comme j’y suis allée en février pour les pruniers, c’est le tampon d’une fleur de prunier qui accompagne sa belle calligraphie. En mars, ça sera le dessin des poupées de la fête du Hina Matsuri, etc. Ainsi pour les collectionneurs de goshuin, ce sanctuaire peut-être un passage intéressant. Selon la saison, il peut servir de point de départ pour marcher jusqu’au jardin botanique de Suma qui se situe à 15min à pied du sanctuaire et qui est aussi connu pour ses pruniers. Comme nombre de jardin botanique on peut aussi y voir des cerisiers, des iris, des hortensias et des roses.

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Kyoto, kimono sous les pruniers du sanctuaire Kitano Tenmangu

C’est la saison des pruniers, ces jolies petites fleurs qui ne craignent pas le froid et qui annoncent l’arrivée du printemps. C’est sous un beau ciel bleu que je suis allée  contempler les fleurs star du moment du sanctuaire Kitano Tenmangu de Kyoto qui offre une grande variété de pruniers. C’est d’ailleurs là-bas que j’ai découvert de magnifiques pruniers pleureurs ! 

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C’était la première fois que je venais dans ce sanctuaire shinto. Grand, connu et surtout tres ancien, il y avait foule pour admirer et immortaliser les fleurs de pruniers de son jardin. Des arbres rouges, roses et blancs accueillaient les visiteurs et laissaient émaner ce parfum si agréable qui envahissait les lieux. J’adore l’odeur des pruniers, une seule inspiration suffisait à me faire sourire. Grâce au ticket d’entrée, il était possible de recevoir deux senbei sucrés accompagnés d’une tasse de thé à l’ume konbu, du thé à la prune et à l’algue konbu. Un thé salé et légèrement acidulée, mais délicieux. 

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En fin d’après-midi, le jardin change d’ambiance pour un light up. De nombreux boules de verres étaient suspendues aux arbres pour accueillir des bougies. Je me suis amusée à jouer avec les fleurs de prunier et ces boules de verres. Le soir ça devait aussi être joli à voir.

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Mes amies et moi avions revêtu nos kimono pour l’occasion. J’en ai profité pour remettre mon kimono violet, qui vu les motifs, se fondait presque dans le paysage. Je l’avais trouvé l’année dernière à la brocante de Tennoji d’Osaka, il en est de même pour le obi, la ceinture qui l’habille. J’avais craqué sur ce beau violet et ses motifs, des fleurs de pruniers blanches accompagnées de petits mejiro, des Zostérops du Japon. Vifs et rapides, ceux-ci aiment se poser sur les pruniers et narguer ses observateurs. 

 

 

Pèlerinage des 8 temples de Kobe 神戸八社巡り

En plein cœur de la ville portuaire, aux pieds des buildings ou cachés entre les habitations, de petits temples sont à l’abri des regards. De part leur taille, ceux-ci n’en sont pas pour autant moins importants, bien au contraire ! Ils font partis du pèlerinage des 8 sanctuaires de Kobe. Allant de l’est vers l’ouest, ils se trouvent dans une zone placée sous la protection du grand sanctuaire de la ville, Ikuta Jinja qui a plus de 1000 ans.

Ils se nomment respectivement Ichinomiya, Ninomiya, Sannomiya, Yonomiya, Gonomiya, Rokunomiya, Shichinomiya et Hachinomiya. Leur nom signifie littéralement, le premier sanctuaire, le deuxième sanctuaire, et ainsi de suite jusqu’au huitième. Ceux qui sont déjà venus à Kobe, on peut être fait le lien en lisant la phrase précédente, mais en effet le quartier principal de la ville se nomme Sannomiya en référence au temple lui-même qui s’y trouve !

Ces 8 sanctuaires sont dédiés à 3 déesses et à 5 dieux qui ont vu le jour quand la déesse Amaterasu-omikami et Susanoo-no-mikoto se sont échanges un joyau et une épée qui sont précieusement conservés dans un des huit sanctuaires. Ce sont les dieux protecteurs de Kobe.

Faire ce pèlerinage permet de découvrir une autre facette de Kobe à travers des quartiers assez éloignés du centre et pas touristiques. Il est possible de le faire en une journée en se déplaçant en métro et en bus. Pour recueillir les goshuin, les sceaux des temples, vous avez le choix entre un carnet de pèlerin classique ou un dépliant qui laisse un emplacement spécial pour chaque tampon. Contrairement aux grands sanctuaires ou il y a un comptoir dédié aux goshuin, pour ceux-là, il n’y en a pas. Cela peut être déroutant, mais en fait il faut directement sonner chez le responsable du temple qui se présentera alors à la fenêtre prévue à cet effet. Cependant, comme il s’agit de particuliers, il se peut que certain ne soit pas chez eux lors de votre passage, ce fut mon cas pour le sanctuaire Shichinomiya. Par chance, ils avaient laissé quelques feuilles de goshuin déjà prêts sur un petit plateau, alors je me suis servie en cachant mes 300 yens sous le plateau.

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Ichinomiya jinja 一宮神社

Apparenté  à une des trois déesses, celui-ci est connu comme le protecteur de la sécurité en mer et du développement de la création, .

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Ninomiya jinja 二宮神社

Lié au dieu de l’effort et de l’agriculture.

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Sannomiya jinja 三宮神社

Dédié à une des trois déesses, il est le protecteur de la sécurité en mer.

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Yonomiya jinja  四宮神社

Affilié à une des trois déesses, il était autrefois connu comme le protecteur des maiko, mais de nos jours il est le protecteur des activités nocturnes, tel que les cabarets ou les bars.

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Gonomiya jinja  五宮神社

Dieu de la fertilité, il fut déplacé sur cette colline à cause de sa rivière voisine qui débordait souvent

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Rokunomiya – Hachimiya jinja  六宮神社 八宮神社

Rokunomiya fut affilié religieusement à Hachinomiya en 1888 lors de la construction du lycée Kusunoki.
Hachinomiya, lui, fut déplacé en 1909 à son emplacement actuellement afin de céder le terrain pour le nouveau siège de police préfectorale de Tachibu.

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Shichinomiya jinja  七宮神社

Lié au dieu de la sécurité en mer, du mariage et de l’aménagement du territoire.

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Lors de vos visites pensez a saluer les maîtres des lieux. Pour savoir comment prier, je vous conseille la note de Joranne qui explique tout ça en dessin.

Kobe : Le temple Sanshinzan Taisan-ji

Cette année je voulais éviter la foule qui m’avait traumatisé l’automne dernier au temple Eikando de Kyoto, ainsi j’ai choisi d’aller faire tour dans les montagnes de Kobe au temple Sanshinzan Taisan-ji et je ne regrette pas car il devait y avoir une dizaine de personnes. Qui plus est, il faisait beau et  la lumière était superbe !

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Taisan-ji est un temple bouddhiste de la secte Tendai et il se situe dans les montagnes de Kobe. Il présente un intéressant mélange d’architecture japonaise et chinoise, détail que l’on remarque de suite à son bâtiment principal. Celui-ci achevé en 1293 est d’ailleurs reconnu comme « Trésor National » du Japon. Ce lieu occupe une place importante dans le bouddhisme car il est considéré comme un des premiers temples a avoir aidé à populariser le bouddhisme au Japon en adoptant une nouvelle forme de statue de Bouddha. Il fait d’ailleurs parti du pèlerinage des 6 sanctuaires Jizo de Kobe, de celui des 26 temples bouddhistes de Akashi et aussi du pèlerinage des 25 temples Kannon du Kansai.

Taisan-ji est ancien et a du potentiel, cependant il ne dévoile ses beautés qu’à des périodes précises, ainsi il est facile de se retrouver face à de nombreuses portes closes. Derrière celles-ci ce cache un Bouddha de l’ère Kamakura qui fait parti du pèlerinage des 13 bouddha de Kobe !

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Celles-ci, qui date de l’ère Edo, abritent un superbe plafond de fleurs peintes qui n’est visible du public que pendant le festival des fleurs qui a lieu le 8 mai.

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Au milieu des montagnes vertes, cet ancien temple offre un joli dégradé de couleurs. Des tons chauds, jaune, rouge, orangé en automne et des tons plus doux au printemps avec les cerisiers. Sa grande pagode à trois étages émerge de ces arbres en feu et surplombe son territoire, sa vue n’étant bloquée que par les montagnes qui l’entourent.

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A coté du temple et à l’abri des regards, se cache le petit jardin An’yo-in, mais attention celui-ci est particulier. En effet, il s’agit d’un jardin de pierres qui date de l’ère Azuchi-Momoyama. Des pierres de toutes formes et de toutes les tailles dont la position a été méticuleusement choisie. Assis dans l’engawa* sur des zabuton* de pailles tressées, c’est dans le silence qu’il se contemple. Une ambiance zen ou l’odeur de l’encens nous caresse les narines et ou les rayons du soleil nous réchauffe le visage. Cependant, l’accès à ce jardin est payant et il n’est ouvert aux visiteurs qu’à deux périodes dans l’année, en novembre du 15 au 30 et au printemps du 27 avril au 5 mai

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*zabuton : coussins pour s’asseoir parterre.

engawa : sorte d’étroit couloir extérieur d’une maison japonaise, si on enlève les portes coulissantes coté jardin, celui-ci peu se transformer en véranda. 

Adresse : 224 Zenkai Ikawadani-cho Nishi-ku Kobe

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J’ai fais quelques escapades entre parcs et montagnes pour aller admirer les momiji et j’ai posté plusieurs photos sur la page Facebook du blog, alors n’hésitez pas à y faire un tour pour les voir. 

Nofuku-ji, le Grand Bouddha de Kobe 兵庫大仏

Saviez-vous qu’au cœur de Kobe résidait un Bouddha ? Mais tout d’abord, parlons du sanctuaire Nofukuji qui l’abrite. Son bâtiment principal était à l’origine basé à Kyoto, mais il fut déplacé à Kobe en 1953. Bien que sérieusement endommagé à cause du grand tremblement de terre de Kobe de 1995, il fut partiellement rénové en 1997 grâce à de généreux donateurs. L’enceinte, bien que petite, dispose également d’un jardin.

 

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Passons au fameux Hyogo Daibutsu, le Bouddha du sanctuaire Nofuku-ji, qui du haut de ses 18m, est l’un des trois plus grands du Japon. Il se situe à 10 minutes à pied de la gare JR Hyogo et se cache dans le paysage des blocs de béton de la ville. Dressé du haut de son socle, les mains jointes et le regard incliné, il contemple ses visiteurs. Entouré de quelques fleurs de lotus dorées qui symbolisent la pureté du cœur et de l’esprit. Cependant le Bouddha actuel n’est pas celui d’origine. En effet, le premier vu le jour en 1891, mais il fut détruit en 1944 durant la Seconde Guerre Mondiale, quelques années plus tard il fut reconstruit en 1991. En regardant les photos du premier Bouddha, on constate une nette différence entre les deux. Certes le Hyogo Daibutsu n’est pas aussi impressionnant le celui de Todai-ji, mais il fait aussi son effet et vaut le détour si vous êtes de passage dans la ville maritime !

 

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Adresse 1-39 Kita sakasegawa-cho, Hyogo, Kobe, Préfecture de Hyogo 652-0837

Entree libre

Kobe : Yuzuruha, le sanctuaire du corbeau à trois pattes 弓弦羽神社

Le sanctuaire shintoïste Yuzuruha se situe à Mikage dans la préfecture de Kobe dont l’animal Totem est le corbeau à trois pattes. Volatile originaire de la mythologie chinoise qui symbolisait le soleil, il fut introduit dans la religion shintoïste comme messager et guide de l’Empereur Jimmu sous le nom de Yatagarasu. En japonais, « karasu » signifie « corbeau ». Il possède donc trois pattes, l’une représente le ciel, une autre la terre et la troisième les gens. Il symbolise ainsi l’unification de Dieu, de la nature et des gens.

 

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La particularité du temple réside dans le fait qu’un énorme ballon de football en pierre trône dans son enceinte. La raison est simple. L’emblème de l’équipe de football du Japon est un corbeau à trois pattes. De ce fait, le temple a été relié à l’équipe de foot japonaise pour devenir leur protecteur. C’est un lieu prisé des amateurs du ballon rond, encore plus lors des matchs. Pendant la coupe du monde de FIFA il y avait pour l’occasion des ema, les plaquettes de bois pour faire un vœu, dont l’emblème du corbeau avait été remplacé par un ballon de foot.

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Le temple étant dédié à Yatagarasu, on peut y acheter de petites statuettes à son effigie nommée Yuzumaru. Une fois le précieux en sa possession il faut rédiger un souhait sur un morceau de papier, l’insérer dans la base de la statuette, y écrire nom et date, et de la déposer dans ce petit présentoir. Ainsi Yuzumaru se chargera, tel son ancêtre, de porter votre message aux dieux. 

 

Depuis peu le temple est aussi assimilé au patineur artistique japonais Yuzuru Hanyu à cause de la ressemblance de leur nom. Celui-ci a d’ailleurs remporté la médaille d’or au JO d’hiver de Pyeongchang en 2018. Yuzuruha, temple où religion, passion du foot et beauté artistique cohabitent.

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Site : sanctuaire Yuzuruha 

Accès : Accessible via la ligne hankyu Kobe – Umeda, prendre le train local et descendre à la gare de Mikage. Le temple se trouve à 5 minutes de marche.

Osaka : les hortensias du temple Kyuanji 久安寺

Kyuanji se situe dans la banlieue d’Osaka à Ikeda. Entre ville et montagne ce temple bouddhiste est une belle découverte. Très visité pendant la saison des pluies pour ses superbes hortensias il est aussi très populaire en automne pour son festival de momiji. Il y a aussi des azalées et quelques cerisiers. Choisissez votre saison !

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Après avoir traversé la grande porte et la première allée d’hortensias, un bassin fleuri de pompons multicolores capte le regard des visiteurs et les accapare pendant quelques minutes. Malheureusement, loin de leurs racines, les heureuses élues de cette baignade estivale sont les première à tirer leur révérence. 

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Je déambule dans l’enceinte du temple. Je profite du calme et prend mon temps. Je longe l’allée de lanternes, j’aime bien leur fenêtre en demi lune. Je passe à coté d’un étang, j’irai le voir de plus près plus tard. 

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Je finis par voir cet immense dôme, je me demande ce qu’il peut bien abriter. Après avoir parcouru les quelques mètres qui me séparqit de l’entrée, les portes automatiques s’ouvrent et là, je reste sans voix. 

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Je découvre un grand bouddha couché qui fait face à l’entrée, le seul mot qui me vient sur le moment fut « waouh ». Certes il n’est pas aussi impressionnant que celui de Todaiji, mais je ne m’attendais pas à me retrouver nez à nez avec ce géant de pierre. Des bancs font face au bouddha endormi. Je prends place, l’observe et prend plaisir à respirer cette douce odeur d’encens si caractéristique des temples japonais, je la trouve si apaisante. Je ne suis pas seule, mais tout est calme, je ferme les yeux et profite de l’instant.

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Je me dirige vers l’étang, des carpes viennent me saluer. Beaucoup de communes, trois blanches et une toute rouge qui joue à cache-cache et qui évite mon objectif. Les blanches sont beaucoup moins timides. J’aperçois le bâtiment principal du temple, je prends sa direction. Tout à coup, j’entends un bruit de feuillage près de moi, un frisson me parcourt. Je me retourne pour voir d’où vient le bruit et là, mes yeux s’arrêtent sur la queue claire d’un serpent qui se faufilait entre les plantes. Mon cœur s’emballe. J’ai du passer à quelques centimètres de lui et lui faire peur. Je pense à mes chevilles découvertes, si je lui avais marché dessus, il m’aurait peut être mordu. Ma balade paisible prend fin. Je regarde partout autour de moi, je ne suis pas tranquille. Mes yeux scruteront le sol jusqu’à la fin de ma visite.

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J’arrive tout de même au temple principal. La cloche résonne, la prière est faite, je prends le chemin du retour.

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Je récupère mon carnet de goshuin et dit à la dame que j’ai croisé un serpent, car en repensant aux caniches que j’avais croisé à mon arrivée et je me dis que ça peut être dangereux pour eux. Elle dit être désolée que j’ai été surprise par le reptile et finit par dire qu’il y a bien des choses dans ce jardin… Dit comme ça, je préfère ne pas savoir à quoi elle faisait allusion. Néanmoins, le temple mérite le détour, ne serait-se que pour saluer son bouddha et malgré ma rencontre, le jardin est très agréable. 

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Accès : Depuis Osaka, prenez la ligne Takarazuka à la gare Hankyu Umeda, descendez à la gare d’Ikeda puis prenez le bus 138 du terminal de bus ouest. Le bus ne passe qu’une fois par heure et vous déposera à l’entrée du temple en 20 minutes. 

Entrée : 300 yens

Kyoto : Les hortensias du temple Yokokuji – Yanagidani Kannon 陽谷寺・柳谷観音寺

A chaque saison sa fleur de prédilection. Les pruniers en février, les cerisiers en mars/avril, les azalées en mai, puis les hortensias en juin. Ces superbes pompons fleuris s’épanouissent en pleine saison des pluies, plus il pleuvra et plus ils seront au meilleur de leur forme. Ainsi je me suis mise en quête d’un « temple à hortensias » à aller voir, et c’est un tweet de la copine Joranne qui m’a finalement indiqué ma future destination^^

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Découvrez donc le temple bouddhiste Yokokuji. A mi chemin entre Kyoto et Osaka, il se situe à Nagaokakyo qui fut la capitale du Japon pendant 10 ans avant de passer le flambeau à Kyoto. Il est également nommé Yanagidani Kannon en référence à la divinité Kannon pour qui il fut érigé. En effet, il fut fondé en 806 de l’ère Meiji après une vision de la déesse par le fondateur du non moins célèbre temple Kyomizu-dera. Le 17 de chaque mois est un jour de célébration au temple en hommage à la date de décès de son fondateur.

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Caché dans la montagne il se trouve à 15 minutes de route du sanctuaire précédemment visité, Nagaoka Tenmangu. Il est surtout populaire dans la région pour son festival des hortensias car il en regroupe environ 5000 ! Au pique de leur beauté ces superbes fleurs sont délicatement posés sur l’eau. Flottant les unes à cotés des autres, elles offrent à leurs admirateurs un somptueux patchwork de couleurs. L’enceinte du sanctuaire est tout de même grande, on y déambule passant par sa promenade des hortensias à l’interieur de ses deux temples, dont le Kamishoin qui n’est ouvert au public que le 17 de chaque mois. 

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Les collectionneurs de goshuin, des sceaux de temples, seront ravis de savoir qu’ici on peut en récolter jusqu’à cinq en une fois. De plus, il y a des éditions limitées et que le 17 de chaque mois, il est possible de venir participer à un atelier de goshuin où on peut alors le décorer selon ses envies en l’accordant à la saison  du moment. C’est quelques chose que j’adorerais faire si le temple n’était pas aussi difficile d’accès…

Voici deux liens ou vous pourrez voir les magnifiques Goshuin des fameux ateliers de créations. Les éditions limitées / Ateliers créations de 2017

 

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Effectivement le temple n’est pas pratique d’accès. La seule navette qui mène au temple depuis les gares Hankyu Nagaoka Tenjin et JR Nagaokakyo ne circule que le 17 de chaque mois et lors de ses deux festivals, celui des hortensias et celui des momiji ! Ainsi si vous n’avez pas de voiture, il faudra alors prendre un taxi pour y accéder en 15 minutes.

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Le temple est aussi réputé pour ses érables rouges, une occasion d’y retourner en automne ! 

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Adresse 617-0855 – 2 Donotani, Jododani, Nagaokakyo city, Préfecture de Kyoto

Navette : les 17 de chaque mois  depuis les gares Hankyu Nagaoka Tenjin et JR Nagaokakyo